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Escale au Sénégal : rencontre avec une slameuse

Yacine Niang

Yacine Niang est une jeune femme sénégalaise née à Saint-Louis.

Mélomane et cinéphile, elle adore l’écriture et particulièrement le slam,  art d’expression orale populaire.

 

Rencontre avec l’artiste. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment êtes-vous arrivée au Slam ?

En réalité, je n’ai jamais pensé faire du Slam. D’ailleurs, je n’ai jamais pensé écrire tout court. J’étais en classe de quatrième lorsqu’un concours de poésie a été lancé. Contre toute attente, mon poème a été retenu pour faire partie de la compilation. De là est venu mon amour pour l’écriture.

L’idée de faire du slam est arrivée lorsque j’étais en classe de 1ère.  C’était à l’occasion d’un autre concours qui a été organisé par l’institut français de Saint-Louis.  Les candidats devaient composer un poème de 20 vers avec les dix mots de la francophonie. J’ai tenté ma chance, je suis sortie troisième de ce concours. Je n’y croyais pas trop car le Slam était un terrain inconnu pour moi. Depuis ce fameux concours, je n’ai plus arrêté.

 

 

Qu’est-ce qui vous fascine dans le slam ? 

 

Ce qui me fascine dans le slam c’est la Liberté qu’on a. Dans le Slam on peut écrire ce que l’on veut sans tenir compte d’aucune règle. Mais ce qui me plait le plus, c’est le moment de la déclamation. Le rapport qu’on a avec le public. La sensation qu’on offre à ce même public et leur réaction sont juste magnifiques.  Ce qui me plait aussi dans le slam, c’est le fait de laisser exprimer ses émotions, le fait de les dire et de se mettre à nu devant tout un monde.  Mais surtout, la puissance que l’on donne aux mots qu’on utilise.

 

Y a-t-il des auteurs qui influencent votre écriture ?

Je ne dirai pas qu’il y a un auteur particulier qui influence mon écriture mais si je devais choisir, je dirai Grand Corps Malade. Je n’écris pas comme lui, cela est sûr. Nous n’avons pas le même style mais je l’écoute très souvent et il m’arrive parfois de vouloir adopter son style.

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je puise mon inspiration partout et n’importe où. En fait, c’est le quotidien des gens qui fait mes textes. L’inspiration peut venir d’une dispute d’un couple, de la disparition de quelqu’un… Je n’ai pas une source d’inspiration précise, ce sont les faits quotidiens que traduisent mes pensées.

 Quels sont vos thèmes de prédilection ?

Je suis plutôt un poète lyrique. Donc je parle autant de l’amour que de la haine. Autant de la vie que de la mort.  Mais il y a aussi beaucoup de moi dans mes écrits.

 

Vous avez publié récemment un recueil de slam. D’où vous est venue cette envie de publication ? 

 

En réalité, je n’avais jamais pensé sortir ce recueil. A la base, j’écrivais juste pour moi. Il m’était même difficile de montrer cela à mes proches tellement j’avais peur du jugement des autres mais au fur et à mesure que j’avançais dans mes écrits je ne pouvais plus les cacher. J’ai commencé à en montrer quelques uns à mes sœurs puis à ma mère et comme elles appréciaient, je me suis senti pousser des ailes. J’ai commencé à écrire chaque jour un peu plus de textes.

L’idée de faire un recueil est venue grâce à un ami. Il m’a toujours conseillé par rapport à mes écrits. Il a fait le projet sien, m’a donné l’envie de faire part de mes pensées à toute une communauté.

 

« Demande-le-moi » : pourquoi ce titre ? 

Ce titre pour faire savoir au lecteur qu’il peut me demander tout ce qu’il veut et qu’il trouvera la réponse en lisant le recueil. Ce titre contient aussi ma manière de penser la vie, de la concevoir.

De quoi parle l’oeuvre ? 

L’œuvre est faite de haut et de bas, de joie et de peines. Il y a des moments qui reflètent le côté obscur de la terre et des moments où je traduis et fais l’éloge de l’amour. Le contenu du recueil c’est moi. A travers ce recueil, je décris comment je perçois le monde.

 

 

Avez-vous une cible particulière ? 

Je n’ai pas de cible particulière.  Cela commence du tout petit au plus âgé. J’utilise des mots assez simples qui ne nécessitent pas l’utilisation d’un dictionnaire pour comprendre le sens des textes. C’est assez limpide et clair afin de permettre à tout un chacun de pouvoir s’y retrouver.

 

 

Quels sont vos prochains projets de publication ?

Un autre recueil mais pas du même style.  Je pense à faire un recueil audio afin de permettre aux personnes qui n’aiment pas lire d’écouter le recueil. D’autres projets sont aussi en attente mais sont plus liés à mon domaine de prédilection : Les arts et la Culture.

Quel est votre texte préféré ? 

Il s’intitule « Mon nouvel ange »

Je l’ai senti las, il grelottait

Ses yeux étaient vers le levant, fixant l’ange qui l’appelait

Il s’agrippait à mon bras, tirant très fort sur mon poignet

Et son souffle était si lourd, que pleurer, je n’ai su que m’y résigner

 

Il était là, allongé sur le lit,

Son corps abattu le lâchait, et fragile, il était devenu

Je n’avais qu’un souhait : lui rendre ses années vécuces

Hélas, cela n’était qu’une autre de ces illusions qui hantent mon esprit

 

Il était désormais trop tard

A présent je le vois comme un bébé

Un balbutié, qu’il essaie, mais échoue

Aucun son audible ne parvient à sortir de sa bouche

 

Il rumine ses pensées

Se collant à moi comme si j’étais sa destinée,

A son chevet, je voudrais loger

Pour lui réciter ses innombrables versets.

 

Ses dernières prières, il les a faites avant de s’en aller

Maintenant, il est l’un de ces beaux anges des cieux

De là haut, il nous fixe et bénit nos âmes

De lui on se souvient comme s’il était encore là

Il nous a ravi le bonheur de nous réveiller à ses cotés

Une boule me hante, elle est angoisse et j’en perds la tête

Mes nuits deviennent jour et le jour tout s’assombrit

Tout est fini car de lui, Il s’est emparé

 

Je me suis rendue à son ultime demeure

Et j’ai vu ses nouveaux compagnons à ses côtés

J’ai senti la courge dont il faisait jadis montre

Et cela m’a rassuré de savoir que sur nous il veille

 

Je frissonnais, je le sais,

Je ne me contenais hélas déjà plus,

J’ai revu le regard perçant qu’il projetait

Dans mon rêve le jour où il nous a quittés

 

Il n’est plus là, je n’arrive toujours pas à l’imaginer

Que vais-je devenir ? Qui de ses prières va me rassurer ?

Il est parti sans un seul mot de dit

Avec un sourire enfantin, comme pour dire : Rassurez-vous

 

C’est fini, j’en suis consciente

Dans sa nouvelle demeure, il se repose

Pour moi, il ne fait juste qu’un sommeil

Car son travail l’a beaucoup fatigué.

 

Je préfère ce texte parce que je l’ai dédié à mon grand-père. Un honnête homme que j’ai beaucoup apprécié. Il a marqué mon existence. 

 

Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture ?

J’aime bien écouter de la musique ou regarder des films. Parfois je me mets à la lecture, j’ai une préférence pour la romance.

Petit bonus pour nos lecteurs, nous allons établir votre portrait chinois

 

Si j’étais une saison, ce serait été

Si j’étais une épice, ce serait poivre

Si  j’étais philosophe, ce serait Nietzsche

Si j’étais une révolution, ce serait la révolution française

Si j’étais une invention, ce serait un IPhone

Si j’étais une chanson, ce serait The Climb de Miley

Si j’étais une des 7 merveilles du monde, ce serait les jardins suspendus de Babylone

 

Un petit mot de fin ?

Je tenais à vous remercier de m’avoir accordé cette interview. Je vous remercie également d’avoir eu confiance en ce que je fais sans pour autant me connaitre. Je remercie aussi  Ibuka qui a permis cela et toutes les personnes qui m’ont soutenue et ont accordé de l’importance à ce que je fais.

Pour finir, je dis à ceux qui liront ceci de croire en leurs rêves. Peu importe ce que le monde dit ou dira, ce qui compte c’est ce que l’on pense de nous-même et de ce que nous faisons. Si tu as une passion, vis la et vis la profondément.

 

Propos recueillis par

signature coeur graceminlibe

 

 

 

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Tout ce qui brille : rencontre avec l’auteure

Elle est ma « number one » dans le monde des chroniques africaines et vous partagerez mon avis quand vous aurez lu ses histoires. La narration est précise, fine ;  ses mots sont empruntés aux dieux et donnés aux hommes avec générosité, le fond des histoires savamment construit. 

Elle est « ma number one » et je me demande pourquoi elle n’a pas encore été repérée par les chasseurs de tête dans le monde de l’écriture, pourquoi elle n’est pas encore sortie de l’anonymat, n’a pas encore reçu de prix littéraires.  

Elle est « ma number one » et elle … elle… elle, c’est la chroniqueuse de Tout ce qui brille

Rencontre avec la délicate auteure qui me fait tressaillir comme l’a fait mon amour d’adolescence. 

tout ce qui brille
Source sunubiir.com

 

Comment se définit la chroniqueuse de Tout ce qui brille  en 4 # ?

#Tordue  #Passionnée  #Gauche  #Compulsive

Parlons de la chronique « Tout ce qui brille. » C’est un tourbillon émotionnel et au niveau de l’esprit. Où avez-vous appris à écrire comme ça ? (rires) Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

 Lool, je devrais réellement apprendre, maintenant que vous le dites.

Alors. Tout ce qui brille. C’était vraiment écrit sur un coup de tête, une sorte de d’auto thérapie, puis c’est devenu  un peu plus réfléchi. Je ne m’attendais à ce que les lectrices aiment l’histoire… A vrai dire je ne m’attendais pas à en avoir beaucoup, de lectrices. Mais bon, je suppose qu’on aime toutes une romance un peu compliquée, qui finit bien, où on se dit des mots d’amour, où les méchants finissent seuls et mal et où des bébés naissent. Je ne suis pas une romantique. Vraiment. Mais je pense que pour un premier essai, la romance était le chemin à suivre, moins risqué. En plus, je venais de finir « Orgueil et préjugés ». Donc disons que j’étais encore un peu ivre de ce chef d’œuvre en écrivant.

 

Si vous deviez la résumer en une phrase, quelle serait-elle ?

 

L’amour malgré, en dépit de, de toute façon et parce que.

 

Imaginez que l’on vous demande de lire un seul passage, lequel choisiriez-vous ?

 

« Parce qu’il est des jours où tu es celle sur qui on compte. Et où tu dois être assez forte pour d’autres. Que ça soit ma famille ou Malik, je suis des fois, celle sur qui on compte. Et ces fois, comme maintenant, je le dois bien à Malik, de prendre ses armes lorsqu’il les baisse. »

 

 Sur quel thème vous n’écrirez sûrement jamais ?

 

Il ne faut jamais dire jamais. Et je ne pense pas qu’il existe un sujet que je ne voudrais pas traiter. Quand l’inspiration vient on ne fait que suivre. Mais si je peux dire, je suis sure de ne pouvoir écrire en  point de vue zéro : utiliser la troisième personne, raconter l’histoire en narration omnisciente. Je ne me vois pas écrire de cette façon là.  J’aime raconter les histoires par point de vue interne, utiliser la puissance du « je », entrer dans la peau des personnages, leur faire raconter leur propre histoire, leur faire s’adresser au lecteur sans intermédiaire.

 

Où vous voyez-vous l’année prochaine à la même date ?

 

Août 2017. J’espère être dans la paix où je suis maintenant par la grâce de Dieu. J’espère être en vie et être inspirée. Je devrais dire que j’espère avoir un boulot stable parce que j’aurais presque fini mes études à cette date et, bon, le chômage, ce n’est pas sympa… Mais j’espère juste être heureuse dans mon corps et dans mon esprit, chez moi (et en vacances j’espère !) et avoir les gens que j’aime heureux.

 

Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture ?

 

Ma maman. Lire, évidemment. A ce stade, c’est bien plus qu’une passion. C’est quelque chose entre la nécessité et de la dépendance. J’aime aussi cuisiner, la poésie, la musique, regarder des séries télévisés et films longs et lents, refaire le monde dans ma tête… Oui je suis très ennuyeuse.

Présentez-nous une femme que vous lisez, ou que vous suivez, admirez, une femme avec laquelle vous auriez envie de collaborer ou que vous auriez envie de connaître personnellement.

 Tellement d’options que je ne saurais me résoudre à choisir. Je vais donc rester dans le monde des chroniques auquel j’appartiens et je vais dire : Sadjee ou Chrystel. Chroniqueuse de la page « Mille mots un amour » et auteur du merveilleux, du touchant « L’innocente ». Je l’adore. Avant même de savoir qui se cachait derrière ses histoires, je la dessinais dans ma tête, convaincue qu’elle avait des doigts fins que l’on regardait puis aussitôt  qui inspiraient la confiance, qui respiraient le talent pur. Je me connectais à ses mots, les parcourant avidement, n’arrivant pas à croire qu’elle écrive des chroniques sur Facebook et pas des Best Sellers. La première fois qu’elle a commenté ma chronique en cours, je me suis sentie toute chose, comment assumer ses écrits nouveaux et tâtonnants quand un tel génie vous lit ? J’adore Sadjee.

 

Quels sont vos 3 livres préférés d’auteurs africains ?

 

1 Une si longue lettre de Mariama Bâ.

2 Le monde s’effondre de Chinua Achebe.  

3 Mes hommes à moi de Ken Bugul.

 

Quel est votre top 5 de chansons africaines qui évoquent l’amour ? 

 

Viviane Ndour- Dekkore. Vieille chanson mais du Sénégal mais toujours aussi bien

Youssou Ndour- Chimes of Freedom.

Carlou D- Nene Galé. 

Daara J- Allah

2face – African queen

 

Petit bonus pour nos lecteurs, nous allons établir votre portrait chinois 

  • Si j’étais un parfum de glace, ce serait le café
  • Si j’étais un support musical, ce serait un piano
  • Si j’étais une saison, ce serait la saison des pluies
  • Si j’étais un épice, ce serait la cannelle
  • Si j’étais une révolution, ce serait la révolution des suffragettes
  • Si j’étais un prix littéraire, ce serait un Pulitzer
  • Si j’étais un signe de ponctuation ce serait une virgule
  • Si j’étais un dieu grec, ce serait Hermès

  

Un petit mot de fin ?

Ce fut un plaisir de répondre à vos questions, je vous remercie et je remercie mes lecteurs pour la patience, pour les encouragements et pour l’entrain. J’espère que les mots qu’on s’échange sur la page iront bien au-delà. Et vive Facebook (si seulement on pouvait écrire en italique aussi) … Lol. Merci à vous.

Propos recueillis par 

signature coeur graceminlibe

Vous pouvez vous enivrer des histoires de l’auteur sur sa page Facebook ou sur la superbe plateforme Sunubiir.com

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Les petites histoires d’Akissi : rencontre avec l’auteure

S’il m’a permis de rester en contact avec mes amis et de faire la promotion de mon recueil de poèmes, le réseau social Facebook a également permis à la lectrice passionnée que je suis de lire des histoires aux couleurs africaines gratuitement !
J’ai découvert ces chroniques écrites la plupart du temps par des auteures anonymes en 2012. Combien j’ai passé mes heures de stage à lire ces romances africaines ! (que mon maître de stage me pardonne) 
Je suis tombée amoureuse de 5 belles plumes, l’auteure de Les Petites Histoires d’Akissi en fait partie. Rencontre avec cette auteure qui écrit de la romance comme on réalise un scénario. 

Les petites histoires dakissi

Comment se définit la chroniqueuse de Les petites histoires d’Akissi en 4 # ?
#flemmardeinvétérée   #procrastineuseenchef  #amoureusedelamour   #sensible

Vous avez écrit une dizaine d’histoires. Quelles ont été vos sources d’inspirations ?
La vie en général, mes expériences, les gens que je rencontre, ma famille…
Laquelle de vos histoires avez-vous été fière d’écrire ou avez-vous adoré ? Pourquoi ?
C’est difficile de faire un choix, chaque histoire est un peu comme un enfant pour moi et vous savez combien il est difficile pour un « parent » de  « hiérarchiser » ses enfants. Néanmoins  j’ai un petit coup de cœur pour « le contrat » peut-être du fait de la folie d’Abigaïl, de sa force à surmonter les épreuves de la vie tout cela mêlé à la tendresse particulière que j’ai pour la famille Annan.
Laquelle avez-vous écrit avec difficulté ? Pourquoi ?
« Les moitiés » et je pense que ma co-chroniqueuse pour cette histoire ne me contredira pas. Le plus de la chronique c’est l’interaction avec les lecteurs qui est quasi immédiate. Le problème c’est que parfois c’est dur de voir que le message qu’on a voulu faire passer n’est pas celui qui est perçu. On a plusieurs fois eu envie de tout arrêter mais comme on dit « découragement n’est pas ivoirien »*
En outre, pour un des personnages en particulier, j’ai du aller chercher et remuer quelque chose de profond, d’insoupçonné, de tapi là quelque part en moi et que j’ai malencontreusement réveillé, j’ai ressenti son mal être au plus profond de moi-même, je me rappelle avoir pleuré une nuit entière, c’était une expérience très difficile mais enrichissante quand même…
Sur quel thème vous n’écrirez sûrement jamais ?
L’homosexualité peut être, c’est un thème que je ne maîtrise pas assez pour être à l’aise et laisser dériver ma plume et mon imagination. J’ai déjà eu quelques idées dans ce sens mais je n’arrivais pas à les matérialiser.
Avez-vous des projets d’édition ?
Pas en ce moment, mais j’y pense…
Où vous voyez-vous l’année prochaine à la même date ?
L’année prochaine ? Mais c’est après demain  ! Lol . Plus sérieusement je ne sais pas, je préfère ne pas y penser mais j’espère avoir au moins parlé de mon projet de roman à quelqu’un du métier ou avoir écrit mon premier scénario.
Quelles sont vos passions en dehors de l’écriture ?
Le chant, le cinéma, la danse de salon (de mon salon hein pas de tango ni cha cha cha abeg), la lecture, la mode, les chaînes youtube et blogs beauté…
Présentez-nous une femme que vous lisez, ou que vous suivez, admirez, une femme avec laquelle vous auriez envie de collaborer ou que vous auriez envie de connaître personnellement.
J’adore le duo Christina – Lauren auteur de la série des « Beautifuls ». Ces deux dames me fascinent, même si la mécanique de leurs histoires est pratiquement toujours pareille (belle gosse+beau gosse=amour éternel) on dirait qu’elles écrivent d’une seule main, je n’arrive pas à distinguer Christina de Lauren et pour avoir déjà co-écrit je sais combien c’est difficile de fusionner 2 plumes. J’aimerais bien les rencontrer et leur poser tout un tas de questions.
J’ai aussi un coup de cœur pour Jennifer ARMENTROUT et sa série de « Jeux ». 
Quels sont vos 3 livres préférés d’auteurs africains ?
Une si longue lettre, Mariama BA
Le Baobab Fou, Ken Bugul
Je suis noir et je n’aime pas le manioc, Gaston Kelmann
Quel est votre top 5 de chansons africaines qui évoquent l’amour ? 
5- Obianuju de Efya
4- Comment te dire de Bana C4
3- Oh my my my   de Lady Jay
2- Coucou  de Charlotte Dipanda
1-Ko ma si de  Lara Georges

Petit bonus pour nos lecteurs, nous allons établir votre portrait chinois 
  • Si vous étiez un parfum de glace ce serait … Oreo
  • Si vous étiez un téléphone portable ce seraitNokia 3310
  • Si vous étiez un support musical, ce seraitvinyle
  • Si vous étiez une saison, ce serait l’été
  • Si vous étiez un épice, ce serait la cannelle
  • Si vous étiez une des 7 merveilles du monde, ce serait … le Taj Mahal
  • Si vous étiez une île, ce seraitl’île de Gorée
  • Si vous étiez un signe de ponctuation ce seraitles trois points de suspension
  • Si vous étiez une déesse grecque, ce serait … Athéna
  •  Si vous étiez un sport collectif, ce serait le beach-volley
  • Si vous étiez un art martial, ce seraitle taekwondo
Un petit mot de fin ?
Juste vous dire merci de m’avoir sollicitée pour cette interview,  souhaiter une excellente  continuation, une longue vie  et une belle visibilité à votre blog et  faire un gros bisous à tous mes lecteurs, mes poussins du poulailler, la Mère poule ne vous oublie pas…
* Proverbe ivoirien qui signifie que le découragement ne fait partie des habitudes de l’ivoirien. 
Propos recueillis par 

fleur v1

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

L’arbre s’est penché de Mariama Ndoye

Montage créé avec bloggif

Toi qui me disais de ton vivant : « Mariama, qu’est-ce que tu écris tout le temps ? Tu n’as pas d’autre occupation ? En tout cas, ne m’écris pas, dé!  » Je passe outre ! Me le pardonnes-tu, maman ? Je veux te faire connaître au monde. Je veux célébrer mon amour pour toi qui maintenant m’étouffe. Seule la plume sert d’exutoire à mes larmes. Guide-la, rends-la belle pour que mes chants d’enfant pour toi soient les chants les plus beaux. Pardonne-moi de te livrer au monde, toi la pudique qui te contentais d’être une mère aimante et une épouse discrète.

 

La mort : royaume du silence, de l’oubli, de la nuit ;  source de tristesse. On est tous conscient qu’on n’y échappera pas mais on n’est jamais préparé à la perte d’un être cher.  

L’arbre s’est penché est un récit où Mariama Ndoye rend hommage à sa mère. Sa mère si forte, si taquine, si croyante, si bienveillante envers les gens de sa famille et les inconnus, sa mère pleine de bons conseils. 

 

Ne confie pas à ton mari tes secrets de famille, il y en a dans la sienne que tu ne connaîtras jamais. Ne délaisse pas le domicile conjugal. Ne confie à aucune amie, ce qui se passe dans ton ménage, ton amie a une amie, son amie a aussi une amie et confidente. D’oreilles attentives à bouches « chuchotantes », ton secret finira par être moins qu’un secret de polichinelle.

En évoquant des anecdotes familiales, Mariama Ndoye trace le portrait d’une mère déterminée, généreuse et irremplaçable. 

Mariama Ndoye montre en rapportant un poème écrit à sa mère que la poésie est la première chose à laquelle on pense quand on veut crier sa douleur  et rendre hommage. 

Affamées depuis la minute qui vit ton rythme cardiaque se muer en ligne continue sifflante comme un adieu

« c’est fini »

« ça ne fait que commencer pour nous »

Début du calvaire de te voir inerte

Ta moue annonciatrice d’un sourire nous fait languir

Ce sourire va-t-il s’afficher ? Nous l’attendons en vain

 

Le récit est plein d’émotions. Il montre l’amour, l’admiration, le respect qu’éprouve une fille pour sa mère. 

Il nous fait lever les yeux au ciel et dire notre reconnaissance au Créateur qui rassasie nos parents de vieux jours. On n’ose pas imaginer comment sera notre vie après leur dernier sommeil. 

Cette lecture est délicate, émouvante et montre combien il est important de vivre intensément chaque jour avec ceux qui comptent pour nous et de ne retenir que le meilleur. 

 

Biographie de l’auteur

Mariama Ndoye, épouse Mbengue est née à Rufisque, Sénégal, en 1953. Sa mère était téléphoniste et son père médecin nutritionniste. Après son baccalauréat A2 obtenu en 1971, Mariama Ndoye a poursuivi des études de lettres classiques à l’Université de Dakar sanctionnées par une licence de lettres classiques en 1975 et un doctorat en 1982. Elle a obtenu en 1977 un certificat de muséologie à l’Ecole du Louvre à Paris et occupé les fonctions de Conservateur du Musée d’art africain de l’IFAN (Institut fondamental d’Afrique noire) à Dakar jusqu’en 1986. Après un séjour de 15 ans en République de Côte d’Ivoire, elle a vécu plusieurs années en Tunisie où elle s’est adonnée à l’écriture tout en découvrant une nouvelle et riche culture. Au cours des ans, elle a participé à plusieurs rencontres littéraires et elle profite maintenant de ses petits enfants, source renouvelée d’amour et d’inspiration. L’œuvre de Mariama Ndoye comprend plusieurs romans, recueils de nouvelles et livres pour les enfants. En 2000, son roman « Soukey » a remporté le prix Vincent de Paul Nyonda décerné par les lycéens du Gabon, et en 2012 « L’arbre s’est penché » a été récompensé du Prix Ivoire en 2012.

 

Quelques détails de l’oeuvre 

Maison d’edition : Editions Eburnie

Date de publication : 2011

Nombre de pages : 130

 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Anthologie – Penser les mots

 

penser les mots

A quoi comparerai-je « Penser les mots » ?

J’ai l’impression d’être Jésus en énonçant cette phrase. Il disait souvent à quoi comparerai-je le royaume des cieux en parlant à la foule. Ok, je m’égare, revenons donc à notre ouvrage du jour.

Je comparerai ce recueil d’histoires en vers rimés à un manoir. Un manoir à l’architecture originale avec du caractère qui regorge de salles de trésors que l’on peut visiter en une heure ou en une journée selon notre humeur, notre attachement au lieu.

Un manoir où on aurait envie de demeurer parce qu’il connaît notre histoire, il l’a vécue avant nous.

Un manoir qui abrite nos espoirs, il les a possédés avant nous.

Ce manoir contient 50 salles de trésors que l’on retrouve à différents paliers. Au premier palier, vous trouverez A la découverte des mots. Au second palier, A L’EGERIE, au 3ème ECRITS EN VRAC, au 4ème AUX CHERS DISPARUS, au 5ème ECRITS AMERS, au 6ème DUOS. 

J’ai ôté mes souliers de verre, pénétré sans faire de bruit dans « A la découverte des mots« .

Lisez les mots qui m’ont accueillie :

« A toi qui veut être un poète fort excellent,
L’art te requiert l’usage d’un habile talent ;
Lorsque tu te passionneras pour les beaux mots,
Et que tu voudras en produire même à flot.
Sache, petit, que toute poésie sans méthode,
Est laide comme la Méduse et incommode.
Tous ceux pour qui la robe et le sens du vers
Doivent être purs tels un repas dépourvu de vers.

Sois donc plus sévère lecteur qu’un simple écrivain,
De peur d’être sans critique trompé par ta main ;
Ne te laisse pas piéger par tes acrostiches,
Sois veillant au repos de tes hémistiches.

Offre à ton cher public une agréable musique,
Mais aussi un beau paysage à chaque distique,
A travers la riche composition de tes rimes,
Qui à l’oreille et l’œil se perçoivent et s’expriment.

Évite enfin une poétique catastrophe,
En te gardant loin des vers secs à ta strophe;
Au public, œuvre à donner l’aimable envie,
D’écouter ce que tu chantes dans ta poésie.

Dites-moi, comment éviter de se laisser séduire par ces mots ? Comment éviter de ne pas s’installer dans le canapé moelleux à souhait de cette salle de trésor et écouter la musique qui émane de son sein ?

Comment ne pas se laisser emporter par la mélodie, la simplicité et la véracité des mots, ne pas interroger son statut de poète ? 

Je n’ai pu m’empêcher de lire ces textes à haute voix, d’en faire du slam, d’imaginer Grand Corps Malade les déclamer.

J’écris pour dire que la vie vaut la peine qu’on s’y lance ;
J’écris, car cela me permet aussi de croire,
J’écris l’espoir, ce qui m’empêche de choir.
J’écris, car j’ai vu la couleur de la douleur,
J’écris les épines, mais je n’oublie pas la fleur,
J’écris beaucoup la haine, et quelques fois l’amour,
Car j’ai connu trop de peines, et très peu de beaux jours.
J’écris des textes auxquels je mêle des métaphores,
Depuis que j’ai su que la solitude peut être un confort,
J’écris, car je rêve qu’un jour nouveau se lève,
Et je ne ferai pas de trêve, jusqu’à ce que je crève.

 

Écrire,
C’est aussi s’adonner aux lettres,
Donner la chance aux piètres êtres,
De chasser leur mal être.
J’écris, car écrire c’est aussi offrir,
Je donne mes mots à ceux qui ne savent que souffrir.
J’écris et je cris les mots sourds de mes entrailles,
Je ris de mes joies, et pleurs de mes entailles.
J’écris pour réunir, j’écris pour abonnir
J’écris pour tenir, car ce n’est pas prêt de finir.

 

Ô mer, combien à moi tu ressembles !

Pleine de mystères, débordante de secrets ;

N’ébruitant jamais que ces vagues que tu rassembles,

Messagers laconiques, ténébreux et discrets.

Comme avec toi, les hommes n’ont pu,

Sonder le fond de mes sombres abîmes,

Alors, avec moi, certains ont rompu,

Les relations filiales comme celles intimes.

J’ai couru jusqu’ A l’EGERIE et là j’ai contemplé mon reflet dans le miroir, ressorti mes souvenirs :  amours en point de suspension, en point d’interrogation, en point final. 

Mes amours précoces, mes amours tardifs, mes amours avortés, tout était là… dans cette anthologie. 

« Loin des yeux, loin du cœur »

En voici un proverbe bien menteur,

La distance a attisé mes sentiments,

Son absence a accentué mes tourments.

 

Pourquoi si loin d’elle je ne pense qu’à elle ?

Et pourquoi brille si fort cette chandelle ?

Pourquoi dans mon sommeil, je la hèle ?

Et pourquoi j’entends ce chant d’elle ?

 

Après ton départ, les lendemains auraient dû jouer leur rôle,
Tout aurait dû s’effacer, et la vie aurait dû redevenir drôle ;
Hélas, depuis lors elle me semble perdue, ma vie d’antan,
Il m’en coûte de tout oblitérer, de reprendre mon envol,
Aujourd’hui encore, je stagne… alors, j’arrête le temps.

J’avoue être passée comme une flèche au palier ECRITS EN VRAC. Quelques-uns des textes écrits dans cette partie n’ont pas retenu mon attention.

Idem pour le palier AUX CHERS DISPARUS. Un léger vent de tristesse a soufflé en mon âme en lisant ces hommages aux disparus proches ou inconnus de l’auteur mais il a été de courte durée. J’ai un rapport assez étrange avec la mort mais n’en parlons pas ici.  (rires) 

Une orange, des bonbons, un repas sans surprise

Une horloge, une chanson, celle qu’on chante à l’église

Tel est le décor de chez moi, tous les soirs de Noël

Ah ! J’oubliais les omelettes qui dorment dans la poêle

 

Oh Dieu ! Dis au père Noël et à tous, que je suis un bon garçon

Et qu’ici aussi, on aime les cadeaux et pas que des p’tits pains

Que toute l’année on a été sage, et qu’on mérite une rançon

Je ne le dis pas que pour moi, mais aussi pour mes copains

J’ai trouvé ces strophes dans l’une des salles de trésor du palier 5 : ECRITS AMERS. Ai-je besoin d’indiquer qu’ils m’ont émue ? 

Dans cette salle de trésor, il est question de manque, d’attente déçue, de jugement de valeur, d’amour impossible, de destin cruel. 

Au paliers des DUOS, j’ai admiré la profondeur des échanges entre l’auteur et Kiné, l’auteur et Dija.

Dija :

J’ai connu ce sentiment amer, cette dépendance à l’autre
Celui-là qui nous laisse perplexe, et qui nous fait son apôtre
J’ai connu ces liens dits durs comme fer, et je les ai vus s’envoler
Et j’en ai appris que l’on ne peut, si on ne le veut, en être condamné

Marcus :

Dija, il est de ces événements qui surpassent notre pensée
De ces réalités que l’on ne peut hélas rejeter dans le passé
Il restera, entre elle et moi, toujours ce même contentieux
Que nous n’aurons réglé, avant qu’elle ne rejoigne les cieux

L’auteur part à la quête des peines du monde, revient aux siennes sans oublier de nous apporter notre lot. Il écrit comme il le sent, comme il l’entend, comme lui viennent les mots, librement. Et cette liberté  séduit, émeut. Les métaphores dont il use sont si bien pensées. 

Il y a tant de choses à dire sur cette anthologie, je préfère m’arrêter là. Penser les mots est une anthologie à lire, à relire et à faire lire. L’amoureuse des mots et des rimes que je suis s’est régalée. J’espère qu’il en sera de même pour vous. 

Biographie de l’auteur 

Auteur, entrepreneur, consultant et conférencier, Marcus da Writer est l’une des nouvelles voix de la
littérature africaine. Porte-parole de la jeunesse, c’est autour de thématiques relatives aux jeunes que s’inscrit la plus grande partie de ses oeuvres. Marcus, Ibuka Gédéon Ndjoli de son vrai nom, est l’auteur de « La Jeunesse Africaine a une voix », « Jeunesse & Education », « Sur les traces de MJ », et « Les Histoires de vos vies ».

Kusoma Group, la start-up africaine qu’il dirige, ambitionne de démocratiser l’édition et la lecture. Elle accompagne les auteurs indépendants et éditeurs d’œuvres africaines dans la démocratisation de leurs livres, grâce à une plateforme web et mobile qui comprend un Editeur, une Librairie et une Bibliothèque numériques.

Quelques détails de l’ouvrage

Nombre de pages  : 97

Date de publication : juin 2014.

Format : E-book  

 

signature coeur graceminlibe

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La vie sans fards

Maryse Condé

Pourquoi l’être humain est-il tellement désireux de se peindre une existence aussi différente de celle qu’il a vécue ? C’est la question que Maryse Condé se pose en lisant les brochures rédigées par ses attachées de presse.

Aujourd’hui, elle veut se montrer  dans toute la vérité de la nature. A travers ce livre, elle tente de cerner la place considérable qu’a occupée l’Afrique dans son existence et dans son imaginaire.

Enfant guadeloupéenne élevée dans le milieu de la bourgeoisie et très loin de sa culture des Antilles, Maryse Condé décide en 1959 d’aller en Afrique, les réalités africaines ayant occupé une place de plus grande dans sa vie. Elle débarque donc comme auxiliaire d’enseignement du français au collège de Bingerville en Côte d’Ivoire.

En tant qu’ivoirienne, j’ai pris plaisir à découvrir la Côte d’Ivoire entre 1959 et 1960.

Maryse Condé nous fait ensuite découvrir Conakry, une ville chère à son cœur,  là où elle a compris le sens du mot « sous-développement ».

Dans ces pays, elle constate que les Antillais sont perçus comme les colons blancs. Elle-même est perçue comme une blanche. Maryse nous raconte sa gêne, son inconfort, sa difficulté à s’intégrer. Elle évoque cette vieille querelle entre Africains et Antillais où les uns affirment être méprisés par les autres et vice versa.

Elle est mise à l’écart et s’interroge :

La couleur est-elle donc un vernis invisible ?

Elle part ensuite au Ghana, mène une vie qu’elle n’a pas beaucoup aimé, pénétré du temps où elle y vivait d’une frénésie vulgaire.

Elle nous emmène ensuite à Londres, revient au Ghana pour retrouver l’homme qu’elle aime, se voit obligée de quitter ce pays pour le Sénégal.

Ce livre est l’histoire d’une femme impulsive qui n’arrive pas à clairement identifier son identité, une femme indécise, une femme qui se cherche et peine à se trouver, une femme qui a du mal à vivre pleinement sa vie de mère, dont l’intimité est tumultueuse ;  une femme qui a connu la passion amoureuse mais n’a jamais expérimenté l’amour.

La passion n’analyse pas, ne fait pas la morale. Elle brûle, elle incendie, elle consume.

« Les hommes noirs ! précisa Maya rejoignant Lina sans le savoir. Tout provient de la manière dont ils ont été éduqués. Leurs mères, leurs sœurs, la société dans son ensemble les traitent comme des dieux à qui rien n’est interdit. »

Je l’ai trouvée assez courageuse d’exposer ses déboires amoureux, j’ai éprouvé de la peine pour elle dans ses relations avec ses enfants et ses différents amants.

J’ai appris beaucoup de choses sur ce livre, j’ignorais par exemple que les Antillais étaient si présents en Afrique pendant la colonisation et se retrouvaient à tous les niveaux de l’enseignement.

J’ai découvert l’atmosphère politique de la Guinée et du Ghana aux premières années de l’indépendance, j’ai également appris notamment la belle amitié de l’auteur avec l’un des présidents ivoiriens Laurent Gbagbo. 

Elle dit de lui : « Sa voix d’historien avait beaucoup de poids et il m’accompagnait partout. »

Ce livre est intéressant à lire, il se lit d’ailleurs très vite mais je ne le conseille pas à ceux qui n’ont pas envie de se plonger dans l’histoire africaine et qui n’aiment pas l’autobiographie.

Publié dans Panaché

Belles… Talentueuses… Africaines…

Mon continent est riche ! Riche en ressources aussi bien naturelles qu’humaines. C’est ce que je me suis dit en regardant l’une des vidéos de Kansiime Anne, une humoriste ougandaise.

Une pensée en entraînant une autre, celle de présenter ces femmes africaines que j’admire s’est imposée à mon esprit. Dans les lignes qui suivent, je vous présente sept femmes africaines. Écrivain, musicienne, actrice, humoriste ou athlète, elles marquent l’esprit  par leur talent.

Kansiime Anne

Kansiime Anne 

Je l’ai connue grâce à une amie qui est l’une de ses grandes fans. Elle était concentrée sur son smartphone et ne cessait de rire, elle regardait une vidéo de Kansiime Anne. Le rire a été communicatif quand je me suis joint à elle pour regarder ladite vidéo.

Cette humoriste originaire de l’Ouganda est fraîche, folle et simple. Ses scénarios sont originaux. D’une simple situation, elle en fait sortir des quiproquos et diversions énormes. J’aime particulièrement son accent anglophone très particulier. Elle est l’une de mes plus belles découvertes de cette année.

Pour voir l’une de ses vidéos, cliquez ici

Zahara

Zahara

Je ne dirai jamais assez merci  à cette amie qui a posté l’une des vidéos de cette artiste sud-africaine sur Facebook. Sans elle, je serai passée à côté d’une merveille.

J’aime Zahara pour sa voix grave, ses mélodies qui nous donnent l’impression d’être dans une pirogue et de voguer sereinement vers l’inconnu et ses textes percutants. Zahara m’apaise, elle fait chanter mon cœur.

Elle chante en Xhosa (ethnie de l’Afrique du Sud) et en Anglais.

Ayant déjà partagé le son que je préfère dans l’un de mes articles, je vous fais découvrir un autre son que j’aime bien : Loliwe

Isabelle Beke actrice ivoirienne

Isabelle Beke

Une beauté qui vient de mon pays : la Côte d’Ivoire. Mannequin et actrice, j’ai adoré sa remarquable interprétation dans le film Le pari de l’amour, adaptation cinématographique du livre du même nom tiré de la collection Adoras.

Elle est ambitieuse, elle a de grand rêves pour le cinéma ivoirien ! Elle a tout ce qu’il faut pour que je l’admire !

Genevieve Nnaji

Genevieve Nnaji

Elle est l’une des actrices les mieux payées de Nollywood (industrie cinématogrophique nigériane). Elle m’impressionne par sa beauté, par son talent mais aussi par son ambition. Elle a sa propre marque de haute couture : St Genevieve.

Pour voir l’un de ses films que je préfère, cliquez ici

Fatou Diome

Fatou Diome

Auteur sénégalaise, Fatou Diome fait beaucoup parler d’elle en ce moment suite aux morts récurrentes des migrants dans les eaux européennes. J’aime son franc-parler, ses interventions médiatisées intelligentes. Comme elle le dit : l’Afrique n’a pas besoin d’aide, elle a besoin de respect !

Son intelligence est largement perceptible dans ses romans. Pour en savoir plus, cliquez sur le lien suivant

https://graceminlibe.wordpress.com/2015/07/04/inassouvies-nos-vies/

Chimamanda Ngozi Adichie

Chimamanda Ngozi Adichie

Je pense que c’est l’une des auteurs africaines contemporaines les plus célèbres. Je l’admire pour ses discours intelligents sur le féminisme, le danger d’une histoire unique (ne connaître qu’un seul pan de l’histoire d’un peuple et s’en servir pour avoir un jugement rigide), sa fierté d’être africaine et son talent d’écrivain.

Envie d’écouter son discours sur le danger d’une histoire unique ? C’est par ici

Murielle Ahouré

Murielle Ahouré

L’une de mes fiertés nationales. J’admire cette athlète ivoirienne pour sa persévérance et son envie de conjuguer rêve personnel et rêve communautaire. Son palmarès est international.

Lors des championnats du monde de Moscou en 2013, elle a été la première africaine à gagner deux médailles d’argent à une telle compétition.

En mai 2015, elle a réalisé la meilleure performance mondiale au 60 mètres à New York  lors de la compétition en salle des Millrose Games.

Et elle gagnera d’autres médailles parce que la persévérance et l’ambition paient toujours.

Très heureuse de vous avoir ouvert la partie « admiration » de mon cerveau.

Et vous, quelles sont les 7 femmes de votre continent que vous admirez ?

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans D.S.K, Histoires

D.S.K (1)

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D.S.K – Chapitre 1

«Eh ben! On n’est pas prêt d’arriver au Plateau» Dis-je intérieurement en observant la longue file dans laquelle le wôro-wôro* se trouve depuis un quart d’heure.

J’habite à Angré depuis plus de six mois et les jours ouvrés se ressemblent, entre 06 heures 30 et 08 heures la circulation n’est jamais fluide.

A 07 heures 20, je suis devant l’immeuble Alpha au Plateau. Wahed Conseil, le cabinet de conseil en conduite du changement dans lequel je travaille depuis trois ans s’y trouve. Yaoundé. 

Une bonne journée souhaitée aux occupants de l’ascenseur, je me rends au bureau de Madame Brégui, notre assistante de direction. Elle sort une bouteille de dêguê de son petit réfrigérateur dès qu’elle me voit entrer. Comme d’habitude, j’essaie de marchander le prix de la bouteille en vantant la beauté étincelante de la vendeuse et comme d’habitude mes mots n’ont aucun effet sur Madame Brégui, elle réclame ses 850 francs.

Je n’ai aucun problème d’argent surtout que mon salaire a été revu à la hausse lors de mon passage au grade de consultant senior, il y a trois mois. Je ne suis pas avare non plus, je fais semblant de marchander juste pour taquiner Madame Brégui. La tête qu’elle fait quand je fais l’éloge de sa beauté  et le sourire qu’elle a quand elle me demande son dû me rappelle ma mère et j’adore taquiner ma mère.

 

Ma bouteille en main, je rejoins le bureau que je partage avec deux autres consultants seniors.  J’ai à peine le temps de répondre à un mail qu’Adelka, une collègue, vient me chercher. La réunion hebdomadaire de l’équipe va bientôt commencer. 

Pendant un quart d’heure, nous échangeons sur les missions en cours et les prochaines qui seront déployées.  A mon retour au bureau, je peaufine un rapport quand je reçois un mail de M. Rached, l’un des trois managers du cabinet. J’inspire un grand coup. J’espère qu’il m’a positionné sur la mission sur laquelle je rêve d’être, celui-là ! 

Un énorme sourire se dessine sur mes lèvres. Yes ! Je suis sur la mission SOLIC ! Dans dix jours, je serai à Dakar !

Je prends mon bloc-notes et me dirige vers le bureau de M. Rached avec le regard brillant. Quand j’en sors, je vais voir Madame Brégui pour la planification  de mon séjour dakarois.

Je passe le reste de ma journée à parfaire les rapports des missions terminées et à planifier ma mission chez Solic. Je quitte le boulot aux alentours de 19 heures. Il me faut un quart d’heure à pied pour rejoindre le domicile de mes parents.

En bon célibataire et n’ayant pas de servante, je vais quotidiennement dîner chez eux. C’est ma mère qui vient m’ouvrir.

 

Ma mère: Didier! Toujours à l’heure quand il s’agit de manger.

 

Moi, faussement vexé: Maman! Faut pas gâter mon nom. Vous mangez à 20 heures et il est 19 heures 30. Tu vois bien que je ne suis pas venu pour ça.

 

Ma mère :Donc à 19h 58, tu vas rentrer chez toi alors? Pas besoin de mettre une assiette. Me dit-elle en ouvrant les placards où elle range les couverts:

 

Moi: Maman, tu vas laisser, ton 2ème fils, celui qui te ressemble le plus, rentrer chez lui sans manger?  Demandé-je avec le visage le plus tendre au monde 

 

Ma mère: Fais, tu vas te marier, Didier. Je suis fatiguée de cuisiner pour toi. Fait-elle en remuant la tête 

 

Moi, le sourire aux lèvres : Je ne vais pas te manquer quand je ne viendrai plus manger ici?

 

Ma mère : Pas du tout.

 

Moi : Merci maman _ Elle me regarde étonnée _ Oui, je sais tu dis toujours le contraire de ce que tu penses.

 

Je l’enlace très fort avant de lui demander où se trouve le boss de la maison. Il est chez le voisin en train de jouer aux dames. C’est son activité favorite depuis qu’il a pris sa retraite, il y a deux ans. Mon père arrive à 19h58. Je regarde ma mère en souriant. Je ne suis pas le seul à arriver à l’heure pour manger hein mais comme c’est le boss, nul n’osera lui faire la remarque. 🙂

 

Ma mère me remet deux Tupperware quand je leur annonce que je rentre chez moi, une heure plus tard. Humm! La femme là n’est pas prête à me revoir.

 

Mon prochain séjour à Dakar occupe mes pensées sur le trajet du retour. Je sens que je vais y passer les plus beaux jours du reste de ma vie…

 

Je file à la  douche dès que je suis chez moi puis j’allume mon ordinateur. Je dois informer mes potes du 221, Khari et Salim-Yeni, de mon arrivée prochaine.

Khari, Salim-Yeni et moi, nous nous sommes rencontrés lors d’un match de football qu’organisait la CESAM (Confédération des Etudiants et Stagiaires Africains au Maroc) Casablanca il y a neuf ans. Nous étions à l’époque de jeunes bacheliers venus frapper aux portes du Royaume du Maroc afin de recevoir le savoir.

Nos affinités ont créé un lien très fort entre nous, je les considère comme des frères.

 

Khari est connecté sur Skype. Je l’appelle.

 

Moi : Allô! Khari, Khari!

 

Khari : Nous sommes dans l’obligation de rejeter votre appel. Votre correspondant ne reçoit que des appels provenant de la classe féminine et…

 

Moi : Allô Khari! Dis-je en imitant la voix d’une femme.

 

Khari: Tu es fou, mon gars. Alors on dit quoi?

 

Moi: Je suis calé. Salim-Yeni est à la maison?

 

Khari: Non. Il est au boulot.

 

Moi: Ah ouais, j’avais oublié qu’il bossait en soirée. Bon, tu es bien assis?

Khari: Pourquoi tu es si excité? T’es enceinte? 

 

Moi, riant: Oui, on va avoir un bébé, idiot!

 

Khari, le regard coquin : J’espère que la grossesse te donnera des formes.

 

Moi, remuant la tête: Quand est-ce que tu vas grandir, l’ami? Bref ! Je serai à Dakar dans dix jours, type !

 

Khari : C’est cool ça ! Et tu viens pour…

 

Moi : Le boulot mais je me ferai un plaisir de me jouer les touristes à mes heures perdues. Je vais goûter à l’enjaillement à la sénégalaise.

Khari : En tout cas et je ne pense pas que tu auras envie de repartir à Abidjan.

 

Moi : Non, toi aussi. Tu ne peux pas comparer Dakar à Abidjan. Ce n’est pas la même Champions’League!

 

Khari : Comment tu dis déjà? Fait-il en fermant les yeux. Ah oui, c’est coca-cola qui fait publicité sinon bissap est serein.

 

Moi : Lol. Je vais arrêter de te sortir les phrases de ce genre.

 

Khari : Continue, type. Je sors souvent ça à mes proies niveau 3. Elles sont toutes émoustillées. Dit-il en souriant. Bref! Tiens-nous informé de ta date d’arrivée et du lieu de ton séjour. Salim-Yeni et moi allons te concocter un programme de feu.

 

Moi: Avec masseuse et danseuse privée, j’espère. J’ai besoin de prendre du bon temps, Khari, de profiter de la joie d’être à nouveau célibataire.

 

Khari : Olidia ne veut vraiment plus de toi?

 

Moi : Je ne veux plus d’elle également. Ce n’est pas l’unique fille sur la terre. Je ne vais pas courir après elle. Bon, je vais te laisser, type. J’ai ramené des dossiers à traiter.

 

Khari : Ok. Bonne soirée. A bientôt.

 

Je raccroche et Skype me notifie que la chère Olidia mentionnée plus tôt est connectée. Je la bloque avant de me déconnecter.  Il ne faut garder aucun lien avec le passé.

 

Olidia a été ma copine pendant un an et elle a mis un terme à notre relation parce que je n’étais pas assez impliqué dans la relation selon elle. Après un an de relation, je ne m’étais toujours pas décidé à la présenter à mes parents et à rencontrer au moins sa mère, selon elle c’était un synonyme de manque de sérieux donc Madame a mis fin à la relation. Je l’aimais beaucoup mais je n’ai pas cherché à la retenir. Je ne suis pas le genre d’homme à supplier, des femmes, la terre en compte en grand nombre.

Fermons donc cette parenthèse sans valeur ajoutée, ouvrons un nouveau chapitre: mon prochain séjour en terre sénégalaise. Je compte me jouer aux touristes, assouvir mes fantasmes sur les femmes sénégalaises, m’enivrer de leurs secrets érotiques. J’ai fréquenté une sénégalaise à Abidjan mais je ne pense pas avoir eu affaire à une vraie sénégalaise. Vivre à Abidjan l’a sûrement dénaturée. Il vaut mieux prendre le fruit qui est encore sur l’arbre que celui qui se trouve à côté.

 

 

10 jours plus tard

 

L’avion vient d’atterrir, je tente de m’insérer dans la file de passagers tant bien que mal, ils semblent tous plus pressés les uns que les autres. A la sortie, j’ai ma première déconvenue, il n’y a pas de tube mais un escalier en fer que l’on doit tout bonnement descendre pour rejoindre le bus qui nous attend sur le tarmac. Bus dans lequel il faut un petit peu jouer des coudes pour entrer. Il fait très chaud, une chaleur étouffante qui me fait tomber la veste, et qui a fait tomber la veste à deux jeunes filles en face de moi pour le plus grand plaisir de mes yeux ! Elles me sourient je leur souris aussi malheureusement le bus s’arrête, ça n’ira pas plus loin. Une fois dans la salle des formalités je m’insère dans la file CEDEAO qui me permet d’évoluer plus rapidement, vive la libre circulation des personnes!

 

Le policier : Vous êtes là pour affaires?

 

Moi : Oui on peut dire ça comme ça!

 

Le policier: ok.

 

Il me rend mon passeport et je passe dans la salle d’à côté pour tenter de récupérer mes bagages. C’est un peu la jungle, j’essaie de m’approcher du tapis roulant.

 

_ : Mr SSariot ! SSariot !

 

Je me retourne pour voir qui m’appelle, je tombe sur un Monsieur en tenue grise manœuvrant le fameux « ssariot ».

 

Lui : tu veux un « ssariot » mon frère?

 

Moi : Oui merci

 

Lui : ça fait 5000

 

O_o! 5000 pour un chariot?! Il n’exagère pas un petit peu lui? Je me retourne pour voir s’il y a d’autres et une dame vient de laisser son chariot sur lequel je me précipite. Mon vendeur-loueur de chariot s’éloigne vers un autre pigeon!

 

Une fois mes bagages récupérés il me reste un dernier rempart à franchir, et pas des moindres la douane. On sait tous comment ils peuvent être chiant, mais apparemment je suis dans un bon jour ils n’ont pas fait de difficulté, il faut dire qu’avant moi il y avait une dame dont la valise était remplie de chemises qu’ils soupçonnaient d’être destinés à la vente même si elle jurait par tous les dieux que ce n’était que des cadeaux. J’ai refermé mes valises et je suis sorti à la recherche de mes potes…

 

Je remue la tête quand je vois Khari et Salim-Yeni avec des pancartes où sont écrits: Didier N’Gouan toujours imité jamais égalé.

Je fais semblant de les dépasser et ils me suivent avec leurs pancartes.

 

Moi : Les gars vous êtes fous !

 

Salim-Yeni (SY) : Bonne arrivée l’ami.

 

On s’enlace puis on quitte l’aéroport. Je prends possession de ma chambre à la Résidence Gogo Sara puis nous mettons le cap sur le Plateau, le quartier où résident mes potes depuis 2 ans.  

Ils me font entrer dans un trois-pièces sobre mais élégant. Salim-Yeni  m’emmène au salon tandis que Khari se dirige vers leur cuisine. Il en revient avec une bouteille de champagne et des flûtes.

 

Moi : Ça fait du bien de vous retrouver les gars ! Notre dernière rencontre remonte à …

 

Khari : 4 ans. On quittait définitivement Casablanca. Ah ! C’était la belle époque.

 

Moi : Tu parles comme si nous sommes vieux. Nous n’avons que 27 ans.

 

SY : Et il faut en profiter.

 

Moi, en le pointant du doigt et l’air malicieux : Tu es dans le vrai. On trinque à quoi? (j’observe la bouteille de champagne). Je rêve où Salim-Yeni a oublié sa bonne résolution qui était de ne plus toucher à l’alcool?

Khari, dubitatif: Ah, il a fait des recherches très avancées dans le coran et il y a lu qu’on peut boire mais ne pas en abuser.

 

SY: Bon! On la boit cette bouteille ? (Levant son verre) A ton séjour parmi nous et à notre amitié.

 

Moi et Khari : A notre amitié.

 

SY, après avoir pris une gorgée: Ça fait plaisir de voir que tu n’as pas perdu ton alacrité.

 

Moi : Et toi ton héritage de la langue française. Le poste de Senghor est toujours vacant à l’Académie française, non?

 

Nous éclatons de rire. La soirée s’écoule vite, mes potes me ramènent à ma résidence vers 23 heures.

 

La réceptionniste me dévisage avec un sourire désarmant. Ce n’est pas celle qui m’a accueilli. Celle-là est beaucoup plus belle : yeux de biche, nez fin, lèvres fines, teint noir. Je m’avance vers elle avec mon sourire de séducteur. Je lui demande l’heure à laquelle est servi le petit-déjeuner pour engager la conversation, mon sourire disparait quand elle ouvre la bouche.

 

*Nom qui désigne les taxis communaux

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Deux femmes puissantes

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Marie Ndiaye et Chimamanda Ngozi Adichie, deux femmes influentes et hyper douées dont il faut avoir au moins lu une œuvre.

L’une écrit en tant qu’être humain. Elle n’écrit ni en tant que femme, ni en tant que femme noire. Elle ne se définit pas comme une femme africaine. Dans sa vie, l’origine africaine n’a pas vraiment de sens,  aucune culture africaine ne lui a été transmise car elle n’a pas vécu avec son père d’origine sénégalaise.

L’autre écrit en tant que féministe africaine, féminine et heureuse.

J’apprécie l’une pour la force de son style littéraire et l’autre pour l’engagement que revêtent ses écrits.

J’ai lu deux de leurs œuvres qui ont reçu des prix littéraires.

3 femmes puissantes – Marie Ndiaye (Prix Goncourt 2009)

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s’appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.

Dans chacun de ces récits, des phrases sont répétées comme pour attirer notre attention sur l’action qu’elles décrivent ou celles qui les ont précédées.

Norah part au Sénégal car son père a à lui parler de choses importantes et graves…

Ce père implacable et terrible qui a quitté la France des années plus tôt en emportant une part d’elle, ce vieillard égoïste qui n’aime ni n’estime guère les filles…

A son arrivée, son père lui annonce qu’elle doit aller à Reubeuss (une prison). Pour voir qui? Quel acte a été commis?

Vous le saurez en lisant l’histoire de Norah.

La deuxième histoire est celle de Fanta et de son conjoint Rudy. Je dirais plutôt que c’est l’histoire de Rudy car c’est lui qui évoque sa vie, ses peurs, ses échecs et sa volonté à être un homme bien et à rendre Fanta et leur fils Djibril heureux.

Cette histoire ne m’a pas vraiment emportée mais elle est agréable à lire.

La troisième histoire, celle de Khady est la plus déchirante. Khady, une épouse qui rêvait d’être mère. Khady, une femme pleine de force, combattante. Khady, une femme qu’on a décidé de faire partir…

Ce livre de Marie N’Diaye est à lire et à faire lire.

 

L’hibiscus pourpre – Chimamanda Ngozi Adichie (Meilleur premier livre du prix littéraire Commonwealth Writers’ Prize en 2005)

Kambili a quinze ans. Elle vit à Enugu, au Nigeria, avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugene, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d’une rigueur implacable. Sa générosité et son courage politique en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugene est aussi un fondamentaliste catholique, qui conçoit l’éducation de ses enfants comme une chasse au péché. Quand un coup d’Etat vient secouer le Nigeria, Eugene, très impliqué dans cette crise, est obligé d’envoyer Kambili et Jaja chez leur tante. Les deux adolescents y découvrent un foyer bruyant, plein de rires et de musique. Ils prennent goût à une vie simple, et ouvrent les yeux sur la nature tyrannique de leur père. Lorsque Kambili et son frère reviennent sous le toit paternel, le conflit est inévitable…

Kambili est la narratrice principale, avec la douceur et l’innocence d’une jeune fille, elle nous ouvre les portes de sa maison, dévoile l’intimité de sa famille. On découvre un père intransigeant, extrémiste catholique qui voit la paille dans l’œil de l’autre mais ne se préoccupe pas de la poutre qui est dans le sien.

Il régente sa maison comme un camp militaire. Tout doit être à sa place, fait comme il faut et il s’emploie à des méthodes pas très catholiques pour aboutir à ses fins.

J’ai commencé ma lecture pas très enjouée mais comme on le dit l’appétit vient en mangeant. Au fil de ma lecture, le détachement que j’avais au tout début des pages a laissé place à une reconnaissance, une acceptation, une indignation, une profonde tristesse face à cette violence domestique, à ce premier amour qui ne pourra pas être vécu, à cette vie qui prend une tournure à laquelle l’on n’aurait jamais pensé.

A travers une écriture sensible et émouvante, Chimamanda Ngozi Adichie nous fait réfléchir sur notre perception de la religion, la politique et notre identité culturelle.

L’hibiscus pourpre est un livre à lire et à faire lire.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre