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RDVBAM 7 : En avant pour le changement de cap

Ah les amis, c’est triste quand la muse vous fait prendre des congés forcés !

Le challenge RDVBAM a repris et le thème de ce mois est : Changement de cap (mariage, nouveau boulot, nouvelle saison, enfant…).

J’ai eu du mal à donner une orientation à mon article pour ce challenge. J’ai voulu remettre ma participation au mois prochain mais c’est ma copine Afrolyne qui a été l’organisatrice du challenge ce mois. Elle s’est donnée à fond pour remotiver les troupes, je ne pouvais pas la laisser comme ça.

J’ai alors concocté ce petit récit…

 

 

Dessine-moi une autre vie

Le vent de l’ennui souffle intensément dans ma chambre. Je ne sais que faire de mon après-midi. J’ai déjà lu la dernière chronique de Leila Marmelade sur Facebook, mon passe-temps favori depuis mon entrée officielle dans l’antre des chômeurs, il y a six mois. Je suis titulaire d’un BTS en gestion commerciale, une filière populaire puisque la majeure partie des bacheliers en Côte d’Ivoire optent pour elle. 

Aucune émission télévisée ne captant mon attention, je vais sur mon site de téléchargement favori. Que les auteurs veuillent bien me pardonner, je suis au chômage, sans aucun revenu. Avec quoi pourrais-je payer leurs livres ? Les cauris ne sont plus acceptés comme moyen de paiement.

Le livre est mon moyen privilégié d’évasion. Grâce à lui, je peux être dans la peau d’une autre, je peux vivre mille et une vies :

Je peux être Caroline dans Le Pari de l’amour et être multimillionnaire. Cent vingt millions de francs CFA, ça change une vie, surtout la mienne ! Une nouvelle saison s’ouvrirait à moi. Je pourrais voyager, acheter des terrains, construire des immeubles et être rentière à vie. Je confierais les encaissements des loyers à mon père. Il a toujours désiré être à la place de notre propriétaire. 

Je peux aussi être Deanna dans En souvenir du passé. Avoir une vie professionnelle bien remplie, jouer un rôle important dans une société. Prévoir tout dans ma vie sauf l’adoption d’un enfant. Accepter ce gros imprévu, accepter qu’un enfant dépende de moi, accepter d’avoir peur, de douter, ne pas chercher à être la maman parfaite. 

Je peux être un homme, prendre l’aspect d’Archer dans Archer’s Voice. Un homme coupé du reste des hommes suite à une catastrophe. L’irruption de Bree dans ma vie fera vaciller mon petit monde et m’entraîner beaucoup plus loin que ce que j’aurais pu imaginer.

 

J’envie ces personnages de livre. Ils ont la chance de vivre des aventures, de quitter la routine. Un, deux, trois soupirs. Je finis par arrêter de les compter, ils s’enchaînent.

Allez, quittons cette vie d’ennui. dis-je en ouvrant ma bibliothèque virtuelle. Lire « Demain est un autre jour » de Lori Spielman ou  « Heroes » de Battista Tarantini ?

La sonnerie de mon téléphone me distrait. Quelqu’un essaie de me joindre via un numéro fixe. C’est l’indicatif de la commune du Plateau, le centre des affaires. Est-ce une entreprise qui m’appelle ? Je porte rapidement mon téléphone à l’oreille, les battements de mon cœur s’affolent. Cet appel donnera-t-il une nouvelle orientation à ma vie ? 

 


Vous avez aimé ? N’hésitez pas à me donner votre avis sur les livres cités dans le récit si vous les avez lus.

Pour découvrir les participations des autres membres de la communauté, cliquez sur leurs liens : 

N’hésitez pas à rejoindre la communauté des blogueurs afro-métissés.
GM signature

 

 

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RDVBAM 6 : Je t’aime… moi non plus

Que vois-je ? Mais c’est le retour du RDVBAM ! 

Cette 5e participation à ce rendez-vous des blogueuses afro métissées est spéciale parce que c’est mon thème qui a été retenu !!!

Je voulais « déconstruire » la traditionnelle saint-valentin. Sans rire, je voulais faire un clin d’œil à tous ceux qui vivent une relation d’amour compliquée comme le chante Rihanna

 

Pour ce thème, je vous partage des extraits de ma troisième publication Dieu voulant. Je dois le retravailler alors n’hésitez pas à me dire si un passage vous gêne ou est incompréhensible.

Je t'aime moi non plus

 

**Je t’aime… moi non plus**

Le lieu le mieux indiqué pour torturer un autre être humain l’air de rien, en continuant d’inviter la famille au repas du dimanche et en souriant aux voisins, l’espace idéal pour le briser en morceaux, lui faire crier grâce et étouffer ses cris, c’était à l’intérieur du mariage. Hemley Boum

J’ai soupçonné le désir de mon mari de s’éloigner des chemins de notre vie commune dès la 10ème année de notre mariage. Cette année-là, il avait oublié notre anniversaire de rencontre. Ce n’était pas anodin pour lui et chaque année il se soumettait au même rituel : m’envoyer un message d’amour et me dédier une chanson sur l’une des stations radios ivoiriennes. Cette année-là, je ne reçus ni l’un, ni l’autre.

Je ne lui avais rien dit, préférant fermer les yeux et ne pas donner de suite à mes suspicions. «J’avais choisi de ne pas me plaindre de ces légers nuages qui détruisent tout dès qu’on les regarde, et qui n’étaient rien quand on les laissait passer.»

L’année d’après, il s’en était souvenu,  j’avais donc conclu que je m’étais fait un sang d’encre pour rien et que ce n’était qu’une fausse alerte.

Hélas, ça n’en était pas une. Ce n’était pas qu’une étourderie, cet oubli était un signal, il était là pour sonner le glas. Au fil des mois qui passaient, je le sentais de plus en plus désintéressé de ma personne. Il était  de plus en plus absent.

Il ne s’enquérait plus des nouvelles de ma journée au boulot. Pour ne pas l’enquiquiner, je ne faisais aucune remarque, je continuais à lui demander si tout allait bien de son côté, il me répondait toujours de la même façon : « oui et j’espère qu’il en est de même pour toi ». 
Cédric avait toujours aimé bavarder, parler de lui. S’il ne me parlait plus de lui, il devait sûrement en parler à une tierce personne. Mon intuition me disait qu’il y avait anguille sous roche mais je ne voulais pas m’installer dans la spirale du doute.
J’ai continué à être la femme qui l’aimait, celle qui se vouait à son couple. J’avais une cuisinière mais je cuisinais les plats de mon mari. Je ne voulais pas que son odorat perde la trace de mes fumets. Je le massais quand il rentrait, fatigué du boulot. Je faisais abstraction de ma fatigue pour prendre soin de lui. Je veillais à sa satisfaction sexuelle. Je faisais mon devoir et lui remplissait-il le sien ? Le respect du devoir conjugal était-il assigné uniquement aux femmes ? Les hommes ne devaient-ils pas aussi respecter leur engagement ?

                                                                           ****

Ma robe fourreau cousu dans un pagne wax « l’œil de ma rivale » et mon chignon headband me sublimaient. Mon mari me regarda avec une lueur de désir quand je le rejoignis dans le salon. Nous n’arrêtâmes pas d’échanger durant tout le trajet. Cela faisait si longtemps que nous n’avions pas eu ce genre de conversation. Nous franchisâmes la porte du restaurant bras dessus, bras dessous.
Il commanda du Moët & Chandon Brut Impérial. Les yeux pétillants, nous trinquâmes à nos 11 ans de mariage. De belles années de mariage se profilaient à l’horizon. J’avais espoir.
– L’année prochaine, ce serait bien qu’on se fasse un petit voyage, peut-être le Sénégal ou le Cap Vert. suggérai-je enjouée
– Pourquoi pas.
– Déjà 11 ans, tu te rends compte ! Deux adorables garçons et deux parents qui s’aiment encore malgré le poids du temps.

J’évoquai nos souvenirs de jeunesse, nos projets. Je parlais et il n’y avait que moi que cela émoustillait. Je le voyais sur son visage, il avait envie d’être ailleurs. La lueur de désir avait disparu.

Il me souhaita à nouveau un heureux anniversaire de mariage quand nous rentrâmes sans me prendre dans ses bras, m’embrasser. Tellement de choses commençaient à manquer dans notre vie. J’ai enroulé mon corps autour du sien en attendant que le sommeil vienne alourdir mes paupières.
En pleine nuit, mes yeux se mirent à me démanger, l’envie de prolonger mon sommeil était forte mais j’avais l’impression que mes pores ne respiraient pas. Je devais me démaquiller.
J’allai dans la salle de bain, je m’aperçus en sortant que Cédric n’était pas dans la chambre. Il était peut-être au salon en train de regarder un match de foot en différé.

Je passai toutes les pièces de la maison au peigne fin, Cédric n’était dans aucune pièce. Il s’était éclipsé durant la nuit. Était-ce une nouvelle habitude ?
Une nuit engendrant une autre, une sortie furtive en pleine nuit en engendrait une autre. C’était la même chose chaque soir, je connaissais le scénario par cœur. Il allumait sa lampe torche, mettait sa chemise et son jean, portait ses chaussures, prenait sa clé et partait. Y avait-il encore un nous ?
Un soir, il n’était pas rentré du tout. C’était la première fois qu’il le faisait. Ce soir-là, je partageai mon lit avec mes souvenirs de femme mariée, aimée, épanouie et heureuse. Je parcourus notre album de mariage, relus les quelques lettres qu’il m’écrivait à l’époque où il me faisait encore la cour. Mon Cédric allait me revenir, ce n’était qu’une passade. On ne pouvait pas oublier un si bel amour comme le nôtre, impossible. Le mariage était une course d’endurance, on rencontrait beaucoup d’obstacles mais il ne fallait pas cesser de se battre pour préserver ce que l’on chérissait. Ma décision était prise, j’allais reconquérir le cœur qui était à moi.

                                                                      ****

La maison était plongée dans un silence total, je voulais qu’on ait l’impression de n’être que tous les deux, seuls au monde. J’avais étalé les bougies odorantes sur le sol de la chambre, mis une nouvelle nuisette. Il sortit de la douche, sa serviette nouée autour de ses solides reins. Il était sexy mon Cédric du haut de ses 37 ans. Je m’étais allongée dans une position assez provocante et il me regardait abasourdi.
– Comment tu me trouves ?
– Magnifique… euh… Je veux dire que tu es séduisante. bredouilla-t-il
– Tu es sûr ?
Comme il ne répondait pas, je m’avançai de manière langoureuse vers lui
– Ça te dit de vérifier de plus près ? chuchotai-je à son oreille en détachant sa serviette.

Il ne se fit pas prier à mon grand bonheur… mais ce bonheur ne fut pas éternel.
Les jours s’étaient succédé emportant avec eux nos moments de tendresse, de caresse, me laissant avec mon cœur meurtri et l’esprit rempli d’incompréhension.
Nous étions passés du statut de couple à celui de colocataire. J’avais mal mais je tenais le coup. J’avais toujours été une femme forte, celle qui ne montrait jamais ce qu’elle avait au fond du cœur. J’avais des morceaux de verre dans le cœur mais à la face du monde il baignait dans un lit de roses sans épine.

                                                                         ****

Son silence m’énervait, pressait mon cœur. Je luttai en vain. Des larmes descendirent lentement sur mes joues.

– Je vais demander le divorce, Cédric. Je ne peux plus continuer comme ça.

Il quitta prestement son siège quand il entendit ma voix tremblotante, vit les larmes qui ruisselaient sur mes joues.

– Désolé de t’embarquer dans cette situation. Je ne vais pas te promettre que je vais arrêter de la voir mais je ferai tout pour préserver notre foyer.
Je le repoussai de toutes mes forces.

– Il te manque un boulon ou quoi ? Tu me trompes et c’est tout ce que tu trouves à me dire !

– Je t’ai déjà dit que c’est compliqué !

– Rien à foutre ! Tu arrêtes ou on divorce !

– Je ne divorcerai jamais Laeti.

– Alors je dois te regarder me tromper ? demandai-je éberluée. Mais oui, vous avez sûrement besoin de quelqu’un pour tenir la chandelle. Tu n’as pas de cœur, Cédric. Je ne représente rien pour toi.

– Mon attitude peut te pousser à penser le contraire mais je t’aime Laeti. Ma vie ne sera plus la même sans toi.

– Tu as une drôle de façon de m’aimer. Tu es en train de rechercher mon bien-être quand tu entretiens cette relation ?

– Tout ce que je sais c’est que je t’aime.

– Mais pas assez pour la laisser elle ! Que vous vivez-vous de si singulier pour que tu la préfères à notre couple ? Qu’est-ce qui vaut la peine de détruire 11 années de mariage ! criai-je la voix étranglée

– Je ne suis pas en train de détruire notre mariage. Je suis embrouillé, Laeti. Tu peux comprendre ça ? J’ai l’impression de vivre dans deux mondes parallèles. Je suis tombé sous le charme de sa personnalité et je n’arrive pas à m’en défaire.

Je l’ai giflé et je n’ai pas retiré ma main de sa joue. Combien j’aurais aimé que ce toucher soit une caresse et non la conséquence de sa maladresse, le signe de ma détresse.

Je n’étais plus celle dont il avait besoin. Je devais rendre les armes. L’amour que j’avais pour lui devait se soustraire, se retirer pour le laisser vivre. 

 


Allez les amis, donnez-moi vos impressions.

 

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RDVBAM 5 en mode portrait chinois

Coucou les amis ! Je renoue avec le challenge RDVBAM 

J’ai sauté de joie quand le thème du mois a été annoncé : le portrait chinois !

 

Vous savez combien j’aime le portrait chinois, je le propose lors des interviews, je le fais pour les villes que je découvre. Tiens, je devrais même le faire pour les livres que je lis. Vous allez faire une overdose 😀

Parmi les 73 questions proposées, il fallait en choisir 10. Prêts pour découvrir ma sélection ?

 

1. Si j’étais un vêtement ?

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La robe. Pour sublimer les princesses lors des galas, les mariées innocentes, les fleurs bleues pour leurs premiers rendez-vous ou donner une allure classe et élégante aux superwomen.

 

2. Si je devais changer de prénom ?

 

J’opterai pour Tanydia. J’ai découvert ce prénom dans une romance quand j’étais ado et ça a été le coup de foudre. Je l’ai utilisé comme pseudo sur les réseaux sociaux. C’est ce prénom que je donnais aux dragueurs qui ne me plaisaient pas du tout.

 

3. Si j’étais un chiffre ?

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C’est le chiffre de la grâce. Je m’appelle Grâce et je suis une grâce pour le monde. Dixit la fille qui ne se prend pas du tout pour de la merde.

 

4. Si j’étais un jeu de société ?

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Le jeu d’échecs parce que j’aime faire réfléchir, j’aime les analyses.

 

5. Si j’avais un super-pouvoir ?

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Lire dans les pensées. Savoir ce que les gens pensent réellement, devancer certains désirs de mes proches. Connaître les secrets, le kiff total.

 

6. Si j’étais la devise d’un pays ?

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Je serai la devise nationale  du Luxembourg : « Mir wëlle bleiwe wat mir sinn »
En français, ça donne : « Nous voulons rester ce que nous sommes »

Je veux rester ce que je suis et je ne veux pas qu’on m’enlève ou qu’on essaie de travestir ce que je suis ou mes convictions. Je veux rester noire, chrétienne, célibataire 😀
J’attache une grande valeur à l’authenticité. 

 

7. Si j’étais une bande dessinée ?

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Aya de Yopougon of course ! Cette BD est gaie, pleine d’humour et de folie. Tout comme moi !

 

8. Si j’étais une pièce de la maison ?

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La chambre. Une pièce à l’abri du regard. N’ont accès à cette pièce que les intimes. Comme la chambre, je ne me dévoile qu’à ceux que j’appelle mes intimes.

 

9. Si j’étais un parfum ?

 

Image associée
Trésor de Lancôme parce que j’aime laisser dans le sillage une empreinte fraîche et légère.
Je suis une femme-enfant gourmande. J’aime le calme et la douceur. Dans mes parfums, j’ai besoin de retrouver une âme, un souvenir qui me tient à cœur.

 

10. Si j’étais un produit de beauté ?

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Le Mascara pour sublimer le regard. 

 

Pour lire les portraits chinois des membres de la communauté, vous n’avez qu’à cliquer sur leurs liens. 

 

Trndy Shades : https://trndyshades.com/
Lilisha Brown : https://lilishabrown.wordpress.com/
HSE-CI : http://hse-ci.com/
That’s so Mouss : https://thatsomouss.blog/
Kto Style : https://www.youtube.com/channel/UCj_UOt3SEB8Udlrl6zR0Xaw?app=desktop
Elisamodish : http://elisamodish.fr/
Cendrine Small : http://cendrinesmall.blogspot.fr/
2 hands + 1 backpack : http://www.2hands1backpack.com/
Afrolyne : http://www.afrolyne.com/
Curly Cinnamon : https://curlycinnamon.com/
Curves, Cupcakes et Stilettos : https://curvescupcakesetstilettos.blogspot.fr/
Le Carnet de Cerise : http://lecarnetdecerise.com/
Pirouette Cacahuètes : https://pirouettecacahuetes.wordpress.com/
PramsLove2 : https://www.youtube.com/pramslove2
Xandrine LAhttps://www.youtube.com/channel/UCT_3dusApwn9oSmDUTlXwkQ?disable_polymer=true

 

 

Bonne découverte et à mardi prochain ! J’ai une belle surprise pour vous 😉

 

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RDVBAM 3 – Saint-Valentin

C’est l’heure du RDVBAM Challenge et pour ce mois le thème est la Saint-Valentin. 

Ayant déjà participé à un challenge sur ce thème l’année dernière, ma muse n’a pas voulu faire d’efforts cette année (ne la blâmez pas, c’est ELLE, mon boss). Je vous partage donc un partie d’un texte que j’avais publié sur le sujet en anonyme sur une page Facebook il y a quelques années.

L’amour  est …  

«L´amour, c´est quoi?
C´est une mélodie qui chante à l´imparfait
C´est te chercher toujours sans te trouver jamais
Ce n´est qu´un pas vers le regret
L´amour, c´est quoi?
Le tout petit espoir qui fait les grands chagrins
L´amour, c´est quoi?
L´amour, c´est toi »

J’arrête la piste de lecture et jette un œil à mon téléphone. J’ai envie de l’appeler comme à chaque fois que j’écoute cette chanson de Julio Iglesias. Loïc et moi sommes séparés le mois dernier après deux ans de relation.

Sur le chemin du boulot, les souvenirs de notre couple heureux refont surface. Nous étions amoureux et passionnés. Il y avait de l’étincelle dans nos yeux, de la douceur dans nos paroles. J’avais trouvé mon prince charmant mais le charme s’est effrité avec le temps. Les contradictions sont nées, les disputes incessantes ont fini par nous séparer. L’amour n’a pas tenu…

J’inspire un grand coup avant d’entrer dans les locaux du magazine « Femmes » à la Riviéra 3 (quartier d’Abidjan). Je papote avec quelques collègues à la machine à café quand Edna, notre chef, me convoque dans son bureau.

– Tu as l’air en pleine forme, Edna.

– Ça se voit tant que ça ? (elle fait un grand sourire) Mon mari me prépare une surprise pour la Saint-Valentin.

– La chance.

– Ton copain te prépare sûrement quelque chose.

– Oui oui.

Je grimace un sourire.  Pour mes collègues, je suis toujours en couple.  Je ne veux pas qu’elle me prenne en pitié. Je n’ai cessé pendant deux ans de leur dire que j’étais sûre de finir ma vie avec Loïc. Eh oui ! En amour, il n’y a pas de certitudes…

– Bon ! Parlons boulot. Jalisca ne pourra pas réaliser l’interview des seniors pour la Saint-Valentin. Je l’ai mise sur un autre projet.

– D’accord.

– J’aimerais que tu t’en charges.

– Moi ? Je ne suis pas dans la rubrique «Love»

– Et alors Stacey ? C’est bien des interviews que tu fais avec les stars non ?

– Oui mais…

Elle me supplie du regard et je finis par accepter. Elle me donne les coordonnées du couple, des instructions et je quitte son bureau mal à l’aise.

Rédiger une interview pour un couple d’amoureux alors qu’on sort d’une rupture, voilà la dernière chose dont j’avais besoin en ce moment.

J’appelle Madame Touré pour établir un rendez-vous pour l’interview. La chose faite, je rassemble toute ma bonne volonté pour rédiger les questions à poser.

***Une semaine plus tard***

Je descends du taxi et emprunte la rue qui mène à la villa du couple Touré. Ils habitent l’un des quartiers cossus de la capitale. Je presse la sonnette et une jeune fille vient m’ouvrir. Elle me conduit à la terrasse et m’apporte des rafraîchissements. Je grignote des cacahuètes quand Monsieur et Madame Touré me rejoignent.

Je me lève pour les saluer. Nous faisons rapidement connaissance et je sors mon magnétophone.

Moi : Cinquante années de mariage et six enfants. Comment on se sent après tant d’années passées auprès d’une personne ?

Mme Touré : Bénie (elle me sourit).

M. Touré : Chanceux (il regarde sa femme).

Moi : Qu’est-ce qui vous a poussés vers l’un vers l’autre ?

Mme Touré : Je le laisse répondre en premier.

M. Touré : Son secret. Quand nous nous sommes rencontrés, elle avait un air de mystère. Quelque chose en elle m’intriguait. Je ne savais pas quoi mais j’avais envie de le déceler. Je me suis lancé et je suis heureux de n’avoir pas encore saisi le mystère. Quand on n’est plus à la poursuite d’un but, on s’arrête. C’est pareil dans un couple.

Moi : Et vous Madame Touré ?

Mme Touré : Je dirais son charisme. En lui, je voyais un homme sur qui je pouvais compter.

Moi : Quel est votre geste d’amour quotidien ?

Mme Touré : Les repas partagés. Nos longues discussions avant de nous coucher.

M. Touré : Idem.

Moi : Aimer c’est quoi pour vous ?

Mme Touré : Dépasser le stade de l’émotion. L’amour doit être un acte. L’amour est tendresse et tension. Quand je dis tension, je pense à l’action de tendre vers l’autre, être attentif et attentionné.

M. Touré : La société dans laquelle nous vivons prône les solutions rapides, la satisfaction instantanée, les résultats sans effort, les recettes infaillibles et les assurances tous risques et elle fausse l’idée de l’amour. Quand on aime, on cesse d’incarner des rôles. Quand on aime, on oublie partiellement le moi et j’insiste sur le partiellement parce que si l’on s’oublie totalement, on met en péril la relation car il faut toi +moi pour faire le nous. L’amour vrai demande patience, persévérance, lucidité et lâcher-prise : toutes qualités qui se travaillent. L’amour vrai est un effort; l’amour vrai est un pari qui rend au centuple ce qu’il a reçu.

Moi : L’amour n’est pas toujours rose. Qu’est-ce qui permet de tenir ?

M. Touré : La foi en DIEU et la foi en notre engagement. Il faut apprendre à communiquer quand il y a des désaccords ou des frustrations. Si on cultive avec art le positif, l’amour, l’amitié, les sourires, si on en a en grande quantité, on peut très facilement supporter des désaccords même importants.

Mme Touré : Je suis entièrement d’accord. Il faut être conscient d’une chose : le mariage est  une œuvre commune et chacun doit mettre du sien pour le construire.

Moi : Beaucoup de couples font face à un moment ou à un autre d’infidélité. Quels conseils donnerez-vous ?

M. Touré : Se centrer sur son couple et oublier le reste du monde.

Moi : Concrètement ?

M. Touré : Nous nous sommes mariés parce qu’on s’aimait et qu’on avait envie de voir grandir cet amour. Nous l’avons donc entretenu. L’amour est corporel, spirituel et émotionnel et nous avons donné à chaque forme la place qui lui revient.

Mme Touré : J’ajouterais qu’il faut garder un esprit de curiosité pour l’être aimé. Ne pas se lasser de surprendre l’autre, se sentir encore et toujours un débutant dans la relation permet de laisser place à l’inattendu.

Moi : Qu’est-ce qui a fait durer votre mariage ? Quel est votre secret ?

Mme Touré : L’amitié. L’amour a besoin d’amitié pour perdurer. Il faut être conscient que l’amour évolue et pour faire face à ces changements qui s’opèreront tout au long de la vie de couple, il faut que l’amour soit amical. Beaucoup de couples sous-estiment le rôle de l’amitié au sein du couple.

M. Touré : L’amour peut ne pas être réciproque mais l’amitié l’est obligatoirement sinon il meurt. Plus l’amitié et la connaissance réciproques sont solides entre les partenaires, et plus elles les protègent contre des sentiments d’agressivité.

Moi : L’amour amical n’exclut-il pas la notion de désir ? (je me gratte la tête, ça me gêne de parler désir avec des gens qui peuvent être mes grands-parents)

M. Touré : Non. L’amour est amical, non parce qu’il exclut le désir, mais parce qu’il apprend à le découvrir, de part et d’autre, et à le dire.

Moi : Combien de Saint-Valentin avez-vous fêté ?

M. et Mme Touré, en riant : Zéro. Nous ne fêtons que notre anniversaire de mariage. 

Moi : Quels conseils donnerez-vous aux nouveaux couples / nouveaux mariés ?

Mme Touré : Se regarder au réveil, s’appeler en journée, manger ensemble, ne pas perdre le parfum de l’autre et s’enlacer au coucher.

M. Touré : Ne pas chercher à former le couple idéal, faire de son couple quelque chose d’unique et être attentif aux besoins de celui-ci.

Je les remercie et éteins le magnétoscope. Je demande la route et Mme Touré me raccompagne au portail.  Leurs mots m’ont touchée. Ils possèdent une grande sagesse et j’ai envie de me confier à elle. Je veux savoir si elle pense qu’il y a des chances que je me remette avec Loïc.

© Grâce Minlibé

 Sur une échelle de 10, quelle note donneriez-vous à mon texte ? 😀

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Curly Cinnamon : https://curlycinnamon.com/

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Un récit d’hiver #RDVBAM Challenge

Coucou les amis et bienvenue aux nouveaux !

Je participe pour la 2e fois au challenge du RDVBAM, le thème choisi pour ce mois est l’hiver. Parce que vous le valez bien, je vous partage le 1er chapitre d’un roman que j’espère publier cette année. 

*****

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Je sortis de la bouche du métro Wagram, empruntai le chemin qui menait au café «aux caves de Prony».

Je marchais les mains enfouies dans les poches de mon manteau. Un manteau à la fin du mois de mars… Pour cause, une saison hivernale qui s’allongeait, refusait de céder sa place au printemps, au renouveau. 

J’ôtai mes mains de mes poches afin de pousser la porte du café qui était comble. Chacun s’y trouvait pour une raison particulière : se retirer de la vie morne qu’engendrait l’hiver, passer le temps, se réfugier, se retrouver, discuter, s’épancher.

– Bonsoir madame. me dit un serveur. Il y a une table libre juste ici, si vous êtes toute seule.
– Non, merci. J’ai rendez-vous avec quelqu’une. Elle doit être déjà là.

– Très bien. 

Il se dirigea vers une table, j’en profitai pour balayer la pièce du regard. Je cherchais Emi, une bonne amie. Je m’avançai vers la table où elle était assise.

– Ben dis donc, le froid ne passera pas par toi ! s’exclama-t-elle

Je souris. Je portais un col roulé, un gilet et un chandail par-dessus. J’avais deux écharpes autour du cou et un bonnet sur la tête.

– Tu sais bien que je suis frileuse. répondis-je

J’ôtai mes écharpes. Il faisait une de ces chaleurs dans ce café !

– Tu prends quelque chose ?

– Je prendrai un café 

Pour me réchauffer.

– Toi et tes rimes. dit-elle en riant

Je lui fis un clin d’œil. 

 

Ma vie est faite de rimes 

Depuis qu’il m’a plongée dans l’abîme.

 

 

Elle fit signe au serveur qui vint prendre nos commandes. 

– Un café…

– Allongé. précisé-je

– Un café allongé pour la jeune dame et un thé vert à la menthe pour moi s’il vous plaît.

Il repartit, Emi entama la conversation.

 

– Je savais très bien que cette coupe de cheveux t’irait à merveille. Mets-toi de profil s’il te plaît.Tu es magnifique, Cyrielle. ajouta-t-elle quand je m’exécutai. Tu devrais faire cette coupe plus souvent.

Je soupirai. Elle avait procédé par insinuation pour que je fasse cette coupe de cheveux. La semaine dernière, elle n’avait cessé de m’envoyer des messages :

«Cyrielle, ça va ? J’ai vu une coupe de cheveux sur l’une de mes stagiaires. La coupe est magnifique, si tu voyais ! Vous avez la même forme du visage. Je suis sûre qu’elle t’ira très bien.»

«Tu as reçu la photo que je t’ai envoyée ? Bon, elle a réalisé sa coupe avec plusieurs tons de mèche. Je pense, et ce n’est qu’un humble avis, qu’une couleur uniforme t’irait à merveille.»

«Tu m’envoies une photo quand tu finis de te coiffer ? J’ai besoin de savoir si mes intuitions sont bonnes.» 

Sacré Emi ! Nous nous étions rencontrées dans un club de lecture qui se tenait à deux pas de mon lieu d’habitation et à une quinzaine de minutes de son lieu de travail. Nous étions les seules africaines du club, et ivoiriennes de surcroît. Savoir que nous venions toutes les deux de la terre éburnéenne nous avait rapprochées. Nous étions inséparables depuis. Sa présence me faisait un bien fou. Je la regardai avaler quelques gorgées de son thé. Je l’enviais tellement ! J’aurai tellement aimé être comme elle ! N’avoir aucune attache sentimentale et être heureuse malgré tout. 

Elle n’avait aucune attache, contrairement à moi. On m’avait attachée et les liens n’avaient pas été défaits.

«L’amour est une chose solitaire. C’est cette découverte qui fait souffrir.» 

 Cette découverte, je n’aurais jamais dû la faire, pas si tôt. 

«L’amour est plus précieux que la vie, l’honneur plus que l’argent: mais plus précieux que tous deux, la parole donnée. »

 Pourquoi n’avait-il pas respecté sa parole ? 

Pourquoi toutes ces fariboles ? 

– Qu’est-ce que tu racontes de beau ? me demanda Emi, écrasant ainsi la vague de souvenirs amers sur laquelle je surfais.

-Rien de bien intéressant.

Je portai la tasse à mes lèvres. Mon café était brûlant mais je ne retirais pas mes lèvres. J’aimais bien cette sensation. Puisse cette chaleur réveiller mon cœur endurci ! Emi porta également sa tasse à ses lèvres, la reposa immédiatement.

– C’est trop chaud ! Je ne sais pas comment tu fais pour boire des breuvages aussi chauds. Bref ! On dîne toujours ensemble samedi prochain ?

– Bien sûr. 

– Jean-Jacques peut se joindre à nous ?

– Emi, s’il te plaît ! Je ne veux pas le voir et tu sais pourquoi. Nous dînerons toutes les deux, rien que toutes les deux. 

J’avalai quelques gorgées de mon café. Je ne voulais pas voir Jean-Jacques. C’était un cousin d’Emi que j’avais rencontré lors d’un dîner organisé chez elle, nous devions avoir le même âge.

Je n’avais pas de l’aversion pour lui. Bien au contraire, je le trouvais fort sympathique. 
J’évitais de le voir tout simplement parce qu’il me rappelait l’autre. Je n’avais pas envie de le voir à travers lui.

Le regard d’Emi croisa le mien et ses yeux semblaient me dire: Cyrielle, fais un effort. Surmonte ta déception. Je le voulais mais n’y arrivais pas. La plaie était encore béante, des années qu’elle était ouverte et elle n’avait toujours pas cicatrisé.

Je revis mon passé, l’homme qui avait fait la jeune femme que j’étais. Je remontai dans le temps, 10 ans plus tôt…

© Grâce Minlibé

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Que vous inspire ce texte ? Quel titre lui donneriez-vous ? 

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Deadlines & Dresses : http://deadlines-dresses.com/
Anaïs Thinks : https://anaisthinks.com/
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AfroLyne : http://www.afrolyne.com/
Esprit Mode by Sabrina : http://www.espritmodebysabrina.fr/
Made by me 23 : http://www.made-by-me23.com/
Curly Cinnamon : https://curlycinnamon.com/
That’s so Mouss : http://thatsomouss.wixsite.com/blog
Run au Féminin : http://run-au-feminin.com/
Mllevidova : https://mademoisellevidova.wordpress.com/
The Little Dayovo : http://thelittledayovo.com/
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GYNIAH : http://gyniah.com/
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Le Carnet de Cerise : http://lecarnetdecerise.com/
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Publié dans Histoires

RDVBAM Paillettes et sequins, tout ce qui brille

J’ai intégré un nouveau groupe de blogueuses afro/métissées sur invitation de deux blogueuses et je peux vous dire que je ne regrette pas de faire partie de cette petite communauté très animée.

Les créatrices du blog Samba Sisters Touch ont pensé ce groupe comme une place qui permet de rassembler en un même lieu, les multiples talents de la blogosphère afro/métissée, dispersés çà et là sur le web. Une place pour découvrir l’univers des talentueuses blogueuseset youtubeuses de la communauté afro/métissée.

Les membres du groupe ont décidé de partager une fois dans le mois leurs univers, à travers un « challenge sans barrières » autrement dit, chacun devra se sentir libre d’interpréter le sujet selon son univers, ou multiples influences : LE RDVBAM CHALLENGE

Les différents challenges sont publiés sur les blogs des participantes le 1er dimanche de chaque mois et sur la fan page Facebook du Challenge

Le thème de ce mois est PAILLETTES & SEQUINS. Le thème ne m’inspirait pas du tout mais voulant participer au challenge pour la première fois, j’ai décidé d’adapter l’un de mes écrits publiés sur ma page Facebook au thème. 

Je vous laisse découvrir mon récit. 

 

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Détourner mon regard de l’écran lumineux, le mettre sous silencieux quand il se met à insister, ne pas sentir mon cœur qui se contracte de douleur, refuser que des larmes de tristesse me brouillent la vue. Tenter d’oublier son prénom, son visage, tout ce qui lui appartient et loge dans mon âme. Me séparer… Oublier…
Adisa a raison. Je n’ai rien à faire avec lui. Aucun avenir commun ne peut être envisagé. C’est impossible, plus maintenant…
J’ai essayé de le lui faire comprendre avant-hier après les cours, hélas !
Henri est attaché à moi comme un nourrisson au sein de ma mère. Il m’aime et moi…

J’ouvre grandement la fenêtre de mon studio qui donne sur l’arrière-cour de la résidence. Le vent frais me mord le visage mais je n’en ai cure.
Les récents événements de ma vie font un étrange défilé sous mes yeux. J’ai perdu un homme pour gagner une communauté.
Je dois être forte, avancer sans regarder en arrière. Je dois me retrouver, revendiquer mon identité. J’inspire un grand coup, referme la fenêtre avant de me diriger d’un pas nonchalant vers la salle d’eau. Là aussi, il y a eu du changement. Fini Garnier, L’oréal, Le petit Marseillais, mes produits de beauté sont uniquement Made in Africa, ma terre nourricière.

Je me dirige vers ma penderie. J’esquisse un sourire (le premier de ma soirée) lorsque mes yeux tombent sur ma jupe droite à sequins argentés, mon top à paillettes dorées, mon legging scintillant vert émeraude. Les paillettes et sequins règnent en maître dans ma garde-robe. 

Une robe à sequins

J’abuse des chaussures scintillantes : escarpins,  ballerines, sneakers, bottines.  J’ai au moins deux fois dans la semaine des paillettes à mes pieds. Ma mère m’y a habituée. Elle a toujours voulu que je brille. Elle me répétait sans cesse : la paillette et le sequin ne supportent pas la médiocrité.

 

Des baskets dorées

 

Des sandales brillantes à talons

Mon sourire s’évanouit. Je vais devoir me séparer de certains vêtements, ceux que je pourrai pas associer au pagne africain, le nouveau maître de ma garde-robe.  

« Qui d’autre que nous pour mettre en avant les produits qui viennent de nos terres ? Il est temps de consommer Africain, uniquement Africain. Délaissez ces habits qui puent l’occident, mettez en valeur le pagne de nos ancêtres.

N’ayons pas peur de ce que nous sommes, n’ayons pas honte de nos idées, ne doutons jamais de nos potentialités. Montrons leur que nous sommes meilleurs qu’eux. » Les mots d’Adisa et sa hargne ne se taisent pas dans ma mémoire.

J’enfile un boubou, des babouches. Verre de bissap et chips de banane posés sur ma table d’études, je dévore les ressources numériques disponibles sur le peuple Ehotile.
Je me sens si loin de mes racines, la faute à qui ?
Mes parents ont coupé tout lien avec leurs familles restées en Côte d’Ivoire. Ils ne m’ont jamais parlé du pays, de ce qu’on y fait. Tout ce que je sais de l’Afrique, de la Côte d’Ivoire, je l’ai appris à l’école, dans les médias occidentaux. 

Ils le font pour me protéger, ils me l’ont affirmé. De quoi ? De qui ? Ils n’ont jamais voulu me le dire. Entre frustration et colère, mon cœur balance.
Je suis une française à la peau noire mais ça va changer. Je vais découvrir ma vraie identité, je vais marcher sur les pas de mes ancêtres. Adisa est là pour m’aider à y arriver.  

J’engloutis une poignée de chips, mémorise tant bien que mal le vocabulaire gastronomique.

Des coups donnés à ma porte d’entrée me font sursauter. Je n’attends personne.

« Qui est-ce ? » m’entendais-je demander

Mon cœur se met à battre la chamade. Il l’a reconnu, il meurt d’envie de le revoir…

«Chloé, j’ai besoin de te voir. »

Mon cœur me supplie d’ouvrir…

«Ouvre s’il te plaît. »

…mais je ne peux pas.

« Je veux juste te voir, clo… »

Je ne peux pas te revoir, Henri.

«Tu me manques, ça devient atroce »

Sa douleur ne m’est pas inconnue mais je ne peux pas. Je ne dois pas retourner à ce passé artificiel…

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Bonne découverte ! 

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