Publié dans Quand on est célib'

Arrière de moi célibat ! par Grâce Minlibé

Ebola – Choléra – Célibat  – Varicelle – Rage

Qui est l’intrus dans cette liste ?

Malheur à celui qui osera dire : Varicelle ! 

Le célibat n’est pas une maladie et pourtant on  regarde souvent le célibataire comme s’il était atteint d’une maladie incurable. On le prend en pitié, comme si ses jours étaient comptés.

Malheur à celle qui osera dire qu’elle est épanouie en étant célibataire ! Des moqueries surgissent. C’est impossible d’être heureuse seule. Comme si le célibataire n’avait pas une vie sociale, n’avait aucune occupation, n’était aimé de personne. 

Ces regards pleins de jugement ignorent toute la pression qu’ils mettent sur les célibataires. Ils ne savent pas qu’ils participent à la création de pseudo couples, ils ne savent pas ou font semblant de ne pas savoir que le regard qui juge, méprise ou prend pitié fragilise le célibataire.

Le stress augmente, l’inquiétude aussi ; l’équilibre émotionnel est perturbé. C’est l’inflation du côté du célibataire.

Le célibat devient une insécurité. Les cris fusent : « arrière de moi, célibat ! »

On a envie d’être en couple pour être comme tout le monde et être du bon côté de la vie, celle qui a de l’importance, celle qui est louable.

Peu importe l’état de l’intérieur de la coquille, pourvu que son apparence extérieure soit lisse et sans défaut.

On ne s’intéresse plus à la qualité de la relation, ce qui importe c’est son existence.

L’envie d’être comme tout le monde pousse aux choix irréfléchis qui ont de lourdes conséquences souvent minimisées.

En noircissant l’importance de la saison du célibat, on ignore qu’on est en train de faire du mal à la vie de couple.

Dites-moi, demain peut-il exister sans aujourd’hui ?

 

Mener des gens vers la vie de couple, le mariage en dénaturant le côté constructif du célibat dans la vie d’un être humain c’est comme vouloir atteindre l’autre côté d’une rive sans passer par l’unique moyen qui relie les deux rives.

On minimise l’utilité du célibat, on dénature son impact, on le juge sur son apparence et on ne cherche pas à savoir ce qu’il peut apporter à notre croissance. On étouffe le poussin dans sa coquille…

 

 

L’épanouissement de la personne en couple n’est pas meilleur que celui du célibataire, et vice versa. Enlevez-vous cette idée fausse de la tête. La personne en couple et le célibataire vivent l’épanouissement mais de manière différente.

DIFFÉRENT ne veut pas dire que ça n’existe pas.

Aux célibataires, libérez-vous du regard destructeur des autres, profitez du caractère constructif de cette saison et préparez-vous à créer une relation de couple durable, personnalisée, unique. 

Aux autres, laissez les célibataires vivre leur saison, consacrez-vous à réussir votre vie de couple car rien n’est acquis. Vous pouvez en un clin d’œil revenir au célibat et portez le fardeau que vous aviez mis sur le dos des autres…

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

De l’autre côté du regard

Ken Bugul aime la vie ; ce sentiment simple, enveloppant, gouverne « De l’autre côté du regard » et lui confère une aura singulière.

Dialogue subtil entre une fille et sa mère morte, le roman se déroule comme une prière amoureuse où les membres d’une famille sont tour à tour requis, interrogés, décrits, aimés pour ce qu’ils sont. Au-delà de ce que chacun a pu donner ou prendre aux autres, seule compte leur vérité propre, leur trajectoire dans une vie qui se prolonge après la mort, de l’autre côté du regard.

De l'autre côté du regard

Après avoir lu Riwan ou le chemin de sable qui m’a beaucoup intriguée, j’ai voulu connaître  un peu plus  Ken Bugul.

J’ai eu plusieurs retours positifs concernant  Le Baobab fou mais il était indisponible à la FNAC. Sur l’étagère réservée aux livres de l’auteur se trouvait De l’autre côté du regard. La quatrième de couverture étant assez intéressante, j’ai quitté la FNAC avec cette oeuvre en main.

J’ai pris mon temps pour lire cette œuvre parce qu’elle a l’allure d’un long poème qui demande à être analysé, déchiffré.

Je me suis attardée sur chaque phrase pour ressentir chaque mot de la narratrice, pour faire mienne son expérience de petite fille ayant vécu loin de sa mère.

La narratrice décrit la femme qu’elle est : une femme qui a toujours été en manque de l’affection de sa mère ; une femme jalouse de sa nièce qui devrait être la petite-fille de sa mère mais  fut autre chose pour elle !

Ma mère ne m’avait pas beaucoup parlé.

Ma mère ne parlait qu’avec Samanar.

Moi,  ce que je voulais c’était ma mère.

Je voulais que ma mère s’occupât de moi.

Ce que je voulais, c’était détourner ma mère de ma nièce Samanar.

Ce que je voulais, c’était avoir ma mère à moi, enfin.

La narratrice s’interroge sur les raisons qui ont poussé sa mère à l’abandonner sur le quai d’une gare et sur l’amour que cette dernière éprouvait pour elle.

Quand survient la mort de sa mère, les interrogations de la narratrice s’intensifient. Le souvenir de sa mère la hante davantage. Une nuit, au cours d’une  pluie, elle a l’impression d’entendre la voix de sa mère.

Le monologue de la narratrice fait place à un doux murmure, un doux dialogue entre mère et fille…

J’ai aimé lire cette confidence familiale, ce regard porté sur le lien entre une mère et  sa fille, un frère et une sœur, une tante et une nièce…

Moi qui avais vécu la plus grande partie de ma vie sans les miens !

Sans communication, sans complicité.

Sans vécu, sans histoire commune.

Une famille à laquelle j’appartiens, mais qui n’est pas vraiment ma famille.

Comme je le veux !

Je n’ai pas senti les odeurs de la nuit avec ma famille.

Je n’ai pas vécu les moments essentiels avec ma famille.

J’ai jeté un regard vers les miens et j’ai compris que j’étais riche de nos communications, de notre complicité, de notre vécu, notre histoire commune. Ce livre m’a rappelé combien être entouré des siens est si important !

L’histoire est linéaire, les rebondissements sont inexistants mais cela n’empêche pas de  passer un bon moment de lecture. Le ton de la narration rend l’histoire très prenante.

J’ai aussi apprécié les notes d’humour de Ken Bugul.

 

Je n’aime pas la plaisanterie. Elle est souvent de mauvais goût.

Tout le monde ne sait pas plaisanter, à mon avis.

Il faut allier intelligence, finesse d’esprit, raffinement et générosité pour plaisanter.

Une plaisanterie doit faire rire et non faire ricaner.

Avez-vous déjà lu Ken Bugul  ? Lequel de ses livres avez-vous préféré ? 

Quelle autobiographie vous a marqué dans votre parcours de lecteur passionné ?

Publié dans Interviews, Quand on est célib'

Occuper le silence, combler le vide,s’aimer…

confidence
Aida Marguerite est un fin gourmet, la qualité de son blog l’atteste. Cette jeune femme de 29 ans, drôle, impulsive et émotive est célibataire depuis un an. Elle a aimablement accepté de nous parler de la femme célibataire qu’elle est à l’intérieur et à l’extérieur.

Aida, quel synonyme donnes-tu à la solitude ?

Silence.

Dirais-tu que tu es bien dans ta peau ? 

Non. J’ai passé des années à l’internat et j’ai durant cette période vécu le rejet parce qu’on ne m’aimait pas et que j’étais souvent martyrisée. J’ai appris à me noyer dans la nourriture afin de survivre. J’ai hérité d’une obésité puis d’un surpoids que j’ai traîné des années durant. J’ai eu du mal à m’apprécier et même aujourd’hui je ne dirais pas que je m’aime mais je m’accepte mieux qu’avant. Les relations amoureuses, les échecs permanents et ce depuis toujours ne m’ont pas aidé à m’aimer, à me sentir mieux.

Quelle activité te procure un sentiment d’accomplissement ?

Ecrire sur mon blog.

Quelle est ta fierté en tant que femme ? 

Mon recueil de nouvelles : Et si on parlait… Histoires de communication sorti aux éditions le Manuscrit en 2005.

As-tu l’impression d’être différente des autres femmes parce que tu es célibataire ? 

Un peu, mais c’est surtout à cause du regard des autres qui me rappellent constamment mon statut.

Dirais-tu du célibat : c’est un mal pour un bien ? 

Oui, depuis que je suis célibataire, j’ai pu accomplir des choses qu’en couple je n’aurais même pas pu imaginer.

 

 

Comment ta famille ou tes amis perçoivent ton célibat ? 

J’ai peu d’amis, ma famille le voit mal et me le rappelle chaque jour

Quelle est ta fidèle habitude depuis que tu es célibataire ? 

Gérer mon blog.

Quel est ton secret pour être une heureuse célibataire ?

Pour être heureuse avec mon statut, je m’occupe tout le temps, je ne laisse aucun espace libre quand je suis éveillée.

Que dirais-tu aux femmes qui vivent mal leur célibat ? 

Qu’il faut être forte même si ce n’est pas évident. Il faut apprendre à vivre avec soi et s’aimer .

Quelle est ta conception du bonheur ?

C’est s’aimer d’abord sinon il n’y a pas de bonheur.

Si tu croisais la femme que tu étais hier dans la rue qu’est-ce que tu lui dirais ?

Quitte cette relation au plus vite avant qu’elle n’efface le peu qui reste de toi.
Propos recueillis par Grâce Minlibé – copie interdite sans autorisation de l’auteur et  l’interviewée.
Publié dans Ma poésie

Dépendante et gourmande

dépendante et gourmande

Je semble immature

Mais j’offre ce qui est pur

Il ne faut pas mûrir avant l’âge

Tu connais cet adage

Ne dévisage pas les souvenirs ;

Ces années où j’étais puérile

Maintenant, je suis une nubile

Il est temps de penser à mon devenir

Ne crains pas de me révéler le mystérieux

D’user envers moi d’un ton impérieux

Je ne crains pas la métamorphose

Car à mes peurs, j’ai mis une pause

J’ai fait vœu de m’abandonner dans tes bras

Prépare méticuleusement notre première fois

Jour ou nuit ? Qu’importe ! L’essentiel c’est toi

Me guidant minutieusement au seuil du nirvana

De ton regard rends-moi dépendante

De ton toucher rends-moi gourmande

De la volupté montre-moi les variantes

De ton cœur endurci fais-moi cogérante…

© Grâce Minlibé 23/08/15 _ 18h33

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