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Lagos lady, coup de cœur noir

 

Lagos lady par Adenle

Mauvaise idée de sortir seul quand on est blanc et qu’on ne connaît rien ni personne à Lagos ; Guy Collins l’apprend à ses dépens, juste devant le Ronnie’s, où il découvre avec la foule effarée le corps d’une prostituée aux seins coupés. En bon journaliste, il aime les scoops, mais celui-là risque bien de lui coûter cher : la police l’embarque et le boucle dans une cellule surpeuplée, en attendant de statuer sur son sort. Le sort, c’est Amaka, une splendide Nigériane, ange gardien des filles de la rue, qui, le prenant pour un reporter de la bbc, lui sauve la mise, à condition qu’il enquête sur cette vague d’assassinats. Entraîné dans une sombre histoire de juju, la sorcellerie du cru, notre journaliste à la manque se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère, tandis qu’Amaka mène la danse en épatante femme d’action au milieu des notables pervers. Hôtels chics, bars de seconde zone, jungle, bordels, embouteillages et planques en tout genre, Lagos bouillonne nuit et jour dans la frénésie highlife ; les riches font tinter des coupes de champagne sur Victoria Island pendant que les pauvres s’entretuent à l’arme lourde dans les bas quartiers. Un polar survolté et drôle qui plonge au cœur de la ville africaine à la vitesse d’un tir de kalachnikov. Le Nigéria n’a jamais été aussi près de Tarantino.
Vous aimez le côté obscur des choses, les enquêtes policières, le rythme effréné, les effets de surprise  et vous cherchez votre prochaine dose d’adrénaline ? Elle se trouve dans LAGOS LADY.
Vous avez besoin de garder les yeux ouverts pendant un très long moment ? Votre objectif sera atteint avec LAGOS LADY. 
Vous devez faire du sport, votre médecin et votre conscience vous le disent régulièrement mais vous n’avez pas aucune volonté ? Elle viendra avec LAGOS LADY. Ce polar vous fera courir dans les rues de Lagos, vous aurez la peur au ventre. Oubliez les moments de répit. 
Vous verrez  la violence à l’état brut. Non, l’auteur n’a pas signé de contrat avec Walt Disney. Il n’enjolive pas la misère, la violence et la prostitution présentes dans le pays. J’ai plusieurs fois dit pendant ma lecture que c’était très violent. J’aurais voulu en tant qu’africaine optimiste qu’on ne montre pas le côté noir de Lagos mais peut-on cacher le visage avec un doigt ? Doit-on nier la réalité ? 
Mais bon, j’étais à Lagos, la ville des agressions à main armée, des assassinats – auxquels il fallait maintenant ajouter, apparemment, les « meurtres rituels »
Ce livre est plein d’émotions. On prend pitié de ces jeunes filles pour qui « la prostitution n’était pas un choix – c’était une absence de choix »
On réfléchit à la condition de la femme, c’est rageant de voir qu’on ne la réduit souvent qu’à son sexe. 
En parlant de sexe, j’ai été un peu gênée des différentes allusions qui étaient faites et des descriptions assez étayées. Heureusement, on est très loin du 50 nuances de Grey. 
On est surpris par le caractère d’Amaka, « cette femme qui se sert de son savoir, de son charme et de tous les moyens disponibles pour défendre d’autres femmes. »
On trouve Guy Collins si candide, si attachant. On a envie de le caser avec une de nos cousines en liste d’attente sur la liste des mariages mais bon son cœur appartient à … Souffrez que je ne vous dévoile pas le nom de l’heureuse élue. 
On rit aussi dans ce roman
Un frisson de terreur m’a parcouru l’échine en voyant une tête rouler par terre – puis j’ai compris que quelqu’un avait perdu sa perruque, rien de plus. 
LAGOS LADY est un coup de cœur pour moi tant au niveau du fond que de la forme. L’intrigue est bien construite, les personnages aussi. Les chapitres sont très courts  et donnent un rythme haletant au livre.
L’auteur a utilisé deux types de narrateur : le narrateur héros (Guy Collins) et le narrateur témoin (Amaka et les personnages secondaires). Cette narration alternée apporte du dynamisme à l’histoire. 
Les événements sont un peu résumés lorsqu’on tend vers la fin mais ça n’enlève rien au charme de l’histoire. 
La fin est surprenante ! C’est une belle ouverture, un coup de maître. On referme le livre en frémissant. On imagine sa suite. On a envie d’acclamer et de dire chapeau à l’auteur. 
Il y a des livres dont je suis fière d’en posséder un exemplaire, LAGOS LADY en fait partie et Leye Adenle a fait son entrée officielle dans ma liste d’auteurs à suivre. 
 
Biographie de l’auteur  
Leye Adenle, né au Nigeria en 1975, vit actuellement à Londres. Chef de projet, acteur occasionnel, il livre avec Lagos Lady son premier roman, après avoir publié plusieurs nouvelles.
Détails de l’oeuvre 
Publication : 10/03/2016
Prix : 20 €
Titre original : Esay Motion tourist
Langue originale : Anglais (Nigéria)
Traduit par : David Fauquemberg
 
Retrouvez une interview de l’auteur ici 
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Rencontre avec l’amour

Rencontre avec l'amour

Sasha est une belle métisse asiatique, fille d’un opulent homme d’affaires, elle fréquentait l’établissement scolaire le plus prestigieux de la ville, dans lequel avait aussi été admis via une bourse d’études, Ricky un jeune chrétien passionné de Dieu. Par orgueil, en cherchant à sauver l’honneur de sa beauté, la belle jeune fille conclut un pari avec sa meilleure amie Josiane afin de mettre dans son lit par tous les moyens Ricky, un garçon timide dont l’intégrité était sans faille. Un combat inégal s’entama entre la tigresse et sa proie naïve. Qui sortira vainqueur de ce pari ?

J’ai acheté ce livre sur le stand de La Doxa Editions lors du SILA (Salon International du Livre d’Abidjan) 2016 qui s’est tenu en mai dernier. Je n’avais pas prévu l’acheter mais l’auteur était présent et très sympathique, je n’ai pas pu résister. Oui, je sais, je suis une lectrice facile. 😀 

Une histoire d’amour écrite par un homme, qu’est-ce que ça donne ? En quoi cette histoire qui donne un air de déjà vu se différencie-t-elle vraiment des autres ? 

Par le spirituel. Ricky n’est pas un homme comme les autres. C’est un chrétien passionné de DIEU.

Le narrateur dirige notre attention vers l’état de notre relation avec DIEU. Il nous rappelle les vertus de la prière, la communion avec DIEU, la pureté physique, notre engagement pour le salut des âmes. Il pose une question d’actualité : que faut-il faire lorsqu’on est amoureux d’une personne qui ne partage pas notre foi ?

Dans ce livre, la rencontre avec l’amour se fait à plusieurs niveaux : amour platonique, amour familial, amour Agapé. Ce livre est l’histoire d’une rencontre avec l’Amour de DIEU et j’ai apprécié l’atmosphère de pureté qui règne dans ce roman.

J’ai apprécié le fait que Ricky ait d’abord pour désir de mener Sasha à Christ avant de prétendre à toute relation avec elle. J’ai admiré le zèle de ce jeune homme.

La romance entre Ricky et l’élue de son cœur a la même charpente que celle des romans à l’eau de rose (Harlequin et Adoras) sans le côté spirituel. Ce conte de fée, cet amour naïf m’a légèrement mise mal à l’aise parce que ça ne se déroule pas comme ça dans la vraie vie mais rappelons-nous d’une chose : nous sommes en fiction. L’auteur a par ailleurs voulu  communiquer l’espoir. Qui suis-je pour le fustiger ? 😀

J’ai apprécié ma lecture de manière globale et vous l’apprécierez également si vous êtes  passionné de la vie chrétienne et en quête d’un amour pur.

Quelques détails sur l’oeuvre

Nombre de pages : 136

Date de publication : Avril 2016  

Prix  : 15 € (10000 francs CFA)

POINTS DE VENTE

  • En ligne : ACHETER
  • En France : Les editions LA DOXA  – Téléphone : +33 145604566 | Email : ladoxaeditions@gmail.com
  • En Côte d’Ivoire : La Table de publication de KODESH Vases d’Honneur 
  • Au Gabon : La librairie le PARACLET +241 07 48 27 37

Biographie 

Ingénieur informaticien de formation, DONALD SORO a beaucoup d’imagination pour la fiction. Il sort son premier roman intitulé  » Maudite ? » en 2013. Son écriture est surtout tournée vers des histoires d’amour, pour redonner espoir aux déçus de la vie et à plusieurs cœurs brisés. L’homme endosse plusieurs casquettes, il est : Pasteur, chef d’entreprise, conférencier en coaching et motivation. De nationalité ivoirienne, résidant au Gabon, il est marié à Christine, et est père de deux filles : Annah-Sephora et Kim-Ariel. 

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Jazz et vin de palme

Jazz et vin de palme

Un livre qui figure dans le Top 10 d’une chroniqueuse émérite doit être inscrit à notre « wishlist » et c’est ce que j’ai fait.

Jazz et vin de palme est entré dans ma liste de « livres à lire » fin 2014. Le nom est resté dans un coin de ma mémoire, il s’est fait discret, si discret au point de devenir invisible…

En ouvrant la bibliothèque de mon père, il y a quelques jours grande a été ma surprise de voir Jazz et vin de palme ! Quelle ne fût encore ma surprise de voir que ce livre m’appartenait et que je l’avais reçu comme récompense de fin d’année en 3ème !

Ma bouche dessinant un large sourire, j’ai pris ce qui était mien, pris congé de la terre pour découvrir l’univers que voulait bien m’offrir Emmanuel Dongala sans me connaître.

Il a écrit ce livre pour moi, il a deviné mon goût pour le jazz, les belles lettres, les récits drôles, poignants, inspirants.

Que de belles fleurs lancées à cet écrivain. Sont-elles méritées ? Permettez que j’expose la cause de tant de louanges.

Jazz et vin de palme est un recueil de huit nouvelles.

L’étonnante et dialectique déchéance du camarade Kali Tchikati est la 1ère nouvelle du recueil. Le narrateur, Kuzevo, nous plonge dans l’ambiance de Pointe-Noire et nous fait rencontrer Kali Tchikati, son ami qu’il n’avait pas revu depuis 5 ans depuis qu’on l’avait exclu du Parti unique. Kali raconte ce qu’il est devenu, annonce qu’il va bientôt mourir parce qu’ensorcelé par un oncle. Au fil des pages, il raconte l’opposition entre l’idéologie communiste et la religion occidentale et africaine, son rejet de cette dernière et ce que ça lui aura coûté.

Une entrée en matière assez légère, j’ai légèrement ri, l’histoire ne m’a pas emportée, c’est donc sans regret que je suis passée à la 2ème histoire : Une journée dans la vie d’Augustine Amaya .

Amaya est une commerçante de Brazzaville qui va à Kinshasa acheter des marchandises. Au poste de police de la frontière du Zaïre, la règle veut qu’on laisse sa carte d’identité, ce que fait Amaya. Malheureusement, sa carte s’égare. Elle se rend trois jours de suite au poste de police du Beach d’où elle ressort bredouille à chaque fois.

Elle s’y rend une énième fois ;  une énième journée où l’on observe l’absence de conscience professionnelle, l’abus de pouvoir de l’administration dont les horaires d’ouverture et fermeture des bureaux dépendent de l’humeur de ses agents.

Une journée où l’on assiste, impuissant au retard que prendra le commerce d’Amaya, à toutes ses factures qu’elle ne pourra pas régler à temps.  Cette nouvelle est l’hymne des présents infructueux, le chant de demain qu’on espère beau ; elle m’a rappelé Photo de groupe au bord du fleuve.

Dans la 3ème nouvelle, on fait le procès du père Likibi, garant de la tradition africaine dans le village de Madzala et la sous-région, doté de pouvoirs mystiques, accusé d’avoir provoqué la sécheresse dans le village en arrêtant la pluie le jour du mariage de sa fille et d’aller à l’encontre des lois anti-fétichistes du pays.

Les dialogues sont vivants, drôles ;  le vocabulaire coloré, intéressant. L’histoire s’achève sur un drame. Qui perd la vie ? A vous de le découvrir…

Un homme est recherché activement dans la 4ème nouvelle, son crime : avoir assassiné le président-fondateur de la nation. Un homme qu’on ne démasquera jamais, un homme tapi quelque part…

Cette nouvelle de 9 pages ne m’a pas transportée malgré sa dernière ligne qui véhicule un joli message : « L’homme, espoir d’une nation et d’un peuple qui dit NON, et qui veille… »

La 5ème nouvelle, la cérémonie, est celle qui m’a fait le plus rire. Un militant modeste communiste raconte avec un style dynamique, réaliste, humoristique sa vie de « rouge » et l’inauguration de la prise de fonction du nouveau directeur de l’usine où il travaille, poste qu’il convoitait.

Mon honnêteté m’oblige cependant à vous dire que moi aussi j’ai détourné, en un moment de faiblesse contre-révolutionnaire, des biens de la communauté nationale; mais aujourd’hui ma conscience est tranquille car j’ai payé ma dette envers la société et le parti. En effet, après un an de prison ferme et après avoir intégralement remboursé les trois boîtes de sardines, dont une était avariée, que j’avais « empruntées » un jour où il n’y avait rien à manger à la maison pour les gosses.

Au départ, quand ils nous ont demandé d’être rouge, je ne savais pas s’ils parlaient de la couleur des vêtements ou de la couleur de la peau.[…] Pendant un mois, je ne me suis habillé que de rouge. […]Dans notre pays, les services de sécurité, c’est-à-dire notre CIA ou notre KGB, utilisent souvent des femmes d’une moralité douteuse pour tirer des renseignements aux gens surveillés, eh bien chaque fois que je découvrais que l’une d’elles était une espionne de l’Etat, je faisais tout pour coucher avec elle en m’arrangeant pour toujours me déshabiller en pleine lumière afin qu’elle vît que même mon slip était rouge !

 

Je ne crois plus aux fétiches et je suis contre Dieu car la religion est le whisky… le chanvre… l’oignon… le morpion…. Le pion du peuple.

 

Jazz et vin

La 6ème nouvelle qui donne son titre au recueil, Jazz et vin de palme nous fait pénétrer dans le royaume de la politique-fiction. Le monde entier est envahi par des  extra-terrestres. Les organisations de sécurité mondiales se réunissent. Le délégué du Kenya propose qu’on discute avec le chef de la tribu des envahisseurs autour de verres de vin de palme. Des études scientifiques ont montré qu’ils étaient réceptifs à la musique de John Coltrane et au vin de palme.

Cette nouvelle est un prélude à la dernière nouvelle du recueil : A love supreme où Emmanuel Dongala écrit sur la tragédie du musicien John Coltrane à la recherche de l’absolu, une tragédie qui apparaît comme un écho, et peut-être une réponse à la tragédie collective décrite dans les premières nouvelles.

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle parce qu’elle m’a ramenée à mon présent d’auteur inconnu. Les mots de John Coltrane m’ont émue, boostée. Sa musique m’a transportée.

Du jazz, du vin de palme ? Oui, j’en veux et à volonté ! Et vous ?

Ps : Oui, vous savez compter, il manque une nouvelle. Je n’ai pas du tout compris sa place dans le recueil, j’ai donc préféré économiser mon temps et des mots en l’omettant. 😀

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Madame la Présidente

A l’échéance du mandat présidentiel fixé à huit ans non renouvelables, le Président Simakan, Président de la République imaginaire de Louma, se retire du pouvoir conformément à la Constitution de son pays. Pour lui succéder, quarante candidats entrent en lice, dont une femme, Fitina. Grande première dans la République de Louma, cette candidature suscite l’espoir chez les uns et le doute chez les autres. 

L’auteure, Fatou Fanny-Cissé, propose une « critique de la démocratie à la sauce tropicale » riche en rebondissements, enrobée de fantastique, pleine de suspense et d’humour. Les thèmes qui parcourent le roman sont d’une grande actualité et se présentent comme un condensé de maux de plusieurs pays mis ensemble. 

Mme la presidente

J’ai acheté le livre parce que je m’attendais à lire le combat d’une femme contre tous les préjugés que l’on colle aux femmes qui ont de l’ambition, une histoire féministe dans le bon sens du terme d’où je ressortirais grandie et inspirée, hélas…

Fitina a brisé toutes mes attentes.

Elle n’était pas destinée à être présidente mais force le destin en usant de magie noire, bâtit son accession au pouvoir en versant le sang d’innocents.

A la tête de la République imaginaire de Louma, elle a agi en véritable despote, tuant comme on mange, réduisant au silence tous ceux qui pointent du doigt son diktat.

J’ai été choquée par son manque d’humanité, de sensibilité. (Je suis toujours choquée lorsque qu’une femme a un cœur de pierre.)

« En ouvrant la valisette, Fitina eut un vif mouvement de répulsion car elle reconnut la tête d’un célèbre chanteur albinos de la République de Louma. Elle se reprit bien vite car le Pouvoir, le Pouvoir d’Etat ne s’embarrasse ni de sentimentalisme ni d’état d’âme. »

La déception a accompagné le choc. Plusieurs tentatives d’assassinat ont eu lieu contre cette femme au cœur de pierre mais aucune d’elles n’a abouti ! Fitina est très bien protégée par ses fétiches, Fitina est invincible !

A chaque échec, mon cœur se serrait. J’avais peur pour ceux qui avaient tenté de tuer Fitina.

Elle ne se contenterait pas de les punir,

Elle ferait son possible pour les anéantir…

Le très long règne de Fitina m’a terriblement ennuyée.

La fin du roman rétablit la justice et apaise le cœur mais le canal fantastique que l’auteur a emprunté pour le dénouement m’a gênée. Il n’a pas su me faire oublier que j’étais dans une fiction…

A part ces petits bémols, Madame la Présidente est une histoire bien écrite, assez sympathique à lire avec ces petits proverbes à la sauce tropicale.

Qui a dit que l’argent n’a pas d’odeur ? Il faut dire qu’à partir d’un certain montant, il sent délicieusement bon, pensait-il à cet instant précis.

Bon lundi de pâques ! Pour vous aider à digérer, je vous propose de résoudre ces deux  énigmes contenues dans le roman  :

  • Quel animal vient au monde en tuant sa génitrice ?
  • Quels animaux tuent leur mâle après l’accouchement ?
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Histoires si étranges

Trente-sept histoires étranges… Régina Yaou signe ici un recueil de récits où se mêlent atmosphères étranges et faits troublants selon une approche originale, plus proche du conte que du simple récit fantastique. Dans un surréalisme et avec un regard singulièrement décapant. Le tout exprimé dans un style simple et limpide.

« Une femme surgit du néant un soir pour offrir un bébé à une autre qui n’enfante pas ; Une mère qui retrouve sa fille décédée depuis de longues années ; des « Histoires si étranges » qui invitent au rêve, à l’évasion, à participer à la vie pleine de mystères d’un monde lointain et pourtant proche que nous côtoyons peut-être sans le savoir, que nous aimons parfois imaginer, réinventer au gré de nos insomnies. 

L’auteur nous embarque dans des aventures où revenants, sorciers, êtres bizarres, phénomènes insolites se croisent à tous les carrefours nocturnes. Un délicieux cocktail de frissons….

Histoires si étranges

Parlons du recueil

Est-il possible de rester indifférent au résumé de ce livre ?

Est-il facile de résister à l’envie de ne pas l’acheter ?

Est-il possible de quitter la Librairie sans avoir un lourd remords, sans l’impression de passer à côté d’un excellent moment de lecture ?

Le fantôme du chefLes gens en blanc – L’enfant du soir – Le village inconnu – L’homme sans sang La statue

Ces titres de récit ne vous intriguent pas, ne vous donnent-ils pas froid dans le dos ?

 

Dans chaque récit, il est question de disparition et d’apparition. Des défunts viennent rendre visite à leurs familles, croisent un proche et lui demandent de transmettre ses salutations et des cadeaux à sa famille.

 

Dans chaque récit, l’auteur nous pousse dans les bras du mystique et de la peur. Chaque récit nous laisse aux portes de l’interrogation :

  • Dans quel but l’un des fils du village, mort, revient dans son village ?
  • Comment une statue peut être amoureuse d’une femme ?
  • Comment expliquer qu’un jeune homme croyant tirer sur un ours lors d’une partie de chasse tire sur son frère jumeau ?
  • Comment un homme (une femme) mort (e) arrive à se marier, fonder une famille ?
  • Des inconnus accordent des faveurs à des personnes puis disparaissent sans laisser de trace. Sont-ils des anges gardiens ?
  • Comment Lohokrou se fait tuer par un harpon alors qu’aucun pêcheur ne pêche avec ce genre de matériel ?
  • Les faits relatés dans l’histoire sont-ils réels ?

 

A cette dernière question, Régina YAOU répond oui. Dans sa note, elle affirme que tous les faits rapportés sont réels. Elle a rencontré certains protagonistes. Les noms et les lieux ont été changés pour préserver l’anonymat de ces personnes.

 

J’ai apprécié ma lecture. Le style de l’auteur est simple, les histoires sont très courtes ce qui favorise une lecture rapide. L’auteur a créé l’atmosphère pour que le lecteur voie, sente, goûte, touche et entende ses récits.

Les récits évoquent la mort mais ils sont vivants, le rythme du récit ne subit aucune pause ou transition. Chaque récit présente le mystique d’une manière singulière.

J’ai aimé lire ces histoires, parcourir à travers elles les contrées de la Côte d’Ivoire.

J’ai apprécié ce recueil pour la bonne dose de peur qu’il véhicule. L’intensité de frayeur n’est pas la même dans chaque récit _ j’avoue que je n’ai pas retiré grand chose de certaines histoires _ mais ça n’affecte pas la qualité du recueil.

Quatre histoires m’ont véritablement marquée :

  1. Extrême-onction : les jours d’un nourrisson malade sont comptés. La mère demande au prêtre de donner l’extrême-onction sans savoir que cela changerait leur vie.
  2. L’éternelle voyageuse : Une dame se présente au domicile des Némon. Elle désire rendre visite à son frère, Monan, qui est à Ossiekoua. Cette localité est un trou perdu et non desservi par les véhicules de transport public. Madame Némon (la femme du chef de personnel de l’entreprise où travaille le frère de la dame) décide donc de la faire emmener par le véhicule de liaison et lui propose de passer la nuit chez elle. Le lendemain matin, l’aide domestique fait le ménage dans la chambre qui a accueilli l’invitée. Elle y trouve une robe longue, celle que l’on porte aux morts…
  3. Le don : Matama est une vendeuse de banane plantain et vit dans la précarité. Elle s’occupe de ses petits-enfants, leur mère étant morte. Un jour, une femme lui confie un paquet à garder, un paquet qui va changer sa vie…
  4. L’homme sans sang : un homme désire être l’amant de Rosine. En lui serrant la main pour prendre congé de lui, Rosine s’aperçoit que la main de l’interlocuteur est froide. C’est comme s’il sortait d’un congélateur…

Ces défunts qui n’ont pas visiblement pas envie de quitter leur pays, leur village, leur famille, leur coin de détente préféré m’ont montré combien l’homme aime la vie...

Parlons maintenant de l’auteur 

Régina Yaou  est l’auteur féminin le plus prolifique de la Côte d’Ivoire.

J’ai eu l’occasion de lire plusieurs de ses œuvres  (Lezou Marie ou les écueils de la vie, la révolte d’Affiba, Aihui Anka ou défi aux sorciers, Symphonie et lumière…) et je n’ai jamais été déçue par le contenu de ses histoires. Elle fait rêver, elle conscientise. Ne quittez pas cette terre sans avoir lu une oeuvre de Régina Yaou, vous aurez raté de bons moments de lecture. 🙂

Dites moi, comment allez vous réagir si vous croisez un défunt de votre famille ou de votre cercle d’amis  ?

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Et tu seras mon homme

Huit femmes, huit histoires. Et pourtant, on aurait dit qu’il s’agit du chemin d’une seule et même personne. Elles ne partagent certes pas le même problème ; elles ne vivent certainement pas les mêmes situations, mais elles demeurent prises dans les mêmes pièges, confrontées aux mêmes soucis : le rejet, la solitude, la trahison. Elles vivent ces choses de la même manière. Elles sont vulnérables quand bien même elles paraissent fortes. Elles ont besoin d’amour et n’osent pas le dire très fort. Elles gardent en elles-mêmes ces frustrations, ces désirs inassouvis. Il y a aussi celles qui mènent le combat, aveu d’une impuissance non résignée. Prouver qu’elles sont fortes. Prouver qu’elles peuvent tout. Elles ont l’arme douce et fatale qui vient à bout de la bravoure et la fougue masculines, de la grandeur et l’orgueil des hommes…

Et tu seras mon homme

Oumou est la première femme à se confesser, la plus longue aussi ; son récit est dense  et constitue la moitié du livre.

Oumou est une femme envieuse, qui désire l’ascension sociale quitte à trahir ses valeurs familiales et l’amitié …

Oumou ne veut pas ressembler à sa mère qui a aimé son père et subi peines, coups, humiliations et frustrations. Elle ne veut pas dépendre sentimentalement d’un homme, elle veut être une femme forte qui maîtrise ses sentiments mais…

 

Le récit d’Oumou est banal. La fille issue d’une famille modeste qui développe une forte amitié avec une fille issue d’une famille riche la fille envieuse qui cocufie sa meilleure amie, la femme qui n’est pas aimée de l’homme qu’elle aime et qui n’aime pas l’homme qui l’aime, la femme qui  se sert des sentiments d’un homme pour parvenir à l’ascension sociale, la femme rattrapée par son karma, tous les faits cités sont connus du commun des mortels, revisités par les écrivains.

Le fond de l’histoire est banal mais leur valeur ajoutée réside dans le style de l’auteur, sa façon  de donner vie aux mots, de les chanter presque.

 

« Il a suffi de peu pour que lui, le Directeur Général, la terreur des employés de la renommée polyclinique Saints Anges des Monts, l’homme de fer intraitable en affaires et dévoué pour sa chère Adélaïde, rampe à mes pieds, me suppliant de lui donner même pas mon amour, juste un échantillon de moi, une goutte, un espoir. En retour, lui me donnerait tout, serait moins que mon esclave, plus que mon protecteur, il serait le tapis sur lequel j’essuie mes pieds en sortant de la douche, la poubelle où je jette mes chewing-gums trop longtemps mâchouillés, le drap sur lequel je me couche, la gamelle de mon chat. Qu’il ne s’inquiète pas, il sera bien moins que ça. Il sera mon homme. »

 

« Pense-t-elle vraiment que je sois femme à me confier à n’importe qui ? Connaît-elle le pouvoir de l’aveu que l’on fait à autrui ? C’est une redoutable épée que l’on confie, les genoux fléchis et la nuque offerte, à celui qui, debout au-dessus de notre tête, jugera de la trancher avec ou non. »

Le récit est joliment raconté, c’est une porte qu’on a envie d’ouvrir pour découvrir ce qui se cache derrière.

Après l’histoire d’Oumou,  viennent sept autres confessions de femmes, de brefs récits.

 

Dans « Prick Teaser », Zeinab parle avec douceur, sensualité d’un homme, objet de ses fantasmes et qui n’est pas son mari. Elle cherche son homme dans un autre. Au début, le récit nous laisse entrevoir une certaine passion, une certaine tension mais l’intérêt tombe brusquement à la fin. J’aurais voulu que la fin de l’histoire soit plus épicée, un peu relevée.

 

« La voleuse volée » m’a arraché quelques sourires, je l’ai trouvée assez originale.

 

« Chemin de vie » est l’histoire la plus émouvante. Un breuvage amer mais tellement bon. Elle rappelle combien la vie est imprévisible, combien un acte aussi minime qu’il soit peut avoir de terribles conséquences.

Cette histoire infuse la rage de vivre et nous rappelle qu’il faut continuer à vivre même si le destin nous oblige à être plus bas que terre …

 

« La voilée », confession d’une femme qui a trompé son mari et est jugée pour son «crime».  La note d’humour jouée dans le texte le rend vivant, la chute est inattendue mais j’ai été un peu déçue. Je ne m’attendais pas à cette orientation du texte.

 

J’ai bien aimé «Arghhhhh !!!! » pour son côté poétique, rêveur et pour cette chute un peu prévisible mais que l’auteur a su amener avec habileté.

 

« Feuille de menthe » a l’allure d’un poème en prose, je ne l’ai pas lu comme un récit. C’est la confession d’une femme en proie à ses souvenirs, son chagrin d’amour.  C’est une douce lecture.

« Qu’importe », confession d’une femme qui rejoint son défunt amant, est aussi une douce lecture. J’ai bien aimé le tempo de ce récit, son côté traînant  qui s’accorde bien avec la mer qui sert de cadre spatial à l’histoire.

 

En somme, j’ai passé un agréable moment de lecture. Le livre se lit très vite (121 pages) ET l’auteur a une belle plume.

 

Stella Sanogoh est l’une des vaillantes promotrices de la culture ivoirienne. Vous pouvez retrouver ses actions littéraires sur son site et sa page Facebook.

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Amours sorcières

Tahar Ben Jelloun

Ce recueil offre 4 amours sorcières, 9 amours contrariées, 5 trahisons et 2 amitiés.

Dans ces 20 nouvelles parfumées aux senteurs de l’Orient, Tahar Ben Jelloun dévoile les pans de l’identité culturelle du Maroc : ses mœurs, ses tabous, ses superstitions, ses mille et une dispositions pour faire disparaître le mauvais œil, ses M.A.T (maladies amicalement transmissibles), l’hypocrisie générale et la corruption.

5 histoires m’ont réellement marquée :

  • L’amour sorcier… Hamza, célibataire endurci tombe amoureux de Najat, n’arrive pas à se débarrasser d’elle comme toutes les autres. Son ami Abdeslam n’y voit qu’une raison : il a été envoûté par Najat.

Dans cette histoire, je n’ai pas été marquée par l’intrigue mais plutôt par le caractère excentrique de Najat. Elle donne un côté intellectuel aux positions sexuelles ! On l’imagine en train d’y réfléchir sérieusement et moi ça m’a fait beaucoup rire. J’ai aussi aimé le regard posé sur les femmes célibataires :

Dans ce pays bien-aimé, il n’y a pas de place pour une femme libre ; ici tu es une maman ou une putain !

  • Séduction… Une femme cérébrale a besoin pour être séduite d’un conteur, un fabuleux diseur d’histoire. J’ai apprécié cette histoire pour  la poésie qu’elle dégage et sa chute brutale et inattendue.
  • Tricinti… Nour Eddine, un employé de la RADE, pour arrondir ses fins de mois décide d’escroquer un village qui réclame de l’électricité. Il est escroqué à son tour et de la pire des façons. J’ai apprécié l’allure de conte et l’humour que dégage cette histoire.
  • L’enfant trahi… un enfant s’adresse à son autre, un adulte qui veut mourir en martyr. Cette nouvelle m’a ramenée à toutes ces fois où j’ai trahi l’enfant en moi, en lui faisant suivre une trajectoire qui brisait ses rêves.
  • Naïma et Habiba… Deux femmes, l’une est borgne, l’autre a la maladie de Charcot, l’une est au service de l’autre… Cette histoire est une très belle leçon sur l’amitié et le courage.

Le courage c’est surtout le fait d’accepter ce qui arrive. Accepter, ne pas nier, vivre malgré tout.

Il n’y a pas eu que des coups de cœur, j’ai eu un coup de pied pour une histoire et devinez comment elle s’appelle ?

Pantoufle !

C’est l’histoire d’un homme qui aime ses pantoufles achetées lors d’un de ses voyages en France, des pantoufles qu’il ne retrouve jamais au même endroit. Il décide donc de ne plus se séparer de ses pantoufles et se rend dans un magasin de maroquinerie demander un cartable de la taille de ces pantoufles.

Quelle est la valeur ajoutée de cette histoire ? 0 J’ai réellement perdu 5 minutes de ma vie en la lisant.

En somme, j’ai apprécié moyennement ce recueil. Certaines histoires m’ont ennuyée parce que j’avais l’impression que c’était l’histoire qui les précédait mais sous une autre forme.

Ce livre a de belles citations que j’ai pris plaisir à noter :

L’amour est si rare que lorsqu’il nous atteint, il ne faut pas s’économiser, il faut s’y donner corps et âme.

Tu as appris que le monde est compliqué, que les mots ne disent pas ce qu’ils devraient dire et signifier.

La musique n’adoucit pas toujours les mœurs comme on dit, mais elle contribue à éduquer l’oreille de l’homme.

Ce que fait l’homme à l’homme, aucun animal, aussi féroce soit-il, ne peut le faire à un autre animal.

On écrit rarement sur la fidélité, la bonté, la paix… En revanche  le mal est un allié essentiel de la littérature ; elle en a besoin ; on pourrait dire que ça stimule l’écrivain.

Cette citation m’a interpellée. Le mal ne stimule pas seulement l’écrivain mais le lecteur. Combien de fois blâme-t-on l’écrivain quand il décrit un monde radieux, paisible ?

Un recueil de nouvelles ne devrait pas comporter plus de 10 histoires, je trouve que ça l’alourdit, modifie le caractère de la nouvelle qui est censée être brève. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

L’innocente

« Puis à mesure qu’approche l’année de mes 10 ans, les photos prennent des couleurs, leurs contours se précisent, magie du malheur, je n’ai qu’à les toucher du doigt, pour qu’elles reviennent à la vie, pour qu’elles se mettent à parler, pour que leurs voix me ramènent loin, très loin, là-bas, à Oyem… »

Dans la vie d’Elora, il y a un « avant » et un « après ». 

Avant, l’héroïne du roman est une fillette espiègle et naïve issue d’une famille de la classe moyenne au Gabon. Nous sommes dans les années 90, sa vie baigne dans un halo de douceur, rythmée par l’école, les jeux, les disputes avec sa soeur, Flavie, et les rêveries alimentées par les téléfilms brésiliens et les photoromans de sa mère qu’elle lit en cachette.

Survient un drame familial qui vient bouleverser cet équilibre…

L'innocente
L’héroïne du roman

Y a t-il un âge pour découvrir l’horreur,

Quelle saison de la vie doit servir la douleur ?

A quel âge doit-on porter le fardeau du malheur,

A quelle saison de la vie doit-on expérimenter la souffrance ?

A quel âge doit-on connaître le rejet et l’errance ?

N’importe quel âge mais pas celui de l’enfance,

Le temple de l’innocence…

Sans s’être annoncé, sans avoir été invité ou désiré, un drame fait irruption dans la vie d’une fillette. S’ensuivent dix longues années de misère, de privation, d’humiliation…

Parce qu’elle est une enfant, on décide pour elle;

Parce qu’elle est une enfant, on dispose d’elle…

Ce livre est bouleversant. Il est impossible (sauf si on est un être humain ne présentant aucun signe d’empathie) de rester étranger aux vicissitudes d’Elora Moussavou. On partage ses larmes, ses coups, son impuissance…

Cette biographie peint la condition humaine,  la pire version de l’Homme, son égoïsme,  son silence face à l’atrocité,  la méchanceté dont Il peut faire preuve.

Parce qu’une pièce a toujours deux côtés, le livre présente la meilleure version de l’Homme, sa sensibilité, son humanisme.

Avec tantine Bernadette, j’avais appris qu’on pouvait faire du mal aux autres, juste comme ça, gratuitement… Mâ Eliane m’avait enseigné que le contraire était tout aussi vrai. On pouvait faire du bien, juste comme ça, gratuitement…

Je crois aux anges gardiens. Je crois que même au fond du trou le plus sombre et le plus profond, il y a toujours cette personne qui vous tend la main, qui vous empêche de sombrer, qui vous interdit de plonger.

J’ai découvert à travers ce livre deux catégories d’anges protecteurs:

  • les anges gardiens: ceux qui pansent nos blessures, nous aident à oublier nos tourments, à les alléger.
  • les anges « exterminateur »: ceux qui nous poussent à nous révolter, à crier: ça suffit!

Elora a eu un ange gardien: Naguy , elle a aussi eu un ange « exterminateur »: Zéphirin. Ce livre est à lire rien que pour faire la rencontre de ce jeune homme extraordinaire. Il vous fera pleurer de rire.

Oui, il y a du rire au cœur des tourments. Il y a aussi de l’amour …

L’auteur n’a pas la prétention de prouver qu’elle mérite un siège à l’Académie Française, elle n’a qu’un but: rester le plus près de la réalité possible d’où l’utilisation de mots empruntés à l’argot gabonais. Il y a bien sûr un glossaire pour les non-initiés 🙂

En somme, l’histoire d’Elora est un vrai concentré d’émotions, elle nous engage à œuvrer pour la préservation de l’innocence de l’enfant.

Pour suivre l’actualité du roman, voir ici

Pour en savoir plus sur l’auteur, voir ici

Je vous souhaite une belle lecture

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre