Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Les cris de l’innocente – Unity Dow

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Un polar écrit par une auteure botswanaise ? J’achète ! Il combine mes deux challenges personnels : lire un auteur de chaque pays africain et lire des polars africains.

Le récit débute par la description d’un homme. Au dire de tous, il était un honnête homme. M. Disanka, quarantenaire, était un bon mari, un bon amant, un bon père, un bon homme d’affaires. M. Disanka a tout mais il semble lui manquer quelque chose lorsqu’il contemple la petite fille.

 

Il ne lui voulait aucun mal. Simplement, il la voulait, avait besoin d’elle.

 

Le 2e chapitre est consacré à la description de l’arrogant sous-chef Motlabusa Bokae, l’homme qui aurait pu être chef. Le 3e chapitre au proviseur adjoint Sebaki. Trois hommes ambitieux, trois piliers de la communauté qui projettent d’accomplir une tâche. Laquelle ?

Le lecteur n’a pas le temps de s’interroger davantage car un autre personnage est présenté. Une jeune femme admirable, ambitieuse. Elle s’appelle Amantle et accomplit son service national dans un dispensaire de brousse, du côté des superbes paysages du delta de l’Okavango. Affectée à des tâches subalternes, elle découvre une boîte contenant les vêtements d’une petite fille, couverts de sang. Il s’avère que ce sont ceux de la jeune Neo, disparue cinq ans plus tôt. Un meurtre horrible.

 

Ils ne pouvaient savoir que les ténèbres n’ont pas toujours le courage de garder le mal pour elles.

 

Les villageois pensaient de toute évidence que la fillette avait été tuée pour ce que les Sud-Africains appelaient muti et que la langue setswana désignait sous le terme de dipheko. La police avait classé l’affaire. Véritable empêcheuse de danser en rond, Amantle va relancer l’enquête, au grand dam des autorités locales.

 

Les choses sérieuses commencent. Les crimes rituels perpétrés par des gens haut placés sont dénoncés.

Ces hommes recherchaient des parties du corps, surtout les seins, l’anus et le cerveau de jeunes enfants. Ils étaient connus sous de nombreux noms effrayants, dont les Borakoko : “les hommes du Cerveau”. Leurs pouvoirs étaient tels qu’on n’arrivait jamais à les attraper.  

Amantle aidée par une amie avocate va tenter de coincer les coupables du meurtre rituel de Neo. Leur enquête va tourner au ralenti, faute d’informations. C’est un peu agaçant quand on s’attend à de l’action. 

J’ai ressenti comme un goût d’inachevé au terme de ce roman. Si les coupables sont démasqués, jamais ils ne seront punis. J’ai ressenti de la peine pour la mère de Neo. Au Bostwana, ce sont les riches qui sont protégés…

Les cris de l’innocente est un polar ethnique où trahison, impuissance, injustice et silence se côtoient. Le portrait social du pays est largement décrit. Un pays corrompu où tout le monde profite du système. J’ai pris plaisir à découvrir les coutumes locales du pays mais j’ai déploré le manque de suspense. Il y a quelques effets de surprise mais pas assez de rebondissements à mon goût.

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