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Au fond de l’eau – Paula Hawkins

Ce livre a atterri dans ma PAL grâce au challenge de l’été édition 2017 sur Livraddict organisé par Saefiel. 

J’ai lu de belles choses sur la plume de l’auteure grâce à son roman La fille du train. N’ayant pas lu ce roman, j’ai voulu me rattraper et faire la connaissance de sa plume avec son dernier livre paru : Au fond de l’eau

 

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Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

 

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Qui sont Libby, Jules, Josh, Nickie ? Tour à tour, ces personnages mystérieux et bien d’autres encore prennent la parole.

Que se passe-t-il au bassin aux noyées, ce lieu d’horreur et de suicide ? La rivière terrifiante de Beckford est-elle sous le coup d’une malédiction ? 

Nel (la mère de Lena et la sœur de Jules) s’est-elle suicidée ? Qu’est-il réellement arrivé à toutes ces femmes qui l’ont précédée dans le bassin aux noyées ?

C’est en cherchant des réponses que j’ai parcouru ce livre où chaque personnage a ses secrets. Chaque personnage semble détenir une part de la vérité sur les disparitions de ces femmes au fond de l’eau. 

 

Beckford n’est pas un lieu à suicide. Beckford est l’endroit où l’on se débarrasse des femmes à problèmes.

 

J’ai apprécié le décor d’horreur et plein de mystères planté par l’auteure dès les premières lignes mais il n’a pas perduré à mon grand désespoir.

L’intrigue est captivante mais elle ne m’a pas éblouie. Le rythme de l’histoire très haletant au début a perdu de son intensité, l’histoire a tourné un peu en rond, les longueurs se sont invités. Je vous avoue avoir dormi  pendant la 2e partie du livre. 

J’ai également trouvé la raison des meurtres un peu fade, trop émotionnelle. Je m’attendais à des raisons plus complexes. Je voulais que l’auteure aille là où on ne l’attendait pas. 

 

Que dire des personnages ?

Certains sont adorables, d’autres très détestables. Ils ont en commun un sentiment : la colère. Ils feront sans doute partie de mon prochain dîner littéraire.

Nickie, la voyante et Lena, l’adolescente insolente sont les personnages les plus truculents de ce roman. J’ai apprécié leurs caractères. L’une a un côté sombre et l’autre un côté rebelle.

Au fond de l’eau est une lecture moyenne pour moi. Certes, il y a eu quelques belles surprises, l’auteure a abordé des thèmes intéressants comme les relations interdites, le surpoids, le deuil mais je m’attendais à ressentir des frissons, être chamboulée, complètement menée par le bout du nez. Je n’ai pas reçu ce que j’attendais de cette lecture. 

 

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Traduit de l’anglais par : Corinne Daniellot et Pierre Szczeciner
Titre original : Into the Water
Éditeur original : Doubleday an imprint of Transworld Publishers
Sonatine Éditions pour la traduction française

Sortie: juin 2017

Pages: 406 (format papier) – 715 (format numérique)

 

Vous avez lu les deux romans de l’auteure ? Lequel avez-vous préféré ? 

fleur v1

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Le grand masque a menti et pas qu’un peu !

 

Résumé de l'oeuvre

Dans ce roman où l’intrigue ne laisse point de répit au lecteur, Attita Hino nous offre un sujet passionnant : la résolution d’un meurtre et la puissance dévastatrice de la vérité. Cette dernière provoquera l’écroulement des croyances ancestrales d’une partie des villageois, et sèmera le doute dans l’esprit de nombreux autres. Comme un pagne savamment tissé, l’histoire du héros de ce roman est contée avec détail et minutie, nous plongeant dès les premières lignes dans un univers captivant. La culture du peuple Palébo devient nôtre, et c’est dans les pas de cet homme intègre et courageux que nous vivons, avec lui, les épreuves de sa vie.

« Le grand masque a menti » est une œuvre riche, un livre qui emporte le lecteur dans diverses dimensions, dans une Afrique noire faite d’intrigues et de manipulations, dans une conception harmonieuse du couple assez distincte de celles qu’on connaît aujourd’hui, de l’amour fraternel et de la loyauté inconditionnelle.

 

l'Afrique écrit

J’ai beaucoup entendu parler de ce livre, on m’en a dit beaucoup de bien. Vu qu’il détenait des secrets, je l’ai inclus dans ma box littéraire du mois de Juin et je l’ai lu pour confirmer toute l’attention portée à ce livre. Il a eu le prix national du jeune écrivain 2014 et la mention spéciale au Prix Ivoire 2014. Une blogueuse m’a dit qu’il méritait de remporter le prix. 😀

Youkou Dibahou, personnage principal de l’histoire est un pêcheur Lépo, vivant dans le village de Lépossô. C’est un paébou (chef de famille) admiré par sa famille. Il a deux femmes mais elles s’entendent à merveille. L’une est la maîtresse du foyer, l’autre la femme du cœur. Elles ne sont pas des rivales juste les femmes d’un même homme. Je les ai admirées, je serais incapable de partager l’homme que j’aime même si l’autre femme est Blanche Neige.

A Dibahou a été confié, la vieille Kounoa. Son père avait hérité de cette femme après le décès de son grand-frère. Son âge très avancé, au-delà de la cinquantaine, ne lui avait pas permis de trouver preneur parmi les hommes de la famille.

La vieille Kounoa s’obstine à être la maîtresse du foyer de Dibahou. Aigrie et méchante, elle injurie à longueur de journée les membres de la famille, insulte les morts qui sont sacrés chez les Lépo, finit par pousser à bout Dibahou. Poussé par la colère, il frappe cette vieille sorcière qui frappe à son tour Dibahou là où ça fait mal, très mal.

Qui pense avoir affaire à une simple histoire sera fort surpris.

La deuxième partie de l’oeuvre est encore plus intéressante, pleine de surprises. Deux parties vont s’opposer : celle du grand masque et la famille de Dibahou. Chaque partie use des moyens en sa possession pour préserver sa vérité. Les convictions s’affrontent et la lutte est violente.

J’ai admiré la force de Dibahou et son courage, sa femme de cœur Mamy n’est pas en reste. Elle aime son mari et n’hésite pas à épouser sa cause.

La vérité surgit, les mystères et croyances se défont. On a mal face à l’injustice, la violence. On ne lâche pas le livre, on a envie de voir comment cette histoire finira et à qui raison sera donné.

Le grand masque a menti est un bon roman du terroir, il nous rappelle nos us et coutumes, ce passé culturel que l’on oublie ou renie, il jette un regard critique sur nos traditions africaines.

J’ai apprécié la pudeur dans la narration des scènes intimes, l’amour que les personnages  se portent. J’ai apprécié la fin de l’histoire, synonyme de renouveau.

J’ai admiré l’auteure pour ses proverbes pittoresques. Elle a réussi à donner une âme à ses personnages, on oublie qu’on est dans une fiction, on vit le récit. Elle a réussi à surprendre.

Ce roman n’est pas loin du coup de cœur. Pour la richesse de l’écriture et du contenu, il méritait bien plus qu’une mention spéciale au Prix ivoire 2014 mais il faudrait que je lise tous les ouvrages finalistes au Prix ivoire pour confirmer mes dires. 😀

 

Christmas

Éditeur: NEI-CEDA

Année de publication : 2014

ISBN : 2844876145 – 9782844876140

Nombre de pages : 269

 

 

Le Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2014 a été attribué à la Marocaine Bahal Trabelsi pour son roman Parlez-moi d’amour.

Les autres ouvrages en lice étaient :
– Les charmes de Kenza de NADIA ADIB,
– L’insondable destin des hommes de KAMA SYWOR KAMANDA,
– Le troisième sexe de LEANDRE SAHIRI.

Avez-vous déjà lu ces œuvres ?

 

signature coeur graceminlibe

 

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S’IL VOUS PLAÎT, SAUVEZ-MOI ! HELEN CALLAGHAN

 

helen callaghan

 

« Chère Amy, J’ai été enlevée, je ne sais pas où je suis retenue prisonnière. Mais s’il vous plaît, sauvez-moi… » Quand Margot, qui tient la rubrique du courrier des lecteurs dans un journal local, reçoit cette étrange lettre, elle n’en croit pas ses yeux. Le courrier est signé Bethany Avery, une jeune fille kidnappée vingt ans auparavant et dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Est-ce une mauvaise plaisanterie ? Intrigué par l’affaire, le criminologue Martin Forester confirme que l’écriture de la lettre est bien celle de l’adolescente disparue il y a vingt ans. Plus effrayant encore : alors que les secrets du passé refont surface, une nouvelle adolescente disparaît dans des circonstances similaires.

Margot tente de comprendre ce qui est arrivé aux deux jeunes filles kidnappées. Mais en essayant de sauver ces deux vies, elle va aussi risquer la sienne…

l'Afrique écrit

Au départ, Katie Browne voulait fuguer, donner une leçon à sa mère et au copain de sa mère mais elle est enlevée et subit des outrages d’un homme torturé.
Margot Lewis, enseignante, tient une rubrique dans un journal. Elle reçoit une lettre de Bethan Avery qui réclame de l’aide. La jeune fille dit avoir été enlevée par un homme bizarre qui la retient prisonnière dans sa cave.
Chose étrange, la jeune fille a disparu depuis plus de 20 ans. On la croit morte. Est-ce Katie qui se fait passer pour elle ?
Le processus de réflexion commence. Les 200 premières pages, l’intrigue est assez linéaire, il y a peu de rebondissements. L’histoire se concentre sur Margot Lewis, son mariage qui s’achève sur une trahison, sa solitude et son rapprochement avec le beau Dr. Forrester. L’enquête pour retrouver Bethan ou Katie n’avance pas, je commence à m’ennuyer et je sermonne ma fée liseuse qui n’a pas su me guider vers un livre palpitant.
Soudain, un revirement, l’auteure semble avoir entendu mon soupir d’ennui. Des choses surprenantes se passent enfin !! Les morceaux du puzzle commencent à s’assembler. La vérité se dévoile à petites doses. J’ai pris une grosse claque en apprenant ce qu’était devenue Bethan. L’auteure s’est bien jouée de moi et j’ai adoré !
L’histoire devient très captivante. Elle distille un parfum de tension et de peur qui n’est pas déplaisant.

Ce récit est une belle lecture qui s’achève en douceur. Les vies volées sont remises à leurs places respectives.

J’ai apprécié le ton prude de l’auteure. Les fans de narration descriptive seront également ravis.

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Publié en Grande-Bretagne sous le titre Dear Amy par Michael Joseph, une division de Penguin Random House UK.

Traduit de l’anglais par Maryline Beury

© City Editions 2017 pour la traduction française
Dépôt légal : Mars 2017

L’extrait philosophique

Il m’écoutait sans rien dire.
– Notre esprit est futé, dis-je en regardant le paquet. Mais nos sens…, nos sens ont une mémoire, eux aussi, et ils sont plus durs à duper.

GM signature

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La dernière des Stanfield – Marc Levy

 

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  • Mon père, j’ai quelque chose à confesser.
  • Quoi donc ma fille ?
  • Je viens de lire un roman de Marc Levy.
  • Sacrilège ! 
  • Je suis toute honteuse mon père, moi qui l’avais placé dans le top 10 des auteurs à ne plus relire parce qu’il m’avait déçue avec deux œuvres
  • Ça arrive ma fille. Mais dis-moi, regrettes-tu ta lecture ?

Réponse dans les lignes qui suivent

 

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Ma vie a changé un matin alors que j’ouvrais mon courrier. Une lettre anonyme m’apprenait que ma mère avait commis un crime trente-cinq ans plus tôt.
L’auteur de cette lettre me donnait rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore et m’ordonnait de ne parler de cette histoire à personne.
J’avais enterré Maman à Londres au début du printemps ; l’été s’achevait et j’étais encore loin d’avoir fait mon deuil.
Qu’auriez-vous fait à ma place ?
Probablement la même erreur que moi.

Eleanor-Rigby est journaliste au magazine National Geographic, elle vit à Londres.
Un matin, en rentrant de voyage, elle reçoit une lettre anonyme lui apprenant que sa mère a eu un passé criminel.
George-Harrison est ébéniste, il vit dans les Cantons-de-l’Est au Québec.
Un matin, il reçoit une lettre anonyme accusant sa mère des mêmes faits.
Eleanor-Rigby et George-Harrison ne se connaissent pas.
L’auteur des lettres leur donne à chacun rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore.
Quel est le lien qui les unit ?
Quel crime leurs mères ont-elles commis ?
Qui est le corbeau et quelles sont ses intentions ?
Au cœur d’un mystère qui hante trois générations, La Dernière des Stanfield nous entraîne de la France occupée à l’été 44, à Baltimore dans la liberté des années 80, jusqu’à Londres et Montréal de nos jours.

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Les premières lignes commencent avec une note de fraîcheur, je retrouve l’ambiance et la légèreté des chick-lit. Puis, après avoir fait connaissance avec la famille folle d’Eleanor-Rigby, je me retrouve dans l’univers mystérieux des thriller, romans policiers.

L’auteur a su me communiquer l’envie d’Eleanor-Rigby, sa quête de vérité. J’ai apprécié ce jeu de piste, je ne voulais pas arrêter ma lecture sans avoir découvert ce corbeau et reconstitué la vérité. 

On avance d’interrogations en découvertes. J’ai découvert assez tôt le lien qui unissait Eleanor-Rigby et George-Harrison mais il m’a fallu un peu de temps pour découvrir le trésor que l’une des mères avait gardé et qui était le père de George-Harrison. 

J’ai apprécié ces voyages entre Londres, Baltimore, Montauban ; entre le passé et le présent.  J’ai aimé l’alternance des points de vue, le fait que plusieurs personnes révèlent un bout de la vérité. Chacun de nous détient une part de vérité 🙂

Je me suis attaché à trois personnages : Michel, le frère d’Eleanor-Rigby, pour ses interventions très « philosophiques », George-Harrison pour son pragmatisme, May pour son authenticité, ses déconvenues en amour. 

La dernière des Stanfield souligne l’importance d’une famille unie et des amitiés fortes pour se construire. 

Il se lit aisément grâce au style fluide de l’auteur. Il offre une lecture assez intéressante mais ce n’est pas une histoire bouleversante, extraordinaire. Il m’a manqué un rythme haletant, des émotions fortes, du suspens.

Pour une fois, je n’ai pas fermé un roman de Marc levy sans regretter le temps passé à le lire et rien que pour ça je dis : Bravo à l’auteur !

Continuez sur cette lancée, Marc Levy et je finirai par être votre groupie, qui sait ? 😀

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Parution : 20 Avril 2017
Maison d’édition : Robert Laffont
Nombre de pages : 480
Prix : 21,90 €

lauteur

Après avoir passé six ans à la Croix Rouge et dirigé un cabinet d’architectes, Marc Levy publie son premier roman Et si c’était vrai aux Éditions Robert Laffont en 2000. Ce roman connaît un succès immédiat en France ainsi qu’à l’étranger, et est adapté au cinéma en 2005 par Dreamworks. Depuis, Marc Levy a écrit 17 romans. Il est traduit en 49 langues, et les ventes de tous ses romans ont dépassé les 40 millions d’exemplaires dans le monde.

Vous avez déjà lu Marc Levy ? Lequel de ses livres avez-vous adoré ? Détesté ?

fleur v1

Publié dans Quand on est célib'

Coucou là-haut ! C’est prévu pour quand l’amour réciproque ?

attirer l'homme que j'aime

Je m’appelle Judith, j’ai 25 ans et je n’ai toujours pas connu l’amour réciproque. Les hommes qui me courtisent ne me plaisent pas. Les hommes qui me plaisent ne viennent jamais vers moi. J’en ai marre, ABSOLUMENT MARRE !!!

Je ne sais pas ce qui cloche chez moi.

Depuis un mois, c’est un mec très moche qui me courtise. Le physique ne doit pas être essentiel dans le choix du partenaire mais comment dormir avec un homme dont on déteste les formes du visage ? Comment passer toute sa vie avec un homme dont le corps ne nous attire pas ? Moi, je dis non !

Je ne cherche pas Mister Univers, un mec sans défaut,

je veux un homme qui m’électrise en effleurant ma  peau.

J’ai blacklisté Quasimodo de façon brutale. Je n’avais pas le choix, son attitude frôlait le harcèlement.

La semaine dernière, c’est le vigile de l’entreprise où j’étais en mission professionnelle qui m’a abordée !!!! Oh, ma pauvre Judith qu’as-tu fait au Bon Dieu pour qu’IL te martyrise de la sorte ?

Le vigile n’est pas mal, côté physique mais nos niveaux d’étude ne concordent pas. J’ai un poste de senior dans un cabinet d’audit, je recherche un homme avec le même bagage intellectuel que moi. Ne me faites pas la leçon !!!!! Je ne veux rien entendre ! Que celle qui ne pense vraiment mais alors vraiment pas comme moi me jette la première pierre puis une deuxième.

Bref ! Je veux avoir l’homme que je désire  alors cette semaine, j’ai décidé de me renseigner amplement sur la loi de l’attraction. J’ai dévoré les ressources du blog d’Arielle Camille.

En résumé, les 10 choses à faire pour attirer ce qu’on désire sont :

1- Aligner la pensée consciente avec le ressenti. Imaginer quels seraient les sentiments que vous éprouveriez si vous aviez maintenant l’homme que vous souhaitez avoir. Que feriez-vous avec cet homme et quels sentiments cela déclencherait ?

Il suffit d’éprouver ces sentiments dès maintenant ! Faites comme si vous aviez déjà ce que vous désirez ! Et sentez-vous comme ça les prochains jours.

 2-  Travaillez sur votre rapport par rapport au couple : Comment le percevez-vous en général ? Faites en sorte de le percevoir comme quelque chose de très positif, une énergie puissante d’abondance qui circule.

3-  Attention à ce que vous dites.  Surveillez vos paroles ! 

4-  Soignez-votre corps, marchez et faites du sport !

5-  Vivez au présent

6- Lâchez prise, oubliez presque votre désir, et soyez heureux de ce que vous avez maintenant !

7-  Soyez précis ! Savez-vous ce que vous voulez vraiment ?

8- Agissez dans le sens de vos désirs. Ne restez pas passifs.

9-  Engagez-vous vers votre objectif. Montrer à la vie votre détermination.

10-  Faites confiance à la vie.

 Et une petite astuce supplémentaire, mais c’est bien parce que c’est vous !

Quand ça ne va pas et que tout ce que je viens de dire là-haut vous semble insurmontable, voyez le verre à moitié plein ! (tout ce qu’il y a déjà de bien dans votre vie). Dites-vous une chose, le verre n’est jamais plein totalement. Il faut juste l’accepter !

J’ai aussi lu les 2 ingrédients secrets pour mettre en action la loi de l’attraction : 

– S’attendre à ce que cela arrive ou plus simplement « y croire »

Le problème de bcp de personnes est que, même si ils pensent à ce qu’ils veulent, même si ils en parlent et qu’ils y prêtent attention, ils ne croient pas que cela puisse vraiment leur arriver. Ils ne s’attendent pas à obtenir des résultats, ils n’ont pas la foi, ils ne croient ni en eux, ni ne font confiance à l’univers. Voilà pourquoi cela ne fonctionne pas. Donc, pour que ce que nous désirons se manifeste dans notre vie, il faut par dessus y croire. Etre sûr que ça va nous arriver. Et surtout être confiant. Attention, je ne parle pas d’espoir. Je parle de foi. Avoir la foi, voilà un des ingrédients manquants.

– Lâcher-prise

Ensuite, et je pense que pour bon nombre d’entre nous cet aspect est très difficile à comprendre, il faut lâcher prise. Cela peut sembler paradoxal avec « s’y attendre » mais vous allez comprendre. Lâcher prise est le liant qui manque à la recette de la loi de l’attraction. Lâcher prise une fois que l’on a pensé à ce que l’on veut, émis une émotion positive, et ressenti au fond de soi la confiance que cela va se produire, c’est comme affirmer à l’univers que nous lui faisons toute confiance sur les détails de la réalisation. Lâcher-prise fait en sorte qu’aucun doute ne vienne s’immiscer dans notre esprit. Quand nous lâchons prise, nous ne tournons pas les choses en boucle dans notre tête et par conséquent, ne permettons pas à notre intrus de nous tirer vers le bas en nous faisant entendre par exemple ce genre de phrase :

« Ne rêve pas, ça ne marchera jamais, je ne vois pas comment ! »

Ma recette magique est donc la suivante : Pensée + attention + émotion + action + s’y attendre + lâcher prise

= Manifestation ou matérialisation de son désir

Après lecture de ces articles, mon regard sur ma vie amoureuse a changé. Oui, je sais ce que je vais faire.

Matin, midi et soir, je répéterai ces paroles : je vais connaître l’amour réciproque, je vais plaire à un homme qui me plaît.

J’attirerai à moi ce que je désire….

Et vous, comment vous faites pour attirer à vous ce que vous désirez ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Americanah

Elle prenait les deux partis, pour plaire à tout le monde ; elle choisissait toujours l’apaisement plutôt que la vérité, soucieuse d’être en harmonie avec tous.

Chimamanda Ngozi Adichie est le contraire de «Elle». L’écrivain refuse d’être subtile, la vérité ne l’est pas.

Oh ! Je m’enflamme, romps avec mes habitudes. C’est l’effet Chimamanda !

Revenons donc à nos vieilles habitudes : je vous laisse découvrir la quatrième de couverture avant d’exposer en détail mon avis sur l’œuvre.

Ifemelu quitte le Nigéria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique, qui compte bien la rejoindre.

Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau  prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés ?

Pendant 15 ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux Etats-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigéria.

Chimamanda Ngozi Adichie

Ouvrir un livre et se voir, ouvrir un livre et retrouver le connu…

J’ai adoré Americanah pour la description des parcours d’étudiants africains qui partent étudier en Occident ou en Amérique parce que c’est leur rêve ou tout simplement parce que le système universitaire de leur pays est défaillant. Des étudiants qui débarquent dans une civilisation différente de la leur et qui doivent s’adapter, s’intégrer.

Tu es dans un pays qui n’est pas le tien. Agis comme il faut si tu veux réussir.

Americanah montre comment il peut être tentant de vouloir être une autre personne quand notre singularité dérange, combien rester soi est une lutte, comment notre terre d’intégration peut changer notre mode de vie, notre mentalité et même changer notre regard sur notre terre d’origine quand nous rentrons au bercail.

J’ai apprécié Americanah pour les récits d’immigrants qui se voient obligés de prendre l’identité d’un autre pour pouvoir  travailler légalement, contracter des mariages blancs pour avoir des papiers. Americanah montre comment les contraintes de l’immigration peuvent nous pousser à faire n’importe quoi.

Americanah montre la détermination d’immigrants expulsés qui projettent de revenir et de tout recommencer parce qu’ils n’ont rien à perdre.

J’ai apprécié ce livre pour ces rappels d’ineptie que les gens débitent souvent par bêtise ou par ignorance.

Vous avez chaud ? Pourtant, vous venez d’Afrique !

Vous n’avez pas de sourcils frisés ? Eh ben, je pensais que c’était le cas vu que vous avez des cheveux frisés.

 

J’ai aimé Americanah pour sa critique et sa réflexion profonde et puissante sur des clichés portant sur la race.

Mais pourquoi faut-il que je transcende la race ? Vous voyez, comme si la race était un breuvage qu’il vaut mieux servir tiède, adouci par d’autres liquides, sinon les Blancs sont incapables de l’avaler.

L’homme dit aussi au professeur Hunk : « Pourquoi faut-il que nous parlions toujours de race ? Ne pouvons-nous pas être simplement des êtres humains ? »

Et le professeur Hunk répond : «C’est exactement le privilège des Blancs, que vous puissiez faire ce genre de réflexion.» La race n’existe pas véritablement pour vous parce qu’elle n’a jamais été une barrière. Les Noirs n’ont pas ce choix.

Si la vieille rengaine «l’esclavage est un truc du passé » refait surface, demandez à votre ami de mentionner qu’une quantité de Blancs continuent à hériter de l’argent que leurs familles ont gagné il y a un siècle. Si cet héritage perdure, pourquoi pas l’héritage de l’esclavage ?

J’ai aimé Americanah pour sa critique de certaines églises évangéliques en Afrique appelées également églises de réveil qui tirent profit de la foi aveugle et du désespoir des hommes.

Chimamanda Ngozi Adichie a un humour fin, délicat, à l’aspect d’un frisson qui vous parcoure délicatement la peau et vous laisse une sensation agréable.

La mère d’Ifeoma : « Prions et répandons sur les routes le sang de Jésus.

Le père  réplique : « les routes seront plus sûres, moins glissantes, si elles ne sont pas recouvertes de sang. »

Sa mère demanda : «  Il est chrétien ?

-Non. C’est un adorateur du diable.

– Jésus tout-puissant ! s’écria sa mère.

Tu aurais pu simplement dire que Ngozi est ton nom tribal, Ifemelu ton nom de jungle et en proposer un de plus comme nom spirituel. Ils avalent n’importe quoi dès qu’il s’agit de l’Afrique.

Il se plaint toujours que ses livres n’ont pas de succès. Je lui ai dit qu’il faut qu’il écrive des choses terribles sur son peuple s’il veut réussir. Il doit expliquer que les Africains sont les seuls responsables des problèmes de l’Afrique, et que les Européens ont davantage aidé l’Afrique qu’ils ne lui ont nui. Il deviendra célèbre, les gens diront qu’il est tellement honnête !

J’ai aimé Americanah parce qu’il m’invite à m’aimer entièrement, sans artifice, et pas qu’un peu. M’aimer de la tête aux pieds, de face comme de profil, intérieurement et extérieurement.

Amoureuse de l’amour, j’ai aimé assister aux retrouvailles d’Ifemelu avec son grand amour.

Que dire de ces multiples personnages qui en mêlant leurs vécus forment une belle charpente ?

J’ai beaucoup admiré Obinze pour sa candeur, sa droiture de cœur ; il m’a attendrie, m’a fait rêver.

J’ai beaucoup aimé Curt pour son caractère idéaliste et lisse : j’entre dans ta vie et je la transforme, je la peins d’un blanc pur.

J’ai apprécié Ifemelu pour sa franchise, sa fraîcheur d’esprit, son côté pragmatique.

Cette 3ème œuvre de Chimamanda que j’ai lue est une belle fresque sur les sociétés nigérianes, américaines, occidentales et je peux dire que c’est ma préférée.

J’ai trouvé ce livre plus vivant, plus drôle, plus romantique que les deux autres que j’ai lus. Par contre, je l’ai trouvé trop long, il y avait trop de péripéties à mon goût mais ça se justifie. Les nombreux sujets évoqués sont vastes et l’auteur avait visiblement beaucoup de choses à dire.

En parlant de longueur, une question me vient à l’esprit : faut-il qu’un roman ait plus de 400 pages pour qu’il soit réussi, jugé bon ?

Publié dans Quand on est célib'

Célib’ au 21e siècle ?! Comment tu fais ?

célibat

Récemment, une connaissance m’a demandé comment je fais pour être si différente des filles de ma génération, ne pas m’affoler vu que le temps passe à une vitesse fulgurante et qu’il me laisse toujours célibataire ?

Comment je fais pour prendre plaisir à l’être, ne pas avoir peur de rester seule toute ma vie ?

Mon détachement face à la vie de couple n’a pas de source extérieure, il prend sa source dans mon état d’esprit. Je prends plaisir à être célibataire parce que j’ai la conviction que la vie de couple n’est pas la voie absolue pour accéder au bonheur et expérimenter l’accomplissement. 

Je crois fermement qu’on peut ne pas avoir une vie de couple et être épanouie et je vis ce en quoi je crois.

Le célibat n’est pas dangereux, pénible ou regrettable, c’est une bonne chose. Ce n’est pas un concept, c’est réel, je l’expérimente jour après jour.

Si vous n’êtes pas convaincu de cela, vous ne pourrez jamais être épanoui dans votre célibat.

La conviction est la conscience de l’esprit. Chamfort

 L’esprit de l’homme le soutient dans la maladie ; Mais l’esprit abattu, qui le relèvera ?  Livre des Proverbes

Tout commence dans notre état d’esprit. Tout part de nos croyances. Si vous pensez que le célibat est un fardeau, vous aurez envie de le fuir. Si vous pensez que le célibat est une opportunité pour grandir, s’aimer davantage, vous prendrez plaisir au célibat.

Dites-moi : considérez vous une opportunité pour croître, progresser comme une mauvaise chose ?

Si votre réponse est non alors commencez à oublier toutes les idées fausses que vous vous faites du célibat, changez votre perception. Voyez le comme une opportunité.

ATTENTION : Ce n’est pas une opportunité pour être libre, entretenir plusieurs relations en même temps, avoir une sexualité désordonnée. Rappelez-vous que rien ne subsiste dans le désordre.

Mon célibat est une opportunité, une saison unique. Je n’aurai pas l’occasion de la vivre à l’identique alors je la vis dans son entièreté, je fixe mes yeux sur cette étoile scintillante et j’apprends son langage, je reçois toute la lumière qu’elle irradie.

Le célibat est une saison unique ? Ceux qui se retrouvent à plusieurs reprises célibataires vivent donc plusieurs saisons uniques ? Oui. Chaque année, les mois sont les mêmes mais ce que nous vivons pendant ces mois est différent d’année en année.

Lorsqu’une saison arrive, elle ne vient qu’une fois. Même si vous vous trouvez célibataire à plusieurs reprises, votre 6ème saison de célibat est différente de la première fois où vous vous êtes retrouvé célibataire. Sachez tirer profit de tout ce que ces différentes saisons vous enseignent.

Ce temps de célibat me permet de faire grandir mon intimité avec DIEU.

Ce temps de célibat me permet de comprendre que je ne dois pas changer les traits sombres de mon caractère pour plaire à un homme ou à la communauté mais parce que c’est nécessaire si je veux être plus utile, être vraiment celle que je dois être.

Ce temps de célibat me permet de célébrer mon unicité, la mettre en valeur et ne pas me cacher derrière un être pour donner un sens à mon existence. Le célibat me permet de prendre mes responsabilités.

“Some steps need to be taken alone. It’s the only way to really figure out where you need to go and who you need to be.” Mandy Hale

Ce temps de célibat me permet d’être face à mon moi, de m’écouter, de clarifier mes attentes. Le célibat c’est revenir à soi mais aller vers les autres. Je suis de plus en plus sensible à chaque rencontre que je fais. Je suis attentive à ce que chacune d’elles m’apporte, je fais attention à ce que je leur donne.

Ces années de célibat me permettent (Oups j’ai failli écrire au passé. Mon inconscient est-il en train de me dire que ça va bientôt prendre fin ? 😀 ) de :

  • célébrer mes intimes : quand on n’a pas de partenaire, on se rend compte que des amis fidèles et sincères ne sont pas des acquis. On ne néglige plus leur présence. ( Mention spéciale aux BADDS. ) 😉
  • ne pas penser à entasser mais à laisser aller,
  • ne pas exister à travers les mots des autres mais à travers les miens. Je n’attends pas qu’un homme aime et respecte mon corps avant d’en faire autant.

Le célibat me permet de célébrer la vie qui chante en moi. Je suis célibataire et je souris. Ce n’est pas un sourire de suffisance mais un sourire de satisfaction.

Les opportunités apparaissent le plus souvent sous la forme de malchance ou d’échec temporaire. Napoleon Hill

Nous n’avons pas besoin de plus de force ou de plus d’opportunités, ce dont nous avons besoin, c’est d’utiliser celles que nous avons déjà. Basil S. Walsh

Votre célibat est une belle opportunité, ne la laissez pas passer.

ATTENTION : Mon intention n’est pas de vous inciter à fuir la vie de couple. J’aimerais que vous valorisiez ce que vous avez déjà : le célibat, que vous puissiez tirer le meilleur qu’il a en lui.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Avant d’aller dormir

A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune étudiante célibataire ayant  la vie devant elle, avant de découvrir à sa grande surprise qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis plus de vingt ans.

Tous les traitements ayant jusque-là échoué, son dernier espoir réside dans son nouveau neuropsychologue, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime pour l’aider à se remémorer son quotidien et ainsi rassembler peu à peu les fils de son existence. 

Quand Christine commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, elle est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite, elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent. 

Avant d'aller dormir

La surprise est le premier sentiment qui nous accueille au seuil de l’histoire. Quel est ce type d’amnésie qui réinvente le présent ? On plaint le mari de Christine qui chaque jour est obligé de lui raconter leur vie de couple et ce qui lui est arrivé. On l’admire parce qu’il le fait avec amour, avec dévotion, sans se plaindre. Ce mariage donne toute la signification à cette formule que l’on entend prononcer lors des bénédictions nuptiales : pour le meilleur et le pire…

On découvre le pire dans toutes ses dimensions, une vie inventée, reconstruite…

Ce thriller adhère au procédé narratif du thriller psychologique : l’auteur nous donne de fausses pistes, fait une rétention d’informations ;  il nous tient en haleine, nous mène de surprise en surprise, de mensonge en vérité, de vérité en mensonge …

Ce livre nous donne l’effet d’avoir délaissé l’entretien d’un frigo, de sentir l’odeur de pourriture qui s’y dégage et de découvrir quand on l’a ouvert des choses inimaginables.

J’ai apprécié ma lecture même si le tempo de plus en plus fiévreux s’est rompu à un certain moment pour moi. Par moment, je trouvais que les choses allaient au ralenti, j’ai même jugé le livre trop long.

Mis à part ce bémol, j’ai apprécié l’intrigue et surtout la fin pour ce bonheur qu’il instille et le mystère qu’il jette sur le lendemain de Christine.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Quand on est célib'

L’habituée du banc de touche

Le prochain bus passera à 17h16. Je rejoins la maison en espérant que Korea ait fini de mettre ses lacets et India, terminé de se maquiller. Je n’approuve d’ailleurs pas qu’elle se maquille à seize ans mais je n’ai pas à imposer mon avis, je ne suis que la baby-sitter de vacances!

L’idéal serait qu’on arrive chez Monsieur et Madame Kraba aux environs de dix-huit heures et qu’on les quitte avant  qu’ils ne dînent, soit avant vingt heures. Je n’évite pas la cuisine de madame Kraba, les filles ont annoncé notre visite de courtoisie il y a juste deux heures et ils ne n’ont sûrement pas prévu trois assiettes supplémentaires pour leur dîner.

Oui, ils sont africains et en Afrique tant qu’il y a à manger pour deux il y en a pour dix, de plus les filles et moi ne mangeons pas comme des ogres (Enfin, moi, ça dépend des jours et des lieux)  mais disons  que dans le cadre d’une simple visite de courtoisie, quitter une maison avant l’heure du dîner fait partie de mes règles de bienséance.

Je lâche un soupir en ouvrant la porte, Korea est en train de mettre ses lacets, India se maquille. Ce ne sont pas leurs surnoms mais bien leurs prénoms enregistrés à l’état-civil d’une des mairies que compte la France et une conséquence de l’amour fou que leurs parents portent à l’Asie.

-Les filles, si on rate le prochain bus, on remettra la visite à demain.

-Pourquoi? M’interroge Korea de sa voix traînante

-Parce qu’il faut passer au maximum 2 heures chez eux et prendre congé d’eux avant le dîner.

-Mais ça ne les gênera pas qu’on mange avec eux.

-Oui, Korea mais ce serait mieux qu’on rentre avant l’heure du dîner. Le bus ne va pas tarder, on se dépêche les miss ! Dis-je en jetant un coup d’œil à l’écran de mon téléphone.

Nous sommes assises à l’arrière du bus. Korea et India sont accrochées à leurs téléphones, moi, je lis Inassouvies, nos vies. Il peut m’arriver d’oublier ma mini-trousse de maquillage mais jamais de mettre un livre dans mon sac.

Il nous faut une demi-heure de trajet en bus puis une dizaine de minutes à pied pour rejoindre le pavillon de Monsieur et Madame Kraba. Ce couple sympathique d’une soixante d’années fait partie de la liste d’amis très serrée des parents de Korea et India.

Monsieur Kraba nous ouvre avec un sourire plein de bonté, nous fait ressentir toute la chaleur de son cœur avec ses embrassades appuyées. Nous embrassera-t-il de cette façon si l’on s’incruste à leur dîner ? Je remue la tête, consciente du caractère saugrenu de ma pensée.

«Taylor est au salon.»  Nous dit Monsieur Kraba.

Je suis Koréa et India jusqu’au salon pensant y retrouver un adolescent et là…

Je reçois une décharge électrique dans mon cœur, mes pensées se désorganisent, représentent un tas difforme dans mon cerveau droit, mon visage exprime des émotions que je ne peux malheureusement pas décrypter.

Je reconnais cette situation, elle s’était imposée à moi quand j’avais 15 et 19 ans.  Elle s’était présentée  de la même façon et avait engendré les mêmes dégâts : un amour non réciproque, des larmes versées, un désespoir qui ancre au célibat…

-Bonjour! Théodora, Enchantée. Dis-je avec le sourire et en lui faisant des bises.

-Bonjour, Taylor. Enchanté.

Je me retrouve assise à ses côtés. Mon Dieu, comment je fais pour ralentir les battements saccadés de mon cœur ? Comment je fais pour ne pas me tourner vers lui et contempler ses petits yeux, son teint ébène, ses lèvres bien dessinées, ce collier qui encadre ce parfait visage carré?

Comment je fais pour ne pas imaginer ses bras musclés envelopper mon corps frêle et me transporter dans des univers qui ne sont réservés qu’aux âmes qui vénèrent la passion?

Quel sujet de conversation puis-je entamer pour entendre à nouveau sa voix virile?

-Taylor, tu pourrais servir à boire aux filles s’il te plaît. Lance Monsieur Kraba

Il se dirige vers le buffet  et je manque d’ouvrir ma bouche. Qu’est-ce qu’il est grand! Je suis une naine à ses côtés !

Mon cœur s’active, il essaie comme à chaque fois que la situation se présente de tendre vers l’autre, d’établir une connexion. J’aimerais bien le contrôler mais je n’étais pas préparée à cela.  Dans cette petite ville du Nord-Ouest de la France où j’habite depuis 2 ans, les beaux mecs sont rares comme une éclipse solaire alors…

Il remplit mon verre de coca tout en prenant des nouvelles des filles. Je porte délicatement mon verre à mes lèvres, fixe mes yeux sur la télévision.

Est-il en train de me regarder ? Je l’ignore mais je veux bien penser que oui.  Quelle belle idée j’ai eu de mettre ce top corail, ce jean adapté à ma morphologie en I et ces sandales compensées qui me donnent une dizaine de centimètres en plus !

Quelle belle idée j’ai eu de ne pas négliger la coiffure de mes cheveux en transition  (mi crépus, mi défrisés). Mon esprit avait-il capté que je ferais pareille rencontre aujourd’hui?

Monsieur et Madame Kraba nous rejoignent, prennent de mes nouvelles ainsi que celles des filles. Ils m’embarquent dans une discussion assez plaisante, discussion qui m’éloigne de Taylor. Je suis largement déçue quand il annonce qu’il va rejoindre ses amis pour une séance de basket-ball. Je suis déçue de n’avoir pas pris le bus d’avant 17h16. J’aurais passé plus de temps en sa compagnie.

J’ai oublié les traits de son visage quand nous regagnons la maison des heures plus tard mais je n’ai pas oublié ce cœur qu’il a mis en mouvement…

***

-Théo, est-ce qu’on pourrait rendre visite à Monsieur Kraba demain ?

Je retire mes écouteurs, me tourne vers Korea pour lui donner une réponse positive.

-Il faudrait programmer votre réveil  avant 14 heures pour qu’on soit chez eux avant 16 heures. Dis-je le sourire vissé aux lèvres.

-D’accord, je le dis à India.

-Merci!

Je voulais émettre un ok mais mon cœur a parlé à ma place. Il lui est reconnaissant de me permettre de revoir Taylor. Notre 1ère rencontre date d’il y a deux semaines et j’ai quotidiennement médité sur le sens de cette rencontre. A-t-elle pour but de m’entraîner vers des illusions ou  me réapprendre à aimer?

Le lendemain, je suis la dernière à être prête. J’ai passé un temps fou à coiffer mes cheveux, à m’entourer du nuage de fraîcheur que me procure l’eau de toilette Shalimar, à maquiller mes lèvres pulpeuses.

Je suis fébrile quand nous montons dans le bus. Allons-nous faire plus connaissance Taylor et moi? Suis-je sur le chemin qui me fera quitter mon célibat qui dure depuis 9 ans? Plairais-je pour une fois à un homme qui me plaît?

Nous rejoignons la maison des Kraba à petits pas. Les filles rient à gorge déployée en regardant des vidéos sur leurs téléphones, moi, je réfléchis aux prochaines minutes. Ma vie va-t-elle prendre un tournant décisif?

Notre accueil se passe exactement comme la dernière fois à une exception près : Taylor n’est pas au salon cette fois-ci, il est sorti avec un ami. J’attends patiemment qu’il arrive.

Mon cœur fait un bond quand il pénètre dans le salon une heure et demie plus tard. Il est toujours aussi beau, son corps de rêve n’a pas flétri. Il n’est pas seul, un ami l’accompagne. Je lui fais les bises avec un sourire enjôleur. Il me demande brièvement si je vais bien, s’installe à côté de son ami. Je ne suis pas à ses côtés aujourd’hui…

C’est l’heure de l’apéro, Taylor me sert un verre de martini. J’ai hésité avant de le prendre, j’avais peur de l’image que cela renverrait. Je bois mon verre à longs traits tout en discutant avec Monsieur Kraba assis en face de moi.

J’ignore qu’India, assise à ma droite est en train de faire des selfies, j’ignore que je suis dans le cadreur, j’ignore que je figure sur l’une de ses photos avec une moue pas très avantageuse jusqu’à ce qu’elle éclate de rire.

-Oh non! M’exclamé-je en regardant la photo. Supprime s’il te plaît.

Elle ne m’écoute pas, se met à rire de plus en plus fort, attirant l’attention de Taylor et de son ami. Oh mon Dieu, pas ça!

-Qu’est-ce qu’il y a? Lui demande-t-il

-India, supprime cette photo. Ordonné-je avec un regard menaçant

Elle continue à rire et passe son téléphone à Taylor ! Cette ado est vraiment une salope !!! Je vide mon verre, saisie par

la honte. Mon Dieu, je suis trop moche sur la photo!

Il la regarde puis redonne le téléphone à India. J’ai tellement honte qu’il m’ait vue comme ça.

-Un verre ne doit pas être vide. Me dit-il

Il remplit à nouveau mon verre, m’ajoute des glaçons. Il veut sûrement m’aider à noyer ma honte dans l’alcool. Je finis mon verre, il le remplit encore une fois. L’alcool réchauffe un peu trop mon organisme, je vais au jardin prendre de l’air frais. Il me rejoint quelques minutes plus tard, me demande si j’ai chaud. Je lui dis oui, il sourit puis repart au living. Je fais de même quand je commence à avoir froid.

Kelan, son ami, me demande ce que je fais dans la vie, je lui réponds que j’ai pris une année sabbatique pour me consacrer à ma passion, l’écriture. Je lui montre des photos de ma première pièce de théâtre, «L’indécise» dont le thème principal est la polyandrie.

Taylor n’y jette même pas un coup d’œil et des éclats de verre se glissent dans mon cœur. Il ne s’intéresse pas à moi, ce que je fais ne l’intéresse pas, ce que je suis encore moins.

Cette vérité s’impose à moi, me rend triste et me pousse à danser quand Monsieur Kraba met de la musique. Danser pour me vider de mon chagrin, danser pour montrer mes capacités à Taylor. Les filles complimentent mon aptitude à la danse, le couple Kraba et Kelan également. Pourquoi Taylor ne dit rien? Il n’a peut-être pas pris la peine de me regarder.

« Quelle idiote, tu fais, Théo ! Il est bien trop beau pour s’intéresser à toi. C’est sûr qu’il doit aimer les femmes qui font plus d’un mètre soixante-dix et qui possèdent des rondeurs. Tu as 25 ans, tu es une femme sensible, intelligente, discrète mais il ne le saura jamais parce que:

TU NE L’INTÉRESSES PAS ! »

Mon visage s’assombrit quand tombe cette conclusion. Encore une fois, je ne plais pas à un homme qui m’attire, encore une fois je suis sur le banc de touche.

Et puis qu’est-ce que ça fait si je suis sur le banc de touche ?

Dites-moi, suis-je moins vivante qu’une femme qui aime et est aimée en retour ?

N’ai-je pas une famille, des amis qui m’aiment ?

Un homme ne manque pas à ma vie, je suis très bien toute seule, j’ai tout ce dont j’ai besoin…

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© Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Ce que murmurent les collines

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Une forte envie de lire des nouvelles, 4 recueils achetés mercredi dernier. Parmi eux figure « Ce que murmurent les collines » de Scholastique Mukasonga.

C’est en recherchant des informations sur les prénoms rwandais pour mes projets d’écriture que je suis tombée sur cette écrivaine née au Rwanda.

Le recueil compte six nouvelles_ La rivière Rukarara- Le bois de la croix- Titicarabi- La vache du roi Musinga- Le Malheur-  Un pygmée à l’école_.

A travers ces différents récits, Scholastique Mukasonga évoque la vie antérieure du Rwanda, les conséquences de l’arrivée des Blancs dans ce pays,  les us et coutumes de ce dernier; elle confronte pratiques et croyances africaines et Christianisme.

La première nouvelle  terminée, j’ai eu une grosse vague de déception. Avais-je fait un bon choix en achetant ce livre?

Le sentiment a persisté jusqu’à ce que je lise  «Le Malheur ». J’ai eu un gros coup de cœur pour cette nouvelle de 30 pages.

Anonciata, habite la colline et est la proie du Malheur, ses 4 enfants étaient morts. La mort des enfants ne surprenait personne, beaucoup d’enfants mouraient à la naissance sur la colline ou après le sevrage. Ce qui étonnait dans la mort des enfants d’Anonciata, c’est qu’ils ne mourraient ni à la naissance ni au sevrage, non, ils mouraient quelques années plus tard, à l’âge de six ou sept ans, alors qu’on les croyait en pleine santé.

Avec la mort du cinquième enfant d’Anonciata, tout contact fut interdi avec elle afin d’éviter que le malheur ne se propage.

La quarantaine d’Anonciata durait plus de six mois quand six femmes puissantes se réunirent pour trouver la source du malheur dont Anonciata était la proie.

Cette nouvelle a l’allure d’un roman policier, j’ai beaucoup aimé les diverses réflexions de ces femmes sur l’origine du Malheur.

Le Malheur, chez nous, il ne s’appelle pas le diable, il s’appelle la jalousie , la convoitise, le dépit, la rancœur.

Mais on ne peut abolir le nom que t’a donné ton père : ton nom, c’est ton destin

 

La fin de cette histoire m’a émue, elle m’a rappelé que le «Malheur» n’est jamais définitif, qu’elle est peut-être le début d’une histoire mais pas sa fin.

Les thèmes abordés dans la dernière nouvelle du recueil: «Un pygmée à l’école» m’ont également touchée. Dans les mots cristallins de l’auteur, j’ai trouvé une leçon de vie: on peut ralentir ta progression vers le succès mais l’on ne pourra jamais le détruire…

Je vous souhaite une belle rencontre littéraire avec cet auteur.

Ne

partez

pas

sans

me

donner

 votre lecture du moment. 🙂

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre