Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Paludes d’André Gide ou le métier d’écrivain

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Paludes, ou la semaine au jour le jour d’un littérateur en mal de voyage. Dans le microcosme étrangement fidèle que nous restitue le récit d’André Gide, domine la figure de Tityre, berger de tous les temps, habitant des marécages où fourmille une vie insolite. Mais quel est au juste ce Tityre, qui se nourrit de vers de vase, faute de pêches plus consistantes ? Richard, peut-être, l’orphelin besogneux par nécessité et pauvre par vertu, dévoué jusqu’à épouser une femme par dignité, sans amour N. Ou bien Hubert, le rationnel, dont la spécialité est de chasser la panthère à l’escarpolette. Ou, plus simplement, le narrateur cet amoureux – fou du changement qui, le cœur en fête, part en voyage avec Angèle mais ne va pas plus loin que Montmorency. Puisque, quelle que soit la direction choisie, l’individu revient toujours sur soi-même. H Recommencer ma vie ? s’interrogeait Gide dans son journal. Je tâcherais tout de même d’y mettre un peu plus d’aventure. 

Sous le couvert d’un dilettantisme savant, d’une fantaisie contrôlée avec art, voici le journal d’un homme qui dirigeait ses journées avec un enchantement mesuré et le sens aigu de la cadence. Faussement négligent, le ton ne manque en effet ni d’harmonie ni d’humour. Au besoin, l’auteur se livre à une satire décapante des gens de lettres, du philosophe au bel esprit.

l'Afrique écrit

De quoi parle votre histoire ? Une question à laquelle chaque auteur a droit. Parler de son oeuvre est un exercice parfois difficile. L’auteur de Paludes l’expérimente.  

Paludes est spécialement l’histoire de qui ne peut pas voyager, c’est l’histoire d’un homme qui, possédant le champ de Tityre, ne s’efforce pas d’en sortir, mais s’en contente. C’est l’histoire d’un marais, l’histoire de l’homme couché, l’histoire des animaux vivant dans les cavernes ténébreuses, et qui perdent la vue à force de ne pas s’en servir, l’histoire d’un célibataire dans une tour entourée de marais… L’auteur change la forme de l’histoire en fonction de son interlocuteur.

Paludes c’est l’histoire d’un homme qui pour s’occuper, sortir de la monotonie de son quotidien, faire quelque chose de plus que son ami Hubert écrit. C’est l’histoire d’un homme qui aimerait achever ce qu’il commence. C’est l’histoire d’un homme en quête d’imprévu, de surprise.

Paludes est difficile à cerner, on le juge inutile et fâcheux.

L’auteur juge lui-même son livre d’ennuyeux mais continue à l’écrire parce que personne d’autre ne l’écrirait.

Cet écrivain qui ne réussit ni vers ni drame selon ses compères tente d’écrire un roman qu’il finira par abandonner pour un autre projet littéraire.

L’auteur tient un agenda et c’est marrant de constater qu’il ne s’y tient pas.

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Pourquoi écrit-on ? Doit-on écrire pour distraire ou uniquement pour renseigner ? Doit-on nécessairement faire quelque chose pour se sentir vivre ?  Telles sont les questions qu’aborde cette oeuvre.

J’ai apprécié ma lecture parce que les personnages sont amusants, les réflexions sur la réussite, la routine, le métier d’écrivain sont intéressantes. Dans le salon d’Angèle (amie de l’auteur de Paludes), lors d’une soirée de littérateurs, l’un d’eux a affirmé que la maladie est un plus.  J’ai admiré son argumentation. Les philosophes sont des savants 😀

Si vous avez envie de quitter le sentier de vos lectures habituelles ne serait-ce qu’un instant, Paludes est fait pour vous.

Grand merci à Sarah du collectif Abidjan Lit qui me l’a fait découvrir lors du dernier Babi Bookdate

Que lisez-vous en ce moment ?

PS: Pour découvrir le jour 18 du calendrier de l’avent c’est par ICI

GM signature

Publié dans Panaché

Errons de blog en blog #6

Hey les amis ! Je vous retrouve pour une 6e promenade de blog en blog, ça faisait longtemps, n’est-ce pas ?

Tout a commencé…

Lundi 

Nina a lu un livre qui est dans ma wishlist : No home. Elle dit :

« C’est un livre à la fois très dur et lumineux. Évidemment le sujet principal est celui de la traite des noirs. Mais l’auteure n’en fait pas un livre misérabiliste pour autant. Les personnages ne s’apitoient pas sur eux-mêmes et les femmes sont fortes. Elles tiennent leurs familles à bout de bras et tentent de s’en sortir malgré les difficultés.  La famille et l’amour sont des sujets importants. L’originalité également est de voir à quel point les choix de nos parents influencent nos propres destinées. Cette saga est passionnante et nous immerge dans l’histoire avec un grand H, à travers de nombreux points de vue et sur plusieurs siècles. On s’attache instantanément à tous ces personnages très différents. »

Mes échappées livresques a aussi lu un livre qui me fait de l’œil: En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. C’est un coup de cœur pour elle.

Olivier Bourdeaut nous entraîne avec brio dans une danse époustouflante et enivrante. Une histoire surprenante et décalée qui déborde d’amour, de tendresse, d’humour et de fantaisie. Une merveilleuse réussite! 

Mardi

Quand vous ne lisez pas, que faites-vous ? Jess vous propose une soirée ciné avec USS Indianapolis. L’acteur principal est Nicolas Cage, un acteur que j’aime beaucoup beaucoup

Et si après ce film, vous avez encore envie d’être surpris, lisez la consultation de Pauline Perrier.

Mercredi

C’est le jour des frissons et Laurie Lucas nous le rappelle bien avec « Une femme de ménage » de Jérémy Bouquin

Un livre que je conseille à tout ceux qui aime les polars avec du surnaturel, à tout ceux qui ont le cœur bien accroché ou encore tout ceux qui n’ont rien contre le découpage de cadavres très très bien décrit (on pourrait se croire prés de Sandra dans certains moments). Petite note de fin : Attention aux éclaboussures! Et pensez à prévoir un livre plus léger après celui-ci, parce que ça décoiffe!

Jeudi

Saviez-vous que l’homme idéal existe et qu’il est québécois ? Moi, je l’ignorais jusqu’à ma découverte de la chronique du livre L’homme idéal existe, il est québécois de Diane Ducret par la voleuse de marque-pages

La plume de l’auteure est un petit bijou. J’ai ri du début à la fin. Les décors m’ont fait voyager dans un univers très cosy avec boissons chaudes, feux de cheminées, balades en traîneaux et la neige …  Ce roman m’a mis du baume au cœur et m’a fait un bien fou. Je le recommande à toutes celles qui ont rencontré « des connards » listé avec humour par notre héroïne et qui en ont souffert, mais qui au fond de leur cœur croient encore au prince charmant.

« Ne plus avoir d’idéal préconçu, ne pas demander à l’autre de me dessiner un avenir quand je ne sais pas moi-même ce que je vais y mettre, ni d’effacer mon passé, mais juste laisser un présent s’esquisser »

Vendredi

J’ai envie de découvrir l’Afrique Australe, de faire un vrai safari et le tour fait sur le blog de Mytripfab a nourri encore plus ce rêve.

Lors de notre voyage en Namibie nous avons eu la chance de réaliser un rêve d’enfant en explorant l’une des plus vastes et plus belles réserves d’Afrique Australe.

Au volant de notre 4X4, nous avons parcouru le parc National d’Etosha. Ancien marais salé asséché. Plus de 22 000 kilomètres carrés. Il abrite une faune d’une incroyable richesse : 114 espèces de mammifères et quelques 340 variétés d’oiseaux.

Vous cherchez un roman noir comme on les aime ? Culturevsnews nous propose Et ils oublieront la colère de Elsa Marpeau

Été 1944. Une femme court dans la campagne icaunaise. Elle cherche à échapper à la foule qui veut la tondre.
Été 2015. Un homme a été tué près d’un lac. La gendarme chargée de l’enquête soupçonne que son meurtre est lié à une tonte, qui a eu lieu soixante-dix ans plus tôt.
Entre aujourd’hui et hier, les destins s’entremêlent mais les protagonistes ne s’en souviennent plus – ils ont oublié la colère, les jours de liesse et la cruauté des vaincus contre ceux de leur camp, lors de la Libération. L’enquête va exhumer ce passé dont plus personne ne veut se rappeler.

Ce livre est centré sur les violences faites aux femmes lors des conflits! C’est aussi l’histoire des hontes et des vengeances du corps social qui se répètent, de l’injustice. Alternant passé et présent, l’auteur nous implique totalement dans ses recherches jusqu’au dénouement final qu’on était loin d’imaginer. Un très bon roman noir comme on les aime.

Samedi 

Journée chômée et payée. Y a mieux à faire que de rester devant un écran d’ordinateur, non ? 😛

ma balade de blog en blog

J’espère que vous avez apprécié cette tournée de blogs. A très bientôt !

PS : Merci à tous ceux qui ont pris la peine de remplir le sondage de bilan du blog. Le design du blog a pris un coup de jeune. Comment le trouvez-vous ?

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Publié dans Histoires

Je t’avais choisie entre plusieurs

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Tu es au coin et tu boudes.

Tu boudes parce que je t’ai délaissée. J’ai laissé un autre regard que le mien se poser sur toi, te désirer, te posséder. Je n’ai posé aucune objection à ce qu’il te prenne. Je n’ai pas hésité à ce qu’il t’emporte loin de moi, je n’ai été ni jaloux, ni possessif. Je t’ai laissé partir avec lui.

Et pourtant, plusieurs heures plus tôt, je t’avais choisie entre plusieurs. Sourire aux lèvres, ta propriétaire m’avait affirmé que tu étais sa préférée. Elle m’avait donné avec fierté les avantages dont je bénéficierais si je te prenais : tu m’aiderais à lutter contre la fatigue et le froid, comblerais mes besoins quotidiens. Elle m’avait assuré que tu participerais à mon équilibre, que je retrouverais avec toi mon dynamisme.  

Ma curiosité attisée, j’avais tourné mon regard vers toi. Blonde, tu brillais de mille feux. Tu étais si pulpeuse, ma tendre, tu excitais mes papilles. En contemplant ta robe, je n’avais qu’une envie : te l’enlever à toute hâte, goûter ton exquise peau. 

Je n’avais pas négocié ton prix d’achat. Pour moi, tu méritais amplement le prix que m’avait annoncé ta propriétaire. Il traduisait parfaitement ta valeur.

J’avais promis t’honorer comme tu le méritais et ton silence n’était pas synonyme de refus. J’avais imaginé mille façons de te goûter, hélas mes occupations ne me donnèrent pas l’occasion de mettre mes projets gourmands à exécution. Mon téléphone n’arrêta pas de sonner sur le chemin qui me menait à mon lieu de travail. Les tâches à accomplir au bureau s’étaient enchaînés, ne me laissant aucun répit. 

Mes préoccupations professionnelles ont diminué mon envie pour toi, elles t’ont chassée de ma mémoire. Je t’ai oubliée au point de te donner à un autre. Pardonne-moi. J’avais vu dans son regard qu’il t’apprécierait à ta juste valeur, qu’il tirerait le meilleur de toi. Ne m’en veux pas, je t’ai donné à un gourmand digne de ce nom. 

N’aie pas peur, ma douce orange. Il t’honorera avec délicatesse. Je ne serai pour toi qu’un lointain souvenir…

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 What do you expect ? 😀

Vous pensiez qu’il s’agissait d’une femme, d’une voiture ? 

L’idée de ce texte m’est venue en cherchant le sujet d’un article pour ma collaboration BYNF . J’espère qu’il vous a plu.  🙂

© Grâce Minlibé

GM signature

Publié dans Histoires

BYNF Challenge 12 – Premier rendez-vous amoureux

C’est l’heure du BYNF Challenge ! (En retard parce que j’étais en déplacement, toutes mes excuses)

Ce mois, la communauté a choisi comme thème : premier rendez-vous amoureux

 

L’image contient peut-être : 3 personnes, personnes souriantes

Je vous propose de lire la 2nde partie de La rêveuse.

 

La rêveuse – 2e partie

Je ressors du bureau de mon patron avec une montagne de choses à faire pour aujourd’hui. Qu’est-ce qu’il m’énerve celui-là ! J’ai parfois l’impression qu’il ne sait pas que ma journée de travail ne comporte que neuf heures.

Je fais une requête sur Access lorsque mon téléphone fixe sonne. C’est Evan, un contrôleur de gestion dont je suis secrètement amoureuse. Vous me comprendriez si vous aviez l’occasion de le voir. Sa taille avoisine les deux mètres, il est bronzé avec de grands yeux et une bouche… hum … une bouche gourmande qui invite aux excès…
Il m’invite à prendre un café, chose que je ne refuse jamais. Je peux ainsi partager un moment avec lui et m’enivrer de son doux parfum boisé.
Il me complimente sur ma tenue. Si tu pouvais aussi apprécier ma beauté. pensé-je
Nous discutons de choses et d’autres. Notre conversation a un air de déjà vu quand il me demande ce que je compte faire ce week-end. Oui, j’ai déjà rêvé de ce moment-là. Je lui ai dit que je le passerai avec des copines et lui m’a répondu qu’il irait à Assinie et que je pouvais me joindre à lui si je voulais. C’était peut-être une prémonition.

– Je vais le passer avec mes copines. On va sûrement aller regarder Aya de Yopougon. Et toi ?
– Ma copine nous a préparé un week-end surprise. J’ignore notre destination. me répond-il avec un large sourire.
– Le chanceux ! dis-je en riant jaune.

Je rejoins mon bureau, dépitée. Evan a une copine. Pourquoi ne me l’a-t-il pas dit ? Parce que je ne l’ai jamais demandé. Je n’ai donc pas de don de voyance. Je suis tout simplement une jeune femme de vingt-quatre ans qui vit sa vie amoureuse à travers ses rêves. Pfft !

Il est dix-huit heures quand je mets un point final à la dernière analyse qu’a demandé mon chef. Je l’appelle pour lui dire que j’ai terminé mais Monsieur n’est pas dans son bureau. Je réessaye cinq minutes plus tard sans obtenir de réponse. Ok ! Je lui fais un mail, scanne les états les plus urgents avant de mettre en veille en ordinateur. Je ne l’éteins que vendredi. C’est une recommandation du service informatique.

Je rejoins mon lit, le lieu où se déroule la partie la plus intéressante de ma vie : mes rêves.
Pourquoi ma vie n’est pas un rêve éveillé ? Pourquoi je ne peux avoir les mecs que je convoite ? Je ne suis pas miss Univers mais je ne suis pas moche non plus. J’ai de grosses qualités et de petits défauts. Pourquoi suis-je toujours célibataire ?
Je passe quelques coups de fil à mes copines avant de jeter un coup d’œil sur Facebook. Je ne m’y attarde pas. Eve essaie de me joindre.
– Coucou ma petite sœur chérie. Tu vas bien ?
– Ça peut aller.
– Ça ira mieux quand tu entendras ce que j’ai à te dire…
– Dis le moi vite.
– Ricky …
– Ne me dis pas que…
– Si !

Je me mets à sauter de joie.

– Il sera là, début septembre. Il va même faire un concert à Yamoussoukro.
– Oh là là ! Je suis trop contente. J’irai à tous ses concerts. Quel bonheur !
– Bon c’était la bonne nouvelle du jour. Je vais retrouver mon homme.
– La chance !
– Ton jour viendra.
– Tu me le dis depuis deux ans hein !
– Sois patiente, Lou.
– Ai-je le choix ? Allez, je ne te retiens pas davantage. Gros bisous. Je t’aime, Eve.
– Moi aussi « sista ».

Je vais sur la page Officiel de Ricky sur Facebook. D’habitude, c’est la première chose que je fais en me connectant mais j’ai complètement zappé aujourd’hui.
Je souris en voyant son statut qui date de six heures : « Bientôt en Côte d’Ivoire. Restez connectés. Votre Ricky »
Je suis trop contente. Mon Ricky sera là. La dernière fois que je l’ai vu c’était il y a trois ans. Il avait fait un concert guichet complet à Abidjan.
J’insère l’un de ses CD dans mon lecteur disque. Les notes de son dernier single emplissent la pièce. Je me laisse bercer par ces douces notes. Je nous imagine lui et moi en train de danser. Lentement, je rejoins le parvis des sommeils. C’est sûr, je rêverai encore de lui…

 

****

La salle est comble. songé-je en regardant autour de moi. J’attends impatiemment que le concert débute. Je veux revoir mon chanteur préféré. J’applaudis avec toute l’énergie qui m’anime quand il fait son entrée sur scène. Est-il magnifique ? Non. Le mot est trop faible pour le qualifier. J’approuve sa tenue vestimentaire : chemise cintrée blanche et pantalon noir. Elle lui donne une grâce féline. Je l’imagine sans elle. Il doit avoir au moins un tatouage, je dirais dans le bas du dos et de magnifiques tablettes de chocolat…

Je me mords la lèvre inférieure quand il saisit le micro et qu’il adresse un bonsoir chargé de sensualité à la salle. Cet homme parle à mon corps…
La salle est en effervescence. Tout le monde fredonne les airs qu’il entonne. A un moment de la soirée, il fait monter un piano à queue sur la scène.

– J’ai appris le piano rien que pour vous mesdames. J’espère que vous apprécierez mon interprétation.
– Joue seulement. On apprécie tout de toi. crie quelqu’une.

Des larmes voilent mon regard quand il exécute les premières notes. Il joue à la perfection.
Je suis parmi les premières à applaudir quand il finit son interprétation. Il s’incline pour nous saluer avant de reprendre le micro.

Il est une heure du mat quand vient l’instant de la tombola. La propriétaire du numéro sélectionné aura l’immense honneur de dîner avec Ricky.
Ricky ajoute : « ça sera peut-être un premier rendez-vous amoureux. »

Mes battements cardiaques s’accélèrent. Je le veux, ce tête-à-tête avec Ricky mais je sais que mon numéro ne sera jamais sélectionné. Je n’ai jamais de chance aux jeux de hasard.
Un silence religieux s’installe dans la salle. Une spectatrice est invitée à monter sur scène pour faire le choix. Je ferme les yeux. Je refuse de voir celle qui aura le bonheur de partager un moment avec Ricky.
– Et le numéro gagnant est le 157 !

J’ouvre automatiquement les yeux, jette un coup d’œil à mon billet. Louanne Kessié va dîner avec Ricky !
Je cours vers la scène pour présenter mon ticket. L’un des organisateurs me félicite après avoir vérifié mon ticket. Mes yeux croisent ceux de Ricky et mon cœur s’affole.
Je suis invitée à rejoindre l’équipe organisatrice à la fin du show. Je jubile en regagnant mon siège. Je suis une privilégiée. Eve n’en croira pas ses oreilles quand je le lui annoncerai.

****

Douche parfumée à la vanille, parfum capiteux, ongles manucurés, robe cloche choisie avec soin. L’image que me renvoie le miroir me sied à merveille. Je quitte la maison toute excitée. Le taxi dans lequel je me suis engouffré une demi-heure plus tôt stationne devant l’hôtel Pullman au Plateau.
Je me dirige vers le restaurant que l’on m’a indiqué. Le maître d’hôtel s’avance vers moi.

– Bonsoir. J’ai rendez-vous avec le chanteur Ricky. Je…
– Attendez un instant, s’il vous plaît.

Il s’éloigne de moi, revient quelques minutes plus tard avec l’un des organisateurs du concert. Ce dernier vérifie encore une fois mon ticket avant de me conduire vers la table. Mon rythme cardiaque s’accélère quand Ricky se lève pour me tirer ma chaise. Oh ! Mon Dieu ! Je ne rêve pas. Je vais vraiment dîner avec Ricky ! Il faudrait que je prenne des photos sinon Eve ne me croira pas.

– Vous allez bien ? 
– Oui. Merci de demander. Et vous ? 

Je baisse la tête. Je n’arrive pas à soutenir son regard.
– Je suis épuisé mais bon un dîner en charmante compagnie ne se refuse pas.
– Je… je suis très contente de pouvoir dîner avec vous. Je suis l’une de vos plus fidèles admiratrices.
– Vraiment ?

J’acquiesce d’un signe de tête. Il m’adresse un sourire plein de grâce. Je ne tarde pas à y répondre. Le serveur nous apporte deux coupes de champagne.

– A notre soirée…
– Louanne. Je m’appelle Louanne.
– A notre soirée, Louanne.
– A notre soirée, Ricky.
– Vous… je pense qu’on va passer au tutoiement… tu peux m’appeler Eric. C’est mon prénom…Ton petit-ami doit avoir totalement confiance en toi pour te laisser dîner avec moi.
– Je suis célibataire. répliqué-je avec un léger sourire

Il a l’air de ne pas me croire. Je le jure sur tout ce que j’ai de plus cher.

– Je suis peut-être faite pour rester célibataire
– Tu as tout ce qu’il faut pour ne pas le rester.
Quinze minutes plus tard, il sait en quoi consiste mon travail, ce qui me passionne (après lui, bien sûr). Il répond à mes questions avec une touche d’humour. Ce mec est en or !
– Tu es une femme rare, Louanne. J’ai rencontré des tas de femmes mais aucune d’elles n’a ce que tu as.
– Et qu’est-ce que j’ai ?

Il me fixe longuement sans rien dire. Ma gêne s’accentue lorsqu’il prend ma main dans la sienne. Il me demande si j’ai envie de danser. Oserais-je dire non ?
Je le suis, complètement hypnotisée. J’ai hâte de vivre enfin un rêve éveillé…

 

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RDVBAM 3 – Saint-Valentin

C’est l’heure du RDVBAM Challenge et pour ce mois le thème est la Saint-Valentin. 

Ayant déjà participé à un challenge sur ce thème l’année dernière, ma muse n’a pas voulu faire d’efforts cette année (ne la blâmez pas, c’est ELLE, mon boss). Je vous partage donc un partie d’un texte que j’avais publié sur le sujet en anonyme sur une page Facebook il y a quelques années.

L’amour  est …  

«L´amour, c´est quoi?
C´est une mélodie qui chante à l´imparfait
C´est te chercher toujours sans te trouver jamais
Ce n´est qu´un pas vers le regret
L´amour, c´est quoi?
Le tout petit espoir qui fait les grands chagrins
L´amour, c´est quoi?
L´amour, c´est toi »

J’arrête la piste de lecture et jette un œil à mon téléphone. J’ai envie de l’appeler comme à chaque fois que j’écoute cette chanson de Julio Iglesias. Loïc et moi sommes séparés le mois dernier après deux ans de relation.

Sur le chemin du boulot, les souvenirs de notre couple heureux refont surface. Nous étions amoureux et passionnés. Il y avait de l’étincelle dans nos yeux, de la douceur dans nos paroles. J’avais trouvé mon prince charmant mais le charme s’est effrité avec le temps. Les contradictions sont nées, les disputes incessantes ont fini par nous séparer. L’amour n’a pas tenu…

J’inspire un grand coup avant d’entrer dans les locaux du magazine « Femmes » à la Riviéra 3 (quartier d’Abidjan). Je papote avec quelques collègues à la machine à café quand Edna, notre chef, me convoque dans son bureau.

– Tu as l’air en pleine forme, Edna.

– Ça se voit tant que ça ? (elle fait un grand sourire) Mon mari me prépare une surprise pour la Saint-Valentin.

– La chance.

– Ton copain te prépare sûrement quelque chose.

– Oui oui.

Je grimace un sourire.  Pour mes collègues, je suis toujours en couple.  Je ne veux pas qu’elle me prenne en pitié. Je n’ai cessé pendant deux ans de leur dire que j’étais sûre de finir ma vie avec Loïc. Eh oui ! En amour, il n’y a pas de certitudes…

– Bon ! Parlons boulot. Jalisca ne pourra pas réaliser l’interview des seniors pour la Saint-Valentin. Je l’ai mise sur un autre projet.

– D’accord.

– J’aimerais que tu t’en charges.

– Moi ? Je ne suis pas dans la rubrique «Love»

– Et alors Stacey ? C’est bien des interviews que tu fais avec les stars non ?

– Oui mais…

Elle me supplie du regard et je finis par accepter. Elle me donne les coordonnées du couple, des instructions et je quitte son bureau mal à l’aise.

Rédiger une interview pour un couple d’amoureux alors qu’on sort d’une rupture, voilà la dernière chose dont j’avais besoin en ce moment.

J’appelle Madame Touré pour établir un rendez-vous pour l’interview. La chose faite, je rassemble toute ma bonne volonté pour rédiger les questions à poser.

***Une semaine plus tard***

Je descends du taxi et emprunte la rue qui mène à la villa du couple Touré. Ils habitent l’un des quartiers cossus de la capitale. Je presse la sonnette et une jeune fille vient m’ouvrir. Elle me conduit à la terrasse et m’apporte des rafraîchissements. Je grignote des cacahuètes quand Monsieur et Madame Touré me rejoignent.

Je me lève pour les saluer. Nous faisons rapidement connaissance et je sors mon magnétophone.

Moi : Cinquante années de mariage et six enfants. Comment on se sent après tant d’années passées auprès d’une personne ?

Mme Touré : Bénie (elle me sourit).

M. Touré : Chanceux (il regarde sa femme).

Moi : Qu’est-ce qui vous a poussés vers l’un vers l’autre ?

Mme Touré : Je le laisse répondre en premier.

M. Touré : Son secret. Quand nous nous sommes rencontrés, elle avait un air de mystère. Quelque chose en elle m’intriguait. Je ne savais pas quoi mais j’avais envie de le déceler. Je me suis lancé et je suis heureux de n’avoir pas encore saisi le mystère. Quand on n’est plus à la poursuite d’un but, on s’arrête. C’est pareil dans un couple.

Moi : Et vous Madame Touré ?

Mme Touré : Je dirais son charisme. En lui, je voyais un homme sur qui je pouvais compter.

Moi : Quel est votre geste d’amour quotidien ?

Mme Touré : Les repas partagés. Nos longues discussions avant de nous coucher.

M. Touré : Idem.

Moi : Aimer c’est quoi pour vous ?

Mme Touré : Dépasser le stade de l’émotion. L’amour doit être un acte. L’amour est tendresse et tension. Quand je dis tension, je pense à l’action de tendre vers l’autre, être attentif et attentionné.

M. Touré : La société dans laquelle nous vivons prône les solutions rapides, la satisfaction instantanée, les résultats sans effort, les recettes infaillibles et les assurances tous risques et elle fausse l’idée de l’amour. Quand on aime, on cesse d’incarner des rôles. Quand on aime, on oublie partiellement le moi et j’insiste sur le partiellement parce que si l’on s’oublie totalement, on met en péril la relation car il faut toi +moi pour faire le nous. L’amour vrai demande patience, persévérance, lucidité et lâcher-prise : toutes qualités qui se travaillent. L’amour vrai est un effort; l’amour vrai est un pari qui rend au centuple ce qu’il a reçu.

Moi : L’amour n’est pas toujours rose. Qu’est-ce qui permet de tenir ?

M. Touré : La foi en DIEU et la foi en notre engagement. Il faut apprendre à communiquer quand il y a des désaccords ou des frustrations. Si on cultive avec art le positif, l’amour, l’amitié, les sourires, si on en a en grande quantité, on peut très facilement supporter des désaccords même importants.

Mme Touré : Je suis entièrement d’accord. Il faut être conscient d’une chose : le mariage est  une œuvre commune et chacun doit mettre du sien pour le construire.

Moi : Beaucoup de couples font face à un moment ou à un autre d’infidélité. Quels conseils donnerez-vous ?

M. Touré : Se centrer sur son couple et oublier le reste du monde.

Moi : Concrètement ?

M. Touré : Nous nous sommes mariés parce qu’on s’aimait et qu’on avait envie de voir grandir cet amour. Nous l’avons donc entretenu. L’amour est corporel, spirituel et émotionnel et nous avons donné à chaque forme la place qui lui revient.

Mme Touré : J’ajouterais qu’il faut garder un esprit de curiosité pour l’être aimé. Ne pas se lasser de surprendre l’autre, se sentir encore et toujours un débutant dans la relation permet de laisser place à l’inattendu.

Moi : Qu’est-ce qui a fait durer votre mariage ? Quel est votre secret ?

Mme Touré : L’amitié. L’amour a besoin d’amitié pour perdurer. Il faut être conscient que l’amour évolue et pour faire face à ces changements qui s’opèreront tout au long de la vie de couple, il faut que l’amour soit amical. Beaucoup de couples sous-estiment le rôle de l’amitié au sein du couple.

M. Touré : L’amour peut ne pas être réciproque mais l’amitié l’est obligatoirement sinon il meurt. Plus l’amitié et la connaissance réciproques sont solides entre les partenaires, et plus elles les protègent contre des sentiments d’agressivité.

Moi : L’amour amical n’exclut-il pas la notion de désir ? (je me gratte la tête, ça me gêne de parler désir avec des gens qui peuvent être mes grands-parents)

M. Touré : Non. L’amour est amical, non parce qu’il exclut le désir, mais parce qu’il apprend à le découvrir, de part et d’autre, et à le dire.

Moi : Combien de Saint-Valentin avez-vous fêté ?

M. et Mme Touré, en riant : Zéro. Nous ne fêtons que notre anniversaire de mariage. 

Moi : Quels conseils donnerez-vous aux nouveaux couples / nouveaux mariés ?

Mme Touré : Se regarder au réveil, s’appeler en journée, manger ensemble, ne pas perdre le parfum de l’autre et s’enlacer au coucher.

M. Touré : Ne pas chercher à former le couple idéal, faire de son couple quelque chose d’unique et être attentif aux besoins de celui-ci.

Je les remercie et éteins le magnétoscope. Je demande la route et Mme Touré me raccompagne au portail.  Leurs mots m’ont touchée. Ils possèdent une grande sagesse et j’ai envie de me confier à elle. Je veux savoir si elle pense qu’il y a des chances que je me remette avec Loïc.

© Grâce Minlibé

 Sur une échelle de 10, quelle note donneriez-vous à mon texte ? 😀

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Un récit d’hiver #RDVBAM Challenge

Coucou les amis et bienvenue aux nouveaux !

Je participe pour la 2e fois au challenge du RDVBAM, le thème choisi pour ce mois est l’hiver. Parce que vous le valez bien, je vous partage le 1er chapitre d’un roman que j’espère publier cette année. 

*****

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Je sortis de la bouche du métro Wagram, empruntai le chemin qui menait au café «aux caves de Prony».

Je marchais les mains enfouies dans les poches de mon manteau. Un manteau à la fin du mois de mars… Pour cause, une saison hivernale qui s’allongeait, refusait de céder sa place au printemps, au renouveau. 

J’ôtai mes mains de mes poches afin de pousser la porte du café qui était comble. Chacun s’y trouvait pour une raison particulière : se retirer de la vie morne qu’engendrait l’hiver, passer le temps, se réfugier, se retrouver, discuter, s’épancher.

– Bonsoir madame. me dit un serveur. Il y a une table libre juste ici, si vous êtes toute seule.
– Non, merci. J’ai rendez-vous avec quelqu’une. Elle doit être déjà là.

– Très bien. 

Il se dirigea vers une table, j’en profitai pour balayer la pièce du regard. Je cherchais Emi, une bonne amie. Je m’avançai vers la table où elle était assise.

– Ben dis donc, le froid ne passera pas par toi ! s’exclama-t-elle

Je souris. Je portais un col roulé, un gilet et un chandail par-dessus. J’avais deux écharpes autour du cou et un bonnet sur la tête.

– Tu sais bien que je suis frileuse. répondis-je

J’ôtai mes écharpes. Il faisait une de ces chaleurs dans ce café !

– Tu prends quelque chose ?

– Je prendrai un café 

Pour me réchauffer.

– Toi et tes rimes. dit-elle en riant

Je lui fis un clin d’œil. 

 

Ma vie est faite de rimes 

Depuis qu’il m’a plongée dans l’abîme.

 

 

Elle fit signe au serveur qui vint prendre nos commandes. 

– Un café…

– Allongé. précisé-je

– Un café allongé pour la jeune dame et un thé vert à la menthe pour moi s’il vous plaît.

Il repartit, Emi entama la conversation.

 

– Je savais très bien que cette coupe de cheveux t’irait à merveille. Mets-toi de profil s’il te plaît.Tu es magnifique, Cyrielle. ajouta-t-elle quand je m’exécutai. Tu devrais faire cette coupe plus souvent.

Je soupirai. Elle avait procédé par insinuation pour que je fasse cette coupe de cheveux. La semaine dernière, elle n’avait cessé de m’envoyer des messages :

«Cyrielle, ça va ? J’ai vu une coupe de cheveux sur l’une de mes stagiaires. La coupe est magnifique, si tu voyais ! Vous avez la même forme du visage. Je suis sûre qu’elle t’ira très bien.»

«Tu as reçu la photo que je t’ai envoyée ? Bon, elle a réalisé sa coupe avec plusieurs tons de mèche. Je pense, et ce n’est qu’un humble avis, qu’une couleur uniforme t’irait à merveille.»

«Tu m’envoies une photo quand tu finis de te coiffer ? J’ai besoin de savoir si mes intuitions sont bonnes.» 

Sacré Emi ! Nous nous étions rencontrées dans un club de lecture qui se tenait à deux pas de mon lieu d’habitation et à une quinzaine de minutes de son lieu de travail. Nous étions les seules africaines du club, et ivoiriennes de surcroît. Savoir que nous venions toutes les deux de la terre éburnéenne nous avait rapprochées. Nous étions inséparables depuis. Sa présence me faisait un bien fou. Je la regardai avaler quelques gorgées de son thé. Je l’enviais tellement ! J’aurai tellement aimé être comme elle ! N’avoir aucune attache sentimentale et être heureuse malgré tout. 

Elle n’avait aucune attache, contrairement à moi. On m’avait attachée et les liens n’avaient pas été défaits.

«L’amour est une chose solitaire. C’est cette découverte qui fait souffrir.» 

 Cette découverte, je n’aurais jamais dû la faire, pas si tôt. 

«L’amour est plus précieux que la vie, l’honneur plus que l’argent: mais plus précieux que tous deux, la parole donnée. »

 Pourquoi n’avait-il pas respecté sa parole ? 

Pourquoi toutes ces fariboles ? 

– Qu’est-ce que tu racontes de beau ? me demanda Emi, écrasant ainsi la vague de souvenirs amers sur laquelle je surfais.

-Rien de bien intéressant.

Je portai la tasse à mes lèvres. Mon café était brûlant mais je ne retirais pas mes lèvres. J’aimais bien cette sensation. Puisse cette chaleur réveiller mon cœur endurci ! Emi porta également sa tasse à ses lèvres, la reposa immédiatement.

– C’est trop chaud ! Je ne sais pas comment tu fais pour boire des breuvages aussi chauds. Bref ! On dîne toujours ensemble samedi prochain ?

– Bien sûr. 

– Jean-Jacques peut se joindre à nous ?

– Emi, s’il te plaît ! Je ne veux pas le voir et tu sais pourquoi. Nous dînerons toutes les deux, rien que toutes les deux. 

J’avalai quelques gorgées de mon café. Je ne voulais pas voir Jean-Jacques. C’était un cousin d’Emi que j’avais rencontré lors d’un dîner organisé chez elle, nous devions avoir le même âge.

Je n’avais pas de l’aversion pour lui. Bien au contraire, je le trouvais fort sympathique. 
J’évitais de le voir tout simplement parce qu’il me rappelait l’autre. Je n’avais pas envie de le voir à travers lui.

Le regard d’Emi croisa le mien et ses yeux semblaient me dire: Cyrielle, fais un effort. Surmonte ta déception. Je le voulais mais n’y arrivais pas. La plaie était encore béante, des années qu’elle était ouverte et elle n’avait toujours pas cicatrisé.

Je revis mon passé, l’homme qui avait fait la jeune femme que j’étais. Je remontai dans le temps, 10 ans plus tôt…

© Grâce Minlibé

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Que vous inspire ce texte ? Quel titre lui donneriez-vous ? 

Pour voir les participations des autres membres de la communauté, vous n’avez qu’à visiter leurs blogs et chaînes Youtube géniaux !

Deadlines & Dresses : http://deadlines-dresses.com/
Anaïs Thinks : https://anaisthinks.com/
Beauttyan : https://beauttyan.com/
AfroLyne : http://www.afrolyne.com/
Esprit Mode by Sabrina : http://www.espritmodebysabrina.fr/
Made by me 23 : http://www.made-by-me23.com/
Curly Cinnamon : https://curlycinnamon.com/
That’s so Mouss : http://thatsomouss.wixsite.com/blog
Run au Féminin : http://run-au-feminin.com/
Mllevidova : https://mademoisellevidova.wordpress.com/
The Little Dayovo : http://thelittledayovo.com/
Xandrine LA : https://www.youtube.com/channel/UCT_3dusApwn9oSmDUTlXwkQ?disable_polymer=true
GYNIAH : http://gyniah.com/
Maëva Sans Blabla : https://maevasansblabla.wordpress.com/
Lovely Colibri : http://www.lovelycolibri.com/
Samba Sisters Touch : http://www.sambasisterstouch.fr/
Le Carnet de Cerise : http://lecarnetdecerise.com/
Black Beauty by Swan : http://www.blackbeautybyswan.com/

Publié dans Histoires

24 heures d’une vie de Working Girl

Ce mois, la sympathique communauté des bloggeuses/youtubeuses noires francophones a choisi comme thème  pour le  BYN French Challenge : « Working Girl ». 

J’ai la flemme d’écrire en ce moment mais pour l’occasion, j’ai eu envie de vous présenter l’une de mes Working Girl : Aissata Bah. Elle est l’héroïne d’une histoire que j’ai commencé en 2014. Elle est en stand-by parce qu’il me manque l’inspiration. 😦

      **************************************************

5 heures,

Silence du jour naissant… Joie quotidienne d’avoir accompli mon devoir : la prière de Fajr, porteuse des meilleurs mérites macha Allah. Elle m’assure la protection d’Allah, ma vitalité et ma bonne humeur. Elle prépare ma posture mentale  de la journée.

Je ne quitte pas mon tapis. Les yeux fermés,  je répète une dizaine de fois :

 »Il n’y a pas d’autre divinité à part Allah, l’Unique, sans aucun associé, à Lui la royauté et à Lui les louanges; Il donne la vie, comme Il donne la mort; et Il est le Plus Puissant sur toutes choses ».

Je souris. Allah a préparé ma journée, ses bénédictions m’accompagnent.

6 heures 30,

Mon regard est complètement hypnotisé par les informations économiques et financières qui s’enchaînent en boucle sur l’écran de la télévision. Je suis une passionnée du monde financier, j’en ai fait mon métier. Je me déconnecte quelques minutes de mon univers favori quand Daoud pose son sac d’école devant moi.

7h 30,

Ma voiture garée à l’emplacement réservé à la Directrice Générale Adjointe, je rentre dans les locaux de la CIBA. Déjà deux ans que j’occupe cette fonction. Le temps passe si vite ! Les salutations respectueuses s’enchaînent à mon arrivée dans le hall de la banque, elles me rappellent mes pas effectués, mes routes empruntées pour atteindre ce niveau de responsabilité. J’ai pensé comme un homme et agi comme une femme…

12h 30,

Ma 1ère réunion hebdomadaire avec les directeurs fonctionnels de la Banque vient de s’achever. J’ai quelques minutes devant moi avant ma vidéoconférence avec Laurence Peyraut Bertier, co-présidente de la fédération sectorielle Financi’elles, parrainée par Christine Lagarde et qui regroupe 12 réseaux internes de femmes cadres du secteur de la banque, de la finance et de l’assurance. Son but est d’accélérer l’accès des femmes au sommet des organisations de la finance. Laurence est une grande amie, elle m’a été d’une grande aide dans ma carrière à la Banque Pictet, une banque privée Suisse. Nos moments d’échange sont de puissants viviers d’informations. L’ignorance est une menace que je gère au quotidien et avec beaucoup de tact. Je suis membre de plusieurs réseaux, en faire partie est un pilier essentiel d’une carrière réussie.

Je jette un coup d’œil à la suite de mon agenda aussitôt mon entrevue, avec Laurence, terminée. Je dois déjeuner avec Honorine Guikahue, Rédactrice en chef du magazine féminin Femm’ Essentielles. Je dois ensuite rencontrer toutes les femmes de la direction clientèle. J’ai lancé, il y a deux semaines, un projet : amener toutes les femmes à tous les niveaux de l’organisation à prendre une part au développement de la banque. En atelier, nous échangeons sur la banque de demain. J’aime les voir s’impliquer dans ce projet, considérer leur emploi non pas comme une source de revenus mais comme une solution au changement. 

Les rendez-vous d’affaires s’enchaînent : rendez-vous de négociation, rendez-vous de réflexion. Les heures défilent, essayant d’emporter avec elles mon énergie mais je tiens bon. Heureusement que le café existe. 

19 heures,

Je prends la route du Sofitel Ivoire où un afterwork entre Directeurs Généraux des entreprises installées en Côte d’Ivoire se déroule. Je ne refuse aucune invitation qui pourrait m’aider à avancer les bons pions sur l’échiquier de ma carrière.

Je suis accueillie par le Directeur Général d’une banque concurrente, Martial NGUEPI, un homme franc avec un sens aigu des affaires. En gentleman, il me tend un verre de cocktail sans alcool, tient une assiette de biscuits salés d’où je pioche quelques biscuits salés, me présente aux autres directeurs généraux avec qui il discutait intelligence économique avant que je n’arrive. Nous échangeons de longues minutes avant que je ne rejoigne les directrices générales présentes. Nous travaillons actuellement à la création d’un réseau professionnel féminin en Côte d’Ivoire. Je ressens le besoin d’impacter le féminin à l’ivoirienne. 

Je sens à plusieurs reprises sur moi le regard plein de convoitise de certains hommes, je suis une gazelle exposée à la vue de plusieurs lions.

On ne peut empêcher les hommes d’être ce qu’ils sont. Mon  tailleur pantalon marsala n’est pourtant pas  affriolant et je n’ai pas la forme de rêve tant convoitée en Afrique. 

  • Comment allez-vous Mme Bah ?
  • Je vais bien, merci. réponds-je en me tournant vers mon interlocuteur, M. Assangni, Directeur Général d’une entreprise de télécommunications de la place.
  • Ces afterwork devraient se faire plus régulièrement. Une fois par mois, ce n’est pas suffisant, n’est-ce pas ?
  • Oui mais nos agendas sont bien souvent trop remplis.
  • En effet… J’ai été très heureux d’apprendre qu’une femme prenait les rennes de la BACI. déclare-t-il en accrochant son regard au mien. Votre mari a dû être très content. Tous les hommes rêvent d’avoir une femme comme vous.
  • Je suis divorcée. dis-je avec un léger sourire.
  • Vu ce que vous dégagez comme charisme et le charme de votre beauté juvénile, vous ne tarderez pas à être une épouse à nouveau.
  • Peut-être… Cela ne figure pas dans mes objectifs de l’année. 
  • Vous ne me ferez pas croire ça. affirme-t-il en portant son verre à ses lèvres charnues. Toute femme a besoin d’amour. Et quand on n’a pas l’occasion de le vivre en tant qu’épouse on le vit en tant que maîtresse.
  • Je ne suis pas contre le fait de partager des parts de marché avec un concurrent mais partager un homme, non.
  • Ah !
  • Je vous prie de m’excuser. Je dois rejoindre ma famille.
  • Déjeunez-vous avec votre famille demain ?  Ça me ferait plaisir de déjeuner en votre compagnie. exprime-t-il le sourire aux lèvres, la main caressant son ventre bedonnant. 

Il n’est absolument pas le genre d’homme qui me fait craquer et il est marié. Pour rester professionnelle, je lui demande sa carte. Je l’appellerai pour lui donner mes disponibilités. 

Je quitte avec soulagement mes escarpins, conduire avec est souvent un supplice surtout quand ils sont neufs. Je visualise le contenu de ma soirée : appeler ma mère et mes sœurs, vérifier les devoirs de Daoud, faire la …  

Ma sonnerie Skype retentit. Le nom d’Amos s’affiche à l’écran. Il veut sûrement me faire le compte-rendu de sa journée. Nous menons un projet de participation financière dans la Banco Caboverdiano de Negócios à Praia. 

Je lui expose mes doutes sur certains points, promets de le rappeler demain après ma réunion avec notre équipe d’audit.

J’écoute Lucky Dube durant le trajet pour me détacher du boulot, achève mon processus de relaxation avec une bonne douche froide.  Je noue la serviette à ma poitrine, la défais aussitôt. J’ai 41 ans et mon corps a changé.

Les souvenirs de ma vie de femme mariée affluent à mon cerveau. Je les chasse d’un geste de la main. Pas besoin de vivre au passé quand de belles choses meublent le présent. J’ai vécu ma saison de l’amour, aujourd’hui, il est temps de vivre pleinement la saison de ma carrière.

J’enfile un boubou, chausse mes sandales d’intérieur. Je vais rejoindre mon fils, l’unique homme pour qui mon amour jamais ne tarira.

GM signature

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Retrouvez les participations des autres membres de la communauté

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Cosmopolite Beauté

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MyDiaryDelight

Made by me 23

Be Black’N’Pretty

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Publié dans Interviews

Muswada, plateforme de lecture et d’écriture africaine

J’aime les initiatives africaines surtout celles qui se développent dans le monde de la littérature. Anianou Gbo Adolphe, béninois de 26 ans, ingénieur en réseaux informatiques et télécoms et passionné d’écriture est le fondateur de Muswada, une application de rédaction et de partage de manuscrits dédiée exclusivement aux auteurs africains créée en décembre 2015. Rencontre avec l’auteur qui regorge d’idées innovantes pour le rayonnement de la littérature africaine. 

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Qu’est-ce que Muswada ? 

Muswada qui signifie manuscrit en swahili est un réseau social dédié à la littérature africaine. Il permet de mettre en contact (pour le moment) des auteurs, des lecteurs et des maisons d’édition dans le seul but d’offrir une autre vision à la littérature africaine. Notre cible c’est d’abord l’Afrique, ensuite sa diaspora et enfin le reste du monde.

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Muswada permet de mettre en contact auteurs, lecteurs et éditeurs. Des éditeurs vous-ont ils déjà contacté ? 

Oui.  Des éditeurs nous ont contacté pour une sorte de partenariat leur permettant de suivre les meilleurs auteurs de la plateforme via des statistiques. Ces fonctionnalités étaient déjà prévues sur Muswada, nous travaillons en collaboration avec quelques unes de ces maisons d’éditions pour leur mettre très vite ces fonctionnalités à disposition. Nous avons aussi mis en contact une maison de réalisation de film et un auteur de Muswada dont les écrits l’avaient fascinée.

 

 

Dans quel pays la plateforme est le plus utilisée ?

Au Premier semestre de l’année 2016 c’était la France qui comptait le plus d’utilisateurs sur Muswada, mais aujourd’hui nos utilisateurs viennent beaucoup de l’Afrique francophone.

Peut-on avoir quelques chiffres sur l’utilisation de Muswada ? 

Au premier trimestre de l’année, nous avons eu 15 000 visites sur la plateforme et 60 000 vues. Depuis, nous sommes passés à plus de 50 000 visites et plus de 300 000 pages vues par mois.

De qui est constituée l’équipe Muswada ?

Il y a l’équipe technique composée d’un développeur web, de deux développeurs mobiles, d’un designer, d’un community manager et l’équipe d’exploitation constituée d’un réseau d’auteurs qui testent constamment la plateforme et font un retour à l’équipe technique sur les améliorations à apporter où les bugs à corriger dans le but d’améliorer et de rendre unique l’expérience utilisateur.

Avez-vous rencontré des difficultés lors de la conception et de la mise en service de cette plateforme ?

Pas de difficultés particulières lors de la conception et de la mise en production de la plateforme. Les difficultés sont apparues bien plus tard quand beaucoup de nos utilisateurs pensaient à tort que les histoires publiées sur la plateforme étaient payantes. Lire sur Muswada est totalement gratuit et ça le restera.

Muswada a maintenant son application mobile. Est-elle payante, une application pour smartphone, tablette ou les deux ?

Comme je l’ai dit précédemment, Muswada est totalement gratuit, les applications mobiles sont téléchargeables gratuitement et sont compatibles sur tous les types d’appareils.

La version Android est déjà disponible, la version Iphone sera disponible en téléchargement avant la fin de ce mois. 

bonnes-nouvelles

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui, toujours dans le domaine de la littérature africaine. Ce sera beaucoup plus comme une extension de Muswada mais pour le moment je ne peux  en dire plus.

On dit que l’africain ne lit pas beaucoup. Le pensez-vous également ? Si oui, que faut-il faire pour qu’il lise davantage ?

L’Africain ne lit pas beaucoup ? Je ne pense pas. Les africains ne lisent juste pas beaucoup les histoires qui n’ont rien à voir avec leur réalité de tous les jours. Ils adorent les histoires dont les personnages sont des gens auxquels ils peuvent facilement s’identifier. Vous savez, lire c’est d’abord se laisser guider par l’imagination de l’auteur. Si le lecteur a du mal à se projeter quand il vous lit c’est clair qu’il dira que votre œuvre n’est pas intéressante (pour lui bien sûr). Si nous voulons que le nombre de lecteurs africains augmente, nous devons leur proposer plus de contenus auxquels ils peuvent facilement s’identifier. Et c’est là l’une des principales raisons d’être de Muswada. Si vous me demandez quel auteur m’a le plus marqué entre Chinua Achebe et Paulo Coelho … Y a même pas à réfléchir Paulo Coelho ne fait absolument pas le poids.

Quel est votre regard sur la littérature africaine actuelle ? Que faut-il faire selon vous pour améliorer sa visibilité à l’international ?

S’il  y a une chose que la littérature africaine a toujours eut de plus que celles des autres peuples c’est l’art de la narration. Les africains avant de mettre leurs récits sur papier avaient déjà l’art de conter des histoires avec un langage particulièrement imagé. Ils avaient déjà l’art de faire voyager les esprits avec des mots et ça je pense que c’est l’identité de la littérature africaine, c’est son ADN et ce qui la rend unique.
La littérature africaine actuelle souffre énormément de son cantonnement au livre papier comme seul support de distribution.
Pour l’internationaliser, il faut déjà commencer par diversifier les supports de distribution. Le livre papier c’est bien, mais le livre numérique n’est pas mal non plus. Aujourd’hui avec un smartphone, un auteur doit pouvoir écrire quand il veut et le lecteur lire où il veut.

Aujourd’hui avec un smartphone, un auteur doit pouvoir écrire quand il veut et le lecteur lire où il veut.

Les maisons d’éditions traditionnelles doivent comprendre que l’avenir de la littérature africaine est dans le digital.
Il faut également beaucoup plus de blogs littéraires africains. En Afrique, les gens bloguent sur tout sauf sur les livres qu’ils ont lu et c’est bien dommage.

Un petit mot de fin ?

La littérature africaine doit être accessible à tous, c’est le seul moyen par lequel nous bâtirons un écosystème prompt aux best-sellers de demain.

Propos recueillis par 

GM signature

Petit Bonus : un guide de navigation sur la plateforme.

 

Rejoignez la communauté et rencontrez vos prochaines lectures sur :  https://www.muswada.com/

Retrouvez Muswada sur Facebook : https://www.facebook.com/muswada/

Et si vous avez envie de soutenir financièrement cette start-up qui roule sur ses propres fonds, contactez l’équipe en écrivant à sponsoring@muswada.com

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

J’ai enfin lu Poings d’interrogation !

Quand cinq plumes jeunes et non moins talentueuses décident de se saisir de la plume pour s’interroger en chœur sur elles-mêmes, sur le monde qui les environne, c’est un quintette, une fresque polyphonique à toutes les voix, une balade/ballade de mots, d’émotions et de sentiments qui jaillissent et se dispersent tous azimuts en points/poings d’interrogation. L’exil, l’amour, le mariage, l’infidélité, la condition de la femme, l’urgence de la paix… et par dessus, l’espérance d’un jour plus mélodieux, sont autant d’interrogations charriées par ces dix récits. 

poings-dinterrogation

C’est la 3e fois que je fais allusion au recueil collectif Poings d’interrogation sur le blog et je peux vous assurer que c’est la dernière fois. Oui, c’est bien la dernière parce que…

J’ai enfin lu le recueil et je suis déçue. Je m’attendais à autre chose, vraiment. Je vais le ranger dans un coin, ne plus y penser et vous savez quoi ? 

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JE RIGOLE 😛

Oui, je voulais commencer ma chronique différemment et je n’ai pensé qu’à ça 😀  Promis, je ne le referai plus. 

Dix récits forment le recueil et sont regroupés en deux parties : Mots édentés et Douleurs aphones

Mots édentés

Vies sur Fil de Cédric Marshall Kissy ouvre le bal, un bal bref, incisif où la douleur et l’impuissance exécutent une danse macabre. Une grève des agents de santé sans aucune trêve achève les rêves d’une future grand-mère, d’une future mère. Ce récit dénonce le manque d’humanisme dont font parfois preuve les agents de santé et l’indifférence du gouvernement dont la préoccupation majeure n’est plus de mettre en place les conditions nécessaires pour assurer les besoins de santé du peuple. 

La jeune femme souffrait terriblement. Elle souffrait le martyre. Un martyre dont seul Golgotha connaissait la saveur vinaigrée. Des torrents de douleur s’abattaient sur elle. Il pleuvait la souffrance. Il délugeait la douleur ! 

La sanction de Essie Kelly évoque l’infidélité conjugale conjuguée au féminin 

Moi, j’étais fou d’elle, tandis qu’elle, était folle de l’homme. Pas de celui que j’étais, non, de l’homme en général. Elle appréciait tout être de sexe masculin, le désirait, le possédait, le rejetait et recommençait ce cycle inlassablement. 

Une infidélité qui court et remporte le marathon de la maladie du siècle. La femme récolte ce qu’elle a semé… La maladie du siècle n’est plus une fatalité, j’ai apprécié que ce récit en fasse le rappel.

Ce texte a été une belle surprise pour moi, l’occasion de faire connaissance avec la plume d’Essie Kelly que je suis sur les réseaux sociaux. 

Pour nos petits enfants de Yehni Djidji rappelle la violence de la crise postélectorale ivoirienne de 2011, évoque ceux à qui on a ôté tout ou un pan de vie. 

Quelque part, le crâne de ton mari gît, avec le reste de ton corps. Quelque part dans un caniveau, sous un pont, au fond d’une étendue d’eau… Tu as tout perdu dans cette crise postélectorale de 2011 ou presque. Tu as encore la vie. Une vie écorchée, excisée du meilleur d’elle-même. Sans ton mari, sans ton fils, une vie de nomade : condamnée à errer de souvenirs face au dépouillement du présent et à un futur hachuré. 

C’est un texte saisissant, plein de tristesse qui raconte un passé ensanglanté, imagine et espère un avenir pur pour les générations futures. 

Confession de Malicka Ouattara raconte toutes ces vies fausses, maquillées, le contraste entre la paix qu’on affiche et celle qui se meut à l’intérieur de nous. Le récit nous interroge : oserions-nous envier la notoriété d’un tel si nous le connaissions vraiment ?

Le complexe du paon de Yahn Aka pointe du doigt ces obèses de suffisance en particulier cet homme d’Etat ivoirien qui a osé affirmer que la littérature ne jouait pas un rôle dans la croissance économique d’un pays et qu’il fallait favoriser et promouvoir les formations techniques et scientifiques. Ce texte satirique rappelle qu’il n’ y a « aucune noblesse à ressentir une infructueuse supériorité vis-à-vis d’autrui ».

Douleurs aphones

L’ injure de Yehni Djidji  évoque la condition de la femme qui n’enfante pas, la femme à qui on donne peu et exige beaucoup. Une femme que l’on pointe du doigt  sans jamais lui tendre la main…

Cette ère où pour être une vraie femme, la bague à l’annulaire gauche ne suffit plus. Il faut en sus mourir et ressusciter. Il faut enfanter, donner la vie pour que la sienne ait un sens. Fille de … Femme de… Mère de… Voici la véritable gloire d’une femme. Alors, elle a tout fait pour que son épopée ne demeure pas inachevée, pour qu’aucune note ne manque au récital de sa vie. Prier Dieu, courtiser les anges, supplier le diable… se prendre un amant. Le ventre crevé n’a pas gonflé. Aussi plat que la lame d’un couteau.  

Je suis de celles qui croient qu’un mariage, un enfant ne définissent pas une femme alors oui, ce texte m’a mise en rage. 

La marche d’Essie Kelly lutte contre les violences conjugales. Les femmes ne veulent pas l’autorité de l’homme, elles ne veulent que du respect, de la considération. 

Le voyage en enfer de Malicka Ouattara m’a fait sourire et ça m’a fait du bien après avoir lu 6 récits tristes. Une jeune fille de 20 ans BCBG n’a jamais été au village et appréhende sa première fois. 

Mon monde se limite au bout de mon nez. Mon nez bien qu’imposant en longitude se limite à Cocody. Le monde qu’il y a après n’est que superflu pour moi. 

Une sympathique histoire qui incite à se défaire des préjugés et à aller vers l’inconnu avec un regard neuf. Néanmoins, je pense que cette histoire ne colle pas vraiment avec l’intitulé de la 2ème partie : douleurs aphones. 

Lettre à un exilé de Cédric Marshall Kissy est une histoire folle ! Un neveu crache sa tristesse révoltée à son oncle qui a déserté le pays. Qu’est-ce que j’ai ri !

On parle de fuite de cerveaux… Mais c’est de la pure folie ! Un cerveau, ça n’a pas de pied, ça ne court pas. […] Tu t’es envolé pour le pays où il fait trop chaud et trop froid – c’est comme ça que maman appelle l’Occident – mais ton cerveau puisqu’il n’a pas de pied, est resté au pays. Alors si tu es malin, reviens vite le récupérer…

Le dernier souffle des étouffés de Yahn Aka est le dernier coup de poing porté à l’adversaire. Le récit est la voix retentissante des pauvres qui ont difficilement accès à l’éducation, qui se battent pour conserver la vie censée être un cadeau du Ciel. Il dénonce avec fermeté la politique sociale inexistante en Côte d’Ivoire. 

Les dirigeants africains capitalistes ou pseudo socialistes te feront toujours payer pour le fait que tu sois né pauvre. Les chances de changer ta condition sociale sont amenuisées en raison du système mis en place pour enfoncer le pauvre. Mais la détermination et la force de la volonté permettent d’y parvenir en dépit des épreuves.

Poings d’interrogation parle aux dirigeants actuels et aux futurs dirigeants. Il s’adresse à la femme comme à l’homme. Il interroge les doutes et les convictions. Il attriste, réjouit. C’est un recueil que j’ai pris plaisir à lire pour ce qu’il véhicule comme émotion, comme interrogation. J’espère que vous prendrez également plaisir à le lire. 

Quelques détails sur l’oeuvre

Nombre de pages : 96 

Maison d’édition : Editions Maieutique

Prix : 3000 francs CFA

Mon défi PKJ

La lecture de ce recueil m’a permis de compléter un challenge de mon défi PKJ : lire un livre un livre qui évoque, de près ou de loin, les sciences.  

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Publié dans Panaché

Un après-midi littéraire en Côte d’Ivoire

Deux événements littéraires ont rempli mon après-midi dominical : il s’agit de l’émission Bien-être Littéraire sur IVOIRE FM et Livresque 18. 

 

 

 

Bien-être Littéraire 

 

J’ai été invitée par Yahn Aka à participer à l’émission Bien-être Littéraire ce dimanche 14 août de 15 heures à 16 heures GMT sur IVOIRE FM. L’auteur invité était Wakili Alafé

Avec Traoré Moussa Ahmed, président de l’UNJCI (Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire), nous avons échangé sur son oeuvre  Championne l’enjailleuse.

Résumé de l’oeuvre 

Championne est une femme. « Ce que femme veut, Dieu veut » : dit-on pour magnifier la mère, l’épouse, la génitrice, socle de la famille, du peuple et de l’humanité. Cependant, « Ce que vaut DIEU ne vaut pas femme ». Dieu est Éternel, la femme est éphémère. Dieu est partout, la femme moderne n’aime pas aller là où il y a la précarité, le risque, la déception, l’incertitude, le manque d’assurance, de sécurité et de protection.
Championne est l’amie des jours heureux et des jours malheureux par Calcul, Ambition et Plaisir (CAP). De nos jours, le CAP est l’arme de destruction massive de la femme jeune, adulte ou vieille. Les erreurs du passé servent d’enseignements au présent qui trace le cap pour l’avenir.

 

Si Traoré Moussa Ahmed considère l’oeuvre comme un chef d’oeuvre littéraire, moi, j’ai un autre avis. Ceux qui suivent mon actualité sur ma page Facebook  savent que je n’ai pas apprécié ma lecture. 

Je n’ai rien à reprocher à la forme de l’oeuvre. J’ai bien aimé le style journalistique de l’auteur. Le fait qu’il mêle français courant et argot ivoirien ne m’a pas gênée, je le trouve assez original. Ce qui m’a déçue c’est le fait que le pouvoir de Championne, l’héroïne, ne se limite qu’au domaine sexuel. J’aurais voulu qu’il s’étende au domaine politique, qu’elle soit à la base de machinations, qu’elle soit mauvaise jusqu’au bout. J’aurais voulu être émerveillée et choquée par sa façon de manier l’influence qu’elle a sur les hommes. 

Pour l’auteur, l’influence politique était suggestive. Championne aurait pu l’utiliser ayant flirté avec le président et connu quelques secrets mais elle a préféré ne pas le faire car consciente des dégâts que cela aurait pu causer non seulement au niveau national mais continental. 

Grâce à Traoré Moussa Ahmed, nous avons appris que l’histoire était basée sur des faits réels. Selon lui, l’auteur a réussi a en faire une fiction et à l’écrire d’une très belle manière. Connaissant les faits, il lui a été par moment difficile de lier les personnages aux personnes réels. 

Il a noté qu’il aurait aimé que l’auteur écrive l’histoire telle qu’elle s’est passée réellement en n’omettant pas tous les caprices de Championne. 

Alafé Wakili nous a annoncé que le Tome 2 se préparait. On retrouvera les personnages des dizaines d’années plus tard… 

Ayant été déçue par l’ouvrage, Yahn Aka m’a demandé ce que l’on devait en retenir de positif et il a demandé le contraire à Traoré Moussa Ahmed qui a beaucoup apprécié l’ouvrage. 

J’ai trouvé la question très belle. Je pense que toute oeuvre est perfectible et qu’il ne faut pas considérer une oeuvre en tout noir ou en tout blanc. 

La leçon à retenir selon moi de cette oeuvre est qu’il faut savoir rebondir de nos erreurs et échecs. Le point négatif soulevé par Traoré Moussa Ahmed est la couverture du livre. Selon lui, nous n’avons pas encore en Côte d’Ivoire la culture de la caricature et qu’une image d’une femme magnifique en couverture attirerait plus surtout que la vraie Championne était hyper belle. 

J’ai beaucoup aimé participer à cet échange littéraire et je remercie Yahn de m’avoir invitée. J’espère qu’il y en aura d’autres. 🙂

 

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Livresque 18 

« Livresque est un événement littéraire organisé tous les deux mois par une promotrice culturelle ivoirienne Yehni Djidji. C’est un espace d’expression pour ceux qui ont  la fibre littéraire »

C’est ma 4ème participation à l’événement et pour cette 18ème édition, Livresque accueillait les 5 co-auteurs du recueil de récits Poings d’interrogation :  

 

  • Essie Kelly : écrivaine et animatrice culturelle ivoirienne. Auteure de la trilogie Odwira paru en 2012. Initiatrice et promotrice des rencontres littéraires : «Les Mots d’Ombres ».
  • Yehni Djidji : blogueuse, scénariste et écrivaine : fondatrice du site web culturel et littéraire 225nouvelles.com. Médaillée de bronze aux jeux de la francophonie en 2013 et initiatrice et promotrice des rencontres littéraires « Livresque ».
  • Malicka Ouattara : c’est l’une des plus jeunes plumes de la littérature ivoirienne. Auteure du recueil de nouvelles « Le film d’une vie », elle est étudiante et amoureuse des lettres.
  • Cédric Marshall Kissy : il a été distingué à plusieurs concours de poésie, notamment le prix international S. Hesel (RF1 2013), les manuscrits d’or (2009), le grand prix littéraire Bernard Zadi Zahourou de a poésie (2014)… Il est doctorant en lettres et en master de communication (CERCOM).
  • Yahn Aka : écrivain, éditeur, chroniqueur littéraire dans la presse écrite, animateur radio de l’émission « Bien être littéraire », promoteur des rencontres « Le café littéraire des leaders » ; il est passionné de guitare acoustique et de bass.

 

 

Résumé de l’oeuvre

Quand cinq plumes jeunes et non moins talentueuses décident de se saisir de la plume pour s’interroger sur elles-mêmes, sur le monde qui les environne, c’est un quintette, une fresque polyphonique à toutes les voix, une balade de mots, d’émotions et de sentiments qui jaillissent et se dispersent tous azimuts en points / poings d’interrogation.

L’exil, l’amour, le mariage, l’infidélité, la condition de la femme, l’urgence de la paix… et par-dessus tout l’espérance d’un jour plus mélodieux sont autant d’interrogations charriées par ces dix récits.

 

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Participant à l’émission Bien-être littéraire de 15 à 16 heures, j’ai manqué la lecture de l’oeuvre, l’instant poésie de de l’équipe de s et une partie de l’échange avec les auteurs.

Yahn Aka, co-auteur, éditeur et initiateur de l’ouvrage a énoncé le pourquoi de l’oeuvre. Il a eu envie de réunir les jeunes écrivains ivoiriens dont il connaît la force de la plume et de renforcer l’unité des jeunes écrivains ivoiriens. Ils ont travaillé ensemble du début à la fin. Cette initiative est à saluer et à encourager. J’espère qu’il y en aura d’autres.

 

 

 

 

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A la fin de l’échange est arrivé l’instant que j’adore : le Book Blind Date. En quoi consiste-t-il ?  « Chaque participant doit  venir avec un livre neuf ou en bon état à offrir. Un numéro lui est attribué. Il motive son choix pendant un court speech tout en ne mentionnant ni le titre ni le nom de l’auteur de l’œuvre. Au moment de l’échange, les participants, par ordre d’arrivée, choisissent un livre sur la base du résumé des « speakers ». »

J’ai offert Histoires à lire lumières toutes allumées de Hitchcock et j’ai reçu La flèche de Cupidon ! Ce livre fait partie de ma sélection de romance à l’africaine à lire. Je suis trop contente de l’avoir. J’espère que ma lecture sera explosive !

 

La flèche de Cupidon

 

Résumé de l’oeuvre

 

 Comment tenter de reconquérir son ex-mari lorsqu’on est jalouse et dotée d’un caractère exécrable ? C’est bien dans cette périlleuse aventure que la très belle Morgane a décidé de se lancer. Sa tâche est d’autant plus difficile que l’objet de tous ses désirs vient de s’éprendre de la douce Nova.
Et vous, comment avez-vous occupé votre dimanche ? 
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