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TTL 64 : MILLE MYSTÈRES D’AFRIQUE / SÉDUCTIONS

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est : Illustré

Il y a quelques mois, j’aurais longuement réfléchi pour trouver un livre qui correspond. Grâce à Youscribe et Canal+, j’ai pu faire le plein de BD ces derniers mois.

La Bande Dessinée que je vous présente aujourd’hui est une BD en noir et blanc de l’auteur ivoirien Koffi Roger N’guessan. C’est un album en deux volets : un récit long d’un côté et de l’autre côté des histoires courtes.

Séductions

seductions

Anaïs est amoureuse de Rémi, son nouveau voisin de palier, mais ce dernier la considère comme une simple amie. Il ne fait pas attention aux jeux de phare qu’elle lui lance, expression utilisée à Abidjan pour dire qu’il est insensible à ses techniques de charme. Une amie lui conseille d’utiliser des produits éclaircissant. Il parait que les hommes raffolent des femmes à la peau claire. Anaïs réussira-t-elle à charmer Rémi ?

A travers cette BD, le lecteur suit les péripéties amoureuses d’Anaïs et tous les stratagèmes utilisés par les femmes pour séduire les hommes.

J’ai apprécié le thème central évoqué à savoir la dépigmentation. J’aurais aimé que cette BD soit en couleurs afin que les effets ravageurs de la dépigmentation sur la peau soient nettement visibles pour le lecteur.

Mille mystères d’Afrique

Mille mystères d'Afrique - Koffi Roger N'Guessan - Harmattan Bd ...

L’Afrique et ses traditions. L’Afrique et son mysticisme. Même si je n’apprécie pas cet aspect qui nourrit bien de préjugés à l’égard de mon continent, ces mystères et choses surnaturelles existent.

Cette BD évoque les pratiques magiques, mystérieuses et inquiétantes. Sortilèges, incantations, métamorphoses pour être riche, avoir un homme, se prémunir des accidents, etc…

Des rêves prémonitoires à la nature qui reprend ses droits, cette BD est une véritable plongée dans l’obscur. J’ai apprécié la lecture de ces histoires courtes et percutantes. Elles distillent la frayeur à petites doses.

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Escapade mortelle de Muetse-Destinée Mboga

Lorsqu’Eliwa convainc son frère Bika de les inclure, son amie Ilama et elle, dans l’expédition qu’il a préparée pour découvrir les parcs nationaux de l’Est du pays, elle est loin d’imaginer le bouleversement que va provoquer ce voyage dans sa vie.
Alors que l’arrivée dans la ville de Makokou se déroule sous les meilleurs auspices, très vite, des faits étranges vont recouvrir l’aventure de mystère. Aurait-elle dû tenir compte des mises en garde d’un fou lucide et d’une petite fille monstre ? Peut-être. Mais elle ne l’a pas fait. Et quand Alain, un des membres du groupe, disparaît étrangement dans les eaux de l’Ivindo, elle regrette. Hélas, il est déjà trop tard.

 

l'Afrique écrit

J’ai découvert le Gabon via les chroniques africaines sur Facebook il y a 8 ans. J’ai découvert la Regab, le nyemboué et autres mets, les ethnies (punu, fang), les coutumes via ces histoires sur Facebook.

Lorsque j’ai reçu ce livre, j’étais toute excitée à l’idée de replonger dans l’univers gabonais. 

 

Mueste-Destinée Mboga utilise un langage courant et teinte les dialogues de couleur locale. J’ai retrouvé avec plaisir les expressions gabonaises. En lisant, je me suis imaginé l’intonation des personnages. Cela m’a fait sourire.

Parlons de cette escapade. Le décor est planté dès les premiers chapitres. Dès le début, trois groupes distincts se précisent :

  • Le 1er groupe est formé de personnages, le conseil des sages de la forêt qui sent une menace poindre à l’horizon.
  • Le 2e groupe est formé de personnes qui ont une mission périlleuse à exécuter. 
  • Le 3e groupe est formé d’Eliwa et de ces 9 autres personnes qui ont décidé de faire cette escapade dans le parc d’Ivindo.

Trois groupes dont les desseins vont s’entremêler…. Les chapitres courts donnent du rythme à l’histoire. Le suspense est au rendez-vous. On se demande qui arrivera à sortir vivant de ce périple dans le groupe d’Eliwa. On cherche à découvrir l’identité des membres du 2e groupe et le but de leur mission. 

 

« Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! » Cette phrase de Voltaire aurait pu être dite par Eliwa, personnage principal et narratrice du récit.

Trahisons et apparences trompeuses sont au menu du menu littéraire concocté par l’auteure. On tombe des nues au fur et à mesure que l’ombre sur cette forêt s’éclaircit.

 

L’ouvrage évoque nos liens avec la nature. Outre les éléments mystiques, l’auteure rappelle le caractère sacré de la nature. C’est un être vivant qui a besoin d’être respecté comme tel. L’auteure met l’humain et la nature sur le même pied d’égalité.

Je situe le récit entre le roman d’aventures, le thriller conspirationniste et le thriller ésotérique. Ce dernier aspect manque de profondeur. On n’a pas assez d’éléments sur la cellule secrète, son histoire. Il manque les motivations des personnages ou si elles ont été annoncées, elles m’ont paru très légères. 

Si j’ai été très emballée au début du roman, j’ai été déçue par la fin précipitée et tirée par les cheveux. 

 

Christmas

 

Éditeur : Iwari

Collection : Iwari Dark

Date de publication : Janvier 2019

Nombre de pages : 220 

Roman présélectionné pour le Prix les Afriques 2020

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TTL 55: Le sel et le miel de Candi Miller

Salut les amis ! J’espère que vous avez passé un joyeux Noël !

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est : Un livre reçu en cadeau

J’aurais pu vous parler des livres reçus en cadeau de mes Pères Noël secret au travail et sur Livraddict mais je ne les ai pas encore lus. 😀

Je vous présente donc un livre reçu lors d’un swap cette année. 

 

Couverture Le sel et le miel

1958. Alors que l’apartheid règne en Afrique du Sud, la jeune Koba, onze ans, membre d’une tribu nomade du Kalahari, assiste au meurtre de ses parents par deux chasseurs blancs. Recueillie par Marta et Deon, un couple d’Afrikaners, Koba s’adapte peu à peu à sa nouvelle vie, tout en ayant conscience qu’elle est source de conflit entre les époux, dont les opinions divergent sur l’éducation à lui donner. Mannie, leur fils, éprouve d’abord un sentiment de culpabilité à l’égard de Koba, qui n’empêche pourtant pas une amitié de naître entre eux, jetant un pont fragile par-delà les différences raciales. Mais la réalité les rattrapera lorsque cette amitié – qui s’est au début forgée grâce au troc :  » Je te donne du sel ; tu me donnes du miel  » – se transformera en amour…

Pour rédiger ce roman, comparé outre-Manche à ceux de Karen Blixen et de Nadine Gordimer, Candi Miller a passé de longues semaines dans le désert du Kalahari, à la rencontre de ses habitants, afin de s’imprégner de leur culture. Un texte dont l’écriture sensible et poétique fait ressentir le charme envoûtant de l’Afrique.

 

Si mes souvenirs sont bons, j’ai découvert ce livre via Babelio. J’y cherchais en effet des livres sur la ségrégation raciale. C’est un thème dur mais j’aime quand il est évoqué en littérature. 

 

J’ai apprécié la relation d’amitié puis d’amour entre Koba, jeune fille issue d’une tribu nomade et Mannie, jeune afrikaner. Ces adolescents de culture différente vont être amenés à cohabiter suite au meurtre des parents de Koba. 

Marta, la mère de Mannie, va prendre la jeune fille sous son aile en dépit du qu’en dira-t-on. J’ai apprécié sa force de caractère, sa facilité à accepter l’autre peu importe sa couleur. 

Koba déteste le miel, elle préfère le sel contrairement à Mannie. Les deux adolescents vont donc se les échanger régulièrement. Ils vont s’apprivoiser, voir au-delà des leurs différences culturelles. J’aurais voulu une autre fin à leur histoire mais celle proposée par l’auteure reste logique.

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Koba en vivant avec la famille de Mannie va faire son possible pour garder son identité de Bochimane. Elle met un point d’honneur à ne pas oublier qui elle est, d’où elle vient et à perpétuer la tradition et les coutumes de sa tribu. J’ai été touchée par son authenticité. 

 

Le sel et le miel est une histoire très captivante, je n’ai pas voulu lâcher le livre jusqu’à la fin. On voit comment la race donne des avantages et des privilèges, on découvre les préjugés et lois ségrégationnistes de l’époque.

Je suis avocat, mais pour eux, ajouta-t-il en montrant du pouce le contrôleur, je ne suis qu’un babouin en costume.

 

Avant la lecture de ce roman, j’ignorais l’existence de la loi de 1957 (Act No. 23 of 1957; devenu ensuite Sexual Offences Act) et sa clause interdisant les rapports sexuels et les « actes indécents ou immoraux » entre les blancs et toute personne non-blanche. 

 

Ce roman est également dépaysant. On découvre de beaux paysages et la culture des Ju/’hoansi.

 

Le seul bémol trouvé à ce récit est la traduction des mots en langue étrangère à la fin du livre qui oblige le lecteur à jongler entre le récit et le glossaire en fin de livre. Mettre les significations de ces mots en bas de page aurait été plus pratique à mon sens. 

 

Quels livres avez-vous reçu à Noël ? Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

 

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TTL 43 – Les contes de Korotoumou- Amadou Koné

Le thème de cette semaine est Deuil mais comme j’ai déjà utilisé ce thème pour le vide-grenier livresque il y a quelques semaines, j’ai repris un thème de l’an dernier sous l’inspiration de The teapot library

Au clair de lune, dans les villages, sous les cieux africains, on raconte des contes.

Je vais donc vous parler d’un recueil de contes lu il y a quelques mois.

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Je ne sais pas si ces histoires sont vraiment du passé, je ne sais pas si ces vérités d’autrefois sont des mensonges d’aujourd’hui. Mais nous nous trompons peut-être.
Car je reviens d’Amérique et je crois que dans ce pays qui est encore l’un des rares à faire rêver, les héros existent toujours, les miracles existent, les animaux parlent, la nature parle toujours aux hommes. En fait, ceci devrait être la même chose chez nous. Et si nos vieilles histoires d’hier correspondaient aussi au monde de demain? Je ne sais pas si tout cela est vrai. Mais j’aimerais entendre encore ces histoires (contes). Je crois que ce sont des histoires du passé, mais qui nous projette dans le futur.

 

l'Afrique écrit

Amadou Koné a marqué bon nombre de collégiens ivoiriens avec son roman Les frasques d’Ebinto.

Il m’était impossible de ne pas acheter son livre lorsque je l’ai vu au SILA. De plus, il a été publié par mon efficace maison d’édition 😀

Les contes de Korotoumou contiennent 15 contes scindés en 3 parties : les animaux entre eux, les hommes entre eux, des hommes, animaux et objets

Voulez-vous savoir pourquoi la mer rejette les corps ?

Pourquoi l’hyène vit en brousse ?

D’où vient le cri du chien, de l’hyène, du lion ?

D’où viennent les piquants du tronc du baobab ?

J’ai redécouvert avec plaisir les ruses du lièvre, la gloutonnerie de l’hyène.

Ces contes écrits avec un ton simple et fluide nous font voyager dans des contrées lointaines. Ils montrent comment la ruse peut nous sauver de bien de situations, nous font découvrir des langues, des us et coutumes, nous donnent des leçons de morale.

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Quel livre auriez-vous choisi pour le thème initial ou celui que j’ai choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

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Vide-grenier Livresque avec Les bannis du grand masque

Une première participation à un rendez-vous littéraire : Mon vide-grenier livresque créé par La Booktillaise

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Le concept sera de ressortir du placard d’anciennes publications.. d’anciennes chroniques car chaque jour, votre blog reçoit de nouvelles visites et parfois vos lecteurs peuvent manquer des choses. Le but sera alors, chaque mercredi de ressortir du «  grenier «  une chronique qui vous tient à cœur correspondant à un thème mais AUSSI partager la chronique du même sujet d’un de vos amis blogueurs car dans la blogosphère la base c’est aussi le partage et l’entraide.

 

J’ai décidé d’y participer car j’ai dans mes brouillons de courts avis sur des livres lus il y a des mois qui s’accumulent. Je ne vous partagerai pas pour l’instant d’anciennes chroniques. J’espère que la créatrice du rendez-vous ne m’en tiendra pas rigueur.

Le thème de cette semaine est Dans mon vide grenier, il y a : Un gros pavé. 

N’en ayant pas dans mes brouillons, je prends le thème de la semaine dernière. Que celui qui n’a jamais triché me jette le premier la pierre 😀 😛

 

Dans mon vide grenier, il y a : Une suite

… celle du roman Le grand masque a menti d’Attita Hino

 

Couverture Les bannis du grand masque

Au grand dam de tous, le grand masque déclare Dibahou, le fils aîné, coupable de sorcellerie et le sang des familles des défunts crie vengeance. Ne pouvant supporter cette injustice, il crie au mensonge du grand masque qui le bannit derechef du village. Dibahou part mais avec lui, il entraîne dans son sillage toute sa famille et ses amis prêts à tourner le dos au passé… Comment s’effectuera leur périple quand on sait les défis que comporte tout nouveau départ ?

 

 

Les bannis du village de Lépossô avec à leur tête Dibahou débutent un long périple suite à l’exil contraint. Après des heures de marche, d’inspection des alentours, ils vont enfin trouver une nouvelle terre où s’installer, enterrer le passé, démarrer une nouvelle vie.

Ils vont construire un nouveau village, créer une nouvelle langue, de nouvelles familles. Ils vont vivre une vie paisible jusqu’à l’arrivée de personnes à la peau qui ressemble à la banane poyo. La venue des Blancs va bouleverser pendant un temps la paix du village.

Je m’attendais à des rebondissements tout au long de ma lecture mais il n’y a eu que deux retournements de situation surprenants.

La lecture est agréable, j’ai beaucoup apprécié l’humour du chapitre 19 mais je suis restée sur ma faim. Je pensais que le roman évoquerait la colonisation et la lutte de la population autochtone mais il n‘aborde que le début du commerce colonial. 

 

Qu’en pense la blogo ?

Je n’ai trouvé aucune chronique de blogueurs sur Les bannis du grand masque mais sur celle du 1er tome, le grand masque a menti. 

Le grand masque a menti chroniqué par Tchonté

 

On se retrouve la semaine prochaine, cette fois-ci je respecterai le thème. 😀

 

fleur v1

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Evangelia de David Toscana, un livre audacieux

Et si l’ange Gabriel avait failli, oubliant de se préoccuper d’un détail anodin : le sexe du divin Enfant ? Voilà ce qui arrive quand on ne fait pas les choses soi-même et qu’on envoie un ange jouer les marieuses. Ainsi naquit Emmanuelle, fille de Dieu, dont la vie promet de ne pas être un long fleuve tranquille. Il va lui falloir faire ses preuves auprès de son irascible Père qui est aux cieux, s’imposer en icône révolutionnaire à Jérusalem pour que les prophéties s’accomplissent, malgré l’inénarrable misogynie ambiante et les embûches semées par son frère cadet, Jacob, bientôt connu sous le nom de Jésus…

l'Afrique écrit

C’est en parcourant le catalogue Zulma que j’ai découvert ce roman. Il a rapidement intégré ma wishlist. Le projet de l’auteur attisait ma curiosité. 

Evangelia est une parodie des mystères du christianisme. La foi judéo-chrétienne est présentée telle que l’athée la conçoit : ensemble de choses illogiques, aberrantes. 

Ce roman met en évidence toutes les questions philosophiques sur l’existence, le caractère de DIEU, les paradoxes de la bible qui sont dénués de sens lorsqu’on ne prend pas la peine de les approfondir. Il met également en évidence tous les défauts rattachés à notre humanité notamment ce que Jésus aurait fait s’il était 100% homme.

J’ai lu ce roman en prenant beaucoup de recul par rapport à ma foi. Même si certains éléments de l’évangile sont détournés de leur sens d’origine et mis hors contexte, j’ai apprécié ma lecture car ce roman remet en question la société patriarcale où la femme n’a pas son mot à dire.

Il exhorte à laisser plus de place aux femmes et à reconnaître leur valeur et importance.

J’ai beaucoup ri des actes de chacun des personnages de cette fabulation. Comme dirait l’éditeur, ce roman est un pari fou relevé avec un talent inouï. Un monument irrésistible d’érudition, d’humanité et de drôlerie.

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Ce roman conviendra parfaitement aux athées, philosophes et féministes.

 

Christmas

 

Roman traduit de l’espagnol (Mexique) par Inés Introcaso

Nombre de pages : 432
Paru le 18 Janvier 2018

Lien d’achat : ICI

 

 

 

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Vol à Vif, Prix ivoire 2017, conte tradi-moderne

Tous les livres ont quelque chose à nous enseigner en particulier ceux qui ont reçu des prix. J’aimerais tous les lire surtout ceux qui ont reçu des distinctions africaines.

Vol à vif, Prix Ivoire 2017 était dans ma wishlist d’anniversaire, grand merci à mon beau-frère qui m’a permis de l’avoir entre mes mains.

l'Afrique écrit

 

Razilna, Papang, Tibaar, Ranono, Jao, Leky et Malout, 7 jeunes hommes réunis pour une mission : voler une centaine de zébus. Ce sont des zahalos, bandits de grand chemin qui volent des troupeaux de zébus. 

Ce n’est pas la première fois que Papang fait le coup avec Razilna, Tibaar oui. Il leur fallait 7 hommes pour la course, 7 étant le chiffre de la réussite, le nombre désigné par les graines du devin-astrologue alors ils ont intégré Tibaar au groupe. Tibaar est un gamin, un adolescent de 17 ans. Il a rejoint le groupe parce qu’il lui fallait 3 zébus pour ses futurs beaux-parents.

Papang est le narrateur initial du récit. Il décrit leur course poursuite dans l’Yshal. Une course intense. Ils sont rattrapés par une compagnie de la garde mobile qui leur demande de se rendre. Nos dahalos refusent et se battent pour garder leur butin. Papang se voit obligé de passer le bâton du narrateur, les circonstances ne lui laissent pas le choix…

Le lecteur fait un saut dans le passé, dix-sept ans plus tôt. La réalité s’évanouit, le fantastique entre en scène et montre ses plus beaux atours. La tradition fait irruption dans la modernité mais n’est-ce pas l’inverse ?

 

Un faiseur de sikid est présenté. Son nom est Iabamino et il protège Péla-Soue et son enfant.

Mais où le lecteur a-t-il atterri ? Dans la tribu des Baar avec ses rites divinatoires.

Pourquoi cette tribu est-elle présentée ? La réponse se tisse au fil des pages. 

 

Lorsque le lecteur retrouve Tibaar, il sait tout de lui. Enfin presque. Il ne sait pas encore comment le jeune homme a rencontré Sana, la fille qu’il s’apprête à marier. Lorsqu’il a la réponse, il découvre un autre secret.  

La surprise fait suite à la tristesse face aux amours contrariés. 

La surprise entraîne la joie, joie d’une famille retrouvée. 

Johary Ravaloson est un bon conteur. J’ai admiré la maturité de sa plume, le tempo lent mais non ennuyeux de son récit. Grâce à lui, j’ai appris l’existence des Dahalos, j’ai découvert le Madagascar ancestral. J’ai apprécié cette mise en avant des coutumes, la préservation de l’identité culturelle, cet apport des connaissances traditionnelles dans l’avancée de la médecine moderne. Celle-ci comble les lacunes de la médecine traditionnelle et vice versa.

Ce livre pour ce qu’il évoque mérite bien une récompense littéraire. Je n’ai lu que 2 des 5 finalistes au prix ivoire 2017 : American Dreamer et Terra Incognita. J’ai apprécié mes lectures mais j’ai été plus séduite par Vol à Vif. 

Je compte lire d’autres œuvres de l’auteur. Aviez-vous déjà entendu parler de lui ?

Connaissiez-vous les Dahalos ?

 

GM signature

 

 

 

 

 

 

 

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BLACK PANTHER vaut-il vraiment le coup ?

Un héros noir au cinéma comme en littérature, j’achète ! Oui, je prône le communautarisme ! 😀

excited barack obama GIF by BET

Je désire que les noirs soient plus visibles au cinéma, qu’on ne les cantonne pas qu’au rôle de malfaiteur. J’aimerais qu’on montre leur visage d’héros. Je salue donc la dernière production de Marvel Studios : BLACK PANTHER.

 

 

SYNOPSIS 

Après les événements qui se sont déroulés dans Captain America : Civil War, T’Challa revient chez lui prendre sa place sur le trône du Wakanda, une nation africaine technologiquement très avancée. Mais lorsqu’un vieil ennemi resurgit, le courage de T’Challa est mis à rude épreuve, aussi bien en tant que souverain qu’en tant que Black Panther. Il se retrouve entraîné dans un conflit qui menace non seulement le destin du Wakanda, mais celui du monde entier…
l'Afrique écrit

J’ai énormément apprécié la mise en avant des femmes dans ce film. Elles sont essentielles et valorisées. Elles participent de manière active à la défense et l’évolution de leur communauté. Elles sont admises au conseil du roi, ont un apport majeur dans l’innovation technologique, elles sont des combattantes !

J’ai admiré Shuri et Nakia.

black panther GIF by Marvel Studios

 

J’ai eu un gros coup de cœur pour Okoye. Ses guerrières et elle m’ont rappelé les amazones du Dahomey. 

 

black panther trailer GIF

 

 

black panther GIF by Marvel Studios

 

 

J’ai apprécié les effets spéciaux même si certains effets me paraissaient un peu excessifs.

Les scènes de combats sont intéressantes. Avide d’action, j’aurais aimé en avoir plus et avec de l’intensité.  

L’humour présent dans le film est rafraîchissant. J’ai beaucoup aimé les interventions comiques de M’Baku.

Black Panther : Affiche
M’Baku, Source Allo ciné

Black Panther a aussi un fond socio-politique. Wakanda est un royaume invisible au reste du monde, sa véritable nature est gardée secrète. Certains wakandais s’offusquent, voudraient que le royaume accueille des étrangers, partage son savoir aux autres noirs du monde. Il pose ainsi des questions d’actualité : le nationalisme, l’accueil des réfugiés, l’aide des grandes nations aux plus faibles.  

Black Panther rend un bel hommage à Mère Afrique à travers le dialecte parlé, l’art vestimentaire, la musique, les paysages, les traditions. Le royaume de Wakanda allie coutumes ancestrales et futurisme. Dans ce royaume, je m’y suis senti chez moi.

Black Panther raconte une histoire positive, optimiste, inspirante. C’est un film que je vous invite à voir pour la splendeur de son esthétique, la qualité de son casting, sa fraîcheur.

Il mérite son succès planétaire et je lui attribue :

 

 

 

Image associée

 

Wakanda is the new Black, les amis !

 

Comptez-vous le regarder ? Si vous l’avez déjà fait, avez-vous apprécié ? Parlons-en !

 

signature coeur graceminlibe

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Du chocolat amer servi par Laura Esquivel

Excellent mois de février à tous, je vous souhaite de belles découvertes littéraires.

Mon challenge « littérature sud-américaine » continue. Je reviens au Mexique avec Laura Esquivel.

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Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d’étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur. L’amour de la vie est exalté dans ces pages d’un style joyeux et tendre, dont le réalisme magique renvoie aux grandes œuvres de la littérature latino-américaine. Chocolat amer, adapté en film sous le titre Les épices de la passion, s’est vendu à plus de quatre millions d’exemplaires dans le monde.

 

l'Afrique écrit

12 recettes gourmandes à souhait pour chaque mois de l’année. J’ai été au début un peu déboussolée, ayant eu l’impression que l’histoire ne se déroulait que sur une année.

Tita, notre héroïne, est une experte en cuisine. Qu’est-ce qu’elle m’a fait saliver avec ses différents plats comme le « mole » de dindon aux amandes et au sésame, son bouillon de queue de bœuf et ses gâteaux ! Quelques-unes de ses recettes ont d’ailleurs un côté aphrodisiaque. J’ai ri de cet effet sur les personnes qui dégustaient ses repas.

Chaque recette introduit un morceau de l’histoire de Tita. Benjamine d’une fratrie féminine, elle se voit attribuer de force un rôle par sa mère autoritaire : s’occuper de cette dernière jusqu’à sa mort. C’est un métier à plein temps, une fonction exclusive. Tita ne pourra donc jamais se marier. Elle doit se consacrer à sa mère. Quelle tradition familiale aberrante !

Comme Tita, on s’insurge contre cette mère égoïste. Comme Tita, on finit par capituler. On plaint cette jeune fille qui ne pourra pas vivre son amour. On partage la soupe de sa colère, sa tristesse. Mélange amer !

Quel supplice de voir chaque jour l’amour de sa vie et ne pas pouvoir le toucher ! On espère voir défaire cette stupide coutume mais elle a été gravée dans le roc.

 

Observant longuement les formes délicates de la figurine, Tita songeait combien il était aisé de désirer des choses durant l’enfance. Rien n’est impossible alors. Quand on grandit, on comprend qu’on ne peut pas avoir envie de tout, que certains désirs sont interdits, coupables. Indécents. 

 

On aurait aimé que Tita naisse d’une autre mère. Mamá Elena n’a pas l’air d’aimer sa fille. Intransigeante, elle ne lui montre aucun signe d’affection.

Tita noie sa solitude dans la cuisine. Cuisiner devient un moyen d’expression d’amour entre son bien-aimé et elle. Il met dans les compliments qu’il lui adresse tout l’amour qu’il ressent pour elle. Tita s’acharne à cuisiner encore mieux, invente de nouvelles recettes afin de bénéficier davantage de ses marques d’amour.

On se remet à sourire lorsqu’apparaît le médecin John Brown. Il aide Tita à tenir tête à sa mère. C’est un homme en or. J’ai eu un coup de cœur pour ce personnage. J’ai apprécié sa gentillesse, sa loyauté, son amour pur envers Tita. Je pensais qu’ils vieilliraient ensemble mais l’auteure a déjoué mes plans.

J’ai apprécié les retournements de situation, la plume poétique de l’auteure, ses touches d’humour et manifestations paranormales, ses astuces de grand-mère et analogies de la cuisine et l’amour. 

Elle tourna la tête et ses yeux croisèrent ceux de Pedro. Elle comprit parfaitement à cet instant ce que devait ressentir la pâte d’un beignet au contact de l’huile bouillante.

 

Tita sut dans sa propre chair pourquoi le contact avec le feu altère les éléments, pourquoi une poitrine qui n’est pas passée par le feu de l’amour est une poitrine inerte, une boule de pâte sans utilité.

 

Ses flashforward m’ont par contre un peu perdue. 

Chocolat amer c’est la lutte d’une femme pour faire cesser une tradition qui n’a aucun sens et vivre la vie qu’elle a choisie. C’est une tendre élégie qui exalte l’amour frustré, déçu et interdit. Il évoque les relations mère-fille parfois compliquées, les rivalités fraternelles.

C’est un roman à mettre dans les mains des passionnées d’amour et de cuisine.

 

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Publié dans Panaché

Throwback Thursday Livresque 23: Fais-moi lire

On est jeudi, la veille du jour que j’aime tant ! 😀

Cette semaine, le Throwback Thursday Livresque a pour thème

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Fais-moi lire : un livre que vous conseillez à quelqu’un qui lit peu

 

Pour quelqu’un qui lit peu voire pas du tout, je n’ai qu’un seul conseil : commence par les chroniques africaines sur Facebook. Tu passes beaucoup de temps sur ce réseau social, emploie ce temps pour lire une belle histoire.

Si tu as l’embarras du choix, commence par Au gré du destin.

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C’est l’histoire de Mariam Bako. Après 6 ans d’études à Tunis, elle regagne son pays le Niger et rêve d’un avenir meilleur avec l’homme qu’elle a choisi : Oumar.

Leur histoire est simple, sans prise de tête, sans faux-semblant, plein d’amour et de tendresse. 

Une fois au pays, tout ne se passe pas comme elle a prévu. Les parents d’Oumar veulent qu’il épouse la fille du meilleur ami de son père. Les deux pères sont des hommes politiques et unir leurs deux enfants créera une nouvelle alliance entre les toubous et les arabes de leur localité.

Les parents de Mariam ont aussi arrangé son mariage avec un membre de la famille. Ils essaient de trouver des subterfuges pour déjouer les plans de leurs parents mais vont se retrouver piéger. 

Nos deux tourtereaux vont-ils se plier à la volonté de leurs parents ? Vont-ils être heureux dans leurs mariages respectifs ?

Cette histoire a été une agréable surprise. J’ai apprécié la douceur de la plume de l’auteure.

J’ai ri de tous les stratagèmes utilisés par Mariam pour que son mari la répudie. J’ai beaucoup aimé frère Salim (vous saurez qui c’est en lisant l’histoire) son flegme, sa nature de gentleman. 

Le destin ne se fie pas à nos humeurs. Il agit souvent contre notre gré mais il nous réserve de très belles surprises. Voilà la leçon que nous offre cette histoire. 

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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