Publié dans Interviews

Tout ce qui brille : rencontre avec l’auteure

Elle est ma « number one » dans le monde des chroniques africaines et vous partagerez mon avis quand vous aurez lu ses histoires. La narration est précise, fine ;  ses mots sont empruntés aux dieux et donnés aux hommes avec générosité, le fond des histoires savamment construit. 

Elle est « ma number one » et je me demande pourquoi elle n’a pas encore été repérée par les chasseurs de tête dans le monde de l’écriture, pourquoi elle n’est pas encore sortie de l’anonymat, n’a pas encore reçu de prix littéraires.  

Elle est « ma number one » et elle … elle… elle, c’est la chroniqueuse de Tout ce qui brille

Rencontre avec la délicate auteure qui me fait tressaillir comme l’a fait mon amour d’adolescence. 

tout ce qui brille
Source sunubiir.com

 

Comment se définit la chroniqueuse de Tout ce qui brille  en 4 # ?

#Tordue  #Passionnée  #Gauche  #Compulsive

Parlons de la chronique « Tout ce qui brille. » C’est un tourbillon émotionnel et au niveau de l’esprit. Où avez-vous appris à écrire comme ça ? (rires) Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

 Lool, je devrais réellement apprendre, maintenant que vous le dites.

Alors. Tout ce qui brille. C’était vraiment écrit sur un coup de tête, une sorte de d’auto thérapie, puis c’est devenu  un peu plus réfléchi. Je ne m’attendais à ce que les lectrices aiment l’histoire… A vrai dire je ne m’attendais pas à en avoir beaucoup, de lectrices. Mais bon, je suppose qu’on aime toutes une romance un peu compliquée, qui finit bien, où on se dit des mots d’amour, où les méchants finissent seuls et mal et où des bébés naissent. Je ne suis pas une romantique. Vraiment. Mais je pense que pour un premier essai, la romance était le chemin à suivre, moins risqué. En plus, je venais de finir « Orgueil et préjugés ». Donc disons que j’étais encore un peu ivre de ce chef d’œuvre en écrivant.

 

Si vous deviez la résumer en une phrase, quelle serait-elle ?

 

L’amour malgré, en dépit de, de toute façon et parce que.

 

Imaginez que l’on vous demande de lire un seul passage, lequel choisiriez-vous ?

 

« Parce qu’il est des jours où tu es celle sur qui on compte. Et où tu dois être assez forte pour d’autres. Que ça soit ma famille ou Malik, je suis des fois, celle sur qui on compte. Et ces fois, comme maintenant, je le dois bien à Malik, de prendre ses armes lorsqu’il les baisse. »

 

 Sur quel thème vous n’écrirez sûrement jamais ?

 

Il ne faut jamais dire jamais. Et je ne pense pas qu’il existe un sujet que je ne voudrais pas traiter. Quand l’inspiration vient on ne fait que suivre. Mais si je peux dire, je suis sure de ne pouvoir écrire en  point de vue zéro : utiliser la troisième personne, raconter l’histoire en narration omnisciente. Je ne me vois pas écrire de cette façon là.  J’aime raconter les histoires par point de vue interne, utiliser la puissance du « je », entrer dans la peau des personnages, leur faire raconter leur propre histoire, leur faire s’adresser au lecteur sans intermédiaire.

 

Où vous voyez-vous l’année prochaine à la même date ?

 

Août 2017. J’espère être dans la paix où je suis maintenant par la grâce de Dieu. J’espère être en vie et être inspirée. Je devrais dire que j’espère avoir un boulot stable parce que j’aurais presque fini mes études à cette date et, bon, le chômage, ce n’est pas sympa… Mais j’espère juste être heureuse dans mon corps et dans mon esprit, chez moi (et en vacances j’espère !) et avoir les gens que j’aime heureux.

 

Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture ?

 

Ma maman. Lire, évidemment. A ce stade, c’est bien plus qu’une passion. C’est quelque chose entre la nécessité et de la dépendance. J’aime aussi cuisiner, la poésie, la musique, regarder des séries télévisés et films longs et lents, refaire le monde dans ma tête… Oui je suis très ennuyeuse.

Présentez-nous une femme que vous lisez, ou que vous suivez, admirez, une femme avec laquelle vous auriez envie de collaborer ou que vous auriez envie de connaître personnellement.

 Tellement d’options que je ne saurais me résoudre à choisir. Je vais donc rester dans le monde des chroniques auquel j’appartiens et je vais dire : Sadjee ou Chrystel. Chroniqueuse de la page « Mille mots un amour » et auteur du merveilleux, du touchant « L’innocente ». Je l’adore. Avant même de savoir qui se cachait derrière ses histoires, je la dessinais dans ma tête, convaincue qu’elle avait des doigts fins que l’on regardait puis aussitôt  qui inspiraient la confiance, qui respiraient le talent pur. Je me connectais à ses mots, les parcourant avidement, n’arrivant pas à croire qu’elle écrive des chroniques sur Facebook et pas des Best Sellers. La première fois qu’elle a commenté ma chronique en cours, je me suis sentie toute chose, comment assumer ses écrits nouveaux et tâtonnants quand un tel génie vous lit ? J’adore Sadjee.

 

Quels sont vos 3 livres préférés d’auteurs africains ?

 

1 Une si longue lettre de Mariama Bâ.

2 Le monde s’effondre de Chinua Achebe.  

3 Mes hommes à moi de Ken Bugul.

 

Quel est votre top 5 de chansons africaines qui évoquent l’amour ? 

 

Viviane Ndour- Dekkore. Vieille chanson mais du Sénégal mais toujours aussi bien

Youssou Ndour- Chimes of Freedom.

Carlou D- Nene Galé. 

Daara J- Allah

2face – African queen

 

Petit bonus pour nos lecteurs, nous allons établir votre portrait chinois 

  • Si j’étais un parfum de glace, ce serait le café
  • Si j’étais un support musical, ce serait un piano
  • Si j’étais une saison, ce serait la saison des pluies
  • Si j’étais un épice, ce serait la cannelle
  • Si j’étais une révolution, ce serait la révolution des suffragettes
  • Si j’étais un prix littéraire, ce serait un Pulitzer
  • Si j’étais un signe de ponctuation ce serait une virgule
  • Si j’étais un dieu grec, ce serait Hermès

  

Un petit mot de fin ?

Ce fut un plaisir de répondre à vos questions, je vous remercie et je remercie mes lecteurs pour la patience, pour les encouragements et pour l’entrain. J’espère que les mots qu’on s’échange sur la page iront bien au-delà. Et vive Facebook (si seulement on pouvait écrire en italique aussi) … Lol. Merci à vous.

Propos recueillis par 

signature coeur graceminlibe

Vous pouvez vous enivrer des histoires de l’auteur sur sa page Facebook ou sur la superbe plateforme Sunubiir.com

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

L’arbre s’est penché de Mariama Ndoye

Montage créé avec bloggif

Toi qui me disais de ton vivant : « Mariama, qu’est-ce que tu écris tout le temps ? Tu n’as pas d’autre occupation ? En tout cas, ne m’écris pas, dé!  » Je passe outre ! Me le pardonnes-tu, maman ? Je veux te faire connaître au monde. Je veux célébrer mon amour pour toi qui maintenant m’étouffe. Seule la plume sert d’exutoire à mes larmes. Guide-la, rends-la belle pour que mes chants d’enfant pour toi soient les chants les plus beaux. Pardonne-moi de te livrer au monde, toi la pudique qui te contentais d’être une mère aimante et une épouse discrète.

 

La mort : royaume du silence, de l’oubli, de la nuit ;  source de tristesse. On est tous conscient qu’on n’y échappera pas mais on n’est jamais préparé à la perte d’un être cher.  

L’arbre s’est penché est un récit où Mariama Ndoye rend hommage à sa mère. Sa mère si forte, si taquine, si croyante, si bienveillante envers les gens de sa famille et les inconnus, sa mère pleine de bons conseils. 

 

Ne confie pas à ton mari tes secrets de famille, il y en a dans la sienne que tu ne connaîtras jamais. Ne délaisse pas le domicile conjugal. Ne confie à aucune amie, ce qui se passe dans ton ménage, ton amie a une amie, son amie a aussi une amie et confidente. D’oreilles attentives à bouches « chuchotantes », ton secret finira par être moins qu’un secret de polichinelle.

En évoquant des anecdotes familiales, Mariama Ndoye trace le portrait d’une mère déterminée, généreuse et irremplaçable. 

Mariama Ndoye montre en rapportant un poème écrit à sa mère que la poésie est la première chose à laquelle on pense quand on veut crier sa douleur  et rendre hommage. 

Affamées depuis la minute qui vit ton rythme cardiaque se muer en ligne continue sifflante comme un adieu

« c’est fini »

« ça ne fait que commencer pour nous »

Début du calvaire de te voir inerte

Ta moue annonciatrice d’un sourire nous fait languir

Ce sourire va-t-il s’afficher ? Nous l’attendons en vain

 

Le récit est plein d’émotions. Il montre l’amour, l’admiration, le respect qu’éprouve une fille pour sa mère. 

Il nous fait lever les yeux au ciel et dire notre reconnaissance au Créateur qui rassasie nos parents de vieux jours. On n’ose pas imaginer comment sera notre vie après leur dernier sommeil. 

Cette lecture est délicate, émouvante et montre combien il est important de vivre intensément chaque jour avec ceux qui comptent pour nous et de ne retenir que le meilleur. 

 

Biographie de l’auteur

Mariama Ndoye, épouse Mbengue est née à Rufisque, Sénégal, en 1953. Sa mère était téléphoniste et son père médecin nutritionniste. Après son baccalauréat A2 obtenu en 1971, Mariama Ndoye a poursuivi des études de lettres classiques à l’Université de Dakar sanctionnées par une licence de lettres classiques en 1975 et un doctorat en 1982. Elle a obtenu en 1977 un certificat de muséologie à l’Ecole du Louvre à Paris et occupé les fonctions de Conservateur du Musée d’art africain de l’IFAN (Institut fondamental d’Afrique noire) à Dakar jusqu’en 1986. Après un séjour de 15 ans en République de Côte d’Ivoire, elle a vécu plusieurs années en Tunisie où elle s’est adonnée à l’écriture tout en découvrant une nouvelle et riche culture. Au cours des ans, elle a participé à plusieurs rencontres littéraires et elle profite maintenant de ses petits enfants, source renouvelée d’amour et d’inspiration. L’œuvre de Mariama Ndoye comprend plusieurs romans, recueils de nouvelles et livres pour les enfants. En 2000, son roman « Soukey » a remporté le prix Vincent de Paul Nyonda décerné par les lycéens du Gabon, et en 2012 « L’arbre s’est penché » a été récompensé du Prix Ivoire en 2012.

 

Quelques détails de l’oeuvre 

Maison d’edition : Editions Eburnie

Date de publication : 2011

Nombre de pages : 130

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Anthologie – Penser les mots

 

penser les mots

A quoi comparerai-je « Penser les mots » ?

J’ai l’impression d’être Jésus en énonçant cette phrase. Il disait souvent à quoi comparerai-je le royaume des cieux en parlant à la foule. Ok, je m’égare, revenons donc à notre ouvrage du jour.

Je comparerai ce recueil d’histoires en vers rimés à un manoir. Un manoir à l’architecture originale avec du caractère qui regorge de salles de trésors que l’on peut visiter en une heure ou en une journée selon notre humeur, notre attachement au lieu.

Un manoir où on aurait envie de demeurer parce qu’il connaît notre histoire, il l’a vécue avant nous.

Un manoir qui abrite nos espoirs, il les a possédés avant nous.

Ce manoir contient 50 salles de trésors que l’on retrouve à différents paliers. Au premier palier, vous trouverez A la découverte des mots. Au second palier, A L’EGERIE, au 3ème ECRITS EN VRAC, au 4ème AUX CHERS DISPARUS, au 5ème ECRITS AMERS, au 6ème DUOS. 

J’ai ôté mes souliers de verre, pénétré sans faire de bruit dans « A la découverte des mots« .

Lisez les mots qui m’ont accueillie :

« A toi qui veut être un poète fort excellent,
L’art te requiert l’usage d’un habile talent ;
Lorsque tu te passionneras pour les beaux mots,
Et que tu voudras en produire même à flot.
Sache, petit, que toute poésie sans méthode,
Est laide comme la Méduse et incommode.
Tous ceux pour qui la robe et le sens du vers
Doivent être purs tels un repas dépourvu de vers.

Sois donc plus sévère lecteur qu’un simple écrivain,
De peur d’être sans critique trompé par ta main ;
Ne te laisse pas piéger par tes acrostiches,
Sois veillant au repos de tes hémistiches.

Offre à ton cher public une agréable musique,
Mais aussi un beau paysage à chaque distique,
A travers la riche composition de tes rimes,
Qui à l’oreille et l’œil se perçoivent et s’expriment.

Évite enfin une poétique catastrophe,
En te gardant loin des vers secs à ta strophe;
Au public, œuvre à donner l’aimable envie,
D’écouter ce que tu chantes dans ta poésie.

Dites-moi, comment éviter de se laisser séduire par ces mots ? Comment éviter de ne pas s’installer dans le canapé moelleux à souhait de cette salle de trésor et écouter la musique qui émane de son sein ?

Comment ne pas se laisser emporter par la mélodie, la simplicité et la véracité des mots, ne pas interroger son statut de poète ? 

Je n’ai pu m’empêcher de lire ces textes à haute voix, d’en faire du slam, d’imaginer Grand Corps Malade les déclamer.

J’écris pour dire que la vie vaut la peine qu’on s’y lance ;
J’écris, car cela me permet aussi de croire,
J’écris l’espoir, ce qui m’empêche de choir.
J’écris, car j’ai vu la couleur de la douleur,
J’écris les épines, mais je n’oublie pas la fleur,
J’écris beaucoup la haine, et quelques fois l’amour,
Car j’ai connu trop de peines, et très peu de beaux jours.
J’écris des textes auxquels je mêle des métaphores,
Depuis que j’ai su que la solitude peut être un confort,
J’écris, car je rêve qu’un jour nouveau se lève,
Et je ne ferai pas de trêve, jusqu’à ce que je crève.

 

Écrire,
C’est aussi s’adonner aux lettres,
Donner la chance aux piètres êtres,
De chasser leur mal être.
J’écris, car écrire c’est aussi offrir,
Je donne mes mots à ceux qui ne savent que souffrir.
J’écris et je cris les mots sourds de mes entrailles,
Je ris de mes joies, et pleurs de mes entailles.
J’écris pour réunir, j’écris pour abonnir
J’écris pour tenir, car ce n’est pas prêt de finir.

 

Ô mer, combien à moi tu ressembles !

Pleine de mystères, débordante de secrets ;

N’ébruitant jamais que ces vagues que tu rassembles,

Messagers laconiques, ténébreux et discrets.

Comme avec toi, les hommes n’ont pu,

Sonder le fond de mes sombres abîmes,

Alors, avec moi, certains ont rompu,

Les relations filiales comme celles intimes.

J’ai couru jusqu’ A l’EGERIE et là j’ai contemplé mon reflet dans le miroir, ressorti mes souvenirs :  amours en point de suspension, en point d’interrogation, en point final. 

Mes amours précoces, mes amours tardifs, mes amours avortés, tout était là… dans cette anthologie. 

« Loin des yeux, loin du cœur »

En voici un proverbe bien menteur,

La distance a attisé mes sentiments,

Son absence a accentué mes tourments.

 

Pourquoi si loin d’elle je ne pense qu’à elle ?

Et pourquoi brille si fort cette chandelle ?

Pourquoi dans mon sommeil, je la hèle ?

Et pourquoi j’entends ce chant d’elle ?

 

Après ton départ, les lendemains auraient dû jouer leur rôle,
Tout aurait dû s’effacer, et la vie aurait dû redevenir drôle ;
Hélas, depuis lors elle me semble perdue, ma vie d’antan,
Il m’en coûte de tout oblitérer, de reprendre mon envol,
Aujourd’hui encore, je stagne… alors, j’arrête le temps.

J’avoue être passée comme une flèche au palier ECRITS EN VRAC. Quelques-uns des textes écrits dans cette partie n’ont pas retenu mon attention.

Idem pour le palier AUX CHERS DISPARUS. Un léger vent de tristesse a soufflé en mon âme en lisant ces hommages aux disparus proches ou inconnus de l’auteur mais il a été de courte durée. J’ai un rapport assez étrange avec la mort mais n’en parlons pas ici.  (rires) 

Une orange, des bonbons, un repas sans surprise

Une horloge, une chanson, celle qu’on chante à l’église

Tel est le décor de chez moi, tous les soirs de Noël

Ah ! J’oubliais les omelettes qui dorment dans la poêle

 

Oh Dieu ! Dis au père Noël et à tous, que je suis un bon garçon

Et qu’ici aussi, on aime les cadeaux et pas que des p’tits pains

Que toute l’année on a été sage, et qu’on mérite une rançon

Je ne le dis pas que pour moi, mais aussi pour mes copains

J’ai trouvé ces strophes dans l’une des salles de trésor du palier 5 : ECRITS AMERS. Ai-je besoin d’indiquer qu’ils m’ont émue ? 

Dans cette salle de trésor, il est question de manque, d’attente déçue, de jugement de valeur, d’amour impossible, de destin cruel. 

Au paliers des DUOS, j’ai admiré la profondeur des échanges entre l’auteur et Kiné, l’auteur et Dija.

Dija :

J’ai connu ce sentiment amer, cette dépendance à l’autre
Celui-là qui nous laisse perplexe, et qui nous fait son apôtre
J’ai connu ces liens dits durs comme fer, et je les ai vus s’envoler
Et j’en ai appris que l’on ne peut, si on ne le veut, en être condamné

Marcus :

Dija, il est de ces événements qui surpassent notre pensée
De ces réalités que l’on ne peut hélas rejeter dans le passé
Il restera, entre elle et moi, toujours ce même contentieux
Que nous n’aurons réglé, avant qu’elle ne rejoigne les cieux

L’auteur part à la quête des peines du monde, revient aux siennes sans oublier de nous apporter notre lot. Il écrit comme il le sent, comme il l’entend, comme lui viennent les mots, librement. Et cette liberté  séduit, émeut. Les métaphores dont il use sont si bien pensées. 

Il y a tant de choses à dire sur cette anthologie, je préfère m’arrêter là. Penser les mots est une anthologie à lire, à relire et à faire lire. L’amoureuse des mots et des rimes que je suis s’est régalée. J’espère qu’il en sera de même pour vous. 

Biographie de l’auteur 

Auteur, entrepreneur, consultant et conférencier, Marcus da Writer est l’une des nouvelles voix de la
littérature africaine. Porte-parole de la jeunesse, c’est autour de thématiques relatives aux jeunes que s’inscrit la plus grande partie de ses oeuvres. Marcus, Ibuka Gédéon Ndjoli de son vrai nom, est l’auteur de « La Jeunesse Africaine a une voix », « Jeunesse & Education », « Sur les traces de MJ », et « Les Histoires de vos vies ».

Kusoma Group, la start-up africaine qu’il dirige, ambitionne de démocratiser l’édition et la lecture. Elle accompagne les auteurs indépendants et éditeurs d’œuvres africaines dans la démocratisation de leurs livres, grâce à une plateforme web et mobile qui comprend un Editeur, une Librairie et une Bibliothèque numériques.

Quelques détails de l’ouvrage

Nombre de pages  : 97

Date de publication : juin 2014.

Format : E-book  

 

signature coeur graceminlibe

Publié dans Anémone

Jamais un sans deux

jamais un sans deux

Anémone – Chapitre 3 

Je suis rentrée de l’hôpital, il y a neuf jours. Heureusement qu’on n’avait pas commencé à aménager la chambre du bébé, ça m’aurait effondrée. J’ai fait une fausse couche spontanée avant d’avoir eu l’occasion d’annoncer à mes proches que je portais la vie en moi.
J’ai perdu mon bébé avant de l’avoir senti bouger en moi. J’ai échoué dans mon rôle de mère : je n’ai pas pu garder mon enfant, je n’ai pas su maintenir sa vie.

Lary me dit d’éviter ces pensées, je ne suis ni auteure, ni propriétaire de la vie.
Il en a, des paroles de sagesse en réserve. Il les sort pour taire mes larmes mais la sagesse ne me guérira pas. Elle n’effacera pas cette perte, cette 1ère tentative échouée.

J’évite de croiser ma voisine, je me sens tellement moins femme qu’elle. Elle a deux enfants en bonne santé, qu’ai-je moi ?
J’évite de regarder mon ventre. Lui donner des coups ce n’est pas l’envie qui me manque.

«Mon utérus n’était peut-être pas encore tout à fait prêt à garder la vie.» C’est l’unique hypothèse qu’a retenu Docteur Assezo pour expliquer ma fausse couche. Il m’a conseillé d’attendre encore un peu avant de retenter l’expérience. Je ne dois pas paniquer, la prochaine fois se passera mieux, mon utérus sera habitué. M’a-t-il dit avec le sourire.
Pfft ! Attendre, je ne fais que ça…

Je me sens tellement vide ! Je me sentirais inutile sur cette terre s’il n’y avait pas mes bouts de chou de la petite section. Ils sont mon bol d’air frais, je leur donne tout mon amour de femme destinée à être mère. Comment ferai-je quand l’année scolaire prendra fin dans deux semaines ?

****
J’aurais entamé mon sixième mois si la Providence m’avait laissé le choix de donner la vie. Lary aimerait bien qu’on retente l’expérience mais je sais qu’avoir un enfant ne motive pas son désir. Il aimerait qu’on retrouve notre intimité, l’extase ; il ne veut que ça.
Je n’ai pas envie de recommencer, je veux juste continuer, reprendre là où l’on m’a stoppée dans mon élan.
Je lutte contre la tristesse, m’évade comme je peux à travers la lecture et les visites familiales mais mon abîme m’engloutit lorsque je vois ma belle-mère être aussi attentionnée envers son unique petit-fils et dire qu’elle n’a que lui. J’ai l’impression qu’elle fait exprès.
J’ai profité des vacances scolaires pour aller passer du temps à Vavoua, là où ma mère passe ses vieux jours. Elle m’a sermonnée lorsque je lui ai dit que je n’ai plus goût à la vie depuis que j’ai perdu mon bébé. Elle m’a dit : « Une femme ne courbe pas l’échine à la première épreuve. »
Elle a constamment les yeux sur moi, veille à ce que je ne pleure pas. Elle m’a gavée de médicaments traditionnels, ils renforceront mon utérus, m’a-t-elle dit.
Ce séjour d’un mois loin d’Abidjan m’a fait du bien. Je rentre revigorée, prête à être mère à nouveau.

****

J’essaie d’être mère mais pas comme la première fois. Je n’impose aucun régime, mode de vie à Lary. Je n’ai pas envie de forcer les choses pour que la Providence me les reprenne à la fin. Je laisse mon corps se reposer, aller à son rythme. Je serai enceinte quand il sera prêt à accueillir une grossesse. Lary est heureux de mon nouvel état d’esprit.
Une nouvelle année scolaire a débuté et j’ai encore la classe de petite section ; la directrice de l’établissement trouve que j’excelle avec eux.
Mackenzie me manque énormément, sa mère l’a inscrite dans une autre école. Je me fais beaucoup de souci pour cette petite fille, j’ignore pourquoi.

Je suis plus que surprise de trouver Lary devant l’école à la fin de la journée. Il n’y est pas venu depuis deux ans ! Nous rentrons en taxi chez nous. Après un bain langoureux, nous sortons bras dessus dessous. 
Je suis émue lorsque nous franchissons le seuil du restaurant du Sofitel Ivoire. Nous n’avons pas eu une telle sortie depuis si longtemps. Il me tire la chaise pour que je puisse m’asseoir, me couve du regard durant tout le dîner. Je saisis encore plus la chance que j’ai d’avoir un homme aussi aimant à mes côtés.

– Je t’aime. Lui dis-je dans un souffle
– J’ai compris ce que c’est qu’aimer avec toi ma Janyce. me dit-il en me prenant la main
– Nous sommes un si joli couple
Et on formera une si jolie famille. Complété-je en mon for intérieur. Le violent désir d’avoir une famille revient lentement à la surface, j’essaie de le canaliser.

– Janyce, tu as entendu ce que j’ai dit ?
– Désolée, mon amour. Je me demandais comment te remercier pour cette belle soirée.

Il sourit, je mets mon doigt dans le creux de sa fossette gauche. Notre enfant l’aura-t-il ? Le visage d’un enfant passe dans mon esprit lorsqu’il m’interpelle encore une fois :

– Ça te dit qu’on passe le week-end prochain à Yamoussoukro ? Je ne travaille pas, on pourrait en profiter pour changer d’air.

Son implication dans notre vie de couple me touche énormément. Je sais qu’il aura la même attitude pour notre vie de famille et je me réjouis d’avance.
J’ai droit à un massage relaxant lorsque nous rentrons à la maison. Mon mari est un trésor et je ne l’échangerai pour rien au monde.

****

Je souris en lissant les plis de ma robe. Lary a insisté pour que je la porte aujourd’hui. Je ne l’ai jamais vu autant amoureux.
La pause de 10 heures vient de commencer, je peux en profiter pour l’appeler. A l’écart des enfants, j’adresse des mots d’amour à mon compagnon de vie.

Abdallah me propose une part de son gâteau à l’ananas. Il a l’air trop appétissant pour que me vienne à l’esprit l’idée de refuser. Je le remercie, engloutis le morceau. Qu’est-ce qu’il est bon ! Je ne dirai pas non à un autre morceau mais comment le demander à Abdallah ? Je n’ai jamais demandé le goûter de l’un de mes petits.

Nous retournons à nos activités d’éveil. Je montre à Matthieu comment colorier en restant dans le cercle lorsque je suis prise d’une nausée. Je vide mon estomac (et peut-être plus) dans les toilettes.
J’accueille la fin de la journée avec enthousiasme. Je ne me sens pas bien, j’ai eu le tournis tout l’après-midi. J’avale des médicaments traditionnels contre le paludisme dès que je rentre.

Je ne me porte pas mieux les jours suivants. Lary m’a demandé d’aller voir un médecin mais je refuse d’y aller. J’ignore pourquoi mais j’ai peur d’y aller. Je traite mon mal à la cause inconnue avec les médicaments que ma mère m’a remis.
Un fait m’alerte quelques jours plus tard : j’ai une absence de menstruations depuis le mois dernier.

****

Je cours aux toilettes avant que mon mari ne se réveille. Je dois vérifier si je suis enceinte. Mon cœur n’a jamais autant battu la chamade. Et si…
Je ferme les yeux, inspire un grand coup avant de regarder le test de grossesse. Je manque de m’évanouir, les deux barres sont là.

Je glisse le long de la porte d’entrée. Je suis enceinte pour la deuxième fois de ma vie. Je porte instinctivement la main à mon ventre, le caresse. Je vais avoir un bébé.

Je vais discrètement voir mon gynécologue le lendemain. Je saute à son cou lorsqu’il me confirme ce que je sais déjà. Je pleure comme une madeleine quand il m’annonce que j’attends des jumeaux ! Oh ! Dieu n’a pas pris plaisir à mes larmes de souffrance. Voyez, ma récompense !

Lary est surpris par le dîner aux chandelles que j’ai organisé pour nous. A sa question « Que fête-t-on ce soir ? » je réponds en lui offrant un paquet cadeau. Il sourit quand il voit le test de grossesse, lit la carte de compliments que je lui ai confectionnée. Il a des larmes dans la voix lorsqu’il découvre l’échographie.

– Je n’arrive pas à y croire.
– …
– On va avoir des jumeaux. poursuit-il
– N’est-ce pas merveilleux ? complété-je un large sourire aux lèvres. Dieu a entendu mes prières. Il est fidèle, Lary. Il remplace doublement ce qu’on perd. On devrait faire une offrande d’actions de grâces à l’église.

– Deux enfants d’un coup, ça veut dire deux fois de plus de couche, une double scolarité à payer, un…
– Pardon ? l’interromps-je d’une voix tonnante. Je vais te donner deux enfants et tu penses immédiatement à tes finances ?! Quel genre d’hommes es-tu ?
– Désolé, j’ai pensé tout haut. Ce n’est pas ce que je voulais dire. réplique-t-il embêté.
– J’aurais dû garder la nouvelle pour moi. Conclus-je. Et ne t’en fais pas pour les charges, je vais faire mon possible pour que mes enfants ne manquent de rien. Celui qui m’a fait la grâce de les avoir pourvoira à leurs besoins.
– Janyce, écoute. Je ne nie pas que j’ai pris en considération toutes les dépenses en double qu’on aura à faire mais je suis content d’être le père de jumeaux.

Il me prend dans ses bras.

– Je ne ferai plus allusion aux finances, je vais profiter du bonheur d’être père. Pardonne-moi ma chérie. conclut-il en me caressant légèrement la joue

Je l’embrasse légèrement. L’excès de joie dans mon cœur ne laisse aucune place à la rancune. Je laisse les valises de sentiments négatifs sur le quai de la gare avant de monter dans le train de ma vie de mère.

****

Ma belle-mère a voulu me mettre au dos lorsqu’on lui a annoncé que j’attends des jumeaux. Elle est si heureuse ! Elle est à mes petits soins, passe régulièrement me faire de bons plats.
Je suis chouchoutée par ma belle-famille et mon mari et j’en profite. Docteur Assezo suit ma grossesse gémellaire avec attention ; je fais le plein de vitamines, me repose au maximum.
J’entame la nouvelle année avec soulagement et confiance. Je suis à 16 semaines de grossesse, ma 1ère grossesse n’a pas dépassé ce cap. Chaque jour, j’adresse des prières de reconnaissance et de demande de protection à DIEU ; mon miracle ira jusqu’au bout. 

****

J’ai ma deuxième échographie aujourd’hui. Je suis toute excitée, je connaîtrai le sexe de mes bébés. Un large sourire se dessine sur mes lèvres lorsque je les vois à l’écran, j’ai hâte de les avoir dans mes bras, de les câliner. Leurs sexes apparaissent bien à l’écran, j’attends des garçons ! Lary sera aux anges.

Je pleure comme une fontaine quand je les sens bouger pour la première fois. Mes enfants sont en vie et en bonne santé. 

Je m’empresse d’acheter à la fin de ma consultation un livre de naissance pour jumeaux avec des illustrations craquantes et des graphismes tendances. Un espace est dédié à chaque bébé, des pages spécifiques retracent leur caractère, évolution et goûts. J’ai hâte d’inscrire leurs premiers mots, premières bêtises. En attendant, je colle mes échographies.

Je retourne à l’école l’après-midi. Les enfants sont très intrigués par la forme de mon ventre, ils m’ont tous demandé ce qu’il y avait à l’intérieur pour qu’il soit aussi gros. J’ai remarqué que les filles le touchaient plus que les garçons, c’est sûrement l’appel du mâle.

Je rentre exténuée du boulot, heureusement que je n’ai pas à cuisiner et faire le ménage. Yasmine, notre aide-ménagère s’occupe de ces tâches. Je dors au moment où Lary rentre du boulot. Ses doux câlins me sortent du rêve magnifique que je faisais.

– Bonsoir ma reine.
–  Je suis toujours ta reine avec ce masque de grossesse et mes kilos en plus ?
– Tu le seras toujours même avec le crâne rasé. Alors vous êtes des princes ou des princesses ? s’enquiert-il en embrassant mon ventre.

Il exulte de joie lorsque je réponds. Il pense immédiatement à leurs prénoms.

– Raphaël et Gabriel, c’est parfait.
– J’aime bien mais ce serait bien qu’on leur donne deux prénoms, non ?
– Ça ne me dérange pas. répond-il entre deux baisers.
– Leurs prénoms pourraient commencer par les initiales de nos prénoms. Le premier aura un prénom qui commence par L et le deuxième par J.
– Léo Raphaël et Jules Gabriel. Comment tu trouves ?
– Ce n’est pas mal. J’espère qu’ils prendront tout de toi : ton teint clair, ton nez, tes petites lèvres. Tu es tellement beau, mon Lary.
– Et tu es également belle, mon étoile. Je suis tellement fier d’avoir une femme au teint d’ébène avec des lèvres pulpeuses et des formes généreuses. J’aime tout de toi.

Nos lèvres se perdent dans le labyrinthe des baisers fougueux. Je me donne sans retenue à l’homme qui fera de moi une mère.

****

J’entame ma 25 ème semaine de grossesse et je suis déjà à bout. Mes pieds sont enflés, j’ai constamment des crampes et la lombalgie.

Ma belle-mère passe la matinée avec moi. L’après-midi, je le passe avec ma cousine Beryl. C’est mon unique amie et confidente. Elle ne vit malheureusement plus en Côte d’Ivoire mais en Afrique du Sud avec sa petite famille. Elle a bien envie de rentrer au pays mais son mari ne veut quitter le sien que pour les Etats-Unis.

Nous conversons à bâtons rompus durant des heures. Je l’accompagne prendre un taxi en début de soirée. Je rejoins la maison lorsqu’une dame m’interpelle. D’un air inquiet, elle m’annonce que ma robe est tâchée. De quoi ?

Je me mords la lèvre quand elle me dit ma robe d’un vert pâle est toute rouge. J’ignore comment je fais pour arriver à la maison. Yasmine m’accompagne à l’hôpital. Je prie durant tout le trajet, je ne veux pas penser au pire.

Docteur Assezo me prend rapidement en charge. Il me fait une échographie afin de savoir d’où provient le saignement. Je m’alarme lorsqu’il me dit qu’on doit me faire une césarienne pour faire sortir les bébés. C’est trop tôt mais ils ne sont plus en sécurité dans mon ventre. Le visage baigné de larmes, je lui demande d’appeler mon mari. Je veux qu’il soit à mes côtés.

****

Je suis au jardin botanique de Bingerville avec Gabriel, Raphaël et leur papa. Raphaël est suspendu à mon cou, Gabriel à celui de son père. Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. A leur naissance, je n’arrivais pas à les distinguer.

Je fais descendre Raphaël un instant pour qu’il joue un instant. Il se met à courir, ne voit pas le trou béant devant lui. Je pousse un cri, ouvre mes yeux.

Lary me presse la main, caresse ma joue. Il n’a pas l’air bien, je pose immédiatement ma main sur mon ventre.

– Où sont les bébés ? demandé-je d’une petite voix
– Janyce, tu ne pourras pas les voir aujourd’hui.
– Pourquoi ? Ils sont dans une couveuse ? L’interrogé-je en essayant de me redresser.
– ….
– Ils sont dans une couveuse ? répété-je
– Janyce, ils nous ont quittés. m’annonce-t-il en serrant les dents. Ils n’ont pas survécu. Le docteur n’arrive pas à expliquer leur mort prématurée.
– Je ne comprends pas ce que tu dis. Où sont mes bébés ?
– Je suis tellement désolé, Janyce. J’aurais tout donné pour que cela n’arrive pas mais…
– Tais-toi !

Je crie comme une forcenée pour ne plus l’entendre. Lary appelle le docteur, ils veulent m’administrer je ne sais quoi. Je m’y oppose, je ne veux que mes enfants à l’intérieur de moi. Mes enfants allaient bien, c’est le médecin qui a voulu les séparer de moi.

Je leur ordonne d’aller chercher mes enfants. J’en ai déjà perdu un, je ne veux pas en perdre deux de plus. Je ne le supporterai pas.

 © Grâce Minlibé

Publié dans Psyché

Carnet d’écriture #1

carnet d'écriture 

17/05/2016

« Sois productive ma poétesse. » Ces mots de Cyriac m’alertent, m’interpellent. Niveau production, je ne suis pas très loin de 0. Ma motivation joue à la marelle, mon inspiration joue à cache-cache.

J’ai décidé de reprendre l’écriture, ressusciter mes bouts d’écrit qui gisent ici et là ; je commencerai par la réécriture de mes 3 romans que je veux faire éditer.  

Je débuterai par le dernier récit écrit. Il n’y a pas grand-chose à changer au fond, il faut juste revoir la forme.

C’est un peu difficile de se remettre dans un récit qu’on a achevé il y a 2 ans. Se remettre dans l’histoire, discerner l’excès de détails, recadrer les choses, aller à l’essentiel sans dénaturer le goût du livre.

Quel titre percutant donner à l’histoire ? Elle aborde des questions de différence religieuse ; les déboires amoureux, la trahison, et les désillusions sont au cœur du récit.

L’année dernière, j’ai lu une phrase dans « Inassouvies, nos vies » de Fatou Diome. Une phrase qui m’a séduite et qui résume à mon sens la quête de mon héroïne principale, Marica : « Il l’attendait pour l’aimer ». J’ai décidé de faire de cette phrase le titre du roman. 

Comment résumer l’œuvre : mettre un extrait ou la résumer entièrement ? Je ne sais pas encore. J’y reviendrai à la fin de la réécriture.

Vais-je garder le présent comme temps de narration ou passer au passé simple ?

Je décide de garder le présent, il est beaucoup plus facile à manier.

« Le coup de soleil de Marvin » en fond sonore, l’immersion dans « Il l’attendait pour l’aimer » peut enfin commencer.

Le 1er chapitre est corrigé, j’ai modifié les premières lignes du récit. J’ai également revu une partie du 2e chapitre. A chaque jour suffit sa peine, je continuerai demain.

****

18/05/2016

J’ouvre directement le dossier écriture de mon ordinateur dès que je rentre du travail. J’ai pensé à mes écrits tout l’après-midi.

J’ai besoin d’un environnement romantique pour faire émerger la romantique en moi. Quoi de mieux qu’une bonne playlist sentimentale ? 

J’écoute en boucle « I look to you »,  « Jus Right », « when you kiss me » (titre cité dans le récit)

Le roman compte 340 pages et je veux le ramener à 200 pages, 250 pages maxi. Il va falloir enlever les dialogues de trop, les phrases intermédiaires.

La fatigue se pointe 2 heures plus tard.  OJUELEGBA  de Wizikid  n’arrive pas à me garder éveillée. 

Je suis à la page 55. Je doute de mes modifications apportées. Je préfère ne pas relire, je ferai une énième relecture à la fin de la correction si besoin.

19/05/2016

Je commence ma relecture à 21h 44. J’ai corrigé un court texte que j’avais rédigé en 2013 et j’ai mis sur papier une inspiration que j’ai eue après ma prière. 

Pour me remettre dans mon roman, j’écoute « Paradis perdus » de Christine and the Queens 

Comme hier, j’enlève une bonne partie des dialogues, résume mes pensées. La fatigue se fait sentir à la page 62, je m’assure d’avoir bien enregistré le fichier avant de le fermer.

21/05/2016

Je prends conscience de mon amour pour les dialogues. Il y en a à profusion dans le texte. Je dois les réduire au maximum, c’est un roman que l’on lit, pas une pièce de théâtre. 😀

J’enlève, corrige, reformule. Une quinzaine de pages a sauté depuis le début de ma correction. Il me reste une centaine à modifier.

J’aime écrire en écoutant la musique. Ce soir, c’est Rihanna, Shontelle et Vitaa qui m’accompagnent. 

Il est minuit 5 et je suis à la page 97. Mes paupières sont lourdes. A chaque jour suffit sa peine.

22/05/2016

Relire, donner du sens, modifier, effacer.

J’enlève des paragraphes au fur et à mesure. Faut-il raccourcir l’histoire ? J’ai peur de dénaturer la romance, d’aller trop vite.

Page 115 : je constate qu’il manque un paragraphe. J’essaie de m’en rappeler le contenu. La lassitude me gagne. Arriverai-je à faire de cette chronique un roman ? Ne vaut-il pas mieux que je le propose à des journaux féminins pour des chroniques hebdomadaires ? Ça passerait mieux peut-être.

Les heures passent, demain n’est pas un jour férié. J’éteins tout et vais dormir. Je suis à la moitié du roman. J’espère pouvoir le terminer demain.

23/05/2016

J’ai beaucoup de manies en écriture que je dois corriger, les répétitions par exemple. Elles sont utiles en poésie mais pas au roman.

Je veux que ce roman soit un bouquet d’émotions, je décris méticuleusement chaque événement heureux ou malheureux. Certains passages me font sourire,rire.

Malgré toute ma bonne volonté, je ne peux terminer la correction aujourd’hui. Je suis assez satisfaite du rendu. Le roman compte jusqu’ici 268 pages. 

24/05/2016

Le roman fait 257 pages. J’ai atteint mon objectif, il ne me manque plus que la fin. Je veux modifier ma façon de terminer les histoires. C’est une romance et je veux que la fin garde ce goût.

Ok pour la fin, je reviens au résumé du roman. J’ai l’impression de faire un devoir de français, je désire tellement bien faire et montrer l’originalité de ma romance. 😀

Il est 22h 52, ma romance est prête à être envoyée aux différentes maisons d’édition en Côte d’Ivoire. Souhaitez-moi bonne chance.

Quelques extraits du roman 

Mes vêtements rejoignent le panier à linge. Je m’adosse au mur, lève des yeux mouillés vers le miroir de la salle d’eau. 

Je «pleus ». Cette pensée me fait sourire, me ramène à ces instants où petite fille, je courais vers ma mère en disant : maman, bébé xanne (Lex-anne) « pleut ». La pluie et les larmes étaient pareilles à mes yeux d’enfant. 

Ah ! Mon enfance… Pensé-je en fermant les yeux. Aujourd’hui plus que jamais, j’aimerais y retourner. Retourner à cette période où je n’aimais que le petit Jésus et ma famille, où j’ignorais ce lot de souffrance que renfermait l’amour lié à un homme. 
Les yeux toujours clos, j’évoque mes souvenirs d’enfant. Je me réfugie dans le passé pour fuir mon présent incompréhensible. Mes pleurs repartent de plus belle quand dans mon esprit se dessine mon futur. Nolan m’a tuée ! 

Elle ouvre la porte, me demande d’entrer. Je salue le praticien qui se retourne.
Je regarde le nom inscrit sur ma fiche avant de porter mes yeux sur lui. 

Oh ! Non ! Impossible que je me soigne ici. Je ne le laisserai pas voir ma bouche avec cette carie. Impossible que notre deuxième rencontre se fasse dans de telles conditions. Quelle honte !

Son regard fixe sur moi accentue ma gêne. Je ne peux pas rester là. 

– Où allez-vous ? 

Nos yeux se croisent à nouveau. 

– Je… je me suis trompée. 

L’assistante dentaire me sourit. A-t-elle perçu mon embarras ?

– Je vois. C’est un stomatologue qu’il vous faut. Vous avez sûrement un problème buccal vu la façon dont vous tenez votre bouche. 

– Je…

Un gémissement interrompt ma phrase. Des frissons me parcourent le dos. Oh ! Vais-je mourir à cause d’une carie ? Les mains aux tempes, je rejoins le fauteuil dentaire. Je vais abréger ma souffrance et trouver un autre homme sur qui jeter mon dévolu. 

Zut ! Et zut ! Pourquoi est-ce qu’il a fallu que l’on se rencontre à nouveau ici ?

J’ouvre grand la bouche à sa demande. Je ferme les yeux. Hors de question de croiser son regard ! 

– Oh ! Quelle vilaine carie nous avons là ! 

S’il veut me mettre mal à l’aise, c’est réussi ! Je vais me faire mal aux yeux à force de les fermer si fort.

J’imagine ses pensées : comment une aussi belle femme peut avoir une telle carie ? 
J’ai envie de me cacher. La honte !

Publié dans Anémone

L’ombre du bonheur

ombre du bonheur

Anémone – Chapitre II 

Je pense encore à l’oracle de Mackenzie lorsque je rentre à la maison. Un enfant en appelle toujours un autre. Elle ne l’a pas dit par hasard, c’est sûrement le bon moment pour concevoir mais mon homme travaille ce soir et demain soir également. Il est réceptionniste depuis deux ans au Sofitel Ivoire, un emploi permanent qu’il chérit ; mon homme est très attaché à la stabilité financière. Je vais devoir prendre mon mal en patience jusqu’au samedi prochain. Je passe ma soirée dans la méditation. Baignée dans l’océan de la louange, j’oublie un tant soit peu l’étang asséché de ma vie de mère.

****

Je suis debout avant l’aurore. Je remplis mes tâches de ménagère avant de me rendre au marché d’Adjamé. Lary dort encore quand je rentre. Je range mes courses puis vais prendre une douche pour me délasser. Quand je serai enceinte, je prendrai une aide-ménagère. Je ne ferai rien d’autre à part m’occuper de mon bébé.
Lary n’a toujours pas ouvert les yeux quand je ressors de la douche. Le pauvre a passé une dure soirée. Je me glisse sous la couverture, pose ma tête sur son torse. Notre bébé prendra ses yeux, son nez (le sien est moins épaté que le mien).

Des bisous dans mon cou me font ouvrir les yeux. Je me suis assoupie. Je me mets face à lui, le contemple. J’aime cet homme, j’aime tout de lui et j’aimerais par-dessus tout lui donner des enfants. Je n’en veux pas beaucoup, juste deux : des jumeaux ; des garçons que je prendrai plaisir à habiller pareil.
Le baiser fiévreux de Lary me sort de mes pensées. Il veut passer à l’action mais ce n’est pas encore le moment, il doit d’abord manger. J’arrive à le freiner dans son élan, lui rapporte un plateau chargé de pains tartinés de beurre et confiture de pommes, des quartiers de pommes vertes (elles améliorent les performances des spermatozoïdes), un grand verre de jus de gnamankoudji (le gingembre renferme une molécule qui rend les spermatozoïdes plus actifs).
Il mange et boit avec appétit, se jette sur moi dès que je reviens de la cuisine. Son regard exprime tout ce qu’il veut faire de moi dans les prochaines minutes. Je me donne à lui avec ferveur, exulte quand nous atteignons le point de non-retour.
– Tu es tellement belle, Any. me dit-il en me caressant du regard

Je souris mais je n’adhère pas à ce qu’il dit. « La belle femme est celle qui a un enfant au dos »*

Il enfouit son visage dans le creux de mon cou. Nous restons ainsi pendant quelques minutes puis il se lève brusquement en me prenant dans ses bras.

– Non mais qu’est ce qui te prend ? crié-je
– Quelque chose ne va pas ?
– Tu oses me poser la question ?

J’écume de rage.

– Je devais rester allonger tranquillement sur le lit environ un quart d’heure pour ne pas perturber la progression des spermatozoïdes vers le col de l’utérus. Ce n’est pas la 1ère fois que je te le dis, Lary !
– Et c’est reparti !
– Attends, tu trouves normal qu’on n’ait pas encore d’enfants après 3 ans de mariage ?! Ou alors tu ne veux pas d’enfants avec moi ?
– Any, tu sais très bien que j’ai envie. Je veux avoir le reflet de notre amour.
– Alors mets-y du tien.

Il se met à bouder alors je me rapproche pour qu’on se fasse un baiser esquimau.

– Désolée mon amour, je n’aurai pas dû utiliser ce ton.
– Tu oublies souvent que je suis ton époux et que tu me dois du respect.
– Pardonne-moi, bébé mais j’ai tellement envie qu’on ait enfin une famille. Je veux pouvoir présenter un petit-fils à ta mère, qu’elle arrête de dire à chaque fois qu’elle n’a qu’un petit-fils.
– Tu es trop susceptible, Janyce.
– Soit ! Lary, continué-je en me mettant à califourchon sur lui, il faut qu’on s’organise autrement pour favoriser une fécondation.
– Et quelle est cette organisation ?
– Laisse-toi faire et fais-moi confiance.

Je l’embrasse, le caresse ; il n’arrive pas à bouder longtemps le père de mes futurs enfants.

 

****

Les enfants ont particulièrement été turbulents aujourd’hui. J’ai dû puiser dans toutes mes réserves d’amour, de patience et de compréhension pour ne pas m’énerver. La longue file d’attente pour le transport en commun fait sauter les barrières de ma rétention. Je pousse des jurons à n’en point finir.
Je prends une longue douche tiède quand je rentre. Je dresse la table lorsque Lary rentre. Son long baiser m’apaise.

– T’ai-je déjà dit que tu as changé ma vie ?

Je hoche la tête et il répare son « oubli » en m’embrassant

– T’ai-je déjà dit que je n’échangerai ma vie avec toi pour rien au monde ?

Je hoche à nouveau la tête et j’ai droit à un deuxième baiser qui se transforme en une très longue caresse. A reculons, nous retrouvons notre chambre, le dîner attendra.

– T’ai-je déjà dit que je n’ai jamais autant désiré une femme ?

J’acquiesce cette fois-ci. Je vais chercher des verres de vin blanc (le vin blanc rend les spermatozoïdes plus vigoureux), nous les vidons lentement sans nous perdre du regard. Je tamise la lumière, lance une musique douce sur notre chaîne Hi-Fi. J’ai besoin de douceur ce soir. Je m’installe sur le lit, il me soulève, prend ma place ; il veut que je guide le navire ce soir.

– On ne peut pas mon chéri, tu sais à cause de la loi de la gravité.

Il m’attire à lui. Il pense que ses doux baisers me feront changer d’avis mais il se trompe. Je sais ce que je veux : un bébé.

– Tu penses que toutes les femmes étaient «en mission» quand elles ont été fécondées ? rit-il Peu importe, Any pourvu que le bébé soit fait avec amour.
– Oui mais il faut mettre toutes les chances de notre côté. On aura tout le loisir de faire ce que tu aimes quand je serai enceinte.

Le baiser que je cherche à lui donner reste dans le vide. Il quitte le lit, éteint la veilleuse.

– Qu’est-ce qui se passe, mon chéri ?
– Je n’ai plus envie et il faut que je sois entièrement disposé pour te livrer les meilleurs spermatozoïdes.
– Lary, tu ne vas quand même pas te fâcher pour si peu !
– Je déteste agir par obligation, je refuse de faire vibrer ma femme comme si j’étais en train de faire un examen de chimie. Je ne te toucherai plus tant que tu persistes à réguler nos moments d’intimité.
– Lary, je pensais qu’on était tombé d’accord, que tu m’avais comprise.
– Janyce, cette histoire de grossesse t’infantilise, tu ne te rends absolument pas compte mais ça devient fatiguant.

Je me mets à pleurer.

– Je veux juste qu’on ait un bébé. dis-je en hoquetant Je veux faciliter la tâche de mère nature. J’aimerais tellement voir un bout de toi courir dans cette maison mais bon. Je n’en parlerai plus. Je vais contrôler mon obsession.
– Je n’ai pas dit ça…
– Lary, j’aime les enfants et je veux les miens. Je ne peux pas en parler sans passion, sans cette dévotion. Désolée de t’obliger à faire quoi que ce soit. Répliqué-je

Il veut ajouter un autre mot, je le fais taire d’un chaste baiser. Je lui dis que je l’aime, veux qu’il soit heureux et en paix par-dessus tout. 

Je me fais violence les jours suivants pour ne pas aborder le sujet qui me passionne tant, je m’applique à toujours soupirer de tristesse à la fin d’une conversation avec Lary ou lorsqu’il est simplement dans les parages.
Je fais semblant d’être souvent ailleurs quand il me parle. Des larmes, j’en use quelquefois dans le lit pour dire implicitement à mon mari que son refus d’appliquer mes règles me fait souffrir. Mon mari a beau faire l’homme, en lui sommeille une femme sensible à la peine de l’autre. Je sais que je retrouverai la commande des opérations.

Après dix jours d’interprétation théâtrale, je réussis à ramener mon homme à « ma raison ».
Lary porte des pantalons larges de préférence en coton et évite de prendre des douches chaudes. Nous avons nos séances câlins tous les deux jours (la qualité du sperme est améliorée par 48 heures sans rapport sexuel, ni éjaculation) et en respectant la loi de la gravité.
Je mange à heure fixe et équilibré, je consomme le sucre en quantité suffisante, bois à longueur de journée les tisanes. J’applique à la lettre tout ce que je lis sur les forums féminins où se retrouvent les trois mots clés suivants : fécondation – bébé – grossesse.
Mon état d’esprit évolue. Je reste positive au maximum, considère que j’ai déjà ce que je désire. Chacun de mes rêves est peuplé d’enfants. J’éprouve au présent la joie que j’aurai quand je tiendrai mon bébé dans les bras.

J’attends avec patience l’arrivée de mon miracle et la patience s’avère être un chemin d’or. Mon appétit gargantuesque montant crescendo, l’hypersensibilité de mes sens, l’envie fréquente d’uriner, l’assoupissement après les repas ont été les signes précurseurs de ma nouvelle vie. Les efforts de Lary ont payé, un être se meut en moi.

 

****

Comment se sent-on quand ce qu’on a attendu pendant des années est enfin là ? Comment se sent-on quand on porte en soi une graine d’homme ?
Je plane entre émerveillement et allégresse. Chaque jour a plus de saveur que son précédent. Janyce Odoukou Ouattara va être maman. Je bénis le Ciel chaque jour pour cette faveur qu’il me fait.
Lary est aussi content, content d’être papa, encore plus content parce que les privations n’existent plus. Nous attendons de passer le cap des quatre mois avant de propager la bonne nouvelle à nos proches.

****

Mon bébé a 14 semaines de vie utérine et je prépare ma vie de future maman au mieux. J’ai déjà ma liste de prénoms masculins et féminins, Lary n’a aucune idée de prénoms pour le moment. J’attends le 6ème mois pour commencer l’équipement de sa chambre. J’ai extrêmement mal au dos depuis deux semaines mais mon gynécologue m’a affirmé qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter.

****

Plus d’une heure que le mal de dos et des douleurs abdominales m’empêchent de bouger. J’en ai connu des douleurs mais elles n’ont jamais été si paralysantes. Je crie pour alerter ma voisine mais elle ne m’entend pas. J’aurais dû entrer dans la salle d’eau avec mon téléphone, j’aurais pu l’appeler.
Je parle à mon bébé, lui dis de ne pas s’alarmer. Maman ira bien. Je pousse un soupir de soulagement lorsque Lary ouvre la porte. Il va immédiatement chercher un taxi après m’avoir écouté décrire mon mal.
Je le sens très inquiet pendant le trajet. Je n’ai pas le temps d’être inquiète, la douleur emplit mon esprit. Je me demande quelle sera l’intensité de la douleur pendant mon accouchement.
Docteur Assezo diagnostique des douleurs pelviennes à type de contractions utérines. Ma sentence tombe une heure plus tard : j’ai fait une fausse couche .

 

*Proverbe bambara

 

 © Grâce Minlibé

 

Pour lire le chapitre I, cliquez ici.

Désolée pour la très longue attente. 🙂

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Mémoires de porc-épic

mémoires de porcépic

Pourquoi ce livre

Après ma lecture de Verre Cassé, j’ai eu envie de me plonger davantage dans l’univers d’Alain Mabanckou. La quatrième de couverture laissait entrevoir une histoire intéressante alors c’est sans hésitation que j’ai retiré ce livre du rayon où il se trouvait. 🙂

Résumé

Une légende populaire africaine affirme que chaque être humain possède son double animal. Un étonnant porc-épic, double d’un certain Kibandi nous livre son histoire. Il est chargé par son alter ego humain d’accomplir à l’aide de ses redoutables piquants toute une série de meurtres rocambolesques. Malheur aux villageois qui se retrouvent sur la route de Kibandi, car son ami porc-épic est prêt à tout pour satisfaire la folie sanguinaire de son «maître»!

Mon avis

Il est fou cet Afflelou  

Il est fou ce Mabanckou! Il a encore réussi à me faire éclater de rire en pleine rue!

«Mémoires de porc-épic» est un récit picaresque où les rites de la culture africaine sont revisités avec humour et dérision.

On se laisse emporter par le destin de cet étrange porc-épic à la fois attachant, bavard, agité, très au fait de la nature humaine et usant de la digression comme arme jusqu’au bout afin de nous peindre, nous les humains, et parfois nous blâmer sans répit.

J’ai beaucoup apprécié ces clins d’œil faits à la culture africaine, ces notes d’ironie sur l’Origine du monde et de l’homme, ces émotions diverses et fugaces qui nous saisissent au long de notre lecture.

Si l’on me demande à qui me ramènent les mots fraîcheur, humour et détente, je dirais les yeux fermés Alain Mabanckou.

Je vous souhaite de rire autant que moi en lisant ses œuvres et de découvrir votre double animal. 😀

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Ps : Les taciturnes s’ennuieront sûrement et mettront du temps à finir le livre, il faut avouer que ce porc-épic est un grand bavard 🙂