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Throwback Thursday Livresque 24 : Mon époque préférée

Cette semaine, notre rendez-vous préféré du jeudi a pour thème : Mon époque préférée.

J’aime bien l’époque de la monarchie française. Je m’imaginais souvent invitée au bal au palais du roi, faire les longs voyages en calèche 😀

Côté littérature ou peinture, mon époque préférée est celle du 19e siècle, celle qui a vu naître mon cher   Alfred de Musset et des peintres talentueux comme Van Gogh.

Self-portrait with Felt Hat by Vincent van Gogh.jpg

 

J’ai été impressionnée par ses œuvres lors de ma visite au musée d’Orsay en 2011. J’ai même acheté une reproduction de son tableau la Nuit étoilée. Un ami cher à mon cœur m’a offert ce jour-là le livre qui regroupe les correspondances du peintre à son frère Théo.

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Quatrième de couverture

Traduit du néerlandais par Louis Roëdlant Introduction et chronologie par Pascal Bonafoux La première lettre de Vincent Van Gogh à son frère Théo, datée d’août 1872, est envoyée de La Haye. Il a dix-neuf ans. Il ne sait pas qu’il va peindre. La dernière lettre, inachevée, Théo la trouve dans la poche de Vincent qui s’est tiré une balle dans la poitrine le 27 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise. Des dizaines de toiles encombrent sa chambre. Presque quotidiennement, dix-huit ans, Vincent a écrit à Thëo. Et Vincent écrit à propos de tout à Théo comme il lui envoie toutes ses toiles. Il lui montre ce qu’il peint comme ce qu’il est. Ces lettres incomparables – des récits, des aveux, des appels – sont nécessaires pour découvrir le vrai Van Gogh devenu mythe… Il n’est pas un peintre fou. Au contraire, solitaire, déchiré, malade, affamé, il ne cesse d’écrire, lucide, comme il traque la lumière.

 

J’ai lu ce livre de plus de 500 pages avec beaucoup d’engouement. Je l’ai savouré à petites doses. Il m’a servi de compagnon lors de mes trajets en RER.

Il est émouvant.

Le souffle d’espérance qu’il porte est beau et touchant.

On devient l’intime du peintre. Van Gogh dévoile sa sensibilité, ses doutes, ses espoirs, ses sources d’inspiration, sa profonde mélancolie engendrée par les échecs, les vicissitudes de la vie, son envie de jours meilleurs. 

On est ébloui par sa nécessité d’être aimé, soutenu par ceux qui comptent pour lui, la puissance de son amour fraternel, l’importance qu’il accorde à une affection profonde, sérieuse.

J’ai refermé ce livre avec un pincement au cœur. 

Cette correspondance de plus de 652 lettres a été une source d’inspiration pour moi. L’un des poèmes de Chimères de verre a pour titre SORROW, le nom de l’un des tableaux du peintre.

Je recommande ce livre à tous les passionnés d’art, aux âmes sensibles, à ceux qui perçoivent la beauté dans la tragédie.

 

Contemple les belles choses le plus possible, la plupart n’y prêtent guère attention

 

Ayez plus d’espérance que de souvenirs ; ce qu’il y a eu de sérieux et de béni dans votre vie passée n’est pas perdu

 

Tenir le présent et ne pas le laisser s’envoler sans s’efforcer d’en extraire d’abord quelque chose

 

Il doit être bon de mourir avec la conscience d’avoir fait quelque chose de bien dans sa vie, d’être assuré de survivre au moins dans le souvenir de quelques personnes, et de léguer un exemple à ceux qui viendront ensuite

 

Il n’ y a rien de plus réellement artistique que d’aimer les gens.

 

Aimez-vous les tableaux de Van Gogh ? Quel roman auriez-vous proposé pour le thème de cette semaine ?

 

signature coeur graceminlibe

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Throwback Thursday Livresque 13 – Girl Power

Voici le Throwback Thursday Livresque !

Conçu sur le même principe que le Throwback Thursday d’Instagram mais vraiment concentré sur les livres !

Ce que permet ce rdv ? De ressortir des placards des livres qu’on aime mais dont nous n’avons plus l’occasion de parler, de faire découvrir des livres à vos lecteurs, de se faire plaisir à parler de livres !

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Cette semaine, le thème est Girl Power (féminisme ou des romans avec un personnage principal féminin) proposé par La tête en Claire

 

girlpower

Puisqu’on est le lendemain de la journée de la femme, j’ai choisi de vous présenter un livre à l’univers très féminin : 

Une si longue lettre de Mariama Ba

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Une si longue lettre est une oeuvre majeure, pour ce qu’elle dit de la condition des femmes. Au coeur de ce roman, la lettre que l’une d’elle, Ramatoulaye, adresse à sa meilleure amie, pendant la réclusion traditionnelle qui suit son veuvage.
Elle y évoque leurs souvenirs heureux d’étudiantes impatientes de changer le monde. Elle rappelle aussi les mariages forcés, l’absence de droit des femmes comme le droit à l’éducation. Et tandis que sa belle-famille vient prestement reprendre les affaires du défunt, Ramatoulaye évoque alors avec douleur le jour où son mari prit une seconde épouse, plus jeune, ruinant vingt-cinq années de vie commune et d’amour.
La Sénégalaise Mariana Bâ est la première romancière africaine à décrire avec une telle lumière la place faite aux femmes dans sa société.
Ce puissant livre parle des douleurs et des espoirs d’une femme. Il exhorte les femmes à s’impliquer de plus en plus à la gestion des choses publiques, à dire non quand il le faut.
J’ai lu cette oeuvre au collège et elle m’a laissé un bon souvenir. Cette longue lettre est touchante, pleine de sensibilité. J’ai aimé le ton doux amer de l’oeuvre. J’ai eu mal au coeur en voyant tous les combats à mener pour une  meilleure valorisation de la femme en Afrique. Le statut de veuve en Afrique est parfois si éprouvant. Souvent, la belle-famille vous spolie, vous humilie, c’est écoeurant. 
Une si longue lettre est une oeuvre à lire et à faire lire. J’espère que vous l’inscrirez dans votre PAL. 🙂
Et dire que j’ai aimé cet homme, dire que je lui ai consacré trente ans de ma vie, dire que j’ai porté douze fois son enfant. L’adjonction d’une rivale à ma vie ne lui a pas suffi. En aimant une autre, il a brûlé son passé moralement et matériellement, il a osé pareil reniement… et pourtant. Et pourtant que n’a-t-il fait pour que je devienne sa femme !
 Alors que la femme puise, dans le cours des ans, la force de s’attacher, malgré le vieillissement de son compagnon, l’homme, lui, rétrécit de plus en plus son champ de tendresse. Son œil égoïste regarde par-dessus l’épaule de sa conjointe. Il compare ce qu’il eut à ce qu’il n’a plus, ce qu’il a à ce qu’il pourrait avoir.
Il faut inciter la femme à s’intéresser davantage au sort de son pays. Même toi qui rouspètes, tu as préféré ton mari, ta classe, les enfants à la chose publique. Si des hommes seuls militent dans les partis, pourquoi songeraient-ils aux femmes? La réaction est humaine de se donner une large portion quand on partage le gâteau.
Quand on pense que chaque seconde écoulée abrège la vie, on doit profiter intensément de cette seconde, c’est la somme de toutes les secondes perdues ou cueillies qui fait les vies ratées ou réussies.
Quel livre choisirez-vous pour ce thème ? 
signature coeur graceminlibe
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RDVBAM 3 – Saint-Valentin

C’est l’heure du RDVBAM Challenge et pour ce mois le thème est la Saint-Valentin. 

Ayant déjà participé à un challenge sur ce thème l’année dernière, ma muse n’a pas voulu faire d’efforts cette année (ne la blâmez pas, c’est ELLE, mon boss). Je vous partage donc un partie d’un texte que j’avais publié sur le sujet en anonyme sur une page Facebook il y a quelques années.

L’amour  est …  

«L´amour, c´est quoi?
C´est une mélodie qui chante à l´imparfait
C´est te chercher toujours sans te trouver jamais
Ce n´est qu´un pas vers le regret
L´amour, c´est quoi?
Le tout petit espoir qui fait les grands chagrins
L´amour, c´est quoi?
L´amour, c´est toi »

J’arrête la piste de lecture et jette un œil à mon téléphone. J’ai envie de l’appeler comme à chaque fois que j’écoute cette chanson de Julio Iglesias. Loïc et moi sommes séparés le mois dernier après deux ans de relation.

Sur le chemin du boulot, les souvenirs de notre couple heureux refont surface. Nous étions amoureux et passionnés. Il y avait de l’étincelle dans nos yeux, de la douceur dans nos paroles. J’avais trouvé mon prince charmant mais le charme s’est effrité avec le temps. Les contradictions sont nées, les disputes incessantes ont fini par nous séparer. L’amour n’a pas tenu…

J’inspire un grand coup avant d’entrer dans les locaux du magazine « Femmes » à la Riviéra 3 (quartier d’Abidjan). Je papote avec quelques collègues à la machine à café quand Edna, notre chef, me convoque dans son bureau.

– Tu as l’air en pleine forme, Edna.

– Ça se voit tant que ça ? (elle fait un grand sourire) Mon mari me prépare une surprise pour la Saint-Valentin.

– La chance.

– Ton copain te prépare sûrement quelque chose.

– Oui oui.

Je grimace un sourire.  Pour mes collègues, je suis toujours en couple.  Je ne veux pas qu’elle me prenne en pitié. Je n’ai cessé pendant deux ans de leur dire que j’étais sûre de finir ma vie avec Loïc. Eh oui ! En amour, il n’y a pas de certitudes…

– Bon ! Parlons boulot. Jalisca ne pourra pas réaliser l’interview des seniors pour la Saint-Valentin. Je l’ai mise sur un autre projet.

– D’accord.

– J’aimerais que tu t’en charges.

– Moi ? Je ne suis pas dans la rubrique «Love»

– Et alors Stacey ? C’est bien des interviews que tu fais avec les stars non ?

– Oui mais…

Elle me supplie du regard et je finis par accepter. Elle me donne les coordonnées du couple, des instructions et je quitte son bureau mal à l’aise.

Rédiger une interview pour un couple d’amoureux alors qu’on sort d’une rupture, voilà la dernière chose dont j’avais besoin en ce moment.

J’appelle Madame Touré pour établir un rendez-vous pour l’interview. La chose faite, je rassemble toute ma bonne volonté pour rédiger les questions à poser.

***Une semaine plus tard***

Je descends du taxi et emprunte la rue qui mène à la villa du couple Touré. Ils habitent l’un des quartiers cossus de la capitale. Je presse la sonnette et une jeune fille vient m’ouvrir. Elle me conduit à la terrasse et m’apporte des rafraîchissements. Je grignote des cacahuètes quand Monsieur et Madame Touré me rejoignent.

Je me lève pour les saluer. Nous faisons rapidement connaissance et je sors mon magnétophone.

Moi : Cinquante années de mariage et six enfants. Comment on se sent après tant d’années passées auprès d’une personne ?

Mme Touré : Bénie (elle me sourit).

M. Touré : Chanceux (il regarde sa femme).

Moi : Qu’est-ce qui vous a poussés vers l’un vers l’autre ?

Mme Touré : Je le laisse répondre en premier.

M. Touré : Son secret. Quand nous nous sommes rencontrés, elle avait un air de mystère. Quelque chose en elle m’intriguait. Je ne savais pas quoi mais j’avais envie de le déceler. Je me suis lancé et je suis heureux de n’avoir pas encore saisi le mystère. Quand on n’est plus à la poursuite d’un but, on s’arrête. C’est pareil dans un couple.

Moi : Et vous Madame Touré ?

Mme Touré : Je dirais son charisme. En lui, je voyais un homme sur qui je pouvais compter.

Moi : Quel est votre geste d’amour quotidien ?

Mme Touré : Les repas partagés. Nos longues discussions avant de nous coucher.

M. Touré : Idem.

Moi : Aimer c’est quoi pour vous ?

Mme Touré : Dépasser le stade de l’émotion. L’amour doit être un acte. L’amour est tendresse et tension. Quand je dis tension, je pense à l’action de tendre vers l’autre, être attentif et attentionné.

M. Touré : La société dans laquelle nous vivons prône les solutions rapides, la satisfaction instantanée, les résultats sans effort, les recettes infaillibles et les assurances tous risques et elle fausse l’idée de l’amour. Quand on aime, on cesse d’incarner des rôles. Quand on aime, on oublie partiellement le moi et j’insiste sur le partiellement parce que si l’on s’oublie totalement, on met en péril la relation car il faut toi +moi pour faire le nous. L’amour vrai demande patience, persévérance, lucidité et lâcher-prise : toutes qualités qui se travaillent. L’amour vrai est un effort; l’amour vrai est un pari qui rend au centuple ce qu’il a reçu.

Moi : L’amour n’est pas toujours rose. Qu’est-ce qui permet de tenir ?

M. Touré : La foi en DIEU et la foi en notre engagement. Il faut apprendre à communiquer quand il y a des désaccords ou des frustrations. Si on cultive avec art le positif, l’amour, l’amitié, les sourires, si on en a en grande quantité, on peut très facilement supporter des désaccords même importants.

Mme Touré : Je suis entièrement d’accord. Il faut être conscient d’une chose : le mariage est  une œuvre commune et chacun doit mettre du sien pour le construire.

Moi : Beaucoup de couples font face à un moment ou à un autre d’infidélité. Quels conseils donnerez-vous ?

M. Touré : Se centrer sur son couple et oublier le reste du monde.

Moi : Concrètement ?

M. Touré : Nous nous sommes mariés parce qu’on s’aimait et qu’on avait envie de voir grandir cet amour. Nous l’avons donc entretenu. L’amour est corporel, spirituel et émotionnel et nous avons donné à chaque forme la place qui lui revient.

Mme Touré : J’ajouterais qu’il faut garder un esprit de curiosité pour l’être aimé. Ne pas se lasser de surprendre l’autre, se sentir encore et toujours un débutant dans la relation permet de laisser place à l’inattendu.

Moi : Qu’est-ce qui a fait durer votre mariage ? Quel est votre secret ?

Mme Touré : L’amitié. L’amour a besoin d’amitié pour perdurer. Il faut être conscient que l’amour évolue et pour faire face à ces changements qui s’opèreront tout au long de la vie de couple, il faut que l’amour soit amical. Beaucoup de couples sous-estiment le rôle de l’amitié au sein du couple.

M. Touré : L’amour peut ne pas être réciproque mais l’amitié l’est obligatoirement sinon il meurt. Plus l’amitié et la connaissance réciproques sont solides entre les partenaires, et plus elles les protègent contre des sentiments d’agressivité.

Moi : L’amour amical n’exclut-il pas la notion de désir ? (je me gratte la tête, ça me gêne de parler désir avec des gens qui peuvent être mes grands-parents)

M. Touré : Non. L’amour est amical, non parce qu’il exclut le désir, mais parce qu’il apprend à le découvrir, de part et d’autre, et à le dire.

Moi : Combien de Saint-Valentin avez-vous fêté ?

M. et Mme Touré, en riant : Zéro. Nous ne fêtons que notre anniversaire de mariage. 

Moi : Quels conseils donnerez-vous aux nouveaux couples / nouveaux mariés ?

Mme Touré : Se regarder au réveil, s’appeler en journée, manger ensemble, ne pas perdre le parfum de l’autre et s’enlacer au coucher.

M. Touré : Ne pas chercher à former le couple idéal, faire de son couple quelque chose d’unique et être attentif aux besoins de celui-ci.

Je les remercie et éteins le magnétoscope. Je demande la route et Mme Touré me raccompagne au portail.  Leurs mots m’ont touchée. Ils possèdent une grande sagesse et j’ai envie de me confier à elle. Je veux savoir si elle pense qu’il y a des chances que je me remette avec Loïc.

© Grâce Minlibé

 Sur une échelle de 10, quelle note donneriez-vous à mon texte ? 😀

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Mon père ce bébé, une douce lecture

Mon père ce bébé

Au début, ce fut une succession de bonheurs, de découvertes toutes plus surprenantes les unes que les autres. Mon premier mot, mon premier vélo, Papa et Maman, toujours à mes côtés, mon grand-frère Jimmy et surtout Coucou, mon canari. Puis il y eut l’incendie. Aujourd’hui, Coucou n’est plus et malgré Coucou 2, mon nouveau compagnon canin, plus rien n’est comme avant. La cour de l’école, qui résonnait de rires, a laissé place aux couloirs inhospitaliers du collège. Jimmy est parti, loin, avec l’armée. Et maintenant, c’est mon père qui s’absente, de plus en plus souvent, avant de disparaître pour de bon, seul sur un lit d’hôpital. Mais où est-il allé ? A-t-il rejoint Coucou ? Et si, en y croyant très fort, je pouvais le faire revenir ?

Je n’ai pas choisi ce livre c’est lui qui m’a choisi. J’ai « liké » un post de son auteur, Sébastien Tache, dans l’un des groupes de promotion d’auteurs sur Facebook et il a eu la gentillesse de m’offrir la version numérique du livre. 

De quoi parle ce livre ? J’ai préféré ne pas lire son résumé, j’ai voulu me laisser surprendre par l’histoire. 

Le narrateur, Patrick, évoque ses premiers jours sur terre, les petits et grands moments de bonheur en famille. Comme tout être vivant, sa vie évolue ; des événements la bouleversent : le premier amour, la découverte des secrets amoureux de son père, la mort de ce dernier.

Avec une écriture douce, un style fluide, le narrateur nous raconte comment son frère, sa mère et lui ont vécu la perte de cet être si cher.

Ce roman qui se lit très vite est un tableau de l’amour sous toutes ses formes : l’amour filial, l’amour paternel, l’amour  pur ; un amour qui nous choisit. 

Il montre également qu’il y a une joie après la souffrance, une vie après la mort. 

Je ne crois pas en la réincarnation, le fait qu’il y en ait une dans l’histoire m’a légèrement embarrassée mais ça n’ôte rien au charme de la lecture.  

Quelques détails sur l’auteur

Sébastien Tache est un jeune homme de 29 ans qui vit dans le sud de la France. Il travaille dans le monde de la grande distribution. Mon père, ce bébé est son premier roman.

Quelques détails sur l’oeuvre

Nombre de pages : 132

Date de publication : mars 2016

Disponible sur Fnac.com

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Tu me fous les boules ! Vaincre le cancer

[…] Personne ne sait d’où tu viens, ni comment tu prends possession des vies. Il faut que tu le saches : moi, mes amis, je les choisis. Mais puisque cette fois-ci tu ne me laisses pas le choix, je vais essayer de te supporter. Mais dis-toi, une fois pour toutes, que nous n’allons pas cheminer ensemble. T’imposer à moi ne fait pas de toi un ami. C’est vrai que nous vivons côte à côte, mais nous ne vivons pas ensemble. Nuance. Tout comme vivre à côté de, n’est point vivre aux côtés de… Nuance encore (…) 

tu me fous les boules !

Agnès Kraidy, journaliste-écrivain ivoirienne a eu le cancer du sein. Diagnostiquée très tôt, correctement traitée, elle a pu se débarrasser de ce mal.

Guérie, elle décide de partager son expérience, diffuser un message d’espoir :  « le cancer bien qu’étant une affection grave, n’est plus une fatalité ».

Dans ce long monologue qui s’étale sur 65 pages, Agnès Kraidy personnifie le cancer, lui balance à la figure toute la rage et l’aversion qu’elle éprouve pour lui. Ses mots portent sa douleur, son refus de perdre la bataille pour la vie ; ils sont bruts, forts.

A cet intrus, cet adversaire tenace, elle crie : « Tu viens toujours sur la pointe des pieds. Comme un voleur. Voleur de vies ! Voleur de vies ! Voleur d’espoirs ! Voleur d’espérances ! Voleur de rêves ! Violeur de sèves de vie. Violeur de sérénité. »

Agnès Kraidy ne veut pas reculer devant son adversaire, elle ne pense pas au pire.

« Et puis, dans tous les cas, le pire n’est pas ce qu’il y a de plus désespérant. » Affirme-t-elle

Tout se passe comme si tout était normal. Je n’ai peut-être pas encore pris conscience de toute la gravité de ma situation. Mais quelle situation ? Elle n’est pas si dramatique quand on prend le temps de la regarder de près. Je suis en vie, je vais vivre. Et je veux vivre. Mon aventure avec la vie, je veux la poursuivre… Longtemps. Longtemps encore

La mort et la vie sont les deux faces d’une même pièce. On ne peut apprécier la vie en ayant peur de la mort.

Agnès Kraidy veut que son expérience serve aux femmes. Elle les sensibilise, les invite à faire un dépistage et à être l’écoute de leurs corps. Elle rappelle ceci : « s’aimer, c’est se sauver soi-même. »

Elle sensibilise également les compagnons de ces femmes.

Toucher sa compagne, c’est aller au-delà des caresses. C’est prendre le temps de la palper.

Elle nous donne de précieuses informations. J’ignorais par exemple que le sport était un allié de taille dans la lutte que le patient menait contre le cancer.

Une pratique régulière d’une activité physique diminue le risque de récidive de 50%, aide à lutter contre la fatigue.

J’ai apprécié ce livre pour la beauté de ses mots, pour l’émotion qu’il draine, pour la note d’espoir qu’il joue.

J’ai été à la 1ère cérémonie de dédicace de l’oeuvre et j’ai été attristée et fortifiée par les témoignages d’homme ou de femme ayant eu le cancer.

Le cancer n’est pas un mythe. Faisons-nous dépister, encourageons notre entourage à le faire.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

De l’autre côté du regard

Ken Bugul aime la vie ; ce sentiment simple, enveloppant, gouverne « De l’autre côté du regard » et lui confère une aura singulière.

Dialogue subtil entre une fille et sa mère morte, le roman se déroule comme une prière amoureuse où les membres d’une famille sont tour à tour requis, interrogés, décrits, aimés pour ce qu’ils sont. Au-delà de ce que chacun a pu donner ou prendre aux autres, seule compte leur vérité propre, leur trajectoire dans une vie qui se prolonge après la mort, de l’autre côté du regard.

De l'autre côté du regard

Après avoir lu Riwan ou le chemin de sable qui m’a beaucoup intriguée, j’ai voulu connaître  un peu plus  Ken Bugul.

J’ai eu plusieurs retours positifs concernant  Le Baobab fou mais il était indisponible à la FNAC. Sur l’étagère réservée aux livres de l’auteur se trouvait De l’autre côté du regard. La quatrième de couverture étant assez intéressante, j’ai quitté la FNAC avec cette oeuvre en main.

J’ai pris mon temps pour lire cette œuvre parce qu’elle a l’allure d’un long poème qui demande à être analysé, déchiffré.

Je me suis attardée sur chaque phrase pour ressentir chaque mot de la narratrice, pour faire mienne son expérience de petite fille ayant vécu loin de sa mère.

La narratrice décrit la femme qu’elle est : une femme qui a toujours été en manque de l’affection de sa mère ; une femme jalouse de sa nièce qui devrait être la petite-fille de sa mère mais  fut autre chose pour elle !

Ma mère ne m’avait pas beaucoup parlé.

Ma mère ne parlait qu’avec Samanar.

Moi,  ce que je voulais c’était ma mère.

Je voulais que ma mère s’occupât de moi.

Ce que je voulais, c’était détourner ma mère de ma nièce Samanar.

Ce que je voulais, c’était avoir ma mère à moi, enfin.

La narratrice s’interroge sur les raisons qui ont poussé sa mère à l’abandonner sur le quai d’une gare et sur l’amour que cette dernière éprouvait pour elle.

Quand survient la mort de sa mère, les interrogations de la narratrice s’intensifient. Le souvenir de sa mère la hante davantage. Une nuit, au cours d’une  pluie, elle a l’impression d’entendre la voix de sa mère.

Le monologue de la narratrice fait place à un doux murmure, un doux dialogue entre mère et fille…

J’ai aimé lire cette confidence familiale, ce regard porté sur le lien entre une mère et  sa fille, un frère et une sœur, une tante et une nièce…

Moi qui avais vécu la plus grande partie de ma vie sans les miens !

Sans communication, sans complicité.

Sans vécu, sans histoire commune.

Une famille à laquelle j’appartiens, mais qui n’est pas vraiment ma famille.

Comme je le veux !

Je n’ai pas senti les odeurs de la nuit avec ma famille.

Je n’ai pas vécu les moments essentiels avec ma famille.

J’ai jeté un regard vers les miens et j’ai compris que j’étais riche de nos communications, de notre complicité, de notre vécu, notre histoire commune. Ce livre m’a rappelé combien être entouré des siens est si important !

L’histoire est linéaire, les rebondissements sont inexistants mais cela n’empêche pas de  passer un bon moment de lecture. Le ton de la narration rend l’histoire très prenante.

J’ai aussi apprécié les notes d’humour de Ken Bugul.

 

Je n’aime pas la plaisanterie. Elle est souvent de mauvais goût.

Tout le monde ne sait pas plaisanter, à mon avis.

Il faut allier intelligence, finesse d’esprit, raffinement et générosité pour plaisanter.

Une plaisanterie doit faire rire et non faire ricaner.

Avez-vous déjà lu Ken Bugul  ? Lequel de ses livres avez-vous préféré ? 

Quelle autobiographie vous a marqué dans votre parcours de lecteur passionné ?

Publié dans Quand on est célib'

LE CÉLIBAT… QUI LE CHOISIRAIT?

Le célibat est souvent un statut que nous souhaiterions le plus court possible pour notre vie. Il a souvent été qualifié d’état « passager », de « hors-norme », de « statut normal pour personne désagréable »… ou de statut pour personne très spirituelle…
Bref, tu as peut-être entendu beaucoup de qualificatifs qui t’ont profondément blessée, qui ne te correspondaient pas…
J’ai personnellement entendu que le célibat pouvait être comparé à un handicap !

jamais été célibataire

La suite de l’article sera une compilation d’articles du TopChretien évoquant le célibat. Je les ai lus et ils m’ont fait du bien. Puisque le bien-être est un état qui doit être partagé, j’ai décidé de le partager avec vous.

Le contenu des articles fait beaucoup référence à la foi chrétienne. Si vous ne partagez pas cette foi, il vous sera difficile de trouver une valeur ajoutée à ces articles. 😉

LE CÉLIBAT… QUI LE CHOISIRAIT?

A travers le mariage, le célibat ou, le veuvage. Comment nous comporter ?

  • Accepter ses dons, chaque jour, avec reconnaissance
  • Vivre aujourd’hui avec le Seigneur, car  » à chaque jour suffit sa peine « . Demain appartient à Dieu. Faire de la journée quelque chose de beau et d’unique pour Dieu et pour les autres.
  • Cultiver une relation riche et bénie avec l’entourage : proches, frères et sœurs chrétiens, voisins, amis, collègues.
  • Garder une place particulière pour les enfants rencontrés, qui ont besoin d’une oreille attentive.

Pour lire l’article en entier, cliquez ici 

LE PIRE MENSONGE

C’est triste à dire, mais plusieurs chrétiens célibataires croient qu’ils ont une vie malheureuse parce qu’ils sont célibataires. Le célibat est perçu comme une maladie dont ils doivent se débarrasser le plus vite possible.

Tomber en amour et se marier sont considérés comme le remède qui va guérir leur malheur et régler tous leurs problèmes.

Mais c’est une grande erreur de croire ce mensonge que de tomber en amour et se marier va automatiquement vous amenez le bonheur et vous rendre entier.

C’est vrai que de tomber en amour génère de très fortes émotions qui peuvent être perçues comme étant le bonheur, mais les émotions viennent et repartent. Les émotions ne sont malheureusement pas stables. Le fait est que le vrai bonheur ne provient pas des émotions. Le vrai bonheur est trouvé lorsqu’une personne devient entière.

Certains célibataires comprennent qu’ils ont besoin d’être entier pour être heureux, ils se mettent donc à chercher leur âme sœur, cette 2e moitié qui va les compléter et les rendre véritablement heureux.

Saviez-vous que cette idée de trouver l’âme sœur n’est pas biblique ? L’idée de trouver l’âme sœur nous vient de la mythologie grecque.

Pour lire la suite de l’article, cliquez ici 

Mandy Hale

LE CÉLIBAT, UN PLUS AUTOUR DE NOUS

Est-ce une réalité ? En sommes-nous conscientes ?  La première question à se poser est : Est-ce que les célibataires en sont conscients ?

Quand j’entends les remarques de la part de certaines personnes mariées, il est bien dommage qu’il en soit ainsi Il y a ceux qui pensent qu’on n’est pas réellement une personne tant qu’on n’a pas trouvé notre moitié. Ensuite ceux qui pensent que le bonheur n’existe que dans le mariage. Et enfin ceux qui pensent qu’on doit avoir un grave problème pour ne pas être mariée après 30 ans !

Etre célibataire n’est pas très à la mode aujourd’hui. C’est souvent perçu comme un échec, alors que c’est tout le contraire ! Le célibat, tout comme les couples ou les familles sont des richesses pour tous !
Dans la société d’aujourd’hui, il y a de plus en plus de personnes seules. L’Eglise a besoin de célibataires pour toucher cette classe de personnes. Il faut que tous puissent comprendre que le bonheur n’est pas lié à la vie de couple, mais au fait d’être en relation avec Dieu.

L’article en entier se trouve ici

CÉLIBATAIRE ÇA VOUS DÉRANGE?

Bannissons dans nos rapports avec les célibataires les « clichés » tels que :« Avec le Seigneur on est jamais seul » ; « Fais de l’Éternel tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire… » – la célibataire connaît ces versets à la lettre pour les avoir longuement médités et serrés dans son cœur. Des missionnaires ont témoigné avoir souffert de ces conseils prodigués parfois avec légèreté par des personnes bien intentionnées, souvent mariées et ignorant tout de la solitude. Lors de la célébration d’un mariage il peut être dangereux de s’approcher de la personne seule en lui disant « Alors, c’est quand ton tour ? », au risque de s’entendre poser la même question lors d’une inhumation !

Accueillons-la parmi nous et ne pensons pas à elle uniquement en cas de besoin en raison de sa disponibilité. Pensons à ajouter de temps en temps un couvert à la table familiale. Elle apprécie plus qu’une autre que l’église soit une véritable famille. Évitons de la juger en lui disant, « Si tu es seule, c’est parce que tu es trop ceci, pas assez cela, etc.» – ce qui peut être pertinent dans certains cas, mais se révèle bien souvent injuste et douloureux – en outre cela laisse supposer que celles qui se marient sont parfaites !

L’article en entier se trouve ici

JE SUIS CÉLIBATAIRE ET TRÈS HEUREUSE DE L’ÊTRE

J’ai 47 ans, je suis célibataire et très heureuse de l’être !

Il y a environ 8 ans, j’ai décidé que je voulais lire ma Bible régulièrement et de façon systématique. Ce que j’ai fait et que je continue de faire.

Une année après, alors que je lisais la 1ère épître aux Corinthiens, je suis arrivée au v. 7 du chap. 7 :  » … chacun reçoit de Dieu son don particulier, l’un le mariage, l’autre le célibat « . J’avais lu ce verset de nombreuses fois avant, mais ce jour-là, le Saint-Esprit a éclairé mon être intérieur d’une façon toute spéciale. J’ai réalisé que mon Père aimant me faisait un don merveilleux, celui du célibat. Cela a été un jour de grande paix pour moi, après bien des années d’attente(s) et de questionnements.

Lorsque nous recevons un cadeau d’une personne qui nous aime et nous connaît, nous savons que ce cadeau aura été choisi et sera le plus approprié pour nous et que nous n’en voudrions pas un autre.

C’est encore plus vrai lorsque c’est Dieu, celui qui nous aime et nous connaît le mieux, qui nous l’offre. C’est pourquoi, je ne désire pas un autre cadeau que celui que j’ai reçu de mon Père céleste : le célibat. Avoir réalisé cela est une source de contentement et  » celui qui a le contentement dans son cœur est toujours en fête  » (Pr 15.15 BS).

Depuis lors, je n’ai plus jamais eu le sentiment d’être seule. Je ne peux pas expliquer comment, mais le Père m’a enlevé toute souffrance par rapport au célibat (aussi par rapport au désir d’avoir des enfants). Il me comble de multiples bénédictions et me fait rencontrer de nombreuses personnes.

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célibataire

VOUS SENTEZ-VOUS SEUL ?

Nombreux sont ceux qui vivent leur solitude comme un handicap. La solitude que l’on subit, celle qui fait mal, c’est cette solitude que nous pourrions appeler la solitude du cœur.

Derrière cette solitude peuvent se cacher des désirs comme celui de se marier, de fonder un foyer et d’avoir des enfants. Un tel désir est légitime, mais il est important de ne pas précipiter les choses et laisser Dieu agir en son temps.

L’amour est patient ! (1 Corinthiens 13.4) Ensuite, Dieu sait parfaitement ce qu’il nous faut. Il sait ce qui est bon pour chacun d’entre nous. Il n’agit jamais dans la précipitation. Il n’est jamais dépassé par les événements. Il savait qu’Adam avait besoin d’Eve ! Il est concerné plus que vous ne l’êtes par votre situation.

Être seul, c’est aussi avoir plus de temps pour soi et pour Dieu. Autant profiter de cette saison de votre vie pour donner plus de temps à Dieu, pour être plus utile au sein de votre église ou d’une œuvre chrétienne.

Apprivoisez votre solitude en rendant grâces à Dieu pour cette saison qu’il vous permet de vivre et rompez avec l’isolement. Allez à la rencontre de ceux qui vous entourent.

Et n’oubliez surtout pas que le Seigneur désire cheminer par-dessus tout avec vous dans vos moments de solitude, car Dieu désire nouer une profonde amitié avec chacun. N’est-il pas l’ami d’Abraham, ne parlait-il pas avec Moïse comme on parle avec un ami ? C’est ce qu’il désire faire avec chacun de nous.

Soyez confiant car une saison laissera toujours la place à une autre. C’est Dieu qui fixe le terme à une saison de solitude.

célibat

A tous, je souhaite une sensationnelle période de célibat.

Vivez aujourd’hui. Hier n’existe plus, Demain n’est pas à votre portée. 🙂

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Jésus, Fils de l’homme

Jésus Fils de l'homme -Khalil Gibran

En 1928, l’écrivain libanais maronite Khalil Gibran fait paraître Jésus, Fils de l’homme, portrait du Messie sous la forme d’une mosaïque. Il y assemble les témoignages de plus de soixante-dix personnages bibliques réels ou inventés. Il ne s’attarde guère aux miracles qui sont prêtés au Fils de Dieu, mais bien plus aux paroles et actes de ce « Fils de l’homme », être humain né d’un homme et d’une femme. C’est là l’Evangile selon  Gibran.

J’étais en pleine lecture de «Une si douce illusion» quand mes yeux sont tombés sur ce livre de Khalil Gibran posé sur le bureau d’un ami. Le résumé du livre m’a poussée à le lire.

L’Evangile selon Gibran: est-ce un nouvel évangile? L’auteur invente des personnages bibliques, faut-il lire ce livre ?  Ne déforme-t-il pas les écrits du nouveau testament ?

Je me suis posé ces questions et me suis rappelé des dires de l’évangéliste Jean : « Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait. »

Le nouveau testament ne contient pas tout, les disciples de Christ ont pu chacun écrire la vie de leur Maître, les écrits de Khalil Gibran pourraient être les leurs alors j’ouvre le livre et me plonge dans ces témoignages.

Le 1er à témoigner est Jacques, fils de Zébédée. Il évoque ce jour où Jésus, sur le sommet du mont Hermon, évoque le royaume par-delà celui que ses disciples voient, où il règnera. Judas s’avance et parle d’une défense contre les Romains avec épée et bouclier à la main. Jésus le réprimande, on reconnaît des paroles des évangiles, on découvre des paroles inventées, poétiques et pleines de sens.

La 2ème à témoigner est Anne, la mère de Marie. Elle parle de la naissance de Jésus, son petit-fils avec des sentiments maternels.

Marie-Madeleine, Joanna, l’épouse de l’intendant de Hérode,  Rafca, la mariée de Cana, l’épouse de Pilate et bien d’autres femmes ayant croisé le chemin de Jésus ou partagé sa vie évoquent ce qu’elles étaient avant leur rencontre avec ce dernier et ce qu’elles sont devenues après.

J’ai apprécié m’imaginer comme Gibran ce que ces femmes ont retenu du passage de Jésus dans leur vie. J’ai aimé ces phrases pensées par Gibran que Jésus aurait pu dire :

« Tous les hommes t’aiment pour eux. Je t’aime pour toi. Moi seul aime ce qui est invisible en toi »

Chaque personnage le voit sous un angle particulier, en fonction de ce qu’il est lui-même et du trait de caractère de Jésus qui l’a marqué ; c’est ce qui donne un attrait à ce livre, on voit bien que chacun a eu une relation personnelle avec Jésus, une relation  qui ne ressemblera à aucune autre, une relation unique.

Un apothicaire grec parle de lui comme d’un médecin aguerri, un autre a été frappé par son discours, un autre le considère comme un homme pratique, un autre comme celui qui a appris à l’homme à rompre les chaînes qui l’entravent afin de pouvoir se libérer de son passé.

J’ai beaucoup aimé le témoignage du riche lévite qui voit Jésus comme un bon charpentier. J’ai imaginé Jésus s’appliquer à réaliser porte et fenêtre. D’un métier ordinaire , Jésus fait sortir la précision , la perfection. Un simple homme peut-il réaliser ce qu’il a fait ?

Les personnages se succèdent, égrènent leurs souvenirs emplis de tristesse, de manque.

Thomas évoque les origines de ses doutes,  Ephraïm de Jéricho, ce repas de noces auquel Jésus n’est pas venu.

On découvre avec plaisir des témoignages d’autres disciples,  de Zachée  et de Simon de Cyrène…

On écarquille les yeux quand on lit le nom de Judas l’Iscariote. Que va-t-il donc dire pour justifier son acte?

On reste dubitatif face aux dires de Nathanaël. Pourquoi remet-il en cause l’humilité et la douceur de Jésus?

Jésus n’a pas fait l’unanimité et j’ai aimé le fait que Gibran le mentionne dans cette mosaïque. Caïphe le grand prêtre,  un jeune prêtre à Capharnaüm interviennent et le décrivent comme un violateur de la loi, un conjurateur, un imposteur ; une veuve de Galilée comme un être cruel qui sépare un fils de sa mère.

Certains ont été épuisés par ces paroles comme comme ce Jephté qui ne veut être comblé que par les prophètes et personne d’autre, d’autres ont préféré avancer la carte de la neutralité. Ils n’étaient ni chauds, ni froids…

Ce livre m’a fait voyager, il ne remet pas en cause pas ma foi, il vient la renforcer, me donne une occasion parmi tant d’autres de ne pas oublier le message principal de Jésus: message d’amour, message d’obéissance, message de grâce; de prendre conscience qu’une humanité soumise à DIEU peut être divine…

«L’esprit de Jésus de Nazareth est le meilleur vin et le plus âgé.»

«Même si je me soucie de préserver mes richesses et ma personne, je sais où se trouve le plus grand des trésors.»

«Jésus le Nazaréen est né et a été élevé comme nous. Sa mère et son père étaient comme les nôtres. C’était un homme. Mais le Christ, le Verbe, qui était au commencement, l’Esprit qui veut que nous vivions notre vie dans toute sa plénitude, s’est joint à Jésus et est resté avec lui. »

«Puissiez-vous chercher le Père comme le ruisseau cherche la mer.»

«Les grands événements semblent toujours étranges à nos vies quotidiennes, bien que leur nature soit enracinée dans la nôtre. Mais, bien qu’ils apparaissent et disparaissent soudainement, leur véritable durée s’étend sur des années et sur des générations. Jésus de Nazareth était lui-même le Grand Evénement. »

«Quand l’amour devient immense, il se tait. »

«N’oubliez pas que la soif mène au pressoir, et que la faim mène au repas de noces. »

Que lisez-vous en ce moment ?

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre