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Kintu – Jennifer Nansubuga Makumbi

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Les malédictions ont la vie dure. Depuis que Kintu, gouverneur d’une lointaine province du royaume du Buganda, a tué accidentellement son fils adoptif d’une malheureuse gifle, en 1750, un sort est lancé sur tous ses descendants, les vouant à la folie, à la mort violente, au suicide.

Et en effet, trois siècles plus tard, les descendants de Kintu semblent abonnés au tragique : Suubi harcelée par sa sœur jumelle qu’elle n’a jamais connue, Kanani, le « réveillé » évangéliste, fanatique mais lubrique, Isaac Newton, torturé par l’idée d’avoir transmis le sida à sa femme et à son fils. Et enfin, Miisi, le patriarche, l’intellectuel éduqué à l’étranger, harcelé par des visions et des rêves où s’invitent l’enfance, les esprits, l’histoire du clan et de la nation toute entière.

Un par un, ils sont appelés par les anciens du clan, dans une forêt aux confins de l’Ouganda, dans une ultime tentative de conjurer le sort.

l'Afrique écrit

Un prologue et six longs chapitres forment la charpente du livre.

Le prologue nous installe à Bwaise, le 5 janvier 2004 et annonce Kamu Kintu. Le lecteur n’a pas le temps de faire amplement connaissance avec Kamu qu’il faut déjà le quitter. Kamu a subi la violence de la justice populaire….

Voyage vers le passé, dans les années 1750 au Buganda. On découvre Kintu Kidda, l’ancêtre et les origines de la malédiction. 

Ses descendants (Suubi, Kanani, Isaac Newton, Miisi) dans les années 2000 exposent leurs souffrances vécues dans l’enfance et en tant qu’adulte. Ils subissent fortement le poids de la malédiction. 

J’ai trouvé certains récits très intéressants comme ceux de l’ancêtre Kintu Kidda et Kanani mais ceux de Suubi, Isaac Newton m’ont légèrement ennuyée. 

Certains personnages secondaires attrayants comme celui de Kusi, la générale, auraient mérité un développement.

Kintu est une fresque qui couvre trois époques. J’ai découvert de manière brève le Buganda avant la colonisation britannique, l’Ouganda dans les soleils des indépendances (clin d’œil à l’oeuvre d’Ahmadou Kourouma) et la guerre ougando-tanzanienne. L’auteure ne s’appesantit pas sur le contexte politique. Elle attise la curiosité du lecteur. 

La spiritualité est le thème central de cette saga familiale. Deux formes de spiritualité sont opposées l’une à l’autre : la spiritualité ancestrale avec ses rites et traditions et la spiritualité chrétienne, celle qui a été apportée par le colon. La majorité des personnages revendique une spiritualité africaine, un retour aux sources.

L’auteure aborde d’autres sujets comme l’extrémisme religieux, le tribalisme, l’inceste, la virilité telle que perçue par la société, l’homosexualité. Le point de vue ougandais selon lequel l’homosexualité n’est pas une exportation occidentale aurait pu être davantage développé.

Kintu est un livre intéressant pour qui désire avoir un aperçu de l’histoire politique de l’Ouganda et ses coutumes. 

Kintu est un livre percutant pour qui s’intéresse vivement aux effets de la colonisation, à la place de la spiritualité africaine dans le monde contemporain.  

– Tu vois, commença Misirayimu, c’est exactement ce qui se passe quand une société est paralysée par le concept d’un Dieu tout-puissant. Qu’est-ce qui peut empêcher ses chefs de prendre exemple sur Lui ? Peut-on critiquer son propre Dieu ? Peut-on Lui demander des comptes ? Les croyants ont tendance à singer leur divinité mais de façon pervertie.

J’ai beaucoup apprécié cet article de Miisi 

Contrairement au reste de l’Afrique, le Buganda se laissa attirer sur la table d’opération par des flatteries et des promesses. Le protectorat était la chirurgie plastique censée conduire plus rapidement le corps africain léthargique à la maturité. Mais une fois son patient sous chloroforme, le chirurgien fut libre de faire ce qui lui chantait. D’abord, il sectionna les bras et les jambes puis mit les membres noirs dans un sac-poubelle avant de les jeter. Il prit ensuite des membres européens et entreprit de les greffer sur le torse noir.

Quand l’Africain se réveilla, l’Européen s’était installé chez lui. Bien que l’Africain ait été trop faible pour se lever, il dit tout de même à l’Européen : “Je n’aime pas ce que tu es en train de faire, mon ami. Sors de chez moi, s’il te plaît.” Mais l’Européen répondit : “J’essaie seulement de t’aider, mon frère. Tu es encore trop faible et trop groggy pour t’occuper de ta maison. Je vais m’en occuper en attendant. Quand tu seras complètement rétabli, je te promets que tu travailleras et que tu courras deux fois plus vite que moi.” Mais le corps africain rejeta les membres européens. L’Afrique dit qu’ils sont incompatibles. Les chirurgiens disent que l’Afrique est sortie de l’hôpital trop tôt et que c’est pour cela qu’il y a une hémorragie. Il lui faut une intraveineuse beaucoup plus régulière de sang et d’eau. L’Afrique dit que le sang et l’eau sont trop chers. Les chirurgiens disent : “Mais non, nous avons fait la même chose avec l’Inde, et regarde comme elle court vite.”
Quand l’Afrique se regarda dans le miroir, elle se trouva hideuse. Elle regarda dans les yeux des autres pour voir comment ils la voyaient : il y avait de la révulsion. Cela donna à l’Afrique la permission de s’automutiler et de se haïr. Parfois, quand le monde a le dos tourné, les chirurgiens remuent le couteau dans les plaies de l’Afrique.
Quand elle tombe, les chirurgiens disent : “Vous voyez, on vous avait dit qu’ils n’étaient pas prêts.” Nous ne pouvons pas retourner sur la table d’opération pour réclamer les membres africains. L’Afrique doit apprendre à marcher sur des jambes européennes et à travailler avec des bras européens. Avec le temps, les enfants naîtront avec des corps évolués et avec le temps, l’Afrique évoluera en fonction de sa nature d’ekisode et prendra sa forme la meilleure. Mais celle-ci ne sera ni africaine ni européenne. Alors la douleur s’estompera.

La structure du récit est complexe, il y a de fréquents aller-retour entre le passé et le présent des descendants de Kintu Kidda. Le niveau de langue est accessible et je parle bien entendu de la traduction française mais certains termes en luganda ne sont malheureusement pas traduits. 

 

Christmas

Roman présélectionné pour le Prix les Afriques 2020

Éditeur : Métailié

Date de publication : Août 2019

Nombre de pages : 480

Disponible aux formats papier et numérique 

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TTL 52 : Buildings sur fondation de sable

Thème de cette semaine : Livre dédicacé

Buildings sur fondation de sable de l’apôtre professeur Tchotche Mel Félix a été une évidence pour ce thème.

Le 25 mai dernier, j’ai été invitée à la cérémonie de dédicace de ses cinq livres spiritualo-religieux à dimension sociale et fondés sur le Bonheur Partagé :

  • Ma Marche avec Israël : une Grâce pour le Bonheur Partagé,
  • Belle épopée du Silence Spirituel,
  • Espérance pour une Afrique au Bonheur Partagé,
  • L’Ultime Alliance ou la Pâque Nègre,
  • Buildings sur Fondation de Sable

 

Ma mère a acheté l’espérance pour une Afrique au Bonheur Partagé et mon père Ma Marche avec Israël : une Grâce pour le Bonheur Partagé. L’Ultime Alliance ou la Pâque Nègre étant déjà dans la bibliothèque familiale, j’ai acheté Buildings sur Fondation de Sable et j’ai bien entendu eu mon exemplaire dédicacé.

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Depuis quelques temps déjà, l’atmosphère politico-sociale s’est alourdie dans le carré éburnéen. D’incessants et persistants bruits courent, relatifs à un exceptionnel remaniement ministériel Toute cette ébullition est savamment entretenue par « Radio Treichville  » qui a donné au pays, l’habitude de se positionner en précurseur des grandes et dignes nouvelles régissant la vie nationale. Aussi, toute la population dans cette psychose, commençait-elle à traduire en sourdine au seuil suffisamment perceptible, une naturelle et compréhensible impatience. Et un matin, les nouvelles se sont amplifiées à telle enseigne que l’heure du remaniement a fini par être su de façon officieusement sûre. Ainsi, tous les postes de radio ont été mis en marche dans les champs, dans les usines, dans les bureaux, dans les écoles, etc. Chacun des habitants du pays béni de DIEU qui est lent à la colère et riche en bonté, veut être témoin oculaire et historique de ce qui est annoncé comme du jamais vu depuis dix-huit ans d’indépendance nationale. Ce matin donc du 20 Juillet 1977, la Radio Diffusion Nationale, Radio d’Etat, a volé la vedette à sa consœur Radio Treichville qui n’a ni studio, ni équipement technique, ni techniciens, ni journalistes, ni reporters, ni programme, mais qui demeure sa très vive concurrente circonstancielle n’existant que grâce à la prégnance des rumeurs sur les sujets d’importance capitale diffusés de bouche à oreille.

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La 4e de couverture est trompeuse. Ce n’est pas le résumé de l’histoire en elle-même mais plutôt un préambule au récit. Par conséquent, j’ai été un peu déçue.

Je m’attendais à des remous par rapport au remaniement ministériel annoncé mais ce récit est plutôt celui de Bibem Obognes.

Ce jeune homme, originaire d’un village du sud de la Côte d’Ivoire va être recruté comme tirailleur lors de la 2e guerre mondiale. De retour au pays, il s’installera en ville, aura une ascension sociale bien au-delà de ses compétences. Il va se révéler cupide, ingrat envers sa communauté et se croyant maître des destins de ses enfants. La vie lui donnera une belle leçon….

L’un des personnages secondaires intéressants de ce livre est Ton-n’obouel, l’ami du fils  aîné de Bibem Obognes. Ton-n’obouel, double littéraire de l’auteur, va expérimenter des difficultés, des coups bas, embûches tout au long de son parcours. Il sera victime d’accusations mensongères, de rejet mais va faire preuve de persévérance, d’abnégation et d’un optimisme sans faille. Une force de caractère qu’on ne peut qu’admirer.

« Il compte avec force en l’irréversibilité du triomphe de la vérité sur le mensonge, du bien sur le mal.. ». – page 167

 

 

Ce n’est pas la lecture de l’année mais tout de même une sympathique lecture. Il me tarde de lire les autres œuvres de l’auteur.

Pour en savoir plus sur lui, cliquez ICI

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

 

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La Maison aux esprits d’Isabel Allende

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Entre féerie et cauchemar la saga de la famille Trueba avec son chef Esteban, riche propriétaire parti de rien, tyran familial et sénateur musclé, sa femme Clara hypersensible et qui dialogue volontiers avec les esprits et une foule de personnages, enfants légitimes ou non, employés, paysans. Portrait d’un pays passé sans transition des traditions rurales à l’horreur des tyrannies modernes. Premier roman de la nièce de l’ancien président du Chili.

 

l'Afrique écrit

Les personnages étant nombreux, il m’a fallu du temps pour les identifier. Mis à part ce fait, je suis entrée sans difficulté dans le récit. L’humour est présent dès les premières lignes. La petite Clara et son don de voyance apportent une touche magique à l’histoire.

Rosa, sa grande sœur a un fiancé : Esteban Trueba. Leur mariage n’aura malheureusement jamais lieu. Lorsque Rosa s’éteint, le jeune homme devient un féru du travail. Il devient un propriétaire terrien qui ne badine pas avec son autorité et se croit tout permis avec les femmes. Lorsque ses pas croisent ceux de Clara, on s’imagine qu’il va s’attendrir mais ce n’est pas le cas.

 

Esteban et Clara vont construire une famille que l’on va voir évoluer au fil des pages. Elle mène son petit bout de chemin jusqu’au jour où Esteban entre en politique. Capitaliste jusqu’au bout des ongles, il va lutter jusqu’à la limite du possible pour empêcher la montée du communisme.

La justice ! Est-ce que ce serait juste que tout le monde ait la même chose ? Les flemmards, la même chose que ceux qui triment ? Les abrutis, la même chose que les gens intelligents ? Ça n’existe même pas chez les bêtes ! Ça n’est pas une question de riches et de pauvres, mais de forts et de faibles. Je suis tout à fait d’accord pour que chacun se voie accorder les mêmes chances, mais ces types-là ne font aucun effort.

Cette belle saga familiale décrit les chamboulements d’une famille mais aussi de la nation chilienne. Il y a d’intenses moments d’amour, de passion dévorante, silencieuse. Il y a des pleurs, des drames, des abus, de la violence, de la souffrance. Je n’imaginais pas en débutant le livre qu’il aurait une fin si déchirante.

Les personnages tant principaux que secondaires sont attachants. Chacun a une personnalité qui lui est propre. Esteban Trueba a un humour mordant, on l’aime et on le déteste à la fois. Transito Soto m’a également fait rire avec sa coopérative de prostituées mâles et femelles. 

On passe tellement de temps avec ces personnages (le roman fait plus de 500 pages) qu’on a l’impression de quitter des personnes intimes en fin de roman.

J’ai apprécié ce voyage en Chili. L’écriture d’Isabel Allende est charmante, fluide, poétique.

Allez, une dernière citation tirée du livre pour se dire au revoir 😀

Notre Sainte Mère l’Eglise est de droite, mon fils, mais Jésus-Christ a toujours été de gauche.

 

GM signature

 

 

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Evangelia de David Toscana, un livre audacieux

Et si l’ange Gabriel avait failli, oubliant de se préoccuper d’un détail anodin : le sexe du divin Enfant ? Voilà ce qui arrive quand on ne fait pas les choses soi-même et qu’on envoie un ange jouer les marieuses. Ainsi naquit Emmanuelle, fille de Dieu, dont la vie promet de ne pas être un long fleuve tranquille. Il va lui falloir faire ses preuves auprès de son irascible Père qui est aux cieux, s’imposer en icône révolutionnaire à Jérusalem pour que les prophéties s’accomplissent, malgré l’inénarrable misogynie ambiante et les embûches semées par son frère cadet, Jacob, bientôt connu sous le nom de Jésus…

l'Afrique écrit

C’est en parcourant le catalogue Zulma que j’ai découvert ce roman. Il a rapidement intégré ma wishlist. Le projet de l’auteur attisait ma curiosité. 

Evangelia est une parodie des mystères du christianisme. La foi judéo-chrétienne est présentée telle que l’athée la conçoit : ensemble de choses illogiques, aberrantes. 

Ce roman met en évidence toutes les questions philosophiques sur l’existence, le caractère de DIEU, les paradoxes de la bible qui sont dénués de sens lorsqu’on ne prend pas la peine de les approfondir. Il met également en évidence tous les défauts rattachés à notre humanité notamment ce que Jésus aurait fait s’il était 100% homme.

J’ai lu ce roman en prenant beaucoup de recul par rapport à ma foi. Même si certains éléments de l’évangile sont détournés de leur sens d’origine et mis hors contexte, j’ai apprécié ma lecture car ce roman remet en question la société patriarcale où la femme n’a pas son mot à dire.

Il exhorte à laisser plus de place aux femmes et à reconnaître leur valeur et importance.

J’ai beaucoup ri des actes de chacun des personnages de cette fabulation. Comme dirait l’éditeur, ce roman est un pari fou relevé avec un talent inouï. Un monument irrésistible d’érudition, d’humanité et de drôlerie.

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Ce roman conviendra parfaitement aux athées, philosophes et féministes.

 

Christmas

 

Roman traduit de l’espagnol (Mexique) par Inés Introcaso

Nombre de pages : 432
Paru le 18 Janvier 2018

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Vert Cru de Touhfat Mouhtare

Un été qui démarre comme tant d’autres. Un vol qui ne se passe pas comme prévu. Une tragédie qui laisse une population et de nombreuses vies bouleversées, dont celle de Rhen, orpheline d’un père adoptif et désormais orpheline de ses origines. Un accident qui la force à faire face à ces questions qu’elle n’osait pas poser, qu’elle enfouissait chaque jour un peu plus en espérant secrètement n’avoir jamais à les poser. De retour sur ces terres qui l’ont vu naître, elle va devoir affronter toutes ces vies qui, au-delà de son existence, ont été profondément marquées par celle de sa mère…

Un résumé en apparence banal. Il sera question de famille, d’origine, de retour aux sources. Je prends un ticket. Dans mon cœur s’agite l’excitation des friands de destination inconnue.

Je découvre Rhen et le contact s’établit très vite. Notre héroïne est sourde-muette, annonce l’originalité.

Avec Rhen, je débarque aux Comores.  Son histoire (j’ignorais par exemple le conflit entre comoriens et malgaches), sa gastronomie, ses us et coutumes sont décrits avec poésie. Je découvre une société esclavagiste, traditionnelle où ceux qui ont la peau foncée ne sont pas adulés. Je découvre également la condition féminine aux Comores.

Dans cette société traditionnelle clanique,  le mariage n’est pas qu’une affaire de couple, c’est une affaire familiale. Des mariages se font à l’intérieur d’une même ethnie pour qu’elles ne s’éteignent pas.

Des femmes qu’on force à devenir épouse, qui n’existent pas pour elles-mêmes mais pour leurs maris, enfants, familles.

Déjà femme, mais ne s’appartenant pas en propre, la femme était la propriété de trois hommes : son père, son frère et son oncle maternel

 

Les abus physiques et moraux qu’elles subissent sont exposés, décriés.

Vert Cru conte plusieurs vies de femmes  : Urango, Sikidju, Ma Umuru, Majdouline, Belle, Arafa, Dalida, Faïrûz.

Des vies d’hommes également : maître Habib Mhudîn, Aziz, Shabane, Kazana.

On est un peu perdu avec la multiplicité des personnages, les références à la culture comorienne, on n’arrive pas à situer l’histoire dans le temps à certains moments du récit, il y a quelques points d’incompréhension notamment sur la première fille de Sikidju mais ce roman offre un bon moment de lecture. Il regorge de surprises.

J’ai beaucoup apprécié la reconstitution des liens qui unissent les différents personnages. Le fantastique intervient dans ce roman et il n’est pas déplaisant. Le mysticisme, l’islam et l’animisme se côtoient.

Vert Cru est un roman intéressant car il évoque les amours contrariés, aborde des questions féministes, questions de foi, de communautarisme, d’ouverture à l’autre. Il souligne l’importance du dosage dans nos sociétés traditionnelles.

Il est surtout un plaidoyer pour l’affranchissement de la sujétion.

Un amour interdit Alyssa Cole

[…] que mon intelligence ne servira que mon pays et les générations à venir dans mon pays, car nous sommes tellement à plaindre, tellement pauvres, car il y a tant à faire ici. Il y a tant à faire que rêver d’ailleurs c’est faire acte de trahison. Tu comprends ? Ici, toute envie d’évasion est une trahison. Il faut servir son pays, il faut servir la cause nationale. Nous sommes le peuple le plus patriote d’Afrique.

 

[…] en marchant sur l’esplanade de la Défense, ce soir-là, en direction de la bouche de métro, elle fulminait contre l’esprit communautaire qui s’emparait des gens dès qu’ils s’exilaient de leur pays d’origine, incapables de se mêler à l’Autre. Les Turcs se rapprochaient des quartiers où vivaient les Turcs, les Comoriens des quartiers où vivaient les Comoriens, et les Chinois alignaient leurs commerces là où le vent semblait le plus favorable.

 

Quand on veut créer son paradis, on le cultive petit à petit, et il finit par émerger du sol. 

 

L’âme qui nous complète n’est pas toujours faite pour nous épouser. Elle peut être une amie, un frère, une sœur, ou un époux.

 

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Prières de sang de Olivier Casaliva

Roman lu grâce au concours estival organisé l’an dernier en partenariat avec Publishroom.

Couverture Prières de Sang

Louis est un jeune prêtre dans le village de Saint-Martin. Un prêtre pur, passionné de Dieu et des affaires spirituelles, attentif aux besoins des paroissiens. Il a une pureté enviable.

Il mène paisiblement sa vie de prêtre jusqu’au jour où il rencontre Eléonore. A partir de cet instant, des choses pas nettes se déroulent au village. A l’orphelinat, il n’y a plus de discipline, les enfants deviennent turbulents. Les adultes deviennent exhibitionnistes, lubriques. La violence et la colère remplissent le cœur des habitants. Les âmes deviennent corrompues.

Qui est à l’origine de ce vent de corruption ? Louis et son ami François vont unir leurs forces pour comprendre ce qui est en train de se passer et tenter de trouver une solution pour sauver les âmes.

Louis va devoir lutter contre la tentation sexuelle et il n’est pas le seul. On se met à prier pour qu’ils résistent, on est traversé par le chagrin lorsqu’ils échouent. On cherche une porte de secours. On se demande par quel moyen arrêter la propagation du mal. Une fois qu’on pense l’avoir muselé, il trouve une faille et revient plus fort.

La chrétienne que je suis a beaucoup aimé cette lutte entre le bien et le mal, une lutte de chaque instant, question de tous les temps. J’ai apprécié cette mise en avant des vertus telles que la pureté, le pardon, la maîtrise de soi, une sexualité contrôlée et non débridée. Ce n’est pas le message à la mode et j’aime tout ce qui n’est pas à la mode.

J’ai été choquée par la salacité des personnages. L’homme livré à ses propres désirs est méconnaissable, terrible.

Je suis restée sur ma faim. J’avais faim d’angoisse, de frayeur. Je n’ai pas été servie à la grandeur de ma faim. Celui qui représentait le Mal n’était pas effroyable.

Le Mal se concentre essentiellement sur le sexe. J’ai trouvé le schéma un peu simpliste. L’auteur avait la matière pour corser l’intrigue, qu’elle soit encore plus étonnante.

Le récit s’achève sur une attaque de l’ennemi encore plus féroce. Moi qui pensais qu’on en avait fini avec lui… Aucune information sur une suite de l’histoire n’est donnée. Est-ce une fin ouverte ou un cliffhanger ? L’avenir nous le dira.

La plume de l’auteur est fluide, les descriptions abouties et donnent l’impression au lecteur de faire partie du village.

Prières de sang est un bon roman fantastique qui satisfera les férus du genre.

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Throwback Thursday Livresque 26 : en quête de repos

Throwback Thursday Livresque me revoilà ! Le thème de cette semaine est : Ma plus belle histoire de quête (qu’importe la quête)

 

J’ai tout de suite pensé à un livre que j’ai reçu il y a 5 ans quand je quittais Nantes pour Paris, un livre que j’ai reçu de ma responsable de GBU (Groupe Biblique Universitaire) :

 EN QUÊTE DU REPOS DE HANS BÜRKI

Illustrées de photos à dominante aquatique, ces pages présentent les méditations de quelques versets extraits de 12 Psaumes, choisis en fonction du thème de la quête du repos, de la paix, de la tranquillité, du silence. Autant de pauses bienfaisantes qui résonnent comme un appel à vivre dans un esprit sabbatique.

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Le monde d’aujourd’hui nous conduit dans un rythme effréné où il faut être à la hauteur, inspirer, faire partie des influenceurs. Il nous oblige souvent à être en compétition avec les autres. 

Dans ce monde, la sécurité devient un bien rare. Sécurité tant physique que spirituelle. 

Ce monde et les vicissitudes de la vie angoissent souvent. Qui n’a jamais été stressé ? Qui n’a jamais éprouvé d’inquiétude ? Qui n’a jamais eu peur ? Qui n’a pas envie d’être en paix ?

Ce livre est apaisant, les images de la nature associées au texte donnent un sentiment d’évasion.

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Ce livre donne des pistes pour retrouver son calme intérieur. Il nous appelle à faire une pause, à prendre conscience de la vanité de nos préoccupations, à dire clairement NON à tout ce qui veut voler notre calme.

Il nous exhorte à imposer le calme et le silence à notre âme, éviter de ressasser en nous la source de l’angoisse. Mettre notre pleine confiance en celui qui est INFINI, nous reposer en Lui et expérimenter cette tranquillité surnaturelle comme le dit ce verset que je ressasse dans mon cœur dans les jours de trouble 

Philippiens 4 verset 6 à 7

Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ.

 

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En quête du repos est un beau cadeau, un joli sentier de méditation, un remarquable instant de silence dans ce tumulte de la vie, une pause bienfaisante. Je le recommande à ceux qui sont en quête de repos.

Et vous, quelle est votre plus belle quête ?

GM signature

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La cueilleuse de thé, portrait d’une femme forte

Couverture Cueilleuse de thé

Au Sri Lanka, l’ancien Ceylan, Shemlaheila est cueilleuse de thé dans une plantation. Depuis dix ans déjà, elle ploie sous les lourds sacs de feuilles de thé et sous le joug des contremaîtres, mais, à l’aube de ses vingt ans, la jeune femme a d’autres rêves. Elle est bien décidée à partir, à échapper à la condition de celles qui, dans les théiers et dans les maisons, sont au service des hommes. Elle ne sera pas cueilleuse de thé toute sa vie, comme sa mère, comme toutes ces femmes asservies qui n’ont d’autres horizons que les interminables rangées de théiers…

Du Sri Lanka à Londres, à la découverte d’un pays complètement différent du sien, Shemla va découvrir une autre culture, d’autres personnes et surtout d’autres envies. La cueilleuse de thé qu’elle a toujours été choisira-t-elle de revenir au pays, ou de se créer une nouvelle vie ?

l'Afrique écrit

J’ai éprouvé beaucoup de peine pour Pokonaruya, cueilleuse de thé, victime d’un mariage arrangé. Elle est brimée par sa belle-mère et son époux de pacotille Datu-Guemi, un homme détestable au plus haut point. J’ai adoré la punition qu’a réservé Shemlaheila à ce dernier. Cet homme méritait le pire, il a humilié tant de femmes !

J’ai admiré la force de Shemlaheila, son NON catégorique face à la fatalité. Elle sait qu’elle a le pouvoir de changer son destin, celui qu’on colle par facilité aux femmes. Elle veut vivre sa vie, ses rêves et elle s’en donne les moyens même quand le parcours est difficile.

C’est une femme attachée à ses racines, forte, courageuse, une féministe comme on les appelle aujourd’hui. Elle est déterminée et non bornée. Elle réajuste ses ambitions quand il le faut. 

Avec elle, j’ai revu mon aventure d’immigrée, le bonheur des rencontres, la richesse d’une culture différente de la mienne. 

Plus tard, viendraient l’exaltation du retour, la joie de son enrichissement, la gratitude pour ce qu’elle était devenue. Elle n’avait pas seulement appris la langue, elle n’avait pas seulement engrangé des connaissances, elle avait appris la liberté d’être femme.

Son histoire d’amour n’était pas évidente. L’auteure m’a mise sur une fausse piste, a réussi à créer la surprise. Eh oui, une histoire d’amour peut en cacher une autre.

Par contre, je suis restée sur ma faim. Il y a quelques instants d’amour mais ils sont brefs. J’aurais voulu en savoir plus sur l’histoire d’amour de Shelma et D.

J’ai moins aimé la fin, je l’ai trouvé très précipitée.

Le livre est plutôt axé sur la quête d’indépendance de Shelma que sur l’amour. Ce n’est pas de la romance mais ça ne veut pas dire que ce n’est pas du romantisme. 

Cueilleuse de thé est très complet en terme de romantisme. Il en respecte les thèmes et principes à savoir la mélancolie, la nostalgie, le moi en souffrance, la nature, le désir de fuite, le voyage, le rêve et la spiritualité.

 

CONCLUSION : Ce livre nous rappelle les conditions des femmes dans le monde qui doivent être améliorées. Les femmes doivent pouvoir jouir de leurs droits, les hommes doivent arrêter de croire que le corps des femmes leur appartient, les jeunes filles doivent étudier et non se marier si tôt.

Ce roman est à lire et à faire lire à toutes les femmes qui luttent pour que d’autres femmes soient libres et heureuses. 

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Throwback Thursday Livresque #14 – Un livre jamais chroniqué sur votre blog et pourtant apprécié

Voici le Throwback Thursday Livresque ! Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram mais vraiment concentré sur les livres !

Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à vos lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

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Le thème de cette semaine est : un livre jamais chroniqué sur votre blog et pourtant apprécié.

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Pour ce thème, j’ai choisi…. L’alchimiste (Editions France Loisirs).

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Résumé

Merveilleux conte philosophique, ce récit narre la quête de Santiago, jeune berger andalou à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Initié par l’alchimiste, rencontré dans le désert, le jeune homme apprendra à écouter son propre cœur, à retrouver ses envies profondes et à prendre le chemin de l’accomplissement de son rêve.
Quête humaine bouleversante, une ode à la vie à lire, relire et à offrir à ceux qu’on aime.

Au début, j’étais un peu perdue.  L’alchimie et toutes ces théories, je n’y connaissais rien. Petit à petit, le voyage initiatique  de Santiago m’a poussé à faire mon propre voyage. 

Le rêve que poursuit Santiago m’a projetée dans l’univers de mes propres rêves et espoirs.

Par son voyage initiatique, j’ai refléchi, je me suis interrogé, je suis partie à ma recherche. 

Santiago est prêt à tous les sacrifices pour réaliser son rêve. Suis-je aussi passionnée par mes rêves ? Est-ce que je me donne les moyens de les réaliser ? Est-ce que j’écoute mon coeur ? Suis-je sensible à tout ce qui m’entoure ? Comment est-ce que je traite mon présent ?

« C’est dans le présent que réside le secret ; si tu fais attention au présent tu peux le rendre meilleur. Et si tu améliores le présent, ce qui viendra ensuite sera également meilleur. Oublie le futur et vis chaque jour de ta vie selon les enseignements de la Loi, et en te fiant à la sollicitude de Dieu à l’égard de ses enfants. Chaque jour porte en lui l’Eternité. »

Le bonheur est-il une destination ? 

Si tu veux comprendre le mot bonheur, il faut l’entendre comme une récompense et non comme un but.

La vie de chacun de nous a un sens, à nous de le découvrir !

Chacun de nous a sa Légende Personnelle, à nous de la vivre !

L’alchimiste est un roman à lire en prenant son temps. C’est un livre délicat, reposant, spirituel, optimiste que j’aurais chroniqué sur mon blog si je l’avais créé au 1er semestre 2013. 🙂

Tout ce qui arrive une fois peut ne plus jamais arriver. Mais tout ce qui arrive deux fois arrivera certainement une troisième fois.

« Une quête commence toujours par la Chance du Débutant. Et s’achève toujours par l’Epreuve du Conquérant. »

Quel livre auriez-vous choisi pour ce thème ? Avez-vous des romans sur la quête intérieure / épanouissement personnel à me recommander ?

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Cet article est également écrit dans le cadre du challenge d’écriture du Café des blogueuses sur le thème lecture

Toujours dans le cadre du challenge, je vous mets trois liens de blogueuses dont j’apprécie le travail. 

Dessins sans gluten – Journal de l’aurore – My trendy Lifestyle

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Publié dans Interviews, Quand on est célib'

Le célibat est un état, pas une identité

Isabelle Moumié est une maman trentenaire camerounaise. Calme, rêveuse, et simple, elle est célibataire depuis 6 ans. J’ai découvert son blog grâce à sa puissante Lettre aux femmes célibataires.

 

Rencontre avec une femme dont « la passion est d’aider les personnes à être plus épanouies dans leurs vies spirituelles et émotionnelles, grâce au renouvellement de l’intelligence. »

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Isabelle, pour toi, c’est quoi la solitude ?

C’est me retrouver avec moi-même. C’est une bulle d’oxygène, pas une finalité.

A quoi pourrais-tu associer le célibat ?

Une solitude positive.

Nouvelle réforme de l’orthographe : le mot célibat est banni. Par quoi le remplacerais-tu ?

Je ne sais pas,… Singulier ?

 Quelle est ta fierté en tant que femme ?

Etre une femme inspirée et inspirante.

Te sens-tu différente des autres femmes parce que tu es célibataire ?

Parfois. 

Comment gères-tu tes complexes ?

Quel complexe ? Celui d’être célibataire ? Déjà je ne le considère plus comme un complexe. J’essaie d’en tirer le maximum de profit.

Quel est le sentiment qui t’a animée les premiers jours après t’être retrouvé célibataire ?

Le soulagement.

Ces sentiments t’habitent-ils aujourd’hui ?

Parfois encore oui. Je désire me remettre en couple, mais parfois je suis soulagée de ne pas l’être !

Pourquoi ?

Peut-être un peu la peur de devoir réaménager ses habitudes en considérant la présence de l’autre. Car on finit par s’habituer au célibat !

Depuis que tu es célibataire, quel est ton plus grand regret ?

Ne pas m’être séparée plus tôt.

Vis-tu plus ta vie de mère que ta vie de femme ?

Il me semble que oui.

 

Comment ta famille ou tes amis perçoivent ton célibat ?

Ils souhaitent que je rencontre un homme avec qui former un couple. Certains pensent que je rate ma vie en restant célibataire. D’autres veulent juste que je sois heureuse, célibataire ou pas. Alors je me confie en Dieu et me concentre sur ce qui m’épanouit et me rend heureuse.

Qu’apprends-tu  pendant cette période ?

J’apprends à mieux me connaître et à assumer pleinement qui je suis. Je gagne en assurance. J’ai compris que j’étais beaucoup plus forte que je ne le pensais, que je pouvais avoir confiance en mes idées, et que je pouvais être fière de qui je suis.

Quelle est ta fidèle habitude depuis que tu es célibataire ?

Lire et écrire.

Quel est ton secret pour être une célibataire heureuse ?

Faire ce qui m’épanouit et me permet d’exprimer ma véritable personnalité.

Et qu’est-ce qui t’épanouit ?

Ecrire, écouter pour conseiller, chanter et danser !

Je suppose que la chair veut reprendre le dessus parfois. Comment fais-tu pour ne pas vivre dans la fornication ?

Ma relation avec le Seigneur est devenue vitale ! Donc je bannis déjà de mon cœur l’option fornication. Ça aide énormément d’être très claire avec soi-même sur ce point. Quand mon corps se réveille trop là, faire de l’exercice physique m’aide à évacuer la tension !

Que dirais-tu aux femmes qui vivent mal leur célibat ?

Je leur dirai que tant qu’elles se focalisent sur le célibat, il restera à leurs yeux un problème. Le célibat est un état, celui d’une personne qui n’est pas marié, pas une identité ! On ne se définit pas par rapport à son statut matrimonial.

Si tu croisais la femme que tu étais hier dans la rue qu’est-ce que tu lui dirais ?

Epanouis toi, apprends à te connaître et à grandir. Découvre ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas. Sois libre d’être toi-même.

Propos recueillis par Grâce Minlibé – copie interdite sans son autorisation ou celle de l’interviewée.

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Pour aller plus loin avec Isabelle,

http://lesnotesdisa.com/dans-ma-detresse-il-ma-secourue/

http://lesnotesdisa.com/comment-etre-liberee-dune-dependance-affective/

http://lesnotesdisa.com/la-guerison-des-coeurs-brises/

http://lesnotesdisa.com/ote-ta-carapace-d-invulnerabilite/

 

 

Pour vous procurer l’e-book d’Isabelle, c’est par ICI

 

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