Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 113: Ci-gisent nos dieux de Falia

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Un roman qui se déroule en France

Je triche un peu car le roman que je vais présenter ne se déroule qu’en partie en France.

L’héroïne, Sally, originaire d’Adiyo, pays fictif de l’Afrique de l’Ouest, participe au festival International des Lettres qui devait se tenir pour la première fois depuis une décennie à Paris en période de vacances. A ce festival, elle fera une rencontre qui va bouleverser sa vie.

Avec cet homme, Alfred, elle découvre Paris

« Si vous avez eu la chance d’avoir vécu à Paris lorsque vous étiez un jeune homme, alors, où que vous alliez pour le reste de votre vie, elle reste avec vous, Paris est une fête. » Ernest Hemingway

Soir après soir, nous nous étions revus, rarement le jour, parcourant Paris à pied, en métro et en train.

Je me joignis à eux et sans me faire trop prier, leur décrivis un Paris enchanteur où les lumières étaient plus brillantes qu’au Soubel, aussi brillantes que les étoiles.

je leur parlai de Paris où les gens se pressaient, faisaient la queue, et payaient l’équivalent d’un repas pour voir une exposition de livres et des auteurs. Je leur parlai aussi du climat froid qui vous donnait l’impression de plonger votre visage dans un réfrigérateur, je leur parlai de Notre-Dame et de la tour Eiffel, du Louvres et de Montmartre.

Maintenant que j’ai justifié le choix de ce roman, et si je vous en parlais un peu plus en profondeur ? 😀

À Adiyo, pays fictif de l’Afrique de l’Ouest, des gisements de pétrole et de gaz viennent d’être découverts dans la région la plus enclavée et la plus instable du pays : le Soubel. Sally, jeune Soubeloise, issue d’une famille de hauts dignitaires religieux, rencontre Alfred, écrivain à succès, lors d’un séjour en France et l’embarque dans une odyssée qui à la fin, créera des remous tels que leurs deux vies en seront à jamais bouleversées. Et tandis qu’à Adiyo, c’est la ruée des gouvernants et des compagnies étrangères vers cette région isolée, un mouvement indépendantiste se réveille et s’allie aux islamistes d’un pays voisin, leurs objectifs : faire du Soubel un État islamique indépendant.

Si l’idylle entre Sally et Alfred peut donner à ce roman, une allure de pause romantique, l’intrigue est encore plus sombre.

Une fois la parenthèse enchantée à Paris terminée, Sally, qui vit au Soubel, va découvrir les affres de l’obscurantisme religieux, le terrorisme et les secrets de famille qui brisent…

Le récit a à plusieurs endroits une allure très intellectuelle, philosophique. J’avoue avoir survolé les références et explications religieuses qui donnaient un effet didactique au roman.

L’auteure nous interroge sur la violence qu’accompagne le terrorisme: la violence cache-t-elle de la souffrance?

Elle s’interroge sur le droit musulman qui donne plus de liberté à l’homme qu’à la femme notamment sur le fait pour un musulman de pouvoir épouser une non-musulmane quand le contraire est proscrit.

Les 2 protagonistes principaux et quelques personnages secondaires s’expriment à tour de rôle. Les noms sont indiqués ce qui évite toute confusion au lecteur.
Les personnages sont intéressants à suivre. On prend plaisir à découvrir leurs noirceurs, leurs parts d’humanité.
La plume est très soignée, le langage soutenu demande un surplus d’attention. Les références littéraires sont omniprésentes. J’ai surligné pas mal de passages durant ma lecture.

Il savait qu’il n’y avait pas que le bien et le mal, chacun dans une limite bien précise et bien distincte. Il savait que l’un et l’autre existaient, mais qu’il existait également un endroit où ils se rejoignaient, s’entremêlaient et s’embrouillaient, et cet endroit, ce quelque part, c’était le cœur des êtres humains, dans leur lutte perpétuelle et désespérée avec eux-mêmes, contre eux-mêmes dans la fuite de leur pire et la quête de leur meilleur.

Celui-ci disait : « Je t’aime et made in China sont les phrases les plus répandues au monde, les deux n’offrent aucune garantie ».

C’était ma première fois avec l’auteure et ça a été une sympathique découverte.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

TTL 112: Le retour en France d’Alphonse Madiba dit Daudet

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est: Résolutions

Pour la prochaine année livresque, j’ai décidé de lire davantage de BD. En 2020, j’en ai lu 19 grâce à Youscribe. Cette année, 18 en majorité grâce à mon abonnement gratuit à Youscribe.

Avec mes obligations professionnelles, ce format me permet d’avoir au moins une lecture par semaine.

Puisqu’on parle de BD, j’en profite pour vous en présenter une : le tome 2 des Tributations d’Alphonse Daudet.

Pour ma chronique du tome 1, c’est par ici

Couverture Les Tribulations d'Alphonse Madiba dit Daudet, tome 2 : Le retour en France d'Alphonse Madiba dit Daudet

Madiba, si je ne te tue pas aujourd’hui, un cadavre va mourir !

Immigré expulsé de France, Alphonse Madiba dit Daudet est de retour au pays. Coincé en Balaphonie, État imaginaire et miroir de l’Afrique, il est prêt à tout pour repartir au pays de ses rêves. Une comédie grinçante et désopilante qui finit bien, mais pas pour tout le monde…

Un plaisir de retrouver Alphonse Daudet dit Madiba. Il n’a pas du tout changé: toujours oisif et obsédé par sa vie en France. Il est prêt à tout pour y retourner quitte à truander. Quand l’un de ses stratagèmes foire, il ne désespère pas, il remet en place un autre. J’ai ri mais pas autant que dans le 1er tome. Y aura-t-il un tome 3 ? C’est ce que l’auteur semble nous dire à la fin de la BD. On attend donc la suite des aventures de Madiba.

Cet article est probablement le dernier de cette année 2021. Je vous souhaite de passer un beau réveillon et j’espère de tout cœur qu’on se retrouvera en 2022 pour de nouvelles lectures et aventures livresques.