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Throwback Thursday Livresque 37 avec Ken Bugul

 

Thème de cette semaine : Famille

J’ai pensé au Baobab fou de Ken Bugul.

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J’ai reçu ce livre suite à une récompense de fin d’année en 3eme. Je l’ai retrouvée dans la bibliothèque de mon père l’an dernier. N’ayant aucun souvenir de ce roman, j’ai décidé de le lire cette année.

Au Sénégal, dans le Ndoucoumane, une petite fille en mal de mère grandit à l’ombre d’un baobab séculaire. Petite dernière, un peu en marge, elle découvre l’école française, comme un chemin de traverse qui va la mener aux études supérieures et au grand départ pour le  » Nord référentiel, le Nord Terre promise ». En Belgique, c’est le choc, le désarroi, les mille et une expériences et la découverte que ce Nord des promesses est aussi celui des allusions et des illusions. Drogue, sexe, prostitution…

Dans ce roman autobiographique, Ken Bugul décrit son cruel manque de la famille. 

Elle souffre d’un mal-être profond. Séparée dès les premières années de sa mère, Ken Bugul se sent abandonnée. Elle vit mal l’absence de la mère, n’a jamais été proche de ses frères et sœurs, son père n’a pas été aussi présent qu’elle le voulait. Il était entièrement consacré à la prière.

Ken Bugul se sent sans l’affection des siens, sans repères émotionnels. Elle se sent seule, terriblement seule. L’Occident va accentuer sa solitude. Sa vie devient un concentré de déboires, de ratures. 

Pour moi qui ai vécu dans un cocon familial rassurant, j’ai éprouvé beaucoup de peine pour elle.

Le mal de mère l’a terriblement marquée car elle en parle également dans De l’autre côté du regard

Le baobab fou évoque également la quête d’appartenance à une communauté, les rapports entre l’Afrique et l’Occident et la condition de la femme.

Je me disais que je ne savais pas comment j’arriverais à faire de l’homme un jour cet autre moi-même, celui de qui ma survie dépendrait. Je ne pourrais pas être comme ces femmes, qui le soir, attendaient le mari plus que l’air qu’elles respiraient. 

 

C’était cela l’apprentissage de la femme à l’époque: un être qui acceptait. Quand les vertus de la virginité, les vertus domestiques, les vertus de dépôt de vie, les vertus de la soumission et de l’obéissance étaient acceptées pleinement, on avait atteint le but qui était patience, disponibilité et humilité. 

 

Pour explorer davantage ce thème sur le blog, vous pouvez cliquer ici

 

Quel livre auriez-vous choisi pour ce thème ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

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Frère d’âme de David Diop

Vous rappelez-vous de mon challenge “lire des prix littéraires” ? Je ne vous en tiendrai pas rigueur si vous l’avez oublié, je l’ai vraiment délaissé. Je tente de me rattraper avec le livre du jour qui a reçu le prix Goncourt des lycéens 2018.

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Alfa Ndiaye et Mademba Diop sont de la même classe d’âge. Lorsqu’ils entrent dans leur vingtième année, Mademba désire aller à la guerre. L’école lui a mis dans la tête de sauver la mère patrie, la France.

Mademba voulait devenir un grand quelqu’un à Saint-Louis, un citoyen français :

« Alfa, le monde est vaste, je veux le parcourir. La guerre est une chance de partir de Gandiol. Si Dieu le veut, nous reviendrons sains et saufs. Quand nous serons devenus des citoyens français, nous nous installerons à Saint-Louis. Nous ferons du commerce. »

 

Alfa Ndiaye, son presque frère puisqu’il a grandi avec lui après que sa mère soit partie l’a suivi dans son rêve. Alfa et Mademba deviennent des tirailleurs sénégalais. Sur les champs de bataille, ils découvrent que la France du capitaine Armand a besoin de la sauvagerie des noirs. Elle fait la propagande de cette sauvagerie pour faire peur à l’ennemi.  

 

Comme nous sommes obéissants, moi et les autres, nous jouons les sauvages. Nous tranchons les chairs ennemies, nous estropions, nous décapitons, nous éventrons.

Mais quand je lui souris, je sens qu’il se demande dans sa tête : « Mais qu’est-ce que ce sauvage me veut ? Qu’est-ce qu’il veut faire de moi ? Est-ce qu’il veut me manger ? Est-ce qu’il veut me violer ? » Je suis libre d’imaginer ce que pense l’ennemi d’en face parce que je sais, j’ai compris. En observant les yeux bleus de l’ennemi, je vois souvent la peur panique de la mort, de la sauvagerie, du viol, de l’anthropophagie. Je vois dans ses yeux ce qu’on lui a dit de moi et ce qu’il a cru sans m’avoir rencontré auparavant.

Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Il culpabilise, il se détache de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence au point d’effrayer ses camarades. Le héros de guerre est devenu un fou dangereux, un sauvage sanguinaire.

La rumeur a couru. Elle a couru tout en se déshabillant. Petit à petit, elle est devenue impudique. Bien vêtue au départ, bien décorée au départ, bien costumée, bien médaillée, la rumeur effrontée a fini par courir les fesses à l’air. Je ne l’ai pas remarquée tout de suite, je ne la distinguais pas bien, je ne savais pas ce qu’elle complotait. Tout le monde la voyait courir devant soi, mais personne ne me la décrivait vraiment. Mais j’ai enfin surpris des paroles chuchotées et j’ai su que le bizarre était devenu le fou, puisque le fou était devenu le sorcier. Soldat sorcier.

Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique. On découvre sa famille, la séparation avec sa mère, sa relation avec Fary. J’ai beaucoup apprécié cette partie du récit qui a l’allure d’un conte. Il y a d’ailleurs un conte africain cité en fin de roman.

Ce récit est un monologue, le discours des pensées d’Alfa. Il nous montre les dégâts intérieurs et extérieurs de cette folle guerre, ce que ces tirailleurs sénégalais ont dû endurer sur les champs de bataille et ceux qui ont vécu pour cette guerre.

Pour le capitaine, la vie, c’est la guerre. Le capitaine aime la guerre, comme on aime une femme capricieuse. Le capitaine passe tous ses caprices à la guerre. Il la couvre de cadeaux, il la fournit sans compter en vies de soldats. Le capitaine est un dévoreur d’âmes. Je sais, j’ai compris que le capitaine Armand était un dëmm qui avait besoin de sa femme, la guerre, pour survivre, tout comme elle avait besoin d’un homme comme lui pour être entretenue.

Frère d’âme offre une lecture rapide. David Diop a une plume fluide, caressante. Ma lecture fut intéressante mais pas transcendante.

J’ai eu une incompréhension à la fin : Mademba Diop est-il devenu Alfa Ndiaye ?

L’émission la Grande Librairie m’a donné un élément de réponse.

Un amour interdit Alyssa Cole

Il faut faire attention, quand on se pense libre de penser ce qu’on veut, de ne pas laisser passer en cachette la pensée déguisée des autres, la pensée maquillée du père et de la mère, la pensée grimée du grand-père, la pensée dissimulée du frère ou de la sœur, des amis, voire des ennemis.

 

GM signature

 

 

 

 

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De purs hommes – Mohamed Mbougar Sarr

Tout part d’une vidéo virale, au Sénégal. On y voit comment le cadavre d’un homme est déterré, puis traîné hors d’un cimetière par une foule. Dès qu’il la visionne, naît chez Ndéné Gueye, jeune professeur de lettres déçu par l’enseignement et fatigué de l’hypocrisie morale de sa société, un intérêt, voire une obsession, pour cet événement. Qui était cet homme ? Pourquoi a-t-on exhumé son corps ? À ces questions, une seule réponse : c’était un góor-jigéen, disait-on, un  » homme-femme « . Autrement dit, un homosexuel.

Ndéné se met à la recherche du passé de cet homme, et va même rencontrer sa mère. Autour de lui, dans le milieu universitaire comme au sein de sa propre famille, les suspicions et les rumeurs naissent, qui le déstabilisent, au point de troubler sa relation avec son amie Rama dont il est fortement amoureux, Rama à la bouche généreuse et à la chevelure mystérieuse…

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En Afrique, sont réservés aux homosexuels des traitements loin d’être chaleureux. L’homosexualité n’est pas la bienvenue. C’est un acte abominable. Cette pensée est commune. Mais qu’en pensent les gens personnellement ?

Ndéné, le narrateur, s’interroge et aimerait que chacun ait une opinion propre sur l’homosexualité et qu’il l’affirme sans redouter l’opinion collective. Divers personnages s’expriment : Ndéné, le père de Ndéné, Adja Mbène, Rama, Angela, M.Coly. J’ai apprécié la diversité d’opinions : du plus radical au plus tolérant.

Mais je ne suis pas homophobe. Ou peut-être que je le suis. Tout dépend de ce que tu mets par derrière ce mot. Je ne hais pas ces gens, je ne souhaite pas leur mort, mais je ne veux pas que ce qu’ils font, ce qu’ils sont, soit considéré comme normal dans ce pays. Si c’est ça être homophobe, j’assume de l’être. Chaque pays a des valeurs sur lesquelles il s’est construit. Nos valeurs ne sont pas celles-là. Tout simplement. On ne peut pas les accepter comme quelque chose de banal, ce serait le début de notre mort, une trahison de nos ancêtres et de nos pères spirituels. pire : une trahison de Dieu.

Je ne sais pas comment, lorsqu’on est un homme, on peut aimer autre chose qu’un corps de femme. Je ne hais pas les homosexuels masculins, ils me déroutent dans une perspective esthétique. Je n’arriverai jamais à comprendre leur attirance pour la sécheresse du corps mâle, sa platitude têtue, son relief sans collines, son cadastre sans vertige, sa sculpture étalée…

– Tu es bisexuelle ?

– Of course. Il faut être fou pour ne pas profiter de tout le plaisir que l’humain, homme ou femme, peut procurer et éprouver.

De purs hommes relate l’aversion du peuple sénégalais musulman pour l’homosexualité. Roman engagé, il milite pour que les homosexuels puissent vivre comme les autres dans la société. Il appelle à moins de lynchage, moins de jugement. La foi ne devrait être pas totalitaire. Elle ne devrait pas s’introduire dans la vie privée des autres. L’orientation sexuelle d’un homme, d’une femme ne devrait pas remettre en cause ses compétences, ses actions communautaires.

Ça a été pour moi une lecture rapide, intéressante, émouvante à certains passages mais pas transcendante. J’ai reconnu la plume de Mbougar Sarr: soutenue, analytique mais je n’ai pas été autant impressionnée comme ce fut le cas avec Terre Ceinte. J’ai parfois trouvé que les dialogues n’étaient pas très subtils.

 

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Des cris sous la peau – Fatimata DIALLO BA

Une voix extérieure présente une petite fille de 45 ans qui s’apprête à prendre l’avion pour la 2eme fois de sa vie.

Être une petite fille à 45 ans ? Cette femme n’est donc pas mature ? Elle est mariée, a deux filles, un travail. Pourquoi se considère-t-elle comme une petite fille ?

Son voyage à Dakar apporte des éléments de réponse, permet de mieux faire connaissance avec elle. On découvre une femme qui a manqué d’amour maternel. Elle n’a pas connu sa mère, a été élevée par la sœur de cette dernière. Une tante qui a toujours préféré sa fille.

On découvre l’horreur qu’elle a subie enfant, son mariage à un cousin lointain à 18 ans, les nombreux coups qu’il lui porte fréquemment l’obligeant à devenir invisible, inodore et muette.

Des souffrances de femme qui ne sont pas un cas isolé. Sa voisine du vol Paris-Dakar lui raconte la polygamie qu’elle vit, son absence de maternité.

La fille de Saran, masseuse traditionnelle originaire du Mali, a aussi été victime de la jalousie perverse d’une coépouse et de la violence aveugle d’un époux manipulé.

Arame, la cousine de la petite fille de 45 ans, a aussi des malheurs cachés sous sa peau. Elle est énorme comparée à la petite fille qui est maigre. Boulimie contre anorexie. Rejet ou consommation excessive de la nourriture pour cacher un mal-être.

Toutes ces femmes acceptent leurs souffrances, c’est leur seconde peau. 

Le surnaturel intervient, la petite fille qui était figée dans l’adolescence va entrer en contact avec sa mère. Cela m’a fait penser à De l’autre côté du regard de Ken Bugul.

La petite fille _appelons la maintenant par son prénom Yandé _va entendre des mots d’amour, guérir de ses blessures, devenir une femme. 

Yandé appelle les femmes à ne plus être silencieuses, à dénoncer haut et fort ce qui ne va pas. 

Ce roman renvoie à la condition des femmes au Sénégal où viols et meurtres des femmes sont légion. J’ai apprécié ma lecture, c’est un roman court et fluide. J’ai été contente de le finir et passer à autre chose. Le récit est bien écrit, il y a des instants d’émotion mais ce n’est pas transcendant. Par ailleurs, j’ai trouvé le style assez scolaire. Au niveau du fond, j’aurais voulu que les thèmes soient développés en profondeur. Des cris sous ma peau ne fait que les effleurer…

 

Pour en savoir plus sur le roman, cliquez ICI

 

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Le collier de paille ou Coup de foudre à Niakhane

Dakar. Dans une cour baignée de soleil, une jeune femme laisse errer son regard, ailleurs. Depuis quelques jours, elle ne dort plus, ne s’alimente plus. Depuis son retour de Niakhane, en fait. Depuis cette rencontre qui a tout balayé. Cadre dans une ONG, citadine refusant la polygamie, elle a su lutter avec tact contre les carcans, nationaux et familiaux. S’imposer dans un monde d’hommes et nouer un mariage d’amour. Pourtant, là-bas, dans ce village de brousse où elle devait superviser la construction d’un dispensaire, elle a goûté au plaisir animal. Amours interdites, histoire impossible : entre tradition et modernité, l’abîme est trop grand. L’Afrique écartelée crie son tourment dans sa chair de femme…

 

l'Afrique écrit

Un roman sans dialogue, un récit au style indirect. Chose admirable pour une auteure comme moi, mon 1er roman comprend bon nombre de dialogues. J’ai besoin de faire parler mes personnages mais apparemment c’est une vilaine qualité 😀

Ce roman aurait pu avoir comme titre Coup de foudre à Niakhane. en hommage à  coup de foudre à Manhattan. A Niakhane, deux mondes différents se croisent sur le pont de l’amour. Une urbaine et un homme des champs.

Notre héroïne est mariée et se surprend à ressentir de l’amour pour un homme qui n’est nullement libre, un homme de campagne qui a femmes et enfants.

Un amour qui s’installe dans la chair de nos amants d’un jour. Un amour qui ne peut s’inscrire dans la durée. Notre héroïne n’a pas le courage de dire non à sa vie de la ville et au mariage qu’elle a désiré, obtenu, construit. Alors elle s’éloigne et souffre en silence.

Silence temporel puis éternel ?

Je n’ai pas adhéré à cet amour interdit. J’ai douté. Était-ce de l’amour ou de l’attirance sexuelle ?

J’ai été spectatrice. Je n’ai malheureusement pas ressenti, vécu, envié jusqu’à son paroxysme leur relation.

Si ce couple ne fera pas partie de la liste très restreinte de mes coups de cœur, j’ai beaucoup apprécié que l’auteure ne se contente pas d’exposer un amour interdit. Elle dépeint en effet les mœurs sociales du Sénégal et ses contradictions.

Le recours incessant aux marabouts alors qu’on est monothéiste, le second rôle toujours associé aux femelles, le remariage de la veuve avec l’un de ses beaux-frères, les dots aux montants exorbitants, l’obsession de la virginité de la jeune mariée, virginité dont on ne se soucie nullement chez le jeune marié.

Elle aborde également les difficultés du mariage : sarcasmes de la belle-famille, infidélité du mari, la polygamie qui est une menace constante.

le collier de paille khadi hane

Ce roman conviendra aux fans des amours impossibles, des questions féministes et de la sociologie.

 

GM signature

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Comme le bon pain de Mariama Ndoye

« Je dédie ce livre à toutes les « Dames pâtes », qu’elles soient pétries par des mains pures ou moins pures ; qu’importe, le levain fera monter la pâte et le bon pain nourrira le monde. Paraphrasant Térence, j’affirme : « Je suis femme, je veux que rien de ce qui est féminin ne me soit étranger. »
Toute femme, à la lecture de ce livre, se retrouvera à l’une ou l’autre page, ce n’est pas un hasard… J’ai donc peint un panneau de l’immense fresque que constitue l’éternel féminin. »

l'Afrique écrit

Ce roman est arrivé dans ma wishlist après l’avoir vu dans la liste des coups de cœur d’Isaïe Biton Koulibaly l’un des auteurs les plus célèbres de mon pays. J’ai voulu savoir pourquoi il avait adoré ce roman.

J’ai déjà lu une biographie de Mariama Ndoye et j’avais apprécié sa plume. La douceur émane de ses écrits, chose commune aux auteures sénégalaises que j’ai lues.

Dans ce roman, Bigué est la narratrice. Elle m’a fait sourire dès les premières lignes. avec sa forte confiance en elle. Elle est consciente de ses atouts et elle les égrène sans en oublier aucun.

Bigué nous fait des confidences. Des confidences qui lui appartiennent et celles des femmes de son entourage.

On le dit souvent dans mon pays : si ton homme croise le chemin d’une sénégalaise, tu es foutue ! Les femmes sénégalaises savent s’occuper des hommes et ce que Bigué nous confie dans ce livre ne font que confirmer ces dires. Les femmes sénégalaises sont dangereuses ! (rires)

Avec Bigué, on en apprend beaucoup sur l’art conjugal. Les femmes sénégalaises sont aux petits soins de leurs hommes, on leur inculque ces valeurs dès l’enfance. On leur apprend qu’elles doivent lutter pour garder leur mari près d’elle et être la préférée si elles sont dans un foyer polygame. Elles sont donc prêtes à tout pour assurer la stabilité de leur foyer. A la guerre, comme à la guerre !

Bigué nous livre ses états d’âme de femme qui aura bientôt une co-épouse. Elle nous livre les peines des femmes mariées, ces femmes mariées aux hommes volages, polygames.

Ce qu’elle a enduré dans son ménage, le pain ne l’a pas enduré dans le four.

 

Le mot est lâché: la polygamie. Notre mal n’est pas ailleurs, nous ne sommes ni voilées, ni dévoilées d’ailleurs, contre notre gré. Nous ne sommes ni excisées, ni infibulées, ni vendues, ni violées. Non ! Pire que cela ! Nous n’avons pas le droit d’aimer et d’être aimées en paix.

 

Elle nous dresse aussi le portrait de la société sénégalaise :

La vie dans ma société consiste en cela, sauvegarder les apparences au mépris parfois de son propre équilibre mental. Cela s’apprend. Comme tout dans la vie, cela se maîtrise petit à petit puis cela devient une seconde nature, puis une vraie nature, entre-temps on est devenu une autre. La maturité accouche aussi dans la douleur. On mûrit en perdant un être cher, une situation sécurisante, une bonne santé. Moi, j’étais appelée à mûrir en perdant mes certitudes.

 

J’ai bien aimé ce livre qui raisonne sur l’amour. J’ai souri en lisant certains proverbes et réflexions.

Au bout d’un certain temps, il ne reste rien d’un amour, si grand fût-il. Il aura pu se muer en amitié, en tendresse apitoyée, en fraternité, voire se dénaturer en indifférence, haine ou mépris.

 

“Le cœur est un tombeau” nul ne doit voir ce qui s’y trame, ce qui s’y joue, ce qui s’y passe réellement.

 

Aussi dans la famille, notre miroir préféré est-il devenu le regard des hommes. Il est presque plus flatteur que le vrai et pour cause, souvent intéressé.

 

L’intrigue est assez linéaire, du coup je me suis un peu ennuyée à la moitié de l’ouvrage. Heureusement le livre ne compte pas plus de 200 pages. J’ai compris pourquoi Isaïe Biton Koulibaly a aimé ce livre, il aborde son sujet de prédilection : les relations conjugales.

CONCLUSION : Comme le bon pain est une douce lecture. Si vous avez envie d’avoir quelques astuces pour “pimenter” votre vie de couple ou rire des mésaventures conjugales, n’hésitez pas à  lire ce roman.

ATTENTION : Ce livre est fortement déconseillé aux féministes. Elles vont péter une durite ! 

Christmas

Editions : Nouvelles Editions Ivoiriennes

Nombre de pages : 190

Date de publication : 2001

signature coeur graceminlibe

Publié dans Panaché

Throwback Thursday Livresque 13 – Girl Power

Voici le Throwback Thursday Livresque !

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram mais vraiment concentré sur les livres !

Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à vos lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

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Cette semaine, le thème est Girl Power (féminisme ou des romans avec un personnage principal féminin) proposé par La tête en Claire

 

girlpower

Puisqu’on est le lendemain de la journée de la femme, j’ai choisi de vous présenter un livre à l’univers très féminin : 

Une si longue lettre de Mariama Ba

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Une si longue lettre est une oeuvre majeure, pour ce qu’elle dit de la condition des femmes. Au coeur de ce roman, la lettre que l’une d’elle, Ramatoulaye, adresse à sa meilleure amie, pendant la réclusion traditionnelle qui suit son veuvage.
Elle y évoque leurs souvenirs heureux d’étudiantes impatientes de changer le monde. Elle rappelle aussi les mariages forcés, l’absence de droit des femmes comme le droit à l’éducation. Et tandis que sa belle-famille vient prestement reprendre les affaires du défunt, Ramatoulaye évoque alors avec douleur le jour où son mari prit une seconde épouse, plus jeune, ruinant vingt-cinq années de vie commune et d’amour.
La Sénégalaise Mariana Bâ est la première romancière africaine à décrire avec une telle lumière la place faite aux femmes dans sa société.
Ce puissant livre parle des douleurs et des espoirs d’une femme. Il exhorte les femmes à s’impliquer de plus en plus à la gestion des choses publiques, à dire non quand il le faut.
J’ai lu cette oeuvre au collège et elle m’a laissé un bon souvenir. Cette longue lettre est touchante, pleine de sensibilité. J’ai aimé le ton doux amer de l’oeuvre. J’ai eu mal au coeur en voyant tous les combats à mener pour une  meilleure valorisation de la femme en Afrique. Le statut de veuve en Afrique est parfois si éprouvant. Souvent, la belle-famille vous spolie, vous humilie, c’est écoeurant. 
Une si longue lettre est une oeuvre à lire et à faire lire. J’espère que vous l’inscrirez dans votre PAL. 🙂
Et dire que j’ai aimé cet homme, dire que je lui ai consacré trente ans de ma vie, dire que j’ai porté douze fois son enfant. L’adjonction d’une rivale à ma vie ne lui a pas suffi. En aimant une autre, il a brûlé son passé moralement et matériellement, il a osé pareil reniement… et pourtant. Et pourtant que n’a-t-il fait pour que je devienne sa femme !
 Alors que la femme puise, dans le cours des ans, la force de s’attacher, malgré le vieillissement de son compagnon, l’homme, lui, rétrécit de plus en plus son champ de tendresse. Son œil égoïste regarde par-dessus l’épaule de sa conjointe. Il compare ce qu’il eut à ce qu’il n’a plus, ce qu’il a à ce qu’il pourrait avoir.
Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays. Même toi qui rouspètes, tu as préféré ton mari, ta classe, les enfants à la chose publique. Si des hommes seuls militent dans les partis, pourquoi songeraient-ils aux femmes? La réaction est humaine de se donner une large portion quand on partage le gâteau.
Quand on pense que chaque seconde écoulée abrège la vie, on doit profiter intensément de cette seconde, c’est la somme de toutes les secondes perdues ou cueillies qui fait les vies ratées ou réussies.
Quel livre choisirez-vous pour ce thème ? 
signature coeur graceminlibe
Publié dans Périple

Africa Tour Challenge -168 heures à Dakar

Vivre c’est partir.

Vivre c’est rêver.

Vivre c’est être curieux, découvrir.

Vivre c’est voyager.

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Je rêve depuis quelques années  de connaître un peu plus mon continent africain, l’Afrique subsaharienne en particulier. Cette année, j’ai eu l’occasion de réaliser mon rêve. J’ai passé une semaine à 2400 km de chez moi dans la ville de…

Dakar

 

Mon périple a commencé un lundi. Convoquée une heure plus tôt pour l’enregistrement, j’ai dû patienter. L’attente a été plus ou moins difficile, j’avais hâte de découvrir Dakar, de voir en vrai ce que les photographies sur Google relatent.

En attendant d’embarquer, je lis, j’imagine, je rêve ma semaine à Dakar. C’est avec grand plaisir que je rejoins l’avion d’Air Côte d’Ivoire. C’est la première fois que je voyage avec la compagnie nationale et j’ai beaucoup aimé. Je suis fan de leur slogan ❤ ❤ ❤

 

 

Après deux heures de vol, je suis enfin à Dakar. J’inspire un grand coup à ma sortie de l’aéroport. Il fait froid à Dakar, ça change de la grande chaleur à Abidjan. Je me dirige vers la gare de taxis. Ma charmante amie chez qui je dois séjourner habite à la Medina. La course doit faire 3000 ou 3500 francs CFA (environ 5 euros) m’a t-elle dit. C’est cette somme que je dis au chauffeur de taxi mais il ne démord pas, la course fait 5000 francs CFA. Il passe le mot à ses collègues. Ne parlant pas wolof, je ne peux pas aller bien loin dans les négociations. J’accepte de payer 4000 francs CFA, ma première dépense à Dakar. 

Le paysage défile, j’ouvre grand les yeux, regarde chaque visage, chaque bâtiment. Medina est visiblement bien loin de l’aéroport. Après une vingtaine de minutes de trajet, je suis à Medina, un quartier populaire qui me fait penser à Treichville, l’une des communes d’Abidjan. 

Je m’installe chez ma généreuse amie et dans ma tête se peaufine l’agenda de mon circuit touristique, les choses sérieuses peuvent commencer. 

J’ai bougé, j’ai visité, j’ai admiré les merveilles de la nature, les réalisations des hommes.

Si un jour, vous arrivez à Dakar, voici les 10 commandements qu’il vous faudra respecter

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1. Ton sac et ton porte-monnaie, tu protégeras.

Je n’ai pas été volée mais bon on ne sait jamais, des esprits mal intentionnés peuvent se réveiller alors on fait attention à ses affaires quand on est dans des lieux publics.

 

2. Le monument de la renaissance africaine, tu visiteras

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Le Monument de la Renaissance africaine est un monument de 52 mètres en bronze et cuivre à Ouakam, une commune de Dakar, sur l’une des deux collines volcaniques qui surplombent la capitale sénégalaise, les Mamelles, la plus haute portant déjà le phare des Mamelles.

Le monument représente un couple et son enfant, l’homme portant son enfant sur son biceps et tenant sa femme par la taille, « une Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l’obscurantisme pour aller vers la lumière ».

Le monument est tourné géographiquement vers la statue de la liberté.

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Monument  de la renaissance vu d’en bas

 

 

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monument vu de dos

 

A l’intérieur du monument, il y a un agréable musée que j’ai pris plaisir à visiter. La visite simple du musée jusqu’au 3e étage coûte 1000 francs CFA et celle du 15e étage coûte 3000 francs CFA. 

Un super guide vous donnera les moindres détails du monument, il vous fera visiter la salon authentique africain où le président Abdoulaye Wade a reçu les invités officiels lors de l’inauguration du monument, la salle est agrémentée de jolies œuvres d’art, dons de pays d’Afrique comme la Côte d’Ivoire, le Ghana. 

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Au 3e étage, vous prendrez plaisir à voir la sociosculpture réalisée par l’artiste Djibril Goudiaby. Ces sculptures représentent d’une part la diversité culturelle du Sénégal à travers les différentes ethnies qui le composent et d’autre part les hommes du futur qui sont très loin des robots. 

 

En quittant le monument, que vos pas se portent vers la boutique de souvenirs ou les boutiques des artisans. Achetez-vous des bracelets, colliers, sacs…

3. Le marché de sandaga, tu verras de loin

Ce marché est dans le quartier du Plateau. Les vendeurs sont assez agressifs. Une fois arrivée, je n’avais qu’une envie : repartir. Privilégiez les marchés de quartier comme HLM si vous voulez acheter des boubous par exemple. A Sandaga, ils sont assez chers.

Mettez-vous très loin, prenez une photo pour dire que vous y êtes passés et continuez votre visite du Plateau. Passez devant la Présidence où on ne peut malheureusement plus faire de photos. Faites également un tour à la cathédrale.  

 

4. A la galerie Antenna, tu marqueras un arrêt

Si vous avez une âme d’artiste, faites un tour à la galerie Antenna située dans le quartier du Plateau. On y trouve une grande quantité d’objets variés, anciens et récents, peintures modernes, masques et statuettes, bijoux et bibelots. C’est hyper beau à regarder. 

5. Des inconnus qui te proposeront de venir voir leurs oeuvres d’art, tu éviteras

Lors de ma promenade au Plateau, j’ai rencontré un sénégalais qui s’appelait Paco et qui m’a suggéré de juste venir voir ses oeuvres d’art. Il insistait tellement que j’ai accepté. Il m’a menée vers un magasin où l’on vendait des sacs en tissu africain, des accessoires qui étaient très jolis soit dit en passant. Il m’a ensuite proposé d’être mon guide pour ma visite du Plateau. C’est gratuit m’a-t-il dit. « Ce n’est pas l’argent qui compte mais l’art des gens. » Belle phrase qu’il a certainement dû oublier à la fin de la visite de la cathédrale et du marché de Sandaga puisqu’il m’a demandé des sous. Je lui ai remis 500 francs CFA (moins d’un euro) pour son plus grand bonheur 😛

6. A la plage, tu te perdras.

La plage non loin du Sea Plaza (un centre commercial) est magnifique et il y a une salle de sport en plein air. J’ai beaucoup aimé le concept. 

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J’ai aimé me perdre dans le bleu de cette plage bien entretenue avec ces rochers. Un endroit idéal pour faire le vide, respirer l’air pur, s’extasier devant la beauté de la nature.

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7. Du passé esclavagiste, tu te souviendras

C’est un gâchis d’être à Dakar et de ne pas aller sur l’île de Gorée, l’île-mémoire. Marcher sur la terre de ceux qui ont été privés de leur dignité, vendus comme du simple bétail, ceux qui ont douloureusement fait le chemin du non -retour.

J’ai été émue de visiter chaque recoin de cette île surtout la maison des esclaves et qui rappelle l’un des plus grands crimes contre l’humanité. 

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Les esclaves embarquaient à cette porte. Franchir cette porte signifiait le déracinement, l’éloignement définitif, la séparation. Cette porte est appelée la porte de non retour 

 

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la cuisine des marchands d’esclaves.  C’est révoltant de voir qu’au dessus de l’horreur, des hommes vivaient la belle vie. Comment peut-on vivre au-dessus de gens que l’on fait souffrir ?

 

Le village tout entier est à visiter. C’est encore mieux si vous avez un guide pour vous expliquer l’histoire de cette île. Ils vous aborderont dans le bateau qui mène à Gorée ou à votre descente du bateau. Il est préférable de les choisir, avec les guides de la commune, vous paierez 8000 francs CFA. Moi, j’ai donné la moitié à mon sympathique guide 🙂

La visite dure environ une heure. Les ruelles du village de Gorée sont magnifiques. Les couleurs des façades des maisons sont chatoyantes : rouge, rouge-orangé, jaune, rose. La diversité de son architecture provient de la domination de l’île par les portugais, hollandais, français et anglais.

Promenez-vous et tombez sous le charme des palmiers, baobabs, bougainvillées et hibiscus. Découvrez le Musée historique qui expose des objets de la préhistoire africaine, l’Église Saint-Charles-Borromée, l’ancienne École William-Ponty, l’une des plus anciennes mosquées en pierre du Sénégal, l’ancien palais du Gouverneur.

La promenade peut se poursuivre jusqu’au plateau du Castel, la partie la plus élevée de l’île, qui offre une vue panoramique sur la mer et sur la ville de Dakar. Les vieux canons pointés vers la mer rappellent la présence coloniale dans l’île.

 

 

 

Faites un tour à la plage et quand la faim commencera à vous oppresser, privilégiez les restaurants un peu à l’écart de la plage. 

J’ai mangé dans l’un des restaurants qui font face au débarcadère et j’ai eu droit à un yassa au poulet dont le riz était froid. Heureusement que mon bissap était bon. 

De plus, je n’étais pas très détendue durant mon déjeuner. Je n’aime pas les chats et ils n’arrêtaient pas de venir quémander la nourriture. 

 

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8. Au Lac Retba, tu t’émerveilleras

Je ne sais pas pour vous mais je crois fermement que la nature ne s’est pas faite elle-même, qu’il y a un être extrêmement doué derrière tout ça. Je lui ai exprimé mon admiration quand je suis arrivée au lac rose. 

Le lac Rose, de son vrai nom lac Retba doit sa renommée à la teinte originale et changeante de son eau. 

Il est difficile à atteindre pour ceux qui n’ont pas de voiture. J’ai loué un taxi de Medina qui m’a menée jusque-là moyennant un tarif de 20000 francs CFA (environ 30 euros) sans compter les péages. Le chauffeur a été très sympathique, d’autres chauffeurs contactés me demandaient au moins 30000 francs CFA. 

La couleur du lac est due à une cyanobactérie, organisme microscopique qui fabrique, surtout par temps de vent sec, un pigment rouge pour résister à la concentration de sel. C’est vraiment impressionnant.

En février, il fait froid, j’ai eu beaucoup de chance que le lac soit rose parce qu’il ne l’est que lorsqu’il fait vraiment chaud. 

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9. Au Bideew, tu te rafraîchiras, à L’endroit, tu mangeras et te divertiras

Le Bideew est situé dans le jardin du Centre Culturel Français de Dakar. C’est un restaurant très calme où vous pourriez vous détendre après une longue visite du quartier du Plateau.

J’ai dégusté une crème caramel. Le voyage gustatif m’a coûté 2500 francs CFA (environ 4 euros)

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L’endroit, restaurant situé sur le VDN, on mange bien même si le service tarde un peu. Il y a également de la très bonne musique live. Mon goût et mon ouie ont passé un bon moment. 

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10. Tu ne quitteras pas Dakar sans aller à Marina Bay.

Ce cadre magnifique est une petite plage aménagée. Vous pourriez profiter du restaurant, de la piscine. C’est l’endroit idéal pour ne pas se soucier du temps qui passe.

 

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Maintenant que vous avez vos 10 commandements en poche, et si je vous montrais le portrait chinois de cette belle ville ?

 

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Si Dakar était un type d’art ?

La peinture. Je pense aux tableaux vus à Gorée et faits avec différents sables venant de toutes les contrées du Sénégal.

Si Dakar était une couleur ?

Le bleu pour les belles mers, la fraîcheur, le calme ressenti en parcourant les artères de la ville.  

 

Si Dakar était un genre musical ?

L’ethno-jazz qui s’inspire des musiques du monde.

 

Si j’étais un signe de ponctuation ?

Le point d’exclamation. Il y a tant de raisons de s’exclamer à Dakar : la nature par exemple ou encore lorsque le chauffeur de taxi nous annonce un montant exorbitant. 

Si Dakar était un prix littéraire ?

Le Prix Senghor.

Si Dakar était une planète ?

Mars.

 

Si Dakar était un des 7 péchés capitaux ?

L’avarice 😛

 

Si Dakar était un des cinq sens ?

La vue pour capter tous les endroits magnifiques.

Si Dakar était une pièce de la maison ?

Le balcon pour le grand bol d’air frais, le calme, la relaxation. Et du balcon, on a un oeil sur l’extérieur. 

 

Si Dakar était un parfum ?

Opium d’Yves Saint Laurent. Dakar séduit. 

 

Si Dakar était un épice ?

Ce serait le gingembre. Plein de fraîcheur et doux à la fois.

Si Dakar était une variété de café ?

L’arabica. Doux qui se distingue par sa finesse.

 

Si Dakar était une boisson sans alcool ?

Lipton Ice Tea saveur citron vert- menthe. Toujours pour la frâicheur ressentie à Dakar. 

J’espère que vous avez apprécié l’escapade. Avez-vous voyagé récemment ? Où étiez-vous ?

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Publié dans Panaché

Throwback Thursday Livresque #11 Océan, montagnes ou grand air

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Voici le Throwback Thursday Livresque ! Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram mais vraiment concentré sur les livres !

Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à vos lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

Le thème de cette semaine est : Océan, montagnes ou grand air

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J’ai failli passer mon tour mais je me suis souvenue d’un beau livre qui évoquait l’océan Atlantique : Celles qui attendent 

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Résumé 

Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa, clandestins partis pour l’Europe, ne comptaient plus leurs printemps ; chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui tenait la demeure sur les galeries creusées par l’absence.

Coumba et Daba, jeunes épouses des deux émigrés, humaient leurs premières roses : assoiffées d’amour, d’avenir et de modernité, elles s’étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix.

La vie n’attend pas les absents : les amours varient, les secrets de famille affleurent, les petites et grandes trahisons alimentent la chronique sociale et déterminent la nature des retrouvailles. Le visage qu’on retrouve n’est pas forcément celui qu’on attendait…

 

Dans ce roman qui a pour thème central l’émigration, les voix de celles qui attendent quelque part en Afrique un homme, un mari, un fils parti à l’aventure pour l’Europe s’expriment. De jeunes sénégalais qui bravent l’Atlantique pour rejoindre l’Espagne, pour sombrer ensuite dans la clandestinité.

 

Le livre est plein d’émotions fortes. Fatou Diome nous décrit avec délicatesse l’attente cruelle, l’attente qui blesse, l’attente qui dévore. Elle décrit le fonctionnement de la communauté sénégalaise, l’illusion de l’eldorado européen, la vanité du paraître, l’amour, les sacrifices perpétuels des femmes. Son écriture est lumineuse, limpide. Les personnages sont vivants, difficiles de les effacer de la mémoire après la lecture. 
 

Issa savoura son effet. Il n’avait pas bien préparé son discours, mais le mot Europe fut son meilleur talisman. La fiancée, subjuguée, acquiesça de tout son coeur. Amoureuse et pleine d’espoir, Coumba ne sentit pas les mains calleuses du pêcheur fauché lui gratter les joues en essuyant ses larmes de joie. Elle se voyait déjà, princesse rayonnante, un soir de couronnement, parée de ses plus beaux atours, accueillant son amoureux, de retour d’Europe et riche à millions.

Les coups de fil s’étaient largement espacés. Les femmes accusèrent le coup. Mais on finit toujours par s’inventer une manière de faire face à l’absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l’on se résout à admettre que le décompte se fera en années; alors on commence à ne plus compter du tout. Si l’oubli ne guérit pas la plaie, il permet au moins de ne pas la gratter en permanence. N’en déplaise aux voyageurs, ceux qui restent sont obligés de les tuer, symboliquement, pour survivre à l’abandon. Partir c’est mourir au présent de ceux qui demeurent.

 

 

On relate, on discourt, on commente avec tant d’emphase la pénibilité de l’accouchement, qui n’est jamais qu’une douleur éphémère. Mais nul ne songe à prévenir les futures mères de leur carrière de veilleuses de nuit, qui démarre avec les premières tétées nocturnes et dure toute la vie. Enfanter, c’est ajouter une fibre de vigile à notre instinct naturel de survie.

 

Outre leur rôle d’épouse et de mère, elles devaient souvent combler les défaillances du père de famille, remplacer le fils prodigue et incarner toute l’espérance des leurs. De toute façon, c’est toujours à la maman que les enfants réclament à manger. Féminisme ou pas, nourrir reste une astreinte réservée aux femmes. Ainsi, dans certains endroits du globe, là où les hommes ont renoncé à la chasse et gagnent à peine leur vie, la gamelle des petits est souvent remplie de sacrifices maternels.

 

Il n’est pas vrai que les enfants ont besoin de leurs père et mère pour grandir. Ils ont seulement besoin de celui qui est là, de son amour plein et entier.

Ceux qui nous oublient nous assassinent

Et vous, quel livre proposeriez-vous pour ce thème ? 

GM signature

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Coup de cœur pour Alchimie d’émaux ?

Rendre hommage à Mère Afrique, aux grands hommes comme Mandela ; évoquer l’amitié, l’amour filial et éros ; inciter au patriotisme en utilisant le canal poétique…

Chants altruistes, Invocation des Muses, Symphonie d’encres, Architecture de mots, piliers d’un même édifice : Alchimie d’émaux...

Nul n’entre dans ce recueil de poèmes s’il n’est adepte de l’esthétique, s’il n’aime les calligrammes, les sonnets classiques et néoclassiques, les ballades, les acrostiches, mésostichestélestiches et terza rima. Ils sont omniprésents dans le recueil. 

Maodho Ba est un virtuose et s’il ne l’affirme peut-être pas ouvertement, la qualité de ses poèmes l’atteste. Il maîtrise l’art poétique, la rhétorique n’a aucun secret pour lui. Il mérite bien son pseudonyme d’architecte des mots.

Les poètes comme Marcus Da Writer, James Denis, Lunastrelle ont bien raison de lui rendre des hommages poétiques. Ses poèmes pourraient être l’objet d’étude d’universitaires. 

Ce recueil est un coup de cœur pour moi au niveau de la forme. Ma vue s’est régalée avec ces calligrammes et acrostiches.

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Poème : pan-d’or des souvenirs

 

 

 

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Mais ce que l’œil a admiré, le cœur l’a-t-il ressenti ?

Je n’ai malheureusement pas été emportée par les poèmes. Je n’ai pas eu de coup de cœur sur le fond. Je n’ai pas été émue. Les poèmes sont beaux, traitent de sujets que je juge intéressants comme l’amitié et l’amour mais ils ne m’ont pas charmée. Ils ont fait un tour rapide dans mon cœur. J’ai en mémoire le souvenir de leurs corps mais pas de leurs âmes. Peut-être parce qu’ils sont trop sérieux, revêtis du langage soutenu, légèrement complexes. Peut-être…

 

Un extrait de poème qui ne m’a pas ravie :

Extrait 1 : A la Croisée de notre Cristal d’Amour

Pierre de lune en aplomb
Irisés, tes yeux diamant – saphir
Émeraude dans lequel je me noie ici
Rient d’un rayon d’apparat, un jaloux soleil si flou
Énorme rubis pourpre chuté du ciel et altier
Vautour trop enrobé d’onyx issu d’aa fut cet angora
Émérite pour un seul reflet pur persan piqueté de safran
Renégat ou bien encore Ange d’As-Pic aux effluves de safari.
Inhumain d’ailleurs qui ranimé le fol crépuscule ingénu
Évangélise ces ers pour un requiem
Enchanté de grands labeurs
Numérisant l’air déchu.
Fin des croisées pour rugir
Utérus à l’univers éternel

Gémit son chant en aria, Val en
Usure de ce leitmotiv Yang,
Engendre la fatale dune
Ambre à adorer. Pour
Un lapis-lazuli, une
Feue gemme à pot
Ame, Obscur tue
C’est un accord
Beau tiré à vie
De lire L’
Etre-fa ailé sans
Gram jouer
En Ra et puis
Loin encore
Est cette
Eris.

Des extraits de poèmes que j’ai appréciés :

Poème : Battement de plume (1)

Quand le cœur chaviré veut déchaîner sa flamme,
Que le verbe subtil, s’avère florissant,
Faudrait-il dans ce cas, sous l’auspice naissant
Dépeindre cet amour en long épithalame ?

Lorsque si réceptifs, l’âme et « l’esprit sésame »
Sont vivement touchés par de l’Art ravissant ;
Et que les sens conquis, tanguent au vent moussant,
Faudrait-il imprimer l’Instant divin en trame ?

La passion en soi bouillonne d’imploser,
Captive d’un Soupir qui voudrait imposer
De ne plus ouïr la voix de la charmante Muse…

Poème :  Dans l’en-nui, une voix susurre – 3e strophe 

Entre l’illusion d’un bonheur qui s’esquisse
Et l’indolence d’un cœur, qui tangue et déplisse
À quel cours se vouer… par quel fil les nouer ?

Dans l’un des calligrammes, il y a une énigme de décryptage.

Dans un premier temps, il faut trouver les anagrammes dont les lettres en majuscules sont dissimulées dans chacun des petits calligrammes en couleurs essentiellement. Ainsi vous devez trouver d’abord les anagrammes au nombre de 4. Je précise que chaque mot trouvé a un rapport direct avec l’image tantôt évident, tantôt moins évident. Ces 4 indices devront permettre de déterminer les 3 notions pouvant résumer la Vie de l’Homme.
Dernier indice :
Le premier mot compte 9 lettres
Le deuxième mot compte 9 lettres
Le troisième mot compte 11 lettres
A vous de jouer ! 🙂

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