Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Mooh…Mon double

Mooh mon double

Ce qu’en dit l’éditeur 

Plus qu’une alerte, Mooh… mon double, deuxième roman achevé de Jeanne Marie Rosette Abou’ou est un cri qui part du Cameroun lancé à l’endroit de tous les parents et futurs parents du monde entier. De ceux-là qui, loin de militer pour le bonheur intégral de leur progéniture, voudraient quelquefois la conditionner dans le dessein voilé ou dévoilé d’assouvir leur ego, leurs ambitions personnelles ou encore rattraper leurs erreurs. « Mon fils, grâce à toi, tout ce village mangera dans ma main..! »

Plus qu’un cliché, voilà quelques signaux saillants d’un véritable roman controversant à l’intérieur duquel même le lecteur se perd en conjectures. Mais le dessein de l’auteur est de susciter le débat afin que le livre demeure, comme le premier, un véritable donné à penser. 

 

Ce que Grâce Minlibé en dit 

Cette oeuvre affiche les comportements humains qui font plus de mal que de bien, des comportements à l’allure de branches d’un arbre dont les racines sont l’égoïsme.

7 mots la résument :

 

Manipulation

Combien de factures Titima, l’épicier du quartier Eboul-Meyong, n’a t-il pas falsifié ? 

Combien de gens se sont laissé gruger par Akoua le grand sorcier ? Cet homme s’est inventé des pouvoirs mystiques et extorque mille et une choses  à ceux qui implorent son aide en leur miroitant la résolution de leurs soucis. Son entreprise ne connaîtra jamais faillite, des âmes désespérées il y en aura toujours.

Supériorité

Zanga, le père de Mooh n’a qu’une envie, un désir, une obsession : que son fils aîné soit au sommet, ait une vie professionnelle supérieure à tous les autres enfants du village. Il aimerait que son fils soit élevé, admiré, envié mais Mooh, son fils, n’a pas ce trait de caractère. C’est un homme discret, effacé qui se contente de ce qu’il a. Qu’à cela ne tienne ! Zanga s’occupera de l’ascension sociale de son fils en s’endettant jusqu’au cou et en engraissant les esprits fantômes d’Akoua le grand sorcier.

Ce désir de supériorité que Zanga nourrit cache un complexe d’infériorité, une ambition personnelle avortée. Il n’a pas eu le parcours scolaire qu’il désirait…

Oppression 

Face à tant de pression de la part de ses géniteurs, Mooh doute, cède, se perd.

Qui est-il vraiment ? Cette question prend forme dans son esprit, se déforme, devient une ombre hallucinante. Cette question ne suscite pas les vrais réponses chez Mooh. Il s’enferme dans un monde qu’il n’a pas l’habitude de côtoyer et où se mêlent alcool, cigarette, lâcheté, absentéisme professionnel, irresponsabilité. 

Ce Mooh énerve ! On a envie de le secouer, le ramener à l’ordre, lui dire de se conduire en homme, en vrai. 

Abnégation

Face à tant d’égocentrisme, d’égoïsme,  une femme réagit. Bintou, l’épouse de Mooh paye les dettes de son mari au bistrot, prie avec ferveur pour qu’il redevienne le Mooh aimant. Elle fait preuve d’abnégation pour protéger sa famille.

On ne peut s’empêcher de s’identifier à cette épouse et mère dévouée ou de l’admirer. 

Salut 

Il est toujours possible de retrouver son honneur, sa dignité, d’avoir le pardon de son fils qu’on a trahi, d’avoir le pardon de sa femme qu’on a blessée. Il est toujours possible d’avoir une seconde chance, il suffit de reconnaître ses erreurs et de ne pas retourner à ses vomissures. 

Concordance

Nos désirs et leurs moments de réalisation ne concordent souvent pas. Ce qu’on espère ne se réalise souvent pas au moment désiré. Des parents qui s’éteignent avant la promotion professionnelle qu’ils avaient tant désiré, un bonheur aux relents d’amertume…

 

Cocasse

L’intrigue linéaire de cette oeuvre m’aurait ennuyée s’il n’ y avait pas eu la présence de toutes ces situations cocasses : les frasques de Titima, les frasques d’Akoua le grand sorcier. 

 

Mooh … mon double, fiction qui en dit long sur le réel, interpelle les parents aux ambitions démesurées. Il rappelle également que l’homme qui détruit et l’homme qui relève sont les deux facettes d’une seule et même pièce…

 

 

Biographie de l’auteur

Jeanne Marie Rosette Abou’ou est née le 14 août 1969 à Sangmélima, région du Sud-Cameroun. Titulaire d’un Doctorat Ph.D en Droits de l’Homme et Culture de la Paix ; spécialité Gestion des Compétences dans l’Administration Publique. Elle est aussi titulaire d’un DESS en GRH. 

Quelques détails sur l’oeuvre

Nombre de pages : 194

Maison d’édition : Les éditions Fleurus Afrique

 

Quelques citations 

 

Penser pouvoir obtenir le bien pour son enfant en souhaitant que le malheur arrive aux enfants des autres, c’est là la faute !

 

Mais sache que tu peux également te battre toute la vie pour une chose, avec les moyens adéquats sans jamais l’obtenir ! Et c’est à ce niveau qu’intervient la notion de rôle sur terre. Il faut alors tout simplement comprendre que ce que tu veux obtenir n’est pas à toi, ce rôle ne t’était pas attribué. Il s’agit des barrières absolument infranchissables. Si tu les détruis, tu auras attaqué la nature dans son équilibre, et elle en est très jalouse.

Publié dans Panaché

Ma balade de blog en blog #Semaine 1

visite-de-blog

Bonjour les passionnés ! Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre mon modeste blog et je tiens à vous dire merci. Je puise ma force dans ma passion, je renouvelle mon énergie dans votre soutien.  

Je vous propose aujourd’hui un nouveau rendez-vous dominical, j’ai trouvé cette idée géniale sur le blog de Maman choco

Je vous proposerai chaque dimanche une revue d’articles de blog qui m’ont plu et qui s’inscrivent dans les thèmes de mon blog : écriture, chronique de livre, réflexion, célibat

Prêts à découvrir ma première balade de blog en blog ? C’est parti !

Lundi

J’ai lu la chronique de Rêvez livres sur le livre : « Célibataire ? Faut pas t’en faire ! » de Alexandra Tressos-le dauphin » 

Un livre qui donne la pêche qu’on soit célibataire ou non, qu’on soit au fond du gouffre ou pas. A offrir à toutes les copines célibataires.

J’ai également aimé la chronique de leblogdecristinasansh sur TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS PLUS GRANDE de Virginie Grimaldi. Lisez ses quelques mots :

« Des cœurs brisés, des personnalités écorchées, de l’amour, de la tendresse, de la bienveillance, de la résilience, des rires, des renaissances, de l’espoir, du bonheur à l’état pur, tels sont les ingrédients principaux de ce roman, de cette ode à la vie. »

 

Mardi

J’ai fait un tour sur le blog de Maman Liane  qui a donné son avis sur « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » de Raphaëlle Giordano.

Un livre qui aborde plusieurs concepts de développement personnel, permettant de travailler son optimisme et d’apprendre à voir le bonheur dans toutes les petites choses !

Mercredi

BlackNovel m’a fait découvrir James Crunley et une lecture indispensable pour tout amateur de polar noir : Fausse piste

 

Jeudi

Ces gens en couple qui pourrissent votre célibat. En avez-vous dans votre entourage ?  Les Intelloes, oui. J’ai apprécié la touche d’humour de cet article.

 

Vendredi

 Journée chômée. Manque de temps pour parcourir les blogs. 

Samedi

 Journée chômée. Manque de temps pour parcourir les blogs. 

Et voilà, n’hésitez pas à me faire découvrir votre balade de blog en blog si vous en faites. Bises et à dimanche prochain !!! 

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Tu me fous les boules ! Vaincre le cancer

[…] Personne ne sait d’où tu viens, ni comment tu prends possession des vies. Il faut que tu le saches : moi, mes amis, je les choisis. Mais puisque cette fois-ci tu ne me laisses pas le choix, je vais essayer de te supporter. Mais dis-toi, une fois pour toutes, que nous n’allons pas cheminer ensemble. T’imposer à moi ne fait pas de toi un ami. C’est vrai que nous vivons côte à côte, mais nous ne vivons pas ensemble. Nuance. Tout comme vivre à côté de, n’est point vivre aux côtés de… Nuance encore (…) 

tu me fous les boules !

Agnès Kraidy, journaliste-écrivain ivoirienne a eu le cancer du sein. Diagnostiquée très tôt, correctement traitée, elle a pu se débarrasser de ce mal.

Guérie, elle décide de partager son expérience, diffuser un message d’espoir :  « le cancer bien qu’étant une affection grave, n’est plus une fatalité ».

Dans ce long monologue qui s’étale sur 65 pages, Agnès Kraidy personnifie le cancer, lui balance à la figure toute la rage et l’aversion qu’elle éprouve pour lui. Ses mots portent sa douleur, son refus de perdre la bataille pour la vie ; ils sont bruts, forts.

A cet intrus, cet adversaire tenace, elle crie : « Tu viens toujours sur la pointe des pieds. Comme un voleur. Voleur de vies ! Voleur de vies ! Voleur d’espoirs ! Voleur d’espérances ! Voleur de rêves ! Violeur de sèves de vie. Violeur de sérénité. »

Agnès Kraidy ne veut pas reculer devant son adversaire, elle ne pense pas au pire.

« Et puis, dans tous les cas, le pire n’est pas ce qu’il y a de plus désespérant. » Affirme-t-elle

Tout se passe comme si tout était normal. Je n’ai peut-être pas encore pris conscience de toute la gravité de ma situation. Mais quelle situation ? Elle n’est pas si dramatique quand on prend le temps de la regarder de près. Je suis en vie, je vais vivre. Et je veux vivre. Mon aventure avec la vie, je veux la poursuivre… Longtemps. Longtemps encore

La mort et la vie sont les deux faces d’une même pièce. On ne peut apprécier la vie en ayant peur de la mort.

Agnès Kraidy veut que son expérience serve aux femmes. Elle les sensibilise, les invite à faire un dépistage et à être l’écoute de leurs corps. Elle rappelle ceci : « s’aimer, c’est se sauver soi-même. »

Elle sensibilise également les compagnons de ces femmes.

Toucher sa compagne, c’est aller au-delà des caresses. C’est prendre le temps de la palper.

Elle nous donne de précieuses informations. J’ignorais par exemple que le sport était un allié de taille dans la lutte que le patient menait contre le cancer.

Une pratique régulière d’une activité physique diminue le risque de récidive de 50%, aide à lutter contre la fatigue.

J’ai apprécié ce livre pour la beauté de ses mots, pour l’émotion qu’il draine, pour la note d’espoir qu’il joue.

J’ai été à la 1ère cérémonie de dédicace de l’oeuvre et j’ai été attristée et fortifiée par les témoignages d’homme ou de femme ayant eu le cancer.

Le cancer n’est pas un mythe. Faisons-nous dépister, encourageons notre entourage à le faire.

Publié dans Ma poésie

Le printemps fait son entrée

Ce mois, la sympathique communauté des blogueuses/youtubeuses noires francophones a choisi comme thème  pour le  BYN French Challenge : «  Le printemps fait son entrée ». 

Il n’ y a pas meilleur canal pour évoquer le printemps que la poésie, selon moi. Le printemps est couleur, lumière, renouveau, musique ! Tout ce que la poésie représente. 

Je vais donc vous présenter une de mes créations poétiques improvisées et un poème printanier  qui a suscité mon admiration. 

Prêtes pour le déluge émotionnel ? 😀 C’est parti ! 

le printemps fait son entrée

D’un tendre vert par Grâce Minlibé

Tout doucement, il arrive à toi

Il vient ôter ton manteau noir, 

Celui qui couvrait tes larmes de désespoir

Il vient ôter tes bottines et pull-overs,

Il vous habille la nature  et toi, d’un tendre vert

Sors, écoute le chant de renaissance que murmurent

les plantes, oiseaux migrateurs, animaux hibernants

Laisse-toi contaminer par le renouveau

Ne reste pas cloîtrée, sors, découvre toi, revis !

Ôte le masque de la mélancolie 

Ouvre portes et fenêtres 

Régénère l’air de ton cœur

Réaménage son intérieur

Les roses d’amour sont là, le printemps aussi…

Laisse les rayons du soleil embraser le foyer de tes espoirs 

Laisse pousser, laisse fleurir, écoute l’écho de la vie, 

L’anémone des bois est là, le printemps aussi… 

© Grâce Minlibé

Le printemps continue avec …

Printemps qui vient… d’Elodie Santos 

Printemps qui vient fleurir le temps
arrive un jour sans qu’on le voit venir
Printemps qui vient comme le vent
souffler sur l’hiver et le faire partir
Printemps qui vient renaître à nouveau
nous caresser la peau et nous faire sourire
Printemps qui vient avec la Douceur
accueillir le Soleil qu’on avait oublié
Printemps qui vient nous réchauffer
arroser les jardins, faire jaillir les fleurs
Printemps qui vient nous dire Je t’aime
Afin qu’on puisse tout recommencer

Un poème peut en cacher un autre…

Prière au printemps de René-François Sully Prudhomme

Toi qui fleuris ce que tu touches,
Qui, dans les bois, aux vieilles souches
Rends la vigueur,
Le sourire à toutes les bouches,
La vie au coeur ;

Qui changes la boue en prairies,
Sèmes d’or et de pierreries
Tous les haillons,
Et jusqu’au seuil des boucheries
Mets des rayons !

Ô printemps, alors que tout aime,
Que s’embellit la tombe même,
Verte au dehors,
Fais naître un renouveau suprême
Au coeur des morts !

Qu’ils ne soient pas les seuls au monde
Pour qui tu restes inféconde,
Saison d’amour !
Mais fais germer dans leur poussière
L’espoir divin de la lumière
Et du retour !

J’espère que vous avez apprécié le voyage. 

Évadez-vous davantage en découvrant les réalisations des membres de la communauté :

BeNoire

BeBlack’N’Pretty

Lilkellycola

DiHairbox

Blackinstyle

Brownsweetness

Lady Sunshyne

Madebyme23

Cosmopolite Beauté

Mlle Paker

Publié dans Psyché

La 26ème étape de mon voyage sur terre

Coucou les amis ! J’espère que vous passez une belle journée dominicale. Je fête un événement spécial, une date qui a marqué mon entrée dans le monde : mon anniversaire.

Quel âge j’ai ?

Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps. » Alphonse Allais

anniversaire
(c) Sacha Light

Cet anniversaire compte beaucoup pour moi parce que je le célèbre avec ma famille. Je ne l’avais pas fait pendant 10 années consécutives.  

J’ai  reçu de jolis mots de la part de mes frères, neveux et amis, je les partage avec vous.

Ma nièce de 8 ans m’a dit : Joyeux anniversaire maman ! Je t’embrasse très fort. Ton sourire me fait penser au soleil, tes yeux me font penser aux nuages.

Ma sœur aînée  m’a dit : Une bougie de plus sur un gâteau, un printemps de plus dans une vie, un peu de soleil dans l’âme, un jour qui sort de l’ordinaire, mille sourires, joies et sentiments liés en une merveilleuse joie du cœur.
Que ce nouvel anniversaire apporte du bonheur, de la santé et de la joie en quantité ! Puisse la vie t’être douce et combler ton cœur de tout ce qu’il désir Non seulement aujourd’hui mais chaque jour de l’année.

J’aurais voulu t’offrir la lune, le tonnerre, le soleil, la mer et toutes les planètes de la terre, J’aurais voulu des mots extraordinaires, des poèmes en cascade et des rivières, Mais je n’ai que ces mots éphémères pour te souhaiter une belle journée pleine de surprises et de cadeaux! Si l’eau était des bisous, je te donnerais la mer…Si une planète était un câlin je te donnerais l’univers…Si un nuage représentait l’amour je te donnerais le ciel…Toi tu n’as pas besoin de me donner quelque chose, Car tu m’as offert le plus beau des cadeaux Soeurette : Ta réussite…
Encore une fois, Happy Birthday, Tanti Auguri, Joyeux anniversaire, Sorella Mia!!!

Ta Grande Sœur qui t’aime tellement…

J’aimerais en ce jour anniversaire de ta naissance, ma maman chérie, t’offrir un bouquet de fleurs parfumées ou un gâteau délicieux mais tu sais, cela ne serait qu’un plaisir éphémère.

C’est pourquoi, je préfère t’offrir mon cœur car mon amour pour toi maman Béné ne mourra jamais.

Belle,

Élégante,

Noble,

Émergente,

Douce,

Intelligente,

Calme,

Tendre,

Envoûtante,

Tu es l’une des personnes pour qui DIEU aimerait prolonger la date de la fin du monde.

Je  souhaite alors qu’il t’offre

la sagesse, la gentillesse, la richesse,

la longévité, la prospérité, la bonté

En un mot, tout ce que ton cœur désire.

L’année 2015 a été  éprouvante pour moi. Ça n’a pas été facile de faire la promotion de mon recueil de poèmes et de trouver mon 1er emploi.  J’ai eu de gros moments de doute, de tristesse, de découragement. J’ai eu envie d’abandonner mais j’ai la chance  d’avoir des amis qui me soutiennent et croient en mon potentiel.

L’année 2015 n’a pas été facile mais elle m’a apporté une leçon : s’accrocher à ses rêves  et résister peu importe les circonstances.

Pour cette nouvelle année, je veux passer à l’étape supérieure dans tous les domaines de ma vie, du professionnel en passant par le spirituel.

Cette année, je désire être rafraîchie et vivre davantage.

Cette année, j’irai au-delà de mes limites. Je veux que cette nouvelle année ne ressemble à aucune autre, je veux qu’elle soit exceptionnelle et je ferai ce qu’il faut pour que cela se réalise.

Je vous partage quelques citations sur l’anniversaire qui m’ont fait sourire.

« L’âge, c’est juste un chiffre. Il n’a aucune espère d’importance, sauf si tu es une bouteille de vin. » Joan Collins

“Chaque année, j’ai un an de moins que l’année d’après. Dieu sait comment ça va finir.” Tony Duvert

 » Il y a toujours quelque chose en nous que l’âge ne mûrit pas. » Bossuet

« Nous avons tous deux vies et la deuxième commence lorsque nous nous rendons compte que nous n’en avons qu’une. » Confucius

« Tout âge porte ses fruits, il faut savoir les cueillir. » Raymond Radiguet

Quels sont vos souhaits pour moi ? J’ai hâte de vous lire.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Obsession

L’Attente fortement ressentie par le personnage de la nouvelle Obsession… – qui a inspiré le titre de ce recueil – est un leitmotiv partagé par plusieurs autres nouvelles. Dans Marie-Espoir, Comment choisir ? et Tic-tac, après maintes déceptions, la vie s’annonce  enfin prometteuse pour Marie, Sakhine et Aboua. Quant à la cupidité, véritable gangrène sociale, elle fait prendre des risques à Betty, Elisa et Aby, trois jeunes dames pourtant pleines de vie dans Les attaquantes, et même à Jacob pour qui l’argent semble plus précieux que sa santé dans Le matelas. Ainsi va la vie, entre déboires et rayonnements, vices et innocences…

Dans ce recueil de quinze nouvelles, des travers de notre société  comme l’inceste, le mariage forcé, l’escroquerie, côtoient des sentiments nobles tels que l’Amour et le Don de soi, pour montrer que l’Espoir est toujours et encore permis.

IMAG0786

En parcourant la quatrième de couverture, on peut penser que ce recueil est banal, qu’il vaut un autre livre et pourtant …

L’on ferait un «Reading–faux-pas » en sous-estimant la force de cette œuvre.

En parcourant mon blog, vous pourrez voir que j’ai lu plus d’une dizaine de recueil de nouvelles, si vous me demandez celui qui m’a le plus marquée,  je vous dirais : Obsession de Komara Constance Mariam.

J’ai l’habitude de lire des nouvelles avec des chutes brutales, inattendues, Komara Constance Mariam m’a fait découvrir des nouvelles aux belles ouvertures et forts goûts d’inachevé.

La majorité des nouvelles se termine avec une action en suspens, l’auteur donne la liberté au lecteur de trouver la fin qui lui convient.

La plume de l’auteur est simple, sans fioritures ce qui permet au lecteur de se projeter facilement dans les scènes décrites.

L’auteur ne veut pas ennuyer son lecteur et on le sent dans les moindres détails. Chaque héros de nouvelles a une profession différente ce qui nous permet de voyager dans des décors distincts : expert en développement durable, banquière, entrepreneur, professeur à domicile, policier…

Il en est de même pour les sujets évoqués : inceste, recherche d’une ascension sociale, cupidité, corruption, pauvreté, chômage, mariage consanguin…

 Quelles sont les nouvelles que j’ai préférées ?

Marie-Espoir

Je parie qu’avec un prénom pareil, vous m’imaginez pleine d’espoir ! Je vis sur une « Terre d’Espérance »  mais hélas, je ne peux être la mascotte de mon pays tant je suis le pessimisme personnifié !

L’emploi de Marie-Espoir est en-dessous de son niveau d’études, sa vie sentimentale est un désastre.  Désespérée de sa situation, elle se réfugie dans la prière et les veillées à l’église. Là-bas, elle recevra une prophétie qui désignera son mari, un homme auquel elle ne s’attendait pas et le lecteur non plus…

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle pour la mise en exergue d’un fait que l’on rencontre souvent dans les églises évangéliques où des couples sont formés sur la base de prophéties divines. Révélation divine ou calcul sentimental effectué par les pasteurs ? Seul DIEU, le pasteur et le couple formé le savent … 😀

Cette nouvelle se termine sur un gros dilemme et j’avoue avoir élaboré plusieurs scénarii pour la suite de cette histoire.

J’y suis, j’y reste

J’y suis et j’y reste ! Vous les jeunes d’aujourd’hui vous êtes ingrats. Comment comprendre que vous voulez me faire quitter la maison qui vous a vu naître ? Dans cette maison, j’ai été pauvre. Dans cette même maison, j’ai eu ma fortune.

Un père de famille refuse de quitter sa maison située dans un bidonville et pourtant sa situation financière lui permet de le faire. Pour quelle raison est-il si attaché à cette maison ? La réponse est à la fin de cette nouvelle

J’ai bien aimé  le côté mystique de cette nouvelle qui fait 10 pages. Là encore, l’histoire s’achève sur un choix que doit opérer l’un des protagonistes de l’histoire et l’on ne peut en tant que lecteur s’empêcher de vouloir choisir pour lui.

Tic Tac parce que j’ai connu la période de chômage et toutes les interrogations qui en découlent.

Comment choisir ? Rester dans une vie de maîtresse frustrée d’un homme marié ou épouser un étranger et vivre une union longue distance avec son corollaire de contraintes, ou alors me mettre en couple avec un collègue avec tout ce que cela impliquera comme déconvenues professionnelles et racontars sur notre compte ?

A la place de l’héroïne, qu’auriez-vous fait ? Moi, je cherche encore … 😀

 

Et pourtant c’est lui. Un homme est accusé d’avoir volé le portefeuille d’un autre. L’accusatrice est formelle mais le portefeuille ne se retrouve pas sur l’accusé. Où se trouve-t-il donc ? Cette nouvelle s’étale sur 2 pages. J’ai beaucoup apprécié sa touche d’humour.

Veuf mais pas trop  Un homme perd sa femme. En plein deuil, il s’aperçoit que celle qu’il a épousé n’était pas vraiment sa femme… J’ai été agréablement surprise par la fin. Là encore, on ne peut s’empêcher de s’imaginer la suite des événements de l’histoire.

Fatalité qui dénonce les conséquences du mariage consanguin. L’histoire m’a beaucoup émue.

Quelques nouvelles ne m’ont pas séduite. Il s’agit de :

Renoncer.  Le récit d’un policier qui se laisse entrainer dans la corruption et décide d’y renoncer. La moralité est forte mais je n’ai pas été transportée émotionnellement.

Mes yeux ont vu. Un amoureux de la nature au point de voir en elle une femme… L’histoire se lit aisément mais elle ne m’a pas emportée.

Le matelas.  Un homme à l’apparence très pauvre et pourtant très riche. J’ai déjà entendu une histoire de ce genre avec le même début, le même corps et la même fin. Je m’attendais à une autre tournure de l’histoire, plus originale.

La grenouille du Marabout. Le début de la nouvelle ressemble à un conte. Je n’arrivais pas à entrer dans l’histoire. J’ai relu les premières pages à deux reprises.

Garba le Jouisseur veut officier comme marabout afin d’assouvir ses fantasmes démesurés. Il utilise donc un subterfuge pour arriver à ses fins. Son manège fait rire, la fin de l’histoire aussi mais je m’attendais à une autre tournure, à une fin plus explosive.

Je vous souhaite une très belle découverte de l’œuvre.

Quel recueil de nouvelles lu vous a marqué ?

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Et soudain tout change

Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d’avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie.
A quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu’avant l’été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie… Du meilleur au pire, avec l’énergie délirante et l’intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur…

Et soudain tout change

Le drame survenu dans cette histoire m’a émue, les délires de ces lycéens m’ont fait rire, l’histoire tend à prouver que l’homme n’est pas foncièrement mauvais. Ce sont les bons points que j’attribue à cette histoire.

Les mauvais points ?

J’ai trouvé que l’histoire était très longue. Le drame tirait un peu trop en longueur, les questionnements de Camille aussi. 200 pages auraient suffi pour nous attendrir ou faire rire.

Certaines péripéties étaient prévisibles comme : « j’aime un mec que ma copine aime également. Il me semble qu’il l’aime aussi mais je me trompe totalement ! En fait, il m’aime et on va vivre une belle histoire d’amour ! « 

J’ai trouvé que c’était un peu trop romantique.

Bons et mauvais points assemblés, je dirai que ce roman n’est pas mon préféré de Gilles Legardinier mais il offre un moment plaisant de lecture. L’auteur a pris soin d’apporter une touche philosophique à son roman, je vous laisse profiter de quelques uns de ces mots.

– Quelle est la différence entre une attirance physique et le véritable amour?

-Camille, on couche parce qu’on a envie. On aime parce qu’on n’a pas le choix.

On peut effectivement vivre chaque jour comme si c’était le dernier, mais il faut se méfier : parfois, il y a un lendemain, et il faut alors assumer ce qu’on a fait la veille…

On peut dire à tout le monde qu’il faut générer moins de déchets pour préserver la planète, chacun garde ses petites habitudes, à part ceux qui en sont déjà convaincus. Si par contre une actrice ou un sportif le dit, alors beaucoup de gens commencent à changer. Les gens, dans leur grande majorité, ne font pas « parce que », ils font « comme ».

C’est peut-être le secret d’un vrai couple : chacun doit révéler ou réveiller quelque chose chez l’autre.

L’histoire se répète toujours, Camille. On a tous la même vie. C’est ce que tu décides de voir ou d’ignorer qui la rend unique.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Brutal

brutal

Ce téléphone qui sonne,

Mon cœur qui détonne.

« A tout de suite » ! Tu as dit,

« Encore ? » Je me suis dit

Cette eau qui te mouille,

Ma vue qui se brouille ;

Cette tenue dans laquelle tu jubiles,

Ma soyeuse nuisette, sur moi, désormais inutile

Ces clés qui virevoltent entre tes mains,

Mon programme télé qui, compagnie me tient

Cette porte du salon que tu franchis,

Mon canapé dans lequel je me blottis ;

Cette voiture qui déchire la nuit,

Ma soirée à tes côtés qui s’enfuit…

 

Brutal revisite différentes facettes du quotidien en mettant en lumière la tumultueuse inconstance de la vie, de la société, des sentiments, et de toutes ces successions de montagnes et vallées, qui rythment les jours dans l’attente de la brusque éclosion du bonheur.

Brutal est un recueil d’histoires  rythmées, relatées avec simplicité et dextérité.

Brutal, c’est plus de 80 poèmes qui s’imprimeront dans la mémoire des hommes, trouveront refuge dans le cœur de femmes.

Brutal, c’est l’exposition de maux qui nous font fléchir

La révélation des mots qui  nous font sourire, rire, réfléchir

Je pourrais passer la journée à exposer mon impression sur cette œuvre mais vous ne m’accordez en général que 10 minutes au maximum, chers abonnés, je vais donc m’efforcer d’aller à l’essentiel. 🙂

J’ai passé ma soirée à dévorer ce livre. Ai-je besoin de souligner qu’il est captivant ?

Ce n’est pas de la poésie classique, l’œuvre ne traite pas de thèmes qui sont antérieurs à notre siècle, extérieurs à notre vécu, il reflète notre passé et notre présent.

On ne lit pas ce livre, on se lit, on lit notre autre.

J’ai adoré les images et rimes utilisées pour transcrire les ruptures, les abus physiques et moraux, les espoirs déçus, les conflits…

J’ai eu de gros coups de cœur pour:

  • La prétentieuse
  • La pétasse du coin
  • La fin des temps
  • Le silence des anneaux
  • Bris de nuit
  • La princesse de glace

Avec la magnifique entrée et la sortie parfaite que nous offre Brutal, on ne peut qu’aimer davantage la poésie.

Le regard d’autrui est la lumière qui fait ombre

Il n’est point de sentiment que ne tue le temps

L’art unanime est injure aux goûts

Une dernière phrase à ajouter: Brutal est LE recueil qu’il faut absolument à votre bibliothèque après le mien bien sûr 🙂

Bonne lecture,

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Quand on est célib'

L’habituée du banc de touche

Le prochain bus passera à 17h16. Je rejoins la maison en espérant que Korea ait fini de mettre ses lacets et India, terminé de se maquiller. Je n’approuve d’ailleurs pas qu’elle se maquille à seize ans mais je n’ai pas à imposer mon avis, je ne suis que la baby-sitter de vacances!

L’idéal serait qu’on arrive chez Monsieur et Madame Kraba aux environs de dix-huit heures et qu’on les quitte avant  qu’ils ne dînent, soit avant vingt heures. Je n’évite pas la cuisine de madame Kraba, les filles ont annoncé notre visite de courtoisie il y a juste deux heures et ils ne n’ont sûrement pas prévu trois assiettes supplémentaires pour leur dîner.

Oui, ils sont africains et en Afrique tant qu’il y a à manger pour deux il y en a pour dix, de plus les filles et moi ne mangeons pas comme des ogres (Enfin, moi, ça dépend des jours et des lieux)  mais disons  que dans le cadre d’une simple visite de courtoisie, quitter une maison avant l’heure du dîner fait partie de mes règles de bienséance.

Je lâche un soupir en ouvrant la porte, Korea est en train de mettre ses lacets, India se maquille. Ce ne sont pas leurs surnoms mais bien leurs prénoms enregistrés à l’état-civil d’une des mairies que compte la France et une conséquence de l’amour fou que leurs parents portent à l’Asie.

-Les filles, si on rate le prochain bus, on remettra la visite à demain.

-Pourquoi? M’interroge Korea de sa voix traînante

-Parce qu’il faut passer au maximum 2 heures chez eux et prendre congé d’eux avant le dîner.

-Mais ça ne les gênera pas qu’on mange avec eux.

-Oui, Korea mais ce serait mieux qu’on rentre avant l’heure du dîner. Le bus ne va pas tarder, on se dépêche les miss ! Dis-je en jetant un coup d’œil à l’écran de mon téléphone.

Nous sommes assises à l’arrière du bus. Korea et India sont accrochées à leurs téléphones, moi, je lis Inassouvies, nos vies. Il peut m’arriver d’oublier ma mini-trousse de maquillage mais jamais de mettre un livre dans mon sac.

Il nous faut une demi-heure de trajet en bus puis une dizaine de minutes à pied pour rejoindre le pavillon de Monsieur et Madame Kraba. Ce couple sympathique d’une soixante d’années fait partie de la liste d’amis très serrée des parents de Korea et India.

Monsieur Kraba nous ouvre avec un sourire plein de bonté, nous fait ressentir toute la chaleur de son cœur avec ses embrassades appuyées. Nous embrassera-t-il de cette façon si l’on s’incruste à leur dîner ? Je remue la tête, consciente du caractère saugrenu de ma pensée.

«Taylor est au salon.»  Nous dit Monsieur Kraba.

Je suis Koréa et India jusqu’au salon pensant y retrouver un adolescent et là…

Je reçois une décharge électrique dans mon cœur, mes pensées se désorganisent, représentent un tas difforme dans mon cerveau droit, mon visage exprime des émotions que je ne peux malheureusement pas décrypter.

Je reconnais cette situation, elle s’était imposée à moi quand j’avais 15 et 19 ans.  Elle s’était présentée  de la même façon et avait engendré les mêmes dégâts : un amour non réciproque, des larmes versées, un désespoir qui ancre au célibat…

-Bonjour! Théodora, Enchantée. Dis-je avec le sourire et en lui faisant des bises.

-Bonjour, Taylor. Enchanté.

Je me retrouve assise à ses côtés. Mon Dieu, comment je fais pour ralentir les battements saccadés de mon cœur ? Comment je fais pour ne pas me tourner vers lui et contempler ses petits yeux, son teint ébène, ses lèvres bien dessinées, ce collier qui encadre ce parfait visage carré?

Comment je fais pour ne pas imaginer ses bras musclés envelopper mon corps frêle et me transporter dans des univers qui ne sont réservés qu’aux âmes qui vénèrent la passion?

Quel sujet de conversation puis-je entamer pour entendre à nouveau sa voix virile?

-Taylor, tu pourrais servir à boire aux filles s’il te plaît. Lance Monsieur Kraba

Il se dirige vers le buffet  et je manque d’ouvrir ma bouche. Qu’est-ce qu’il est grand! Je suis une naine à ses côtés !

Mon cœur s’active, il essaie comme à chaque fois que la situation se présente de tendre vers l’autre, d’établir une connexion. J’aimerais bien le contrôler mais je n’étais pas préparée à cela.  Dans cette petite ville du Nord-Ouest de la France où j’habite depuis 2 ans, les beaux mecs sont rares comme une éclipse solaire alors…

Il remplit mon verre de coca tout en prenant des nouvelles des filles. Je porte délicatement mon verre à mes lèvres, fixe mes yeux sur la télévision.

Est-il en train de me regarder ? Je l’ignore mais je veux bien penser que oui.  Quelle belle idée j’ai eu de mettre ce top corail, ce jean adapté à ma morphologie en I et ces sandales compensées qui me donnent une dizaine de centimètres en plus !

Quelle belle idée j’ai eu de ne pas négliger la coiffure de mes cheveux en transition  (mi crépus, mi défrisés). Mon esprit avait-il capté que je ferais pareille rencontre aujourd’hui?

Monsieur et Madame Kraba nous rejoignent, prennent de mes nouvelles ainsi que celles des filles. Ils m’embarquent dans une discussion assez plaisante, discussion qui m’éloigne de Taylor. Je suis largement déçue quand il annonce qu’il va rejoindre ses amis pour une séance de basket-ball. Je suis déçue de n’avoir pas pris le bus d’avant 17h16. J’aurais passé plus de temps en sa compagnie.

J’ai oublié les traits de son visage quand nous regagnons la maison des heures plus tard mais je n’ai pas oublié ce cœur qu’il a mis en mouvement…

***

-Théo, est-ce qu’on pourrait rendre visite à Monsieur Kraba demain ?

Je retire mes écouteurs, me tourne vers Korea pour lui donner une réponse positive.

-Il faudrait programmer votre réveil  avant 14 heures pour qu’on soit chez eux avant 16 heures. Dis-je le sourire vissé aux lèvres.

-D’accord, je le dis à India.

-Merci!

Je voulais émettre un ok mais mon cœur a parlé à ma place. Il lui est reconnaissant de me permettre de revoir Taylor. Notre 1ère rencontre date d’il y a deux semaines et j’ai quotidiennement médité sur le sens de cette rencontre. A-t-elle pour but de m’entraîner vers des illusions ou  me réapprendre à aimer?

Le lendemain, je suis la dernière à être prête. J’ai passé un temps fou à coiffer mes cheveux, à m’entourer du nuage de fraîcheur que me procure l’eau de toilette Shalimar, à maquiller mes lèvres pulpeuses.

Je suis fébrile quand nous montons dans le bus. Allons-nous faire plus connaissance Taylor et moi? Suis-je sur le chemin qui me fera quitter mon célibat qui dure depuis 9 ans? Plairais-je pour une fois à un homme qui me plaît?

Nous rejoignons la maison des Kraba à petits pas. Les filles rient à gorge déployée en regardant des vidéos sur leurs téléphones, moi, je réfléchis aux prochaines minutes. Ma vie va-t-elle prendre un tournant décisif?

Notre accueil se passe exactement comme la dernière fois à une exception près : Taylor n’est pas au salon cette fois-ci, il est sorti avec un ami. J’attends patiemment qu’il arrive.

Mon cœur fait un bond quand il pénètre dans le salon une heure et demie plus tard. Il est toujours aussi beau, son corps de rêve n’a pas flétri. Il n’est pas seul, un ami l’accompagne. Je lui fais les bises avec un sourire enjôleur. Il me demande brièvement si je vais bien, s’installe à côté de son ami. Je ne suis pas à ses côtés aujourd’hui…

C’est l’heure de l’apéro, Taylor me sert un verre de martini. J’ai hésité avant de le prendre, j’avais peur de l’image que cela renverrait. Je bois mon verre à longs traits tout en discutant avec Monsieur Kraba assis en face de moi.

J’ignore qu’India, assise à ma droite est en train de faire des selfies, j’ignore que je suis dans le cadreur, j’ignore que je figure sur l’une de ses photos avec une moue pas très avantageuse jusqu’à ce qu’elle éclate de rire.

-Oh non! M’exclamé-je en regardant la photo. Supprime s’il te plaît.

Elle ne m’écoute pas, se met à rire de plus en plus fort, attirant l’attention de Taylor et de son ami. Oh mon Dieu, pas ça!

-Qu’est-ce qu’il y a? Lui demande-t-il

-India, supprime cette photo. Ordonné-je avec un regard menaçant

Elle continue à rire et passe son téléphone à Taylor ! Cette ado est vraiment une salope !!! Je vide mon verre, saisie par

la honte. Mon Dieu, je suis trop moche sur la photo!

Il la regarde puis redonne le téléphone à India. J’ai tellement honte qu’il m’ait vue comme ça.

-Un verre ne doit pas être vide. Me dit-il

Il remplit à nouveau mon verre, m’ajoute des glaçons. Il veut sûrement m’aider à noyer ma honte dans l’alcool. Je finis mon verre, il le remplit encore une fois. L’alcool réchauffe un peu trop mon organisme, je vais au jardin prendre de l’air frais. Il me rejoint quelques minutes plus tard, me demande si j’ai chaud. Je lui dis oui, il sourit puis repart au living. Je fais de même quand je commence à avoir froid.

Kelan, son ami, me demande ce que je fais dans la vie, je lui réponds que j’ai pris une année sabbatique pour me consacrer à ma passion, l’écriture. Je lui montre des photos de ma première pièce de théâtre, «L’indécise» dont le thème principal est la polyandrie.

Taylor n’y jette même pas un coup d’œil et des éclats de verre se glissent dans mon cœur. Il ne s’intéresse pas à moi, ce que je fais ne l’intéresse pas, ce que je suis encore moins.

Cette vérité s’impose à moi, me rend triste et me pousse à danser quand Monsieur Kraba met de la musique. Danser pour me vider de mon chagrin, danser pour montrer mes capacités à Taylor. Les filles complimentent mon aptitude à la danse, le couple Kraba et Kelan également. Pourquoi Taylor ne dit rien? Il n’a peut-être pas pris la peine de me regarder.

« Quelle idiote, tu fais, Théo ! Il est bien trop beau pour s’intéresser à toi. C’est sûr qu’il doit aimer les femmes qui font plus d’un mètre soixante-dix et qui possèdent des rondeurs. Tu as 25 ans, tu es une femme sensible, intelligente, discrète mais il ne le saura jamais parce que:

TU NE L’INTÉRESSES PAS ! »

Mon visage s’assombrit quand tombe cette conclusion. Encore une fois, je ne plais pas à un homme qui m’attire, encore une fois je suis sur le banc de touche.

Et puis qu’est-ce que ça fait si je suis sur le banc de touche ?

Dites-moi, suis-je moins vivante qu’une femme qui aime et est aimée en retour ?

N’ai-je pas une famille, des amis qui m’aiment ?

Un homme ne manque pas à ma vie, je suis très bien toute seule, j’ai tout ce dont j’ai besoin…

images (1)

© Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Adultère

Paulo Coelho

Linda a 31 ans et, aux yeux de tous, une vie parfaite : elle a un mari aimant, des enfants bien élevés, un métier gratifiant de journaliste et habite dans une magnifique propriété à Genève. Cependant, elle ne supporte plus de faire semblant d’être heureuse quand, en vérité, elle ne ressent rien d’autre qu’un sentiment grandissant d’apathie et d’indifférence.
Jusqu’au jour où elle retrouve un ancien petit ami. Jacob est un homme politique de premier plan et, lors d’une interview, il éveille en elle un sentiment oublié depuis longtemps : la passion.
Elle fera tout pour conquérir cet amour impossible et devra aller au plus profond d’elle-même pour enfin trouver le bonheur.

Ah, le mariage! Une structure pleine de défis et d’enjeux importants, une aventure qui nécessite une profonde réflexion sur le choix de son partenaire…

Quand la passion perd de son éclat, que faire pour lui redonner son lustre d’antan? Suivre l’exemple de Linda?

Je n’ai jamais été si contente de fermer un livre et de passer à autre chose.

La faute à qui? A Linda! J’ai détesté ce personnage!!! 

Je l’ai trouvée hypocrite, feignant un amour pour Jacob, dissimulant l’objectif réel de sa conquête de cet amour de jeunesse: tromper son ennui, satisfaire un caprice.

J’ai eu une profonde admiration pour son mari, l’amour qu’il éprouve pour Linda m’a touchée.

Ses mots sur la vie et l’amour m’ont fait réfléchir:

Nous ne pouvons pas oublier que la vie est de notre côté. Elle aussi veut être meilleure. Aidons-la!

L’amour est en mouvement constant et ne se répète jamais.

C’est la troisième oeuvre de Paulo Coelho que je lis et celle-ci ne m’a malheureusement pas emportée comme l’Alchimiste et Onze minutes. La faute à qui? Linda!

J’ai quand même apprécié les réflexions de l’auteur sur l’ingrédient strictement nécessaire pour réussir la recette du mariage et accéder au bonheur ainsi que ces clins d’œil à la spiritualité

Pourquoi l’Amour est-il plus important que la Foi? Parce que la Foi n’est qu’une route qui nous conduit au Plus Grand Amour.

Dès que nous nous éloignons de Dieu, nous vivons une existence fragmentée. Nous tentons de trouver l’unité, mais nous ne connaissons pas le chemin du retour, alors nous sommes dans un état de constante insatisfaction.

Quelle est votre oeuvre préférée de Paulo Coelho?

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre