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Devine qui est mort – Frédérique Hoy

Roman concourant au Prix des Auteurs Inconnus 2019, catégorie « littérature blanche »

 

Devine qui est mort ? par [HOY, Frédérique]

La flûtiste renommée Albane de Morange a tout pour être heureuse : un homme qui l’aime et qui partage sa passion, un appartement chic à Paris, une vie réglée comme du papier à musique. Si elle n’a pas d’enfant, c’est pour une raison bien précise : cette raison même qui fait qu’elle a rompu avec la famille de Morange il y a plusieurs années.
Le jour où, en plein concert, la musicienne frôle la mort, son monde intérieur est bouleversé. Albane éprouve le besoin de renouer les liens, et surtout de régler ses comptes avec les acteurs de ce passé douloureux qu’elle n’a jamais eu le courage d’affronter. 

 

l'Afrique écrit

J’ai l’habitude de donner mon avis en commençant par le fond mais ce roman m’intime l’ordre de changer l’habitude. 

La plume de Frédérique Hoy est très travaillée et nous rappelle que l’écriture est un art. Chaque phrase est ciselée, soutenue par la poésie. Peut-on d’ailleurs se passer de poésie lorsque l’âme tourmentée décide de s’épancher ? 

L’auteure l’a bien compris et cite un vers de Baudelaire dès les premières pages :

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.

Poème Recueillement

 

Douleur, mélancolie, sombre, triste sont les maîtres-mots de ce roman. Il y règne une atmosphère lugubre qui amène un malaise durant la lecture.

L’hiver qui me traverse et qui ne me quitte plus, j’apprends à faire sa connaissance : c’est le signe de l’amour qui s’en va.

 

Albane a eu un choc émotionnel en plein concert suite à une rencontre inopinée. Cette dernière l’oblige à faire un saut dans le passé, 36 ans plus tôt.

 

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Adolescente, Albane a connu l’amour. Un amour que ses parents, des aristocrates froids et distants ont interdit. 

Dans l’insouciance que favorise l’émoi amoureux, la jeune fille commet une imprudence. Je lui en ai voulu pour ce manque de vigilance mais aurais-je eu la même réaction que ses parents ? Je les ai trouvés assez sévères.

Albane va recevoir une lourde punition, connaître la solitude, perdre une partie d’elle-même. Malgré les événements bouleversants endurés, elle va tenter de se reconstruire en couvrant ses blessures.

Le passé devient muet jusqu’au jour où le présent lui exige des comptes…

Quand la blessure ne nous tue pas, son souvenir revient finir le travail.

 

Je pensais avoir toutes les clés du coffre-fort du passé d’Albane. Je pensais que ce n’était qu’une histoire d’amour juvénile qui avait mal tourné. Loin de là, l’histoire d’Albane est beaucoup plus profonde. Elle est faite d’abus, de trahisons, de malentendus, de mensonges. J’ai été choquée par toutes les révélations. Maquillées à outrance par Albane et sa famille, je n’ai su les discerner. 

Devine qui est mort ?

Le titre du livre prend tout sens au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture.

Si j’ai éprouvé de la peine pour Albane, je n’ai pu m’empêcher de la trouver égoïste envers son mari. Elle fait ses choix sans se soucier de lui, se rend justice elle-même. Est-ce un besoin de revanche sur le passé, un moyen d’affirmation ? 

En conclusion

Devine qui est mort est un roman bien écrit qui aborde des thèmes percutants. Il s’inspire d’événements réels ayant eu lieu en Flandre entre 1950 et 1980 et fait réfléchir sur la protection des enfants. 

 

 

Christmas

Date de publication : Mai 2018

Existe en version kindle et broché.

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Lu: Tar Baby de Toni Morrison

Après avoir lu Délivrances de Toni Morrison et trouvé complexe son écriture, j’ai remis la lecture de ses œuvres à plus tard. Il m’a fallu la validation d’une case du bingo hivernal sur Livraddict pour prendre mon courage à deux mains et sortir Tar Baby de ma PAL.

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Nous sommes à la fin des années 70. Deux couples, l’un blanc et l’autre noir, cohabitent dans la somptueuse demeure de l’Isle des Chevaliers en Dominique. Le premier couple emploie le second.

Valerian Street, le milliardaire et sa femme Margaret ne sont plus un couple amoureux. Ils font chambre à part, se disputent souvent. Margaret attend impatiemment l’arrivée de son fils Michael, ce qui ne semble pas être le cas de son époux.

Valerian vit en bonne intelligence avec ses deux domestiques Ondine et Sydney. Ondine, elle, semble détester Margaret, la maîtresse de maison. Les raisons demeurent un mystère au début.

Ondine et Sydney ont une nièce : Jadine. Ses études ont été gracieusement payées par les Street. Elle a 25 ans lorsque débute le récit et est mannequin à Paris. 

Le récit est linéaire jusqu’à l’arrivée d’un fugitif en vagabondage depuis huit ans : Fils.

Les langues vont se démêler lors d’un dîner. L’apparente harmonie va voler en éclats. Des secrets sont dévoilés et l’on s’aperçoit que blancs et noirs dans cette maison ne faisaient que se tolérer.

Ce roman met en exergue la difficulté de vivre ensemble, la complexité des rapports entre les races et l’héritage psychologique laissé par le passé esclavagiste. 

 

Un troisième couple va se former. Une idylle sensuelle, violente, naît entre Jadine et Fils. Ils sont tous deux afro-américains mais viennent d’univers différents.

Jadine est une bounty : noire à l’extérieur, blanche à l’intérieur. Elle est plus à l’aise avec la culture blanche. Elle préfère l’Ave Maria au gospel.
Fils est fortement attaché à ses racines et à la communauté noire. Les propos qu’il tient sont très durs.

Alors tu pourras faire exactement ce que les putes de ton genre ont toujours fait : tu pourras élever les enfants des Blancs. Tu pourras nourrir, aimer et prendre soin des enfants des Blancs. Tu es née pour ça ; c’est ce que tu attends depuis que tu es née. Alors, tu n’as qu’à avoir l’enfant de ce Blanc, c’est ton boulot. Tu le fais depuis deux cents ans, tu peux encore le faire pendant deux cents ans de plus. Il n’y a pas de mariages “ mixtes ”. Ça y ressemble, c’est tout. On ne mélange pas les races ; on les abandonne ou on les choisit.

« Cela veut dire, répondit-il en parlant la bouche dans ses cheveux, que les Blancs et les Noirs ne devraient jamais s’asseoir à la même table pour manger ensemble.

— Oh, Fils. » Jadine leva les yeux vers lui et eut un petit sourire.

« C’est vrai, dit-il. Ils devraient travailler ensemble parfois, mais ils ne devraient pas manger ensemble, vivre ensemble, coucher ensemble. Ils ne devraient faire aucune de ces choses personnelles de la vie. »

Toni Morrison avec son écriture imagée et dense expose une société oublieuse de ses racines, nous fait réfléchir sur ce qui compose notre identité.

Que peut-on considérer comme une trahison de sa communauté ? Qu’est-ce qui doit primer : l’individu ou la race ? L’identité personnelle ou communautaire ?

Toutes les femmes noires doivent-elles avoir la même logique de pensée, la même perception de la vie ? 

 

Le récit est plus fluide que Délivrances, il y a plus de dialogues mais la profusion de descriptions des lieux m’a lassée.

De ce roman, on pourrait faire une longue étude de texte tant il est chargé de symboles. Je ne vais pas me prêter à l’exercice. Je vous invite à le lire et on en discutera. 🙂

 

 

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Vert Cru de Touhfat Mouhtare

Un été qui démarre comme tant d’autres. Un vol qui ne se passe pas comme prévu. Une tragédie qui laisse une population et de nombreuses vies bouleversées, dont celle de Rhen, orpheline d’un père adoptif et désormais orpheline de ses origines. Un accident qui la force à faire face à ces questions qu’elle n’osait pas poser, qu’elle enfouissait chaque jour un peu plus en espérant secrètement n’avoir jamais à les poser. De retour sur ces terres qui l’ont vu naître, elle va devoir affronter toutes ces vies qui, au-delà de son existence, ont été profondément marquées par celle de sa mère…

Un résumé en apparence banal. Il sera question de famille, d’origine, de retour aux sources. Je prends un ticket. Dans mon cœur s’agite l’excitation des friands de destination inconnue.

Je découvre Rhen et le contact s’établit très vite. Notre héroïne est sourde-muette, annonce l’originalité.

Avec Rhen, je débarque aux Comores.  Son histoire (j’ignorais par exemple le conflit entre comoriens et malgaches), sa gastronomie, ses us et coutumes sont décrits avec poésie. Je découvre une société esclavagiste, traditionnelle où ceux qui ont la peau foncée ne sont pas adulés. Je découvre également la condition féminine aux Comores.

Dans cette société traditionnelle clanique,  le mariage n’est pas qu’une affaire de couple, c’est une affaire familiale. Des mariages se font à l’intérieur d’une même ethnie pour qu’elles ne s’éteignent pas.

Des femmes qu’on force à devenir épouse, qui n’existent pas pour elles-mêmes mais pour leurs maris, enfants, familles.

Déjà femme, mais ne s’appartenant pas en propre, la femme était la propriété de trois hommes : son père, son frère et son oncle maternel

 

Les abus physiques et moraux qu’elles subissent sont exposés, décriés.

Vert Cru conte plusieurs vies de femmes  : Urango, Sikidju, Ma Umuru, Majdouline, Belle, Arafa, Dalida, Faïrûz.

Des vies d’hommes également : maître Habib Mhudîn, Aziz, Shabane, Kazana.

On est un peu perdu avec la multiplicité des personnages, les références à la culture comorienne, on n’arrive pas à situer l’histoire dans le temps à certains moments du récit, il y a quelques points d’incompréhension notamment sur la première fille de Sikidju mais ce roman offre un bon moment de lecture. Il regorge de surprises.

J’ai beaucoup apprécié la reconstitution des liens qui unissent les différents personnages. Le fantastique intervient dans ce roman et il n’est pas déplaisant. Le mysticisme, l’islam et l’animisme se côtoient.

Vert Cru est un roman intéressant car il évoque les amours contrariés, aborde des questions féministes, questions de foi, de communautarisme, d’ouverture à l’autre. Il souligne l’importance du dosage dans nos sociétés traditionnelles.

Il est surtout un plaidoyer pour l’affranchissement de la sujétion.

Un amour interdit Alyssa Cole

[…] que mon intelligence ne servira que mon pays et les générations à venir dans mon pays, car nous sommes tellement à plaindre, tellement pauvres, car il y a tant à faire ici. Il y a tant à faire que rêver d’ailleurs c’est faire acte de trahison. Tu comprends ? Ici, toute envie d’évasion est une trahison. Il faut servir son pays, il faut servir la cause nationale. Nous sommes le peuple le plus patriote d’Afrique.

 

[…] en marchant sur l’esplanade de la Défense, ce soir-là, en direction de la bouche de métro, elle fulminait contre l’esprit communautaire qui s’emparait des gens dès qu’ils s’exilaient de leur pays d’origine, incapables de se mêler à l’Autre. Les Turcs se rapprochaient des quartiers où vivaient les Turcs, les Comoriens des quartiers où vivaient les Comoriens, et les Chinois alignaient leurs commerces là où le vent semblait le plus favorable.

 

Quand on veut créer son paradis, on le cultive petit à petit, et il finit par émerger du sol. 

 

L’âme qui nous complète n’est pas toujours faite pour nous épouser. Elle peut être une amie, un frère, une sœur, ou un époux.

 

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JE SUIS QUELQU’UN – Aminata Aidara

Estelle, 26 ans, est arrivée en France 15 ans auparavant avec sa mère et deux de ses sœurs. Penda, sa mère métisse franco-sénégalaise, a quitté le Sénégal par amour d’un homme autre que son mari.

Estelle a des dreadlocks pas soignés, elle se lave chez ses sœurs ou sa mère. Elle travaille juste si besoin. Il n’y a pas là où elle loge le confort espéré, elle squatte, commet de petits larcins, vit au jour le jour. 

Estelle a le spleen, elle est perdue. Elle nous convie à ses délires où elle tente de se définir.

Je suis quelqu’un qui a peur

Je suis quelqu’un qui a mis du temps à éprouver du désir pour l’Autre.

Je suis quelqu’un qui veut être vu par sa mère.

Je suis quelqu’un qui n’a jamais aimé un homme.

Je suis quelqu’un qui ne tient pas à revendiquer une identité africaine.

Je suis quelqu’un qui connaît un secret.

Je suis quelqu’un dont la mère a beaucoup d’attentes.

Je suis quelqu’un de nostalgique

Je suis quelqu’un qui se perd et qui se retrouve toujours.

Estelle n’est pas la seule à éprouver ce spleen. Sa mère, Mansour son cousin, Eric, l’amant de sa mère et Cindy, l’ex-amoureuse de l’oncle Ousmane s’épanchent.

Ces personnages racontent leurs histoires. Ils évoquent l’absence de la mère, de l’enfant, l’amour contrarié, le passé honteux et douloureux. 

Pour moi, ça aurait eu plus de sens qu’on oublie le passé. Pour que nous puissions vivre en paix, nous, les foutus enfants de « collabos » n’ayant rien demandé.

 

Ce roman polyphonique narré de façon interne et externe évoque divers sujets : la charge mentale assignée aux femmes, l’identité culturelle, le métissage, l’africanité versus francité, l’histoire des harkis, du peuple afro-américain, les secrets de famille.

Les réflexions des personnages sont pleines de sens. 

Puis je lui aurais expliqué que le monde est patriarcal et que cela avait été mon drame, mais que ça ne devait pas être le sien. Donc il fallait qu’il sache qu’il y a beaucoup trop d’attentes sur l’homme, trop de privilèges à assumer sans être formé à la conscience de l’autre sexe, au véritable partage de la vie avec les femmes. […] Je lui aurais appris à être le roi de sa propre existence mais jamais le maître de la vie de quelqu’un d’autre.

 

Je suis quelqu’un qui entend les peurs des jeunes hommes noirs de France. Ces peurs qui naissent du miroir qui leur est tendu par la société : vous n’êtes pas assez africains ! Et vous, là, trop noirs pour être français ! […] pas assez virils, trop sexués, pas assez sportifs, incarnant un cliché musclé, pas assez dragueurs, polygames confirmés, pas assez attirés par les femmes noires, promoteurs de l’endogamie communautaire, pas assez riches, trop matérialistes. Seuls se sauvent les hommes zen, les sûrs de soi. Ou les artistes écorchés vifs, ceux qui refusent de voir en leur peau autre chose que cette enveloppe, cette frêle barrière à l’invasion du monde extérieur.

Quand je leur disais « Je suis français », ça les faisait rire. On était d’une autre catégorie, tu vois ? Parfois, les flics changeaient de discours, ils nous disaient de ne pas traîner avec les « racailles », avec les enfants d’immigrés. Il fallait faire attention à ne pas basculer de l’autre côté, au risque de perdre notre « francité ».

 

Lorsque son peuple subit des injustices, faut-il qu’il tende l’autre joue ou épaule un fusil ?

Mon père, le révérend, héritier de Martin Luther King, prêchait d’attendre sans rage, de se faire valoir dans la non-violence. Les mauvais sentiments, disait-il, corrodent l’intégrité, usent la psyché.

Non, nous devions nous tourner vers King, emprisonné quatorze fois mais resté tout de même ouvert au dialogue, les mains nues et tendues vers le prochain, fût-il blanc ou noir. Susan portait alors, sous les réflecteurs de notre attention, Malcolm X et elle criait, dans mille et une nuances : « Les personnes comme toi, papa, sont la meilleure arme que les Blancs aient jamais eue ! »

Ce roman suscite des interrogations et demande une réponse personnelle.

J’ai apprécié l’ambivalence des personnages secondaires rencontrés au fil des pages comme Zev, le juif pro-palestinien, le Français anticolonialiste, le commerçant anticapitaliste.

J’ai apprécié le ton poétique et les références littéraires : Bernard Dadié, Frantz Fanon.

Le livre ne se laisse pas lire aisément du fait de l’écriture imagée. J’ai réussi à l’apprivoiser puis ai commencé à m’ennuyer de la linéarité du roman. Aucune surprise, aucun rebondissement jusqu’à la révélation du secret de famille.

Merci à l’auteure d’avoir gardé le meilleur pour la fin. 

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Tristan – Dans le cœur d’un gigolo

Tiré à quatre épingles, ce jeune homme charmant sur la première photo de couverture du roman attire l’attention. Il semble s’appeler Tristan et être un gigolo.

La quatrième de couverture confirme ces impressions.

Résumé de l'oeuvre

Tristan Nkowet alias TnK est connu du tout Libreville. Célèbre pour sa débauche, il est amateur de voitures luxueuses et de femmes mûres. C’est aussi l’un des meilleures amis de la mystérieuse Angela Demona, une jeune entrepreneure flirtant avec la sphère du pouvoir dans la Capitale gabonaise.

Au début, Nuria Yabavi, fraîchement débarquée à Libreville pour des raisons professionnelles, n’est qu’un défi pour notre gigolo. Mais très vite, le jeune homme se rend compte qu’il y a un mystère au fond des yeux de la belle, en essayant de le découvrir cependant, ce sont ses propres secrets qu’il se verra obligé de dévoiler.

l'Afrique écrit

Pour quelles raisons un homme qui a effectué des études supérieures à l’étranger, vit chez sa mère et se fait entretenir par des femmes plus âgées que lui ?

Que cache Tristan ? Son activité professionnelle intrigue. Il bosse avec l’intrigante Angela Demona mais des missions lui sont confiées par un certain NX. 

Est-ce un espion ? Pour qui travaille-t-il ? Quel est son but ? Le mystère règne. Corruption, sorcellerie, concupiscence, révélation des secrets du passé s’invitent au bal du mystère et nous montrent ce qu’une femme est prête à faire pour sortir de la pauvreté, garder l’homme qu’elle aime.   

L’auteure adore la littérature sentimentale. La romance intervient dans ce roman et c’est la première fois qu’une histoire d’amour écrite par Mady Remanda ne fait pas vibrer ma corde sensible.  

Tristan et Nuria ne m’ont pas touchée. J’ai trouvé leur histoire assez basique. Leurs histoires personnelles ont eu plus d’attrait pour moi que leur histoire commune.

Le personnage qui m’a hautement intéressée c’est Angela Demona. Belle, sûre d’elle, véritable femme d’affaires avec les qualités et défauts rattachés au statut. Mi-ange, mi-démon, elle semble cacher de lourds secrets.

Tristan, dans le cœur d’un gigolo a posé les bases de la Saga Double face. Ça a été une lecture fluide, assez rythmée. J’ai maintenant de grosses attentes concernant le tome 2. J’espère que les mystères seront éclaircis, qu’il y aura encore plus de rebondissements et qu’un focus sera fait sur Angela Demona. Je veux percer son mystère.

Christmas

Nombre de pages : 201

Éditeur : Amazon

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No Home de Yaa Gyasi, quelle saga familiale !

Il y a des livres qui nous hantent. On a beau remettre leur lecture à demain, ils sont là sous nos yeux, dans notre fil d’actualités sur Facebook, Twitter. Ils s’imposent. L’envie de les lire devient plus pressante, dévorante. 

Cela fait un an que je désire lire No home de Yaa Gyasi. Ne le voyant nulle part en librairie, j’ai décidé de le lire en version numérique. 

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18e siècle, Pays Fanti, Côte de l’Or

Le rideau s’ouvre sur Effia, une jeune fille Fanti mal aimée de sa belle-mère. Effia rêve d’épouser Abeeku Badu mais sa belle-mère rusée en décide autrement. Elle la marie à un anglais qui fait le commerce des esclaves. Effia va vivre confortablement sur le fort de Cape Coast, là où des centaines de femmes, d’hommes, d’enfants prisonniers ashantis se préparent petit à petit au rôle d’esclave.

Esi fait partie de ceux-là, c’est une jeune fille Ashanti. Avant le fort, elle était la fille du Grand Homme et de sa troisième femme, Maame. Aujourd’hui, elle n’était que poussière. Avant le fort, elle était la plus jolie fille du village. Aujourd’hui, elle n’est rien.

J’ai partagé sa vie dans ce cachot puant, entendu la détresse des mères, des jeunes filles. 

Effia et Esi ne le savent pas mais elles sont sœurs. Maame, esclave Ashanti, s’est enfuie de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle a épousé un Ashanti, et a donné naissance à une autre fille, Esi.

Une mère, deux filles, deux destins. L’une qui part vers l’inconnu, l’autre qui reste. La descendance d’Effia vivra à la Côte de l’Or, celle d’Esi en Amérique. 

Chaque chapitre permet de découvrir l’un de leurs descendants. J’ai découvert le présent de Quey, Ness, James, Kojo, Abena, H, Akua, Willie, Yaw, Sonny, Marjorie et Marcus. 

J’ai lu avec un cœur meurtri les conditions de vie des esclaves à travers Ness. De tous les personnages, c’est elle que j’ai eu du mal à laisser. Il faut le reconnaître, les blancs ont été inhumains. 

Avant qu’Esi ne parte, l’homme qui s’appelait « Gouverneur » lui sourit. C’était un sourire bon, plein de compassion, sincère. Mais pendant le reste de sa vie, dès qu’elle verrait un sourire sur un visage blanc, Esi se rappellerait celui du soldat avant qu’il ne l’emmène dans ses quartiers, et elle se souviendrait que lorsque les hommes blancs souriaient, cela signifiait seulement que d’autres malheurs étaient à venir.

 

J’ai admiré le courage de James qui a refusé de continuer le commerce d’esclaves  florissant de sa lignée paternelle. 

Mon cœur a saigné quand Jo a été séparé de sa femme Anna. Quand bien même les esclaves seraient libres, ils ne pourraient bénéficier que d’une liberté précaire. 

 

No home est une histoire poignante qui aborde la tragédie qu’ont connu des femmes, des hommes, des enfants. Des êtres humains considérés comme des objets à qui l’on a retiré identité, famille, us et coutumes, ancêtres, croyances, pensées, langues, libertés. 

« Le dieu de l’homme blanc est comme l’homme blanc. Il pense qu’il est le seul dieu, juste comme l’homme blanc pense qu’il est le seul homme. Mais la seule raison pour quoi il est dieu au lieu de Nyame ou Chukwu ou n’importe qui, c’est parce que nous le laissons faire. Nous ne le combattons pas. Nous ne le contestons même pas. L’homme blanc nous a dit que c’était comme ça, et nous avons dit oui, mais quand l’homme blanc nous a-t-il jamais dit qu’une chose était bonne pour nous et que cette chose était vraiment bonne ? Ils disent tu es un sorcier africain, et alors ? Et alors ? Qui leur a dit ce qu’est un sorcier ? »

 

Ceux qui partent souffrent, ceux qui restent luttent. Les Blancs vendent les Ashantis, ce peuple de guerriers fiers de son histoire mais ils veulent aussi posséder leurs terres. Le peuple Ashanti va se battre pour garder ce qui est à lui.

 

Je salue le travail de documentation de l’auteure qui a su représenter l’histoire du Ghana pendant trois siècles. Yaa Gyasi est sagace, sa plume est captivante, ses phrases percutantes. Son roman m’a davantage permis de saisir le danger de l’histoire unique

« C’est le problème de l’histoire. Nous ne pouvons pas connaître ce que nous n’avons ni vu ni entendu ni expérimenté par nous-mêmes. Nous sommes obligés de nous en remettre à la parole des autres. Ceux qui étaient présents dans les temps anciens ont raconté des histoires aux enfants pour que les enfants sachent, et qu’eux-mêmes puissent raconter ces histoires à leurs enfants. Et ainsi de suite, ainsi de suite. Mais maintenant nous arrivons au problème des histoires conflictuelles. Kojo Nyarko dit que les guerriers qui arrivèrent dans son village portaient des tuniques rouges, mais Kwame Adu dit qu’elles étaient bleues. Quelle histoire faut-il croire alors ? »
Les garçons n’émirent aucun son. Ils restèrent à le fixer, attendant la suite.
« Nous croyons celui qui a le pouvoir. C’est à lui qu’incombe d’écrire l’histoire. Aussi quand vous étudiez l’histoire, vous devez toujours vous demander : “Quel est celui dont je ne connais pas l’histoire ? Quelle voix n’a pas pu s’exprimer ?” Une fois que vous avez compris cela, c’est à vous de découvrir cette histoire. À ce moment-là seulement, vous commencerez à avoir une image plus claire, bien qu’encore imparfaite. »

 

 

Effia ne comprenait pas ce besoin d’appeler une chose « bonne » et une autre « mauvaise », celle-ci « blanche » et cette autre « noire ». Dans son village, chaque chose était un tout. Chaque chose pesait le poids de tout.

 

 

 

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman mais je préfère m’arrêter là et vous demande humblement de lire ce roman. Ne passez pas à côté de cette belle lecture.

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Forever, sélection romance Prix des Auteurs Inconnus

Roman concourant au Prix des Auteurs Inconnus 2017, catégorie romance.

 

Couverture Forever

Il y a quatre ans, j’ai fui le New Jersey, aussi bien pour échapper à l’autorité paternelle qui me poussait dans une voie professionnelle contraire à mes objectifs, que pour tirer un trait sur Tyler Braxton, l’homme qui m’a humiliée sans le moindre état d’âme. 
Aujourd’hui, Jerry McBride, mon père, brigue un second mandat de gouverneur et exige ma présence afin de jouer la carte de la famille soudée et épanouie durant sa campagne électorale. 
Entre ses adversaires politiques, prêts à tout pour remporter la victoire, un climat familial des plus tendus et le mépris blessant de Tyler, mes nerfs vont vite être mis à rude épreuve, sans compter qu’un secret de famille vient se greffer à une situation déjà suffisamment éprouvante…

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Ce roman est arrivé 3e dans ma sélection. En Callie, j’ai retrouvé l’adolescente que j’ai été. L’adolescente amoureuse qui attendait que son tendre amour obtienne une réponse mais se fait rabrouer … 

Callie a fui le New Jersey après la terrible humiliation que lui a fait subir le beau ténébreux Tyler mais ce qu’on fuit nous rattrape souvent. Elle le retrouve quatre ans plus tard et ses sentiments à son égard n’ont pas changé. Callie est une jeune femme au caractère bien trempé mais face à l’amour elle s’incline. Elle espère, désespère, attend, se résigne. On est dans une romance alors les plus beaux rêves finissent par se réaliser.

Grande fut ma surprise de découvrir que Tyler aimait Callie depuis bien longtemps. J’ai trouvé que cela faisait trop cliché, trop romanesque. Après lecture des 10 premières pages, je m’étais imaginée que Tyler tomberait amoureux quand ils se retrouveraient, que Callie lui aurait mené la vie dure avant de succomber. J’aurais voulu qu’il y ait une petite histoire de vengeance. Il m’a manqué cette note de conquête, de séduction. 

J’aurais aimé que la petite amie de Tyler soit douce, qu’il y ait un dilemme. Quand on la présente comme une fille artificielle, le choix est vite fait.

Tyler ferait un bon bookboyfriend : beau, intelligent, mature, franc, charismatique. Il n’approuve pas l’homosexualité mais cela ne veut pas dire qu’il veut éradiquer les homosexuels de la planète.

Au sujet du secret de famille, je m’attendais à un fait plus sensationnel. Pour une famille de républicains, ça l’est mais pas pour moi. Je m’attendais à un fait surprenant qui me mettrait une claque.

Le style est très fluide ;  les descriptions des lieux, des décors et même des mets sont bien construites. Molière peut reposer en paix, je n’ai noté qu’une seule coquille.

J’ai noté quelques intrus dans la description de quelques scènes de sexe :

Tandis qu’il continuait son massage lingual, il enfonça lentement son index dans mon con (page 201)

Je trouve totalement déplacé et pas du tout esthétique d’écrire ce groupe nominal dans cette phrase pleine de délicatesse. 

Apparemment dans la littérature actuelle de l’éros, il faut tout dire, tout montrer du coup mon cher ami que j’aime pas trop voir est encore apparu : testicules

Je pris de l’assurance et déposai de légers baisers tout le long de sa verge en massant délicatement ses testicules. (page 204)

 

Dans cette romance, il est aussi question de fraternité et d’amitié. L’auteure a rajouté de l’action à travers les stratagèmes des adversaires politiques de Jerry et a abordé des sujets d’actualité. 

CONCLUSION : Forever est le prototype de la romance. Si vous aimez le genre, ce livre est fait pour vous.

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Existe au format KINDLE et Broché

Date de parution : 30 juillet 2016

Nombre de pages de l’édition imprimée : 414 pages

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signature coeur graceminlibe

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Lola et les lettres de Rose

Coucou les amis ! Quel plaisir de vous retrouver ! 🙂

Toujours à la recherche de prix littéraires à lire, je suis tombée par hasard sur le Prix du Livre Romantique des éditions Charleston.

J’ai découvert qu’un roman que j’avais vu sur l’un des blogs que je suis avait été lauréat de ce prix. Il s’agit des Lettres de Rose de Clarisse Sabard.  

Vu qu’il y a un prequel à ce roman et qu’il est très court, j’ai commencé par celui-ci.

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Marianne et Thierry se rencontrent sur une plage à Nice, dans les années 70. C’est le coup de foudre. Très vite ils se marient et tentent d’avoir un enfant. Mais le sort en a décidé autrement. Jusqu’à ce qu’un coup de téléphone change à jamais leur vie…

En 30 pages, Marianne nous décrit brièvement son enfance, sa rencontre avec Thierry, l’homme de sa vie, son infertilité, le coup de téléphone qui va changer leur vie de couple et leur première rencontre avec Lola, la petite fille qu’ils ont adopté. L’écriture est assez fluide, on a envie de savoir si la venue de Lola va impacter positivement leur vie. 

 

cover les lettres de rose

 

Lola a été adoptée à l’âge de trois mois. De nos jours, à presque 30 ans, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire. Mais sa vie va basculer lorsqu’elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange testament : une maison et son histoire dans le petit village d’Aubéry, à travers des lettres lui apprenant ses origines. Elle découvre ainsi la vie de son arriere grand-mère Louise, de sa grand mère Rose et de sa mère Nadège, ainsi que les dérangeantes circonstances de sa naissance. Mais tous les habitants ne voient pas d’un bon œil cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu’elle ne le voudrait. Réveiller les secrets du passé lui permettra-t-elle d’avancer vers son avenir ?

 

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Lola mène une vie normale comme le commun des mortels. Son meilleur ami Tristan est homosexuel et ce cliché m’a exaspérée. Un homme et une femme tous les deux hétéro ne peuvent-ils pas être meilleurs amis ? Faut-il forcément pour qu’une relation amicale homme-femme tienne que l’un d’entre eux soit homosexuel ?

 

Son passé accourt vers elle lorsqu’elle reçoit un coup de fil de notaire. J’ai bien aimé le parcours que lui a tracé Rose pour reconstituer son passé.

Rose m’a embarquée dans sa saga familiale des années 1900 aux années 2000 où amour passionnel, mariage de convenance, petits et grands mensonges, secrets et drames se mêlent.

Les Lettres de Rose est comme une salle d’exposition où figurent différents portraits de femmes. J’ai beaucoup aimé la diversité de leurs personnalités : bonne sœur, femme masculine, femme romantique, femme ambitieuse, femme se reposant sur son homme…

J’ai pris plaisir à découvrir Louise, cette femme au caractère bien trempé qui a réussi à faire de sa vie ce qu’elle voulait, décidé bon nombre de fois de la tournure de la vie des autres. Je l’ai admirée, détestée également pour les amours avortés dont elle en est la cause.

J’ai plus été passionnée par l’histoire de Rose que par celle de Lola. J’étais d’ailleurs un peu déçue à chaque fois qu’on revenait au présent qui est l’histoire de Lola.

Jim n’aura pas l’immense honneur de faire partie de mes bookboyfriend. Le fait qu’il ressemble à Clovis Cornillac ne l’aide pas beaucoup.

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Les Lettres de Rose aborde l’effet domino de nos choix souvent égoïstes. Elle expose jusqu’où on est souvent prêt à aller pour satisfaire son ambition, assurer son ascension sociale, ce qu’on est prêt à accepter par amour ou pour sauver les apparences. 

J’ai découvert et trouvé intéressante la plume de Clarisse Sabard. Elle est légère, sans fioritures. Son premier roman est bon, pas extra. Je m’attendais à quelque chose de plus sensationnel, émouvant  après lecture des différents avis sur les réseaux sociaux… 

 

Et vous, que lisez-vous en ce moment ?

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre, Revue cinéma

Everything Everything : le livre VS le film

Everything Everything de Nicola Yoon… J’ai vu passer des avis de lecture mais je n’y ai pas trop fait attention, j’ai tellement de livres à découvrir. Et puis, il y a quelques semaines, j’ai vu les nouvelles affiches de film au Majestic Cinéma et là j’ai vu un couple mixte !

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(Vous savez combien j’aime voir les beaux mélanges de race 😀 )

 

J’ai tout de suite cherché à me procurer le livre avant de voir le film.

Résumé de l'oeuvre

 

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

 

l'Afrique écrit

J’ai béni le ciel pour ma bonne santé quand j’ai découvert la vie de notre héroïne. Je suis casanière mais je n’aurais pas pu vivre de cette façon. Ne pas connaître le monde, ne pas avoir des amis, ne pas pouvoir voyager aurait été un supplice.

Maddy a accepté sa vie et essaie d’en profiter comme elle veut. Elle lit énormément et passe beaucoup de temps avec sa mère. Sa famille a vécu un drame mais on ne s’étend pas sur ce drame, on est focalisé sur Maddy et j’ai trouvé ça parfait.

Quand Olly débarque, l’histoire gagne en intensité. J’ai apprécié leurs échanges de SMS, leur amitié qui débouche sur l’amour. Et quel amour ! Un amour rose : tendre et pur.

Avec Olly, Maddy va découvrir l’amour, le monde et la vérité sur sa propre histoire.

Il y a deux moments forts pour moi dans cette histoire : Le mail du Dr Melissa Francis du 29 décembre qui m’a agréablement surprise (un excellent retournement de situation) et la douce fin romanesque. 

J’aime quand un livre présente une originalité et Everything Everything est très original dans sa forme. Il y a des graphiques, des dessins et c’est le mari de l’auteure qui les a faits. C’est beau l’amour ! ❤ ❤ ❤

Everything Everything n’est pas qu’une histoire d’amour entre deux adolescents. C’est aussi une histoire d’amour mère-fille, une histoire qui évoque la violence domestique, la gestion du deuil. J’ai apprécié tous ces sous-thèmes abordés ainsi que l’accent mis sur la famille. 

J’ai passé un agréable moment de lecture. Le roman se lit rapidement grâce au style fluide de l’auteur. J’ai apprécié son style pudique. 

Il m’a cependant manqué un peu de passion entre Olly et Maddy, une intensité dans les émotions ressenties pour que ce roman soit classé parmi mes coups de cœur. 

 

Christmas

 

Traduit par : Eric Chevreau
Illustré par : David Yoon
Éditeur : Bayard, 2016
Pages : 370

Les phrases à retenir :

C’est tout ce que je réussis à lui dire. Je voudrais ajouter que c’est grâce à lui si je suis ici, si je suis Dehors. Que l’amour ouvre toutes les portes.

J’étais heureuse avant de le rencontrer. Mais à présent je suis vivante, ce qui est totalement différent.

 

Dès que tu nais, tu es projeté dans ce truc un peu dingue qu’on appelle la vie, et qui tourne, tourne…
– Et dans ta théorie, les bagages, ce sont les gens ?
– Oui.
– Continue…
– Parfois, tu tombes du tapis prématurément. Parfois, tu es tellement abîmé par d’autres bagages qui te sont dégringolés dessus que tu ne fonctionnes plus normalement. Parfois, tu es perdu, oublié, et tu passes ton existence à tourner, tourner…
– Et les autres, ceux qui retrouvent simplement leur propriétaire ?
– Ils vont mener une vie banale au fond d’un placard quelconque.

 


 

LE FILM

 

 

 

Je regarde rarement les adaptations cinématographiques des romans parce que j’ai peur d’être déçue. Dans le cas de Everything Everything, ça a été différent. Comme dit plus haut, c’est le film qui m’a poussé à lire le livre. 

 

Le jeu des acteurs est parfait même si la scène où Olly se dispute avec son père n’est pas très crédible pour moi. J’imaginais Olly plus canon alors j’ai été un peu déçue par le choix de Nick Robinson 😛

Le film est visuellement réussi, les décors sont magnifiques. J’ai eu envie d’habiter chez Maddy, d’aller à Hawaï.

La bande-son est également excellente. Les morceaux choisis apportent une touche dynamique au film.

Le scénario s’inscrit à 90 % dans la logique du roman. J’ai apprécié la transcription  des discussions entre Olly et Maddy. Certains faits du livre ont par contre été modifiés/ôtés :

  • l’apparition de Rosa, la fille de Carla. Dans le roman, sa mère ne fait que parler d’elle. Elle n’est jamais venue rendre visite à Maddy. J’ai été un peu surprise de la voir 😀

 

Image associée
Source : Allocine
  • La mère de Madeline est noire. Dans le livre, j’ai lu qu’elle était nippo-américaine 3ème génération et son mari afro-américain. Si je me trompe, dites-le moi 😉
  • Maddy et Olly ne font pas un détour chez Carla avant d’aller à Hawaï. La réalisatrice a préféré montrer les scènes qui lui paraissaient les plus importantes, il me semble. 
  • Les retrouvailles entre Maddy et Olly à la librairie. Dans le livre, les retrouvailles se font autour du livre le Petit Prince. J’ai été un peu déçue que cette partie soit occultée dans le film.

Malgré ces bémols, je ne regrette pas d’avoir vu ce film. J’ai apprécié l’adaptation, j’ai aimé me plonger à nouveau dans cette douce romance. 

Quelles sont pour vous les meilleures adaptations cinématographiques inspirées de romans ?

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La dernière des Stanfield – Marc Levy

 

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  • Mon père, j’ai quelque chose à confesser.
  • Quoi donc ma fille ?
  • Je viens de lire un roman de Marc Levy.
  • Sacrilège ! 
  • Je suis toute honteuse mon père, moi qui l’avais placé dans le top 10 des auteurs à ne plus relire parce qu’il m’avait déçue avec deux œuvres
  • Ça arrive ma fille. Mais dis-moi, regrettes-tu ta lecture ?

Réponse dans les lignes qui suivent

 

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Ma vie a changé un matin alors que j’ouvrais mon courrier. Une lettre anonyme m’apprenait que ma mère avait commis un crime trente-cinq ans plus tôt.
L’auteur de cette lettre me donnait rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore et m’ordonnait de ne parler de cette histoire à personne.
J’avais enterré Maman à Londres au début du printemps ; l’été s’achevait et j’étais encore loin d’avoir fait mon deuil.
Qu’auriez-vous fait à ma place ?
Probablement la même erreur que moi.

Eleanor-Rigby est journaliste au magazine National Geographic, elle vit à Londres.
Un matin, en rentrant de voyage, elle reçoit une lettre anonyme lui apprenant que sa mère a eu un passé criminel.
George-Harrison est ébéniste, il vit dans les Cantons-de-l’Est au Québec.
Un matin, il reçoit une lettre anonyme accusant sa mère des mêmes faits.
Eleanor-Rigby et George-Harrison ne se connaissent pas.
L’auteur des lettres leur donne à chacun rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore.
Quel est le lien qui les unit ?
Quel crime leurs mères ont-elles commis ?
Qui est le corbeau et quelles sont ses intentions ?
Au cœur d’un mystère qui hante trois générations, La Dernière des Stanfield nous entraîne de la France occupée à l’été 44, à Baltimore dans la liberté des années 80, jusqu’à Londres et Montréal de nos jours.

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Les premières lignes commencent avec une note de fraîcheur, je retrouve l’ambiance et la légèreté des chick-lit. Puis, après avoir fait connaissance avec la famille folle d’Eleanor-Rigby, je me retrouve dans l’univers mystérieux des thriller, romans policiers.

L’auteur a su me communiquer l’envie d’Eleanor-Rigby, sa quête de vérité. J’ai apprécié ce jeu de piste, je ne voulais pas arrêter ma lecture sans avoir découvert ce corbeau et reconstitué la vérité. 

On avance d’interrogations en découvertes. J’ai découvert assez tôt le lien qui unissait Eleanor-Rigby et George-Harrison mais il m’a fallu un peu de temps pour découvrir le trésor que l’une des mères avait gardé et qui était le père de George-Harrison. 

J’ai apprécié ces voyages entre Londres, Baltimore, Montauban ; entre le passé et le présent.  J’ai aimé l’alternance des points de vue, le fait que plusieurs personnes révèlent un bout de la vérité. Chacun de nous détient une part de vérité 🙂

Je me suis attaché à trois personnages : Michel, le frère d’Eleanor-Rigby, pour ses interventions très « philosophiques », George-Harrison pour son pragmatisme, May pour son authenticité, ses déconvenues en amour. 

La dernière des Stanfield souligne l’importance d’une famille unie et des amitiés fortes pour se construire. 

Il se lit aisément grâce au style fluide de l’auteur. Il offre une lecture assez intéressante mais ce n’est pas une histoire bouleversante, extraordinaire. Il m’a manqué un rythme haletant, des émotions fortes, du suspens.

Pour une fois, je n’ai pas fermé un roman de Marc levy sans regretter le temps passé à le lire et rien que pour ça je dis : Bravo à l’auteur !

Continuez sur cette lancée, Marc Levy et je finirai par être votre groupie, qui sait ? 😀

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Parution : 20 Avril 2017
Maison d’édition : Robert Laffont
Nombre de pages : 480
Prix : 21,90 €

lauteur

Après avoir passé six ans à la Croix Rouge et dirigé un cabinet d’architectes, Marc Levy publie son premier roman Et si c’était vrai aux Éditions Robert Laffont en 2000. Ce roman connaît un succès immédiat en France ainsi qu’à l’étranger, et est adapté au cinéma en 2005 par Dreamworks. Depuis, Marc Levy a écrit 17 romans. Il est traduit en 49 langues, et les ventes de tous ses romans ont dépassé les 40 millions d’exemplaires dans le monde.

Vous avez déjà lu Marc Levy ? Lequel de ses livres avez-vous adoré ? Détesté ?

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