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Throwback Thursday Livresque 51: Raid-emption

Thème de cette semaine : SPORT

 

J’ai reçu ce livre reçu suite à ma participation à Vendredi Lecture. Merci encore à Vendredi Lecture qui envoie des lots à l’étranger. 😀

J’ai choisi ce livre pour ce Throwback Thursday à cause de la biographie de l’auteur.

l'auteur du mois

David Nguyen est passionné de rollers et d’écriture depuis son plus jeune âge. Il est devenu un homme accompli, en partie grâce au sport

Connu pour ses raids à rollers, il a relié de nombreuses villes comme Paris-Amsterdam, Le Havre-Montpellier, Marseille-Milano, Lausanne-Lyon, Paris-Marseille, Lyon-Bordeaux et sillonné les routes à travers toute la France. 

Devenu éducateur sportif, il utilise son passé sportif pour enseigner à ses publics les valeurs du sport et celle du dépassement de soi.

 

Raid-Emption par Nguyen

 

Dévasté par les événements, David se laisse envahir par la haine et voit sa vie devenir un enfer. La force des choses lui impose une solution : fuir Paris et avec elle les démons qui le hantent. Quoi de mieux que de revenir dans sa ville natale, Marseille ? Afin de se reconstruire et retrouver sa fierté, David embarque dans un raid à rollers et s’apprête à défier la route au bout de laquelle il espère prendre un nouveau départ.

C’est avec ce témoignage intense et authentique que l’auteur nous entraîne dans une véritable immersion physique, philosophique et poétique saisissante. Nul doute que cet ouvrage ne manquera pas d’inspirer aussi bien les lecteurs qui, confrontés à une brutale perte de repères, pourront effectuer ce même voyage initiatique et salvateur que ceux qui aiment les récits de vie et d’aventure hors du commun.

 


 

Cette autobiographie est le témoignage émouvant d’un homme accusé à tort par son ex-compagne et qui a été victime d’un viol collectif. Un homme qui se sent souillé et va se laisser engloutir par cette souillure.

En une réponse à une question sur ses occupations de vacances, il annonce qu’il va faire Paris-Marseille à rollers.

Il va relever le défi et nous livrer un journal de bord à travers ce roman écrit dans un langage simple, mêlant prose et poème en vers.

 

A quoi bon vivre sans savoir ce qu’est la souffrance,

Puisqu’il n’ y a que d’elle que naît l’espérance

J’ai gravé sur mon corps ses plus belles caresses

Et sur chacune de mes feuilles lui ai dévoué ma tendresse

Parce que j’ai rêvé un jour rendre ses lettres d’or à l’amour,

Mais c’est au prix du mien qu’il s’est envolé ce jour…

Un pied devant l’autre et ainsi de suite.

Qu’importe la douleur, aucune n’était plus forte que celles qui m’avaient transpercé cette nuit-là

Qu’importe l’état de la route, c’était toujours plus propre que mon corps sali

 

On écoute ses doutes, ses angoisses. On participe aux rencontres qu’il fait et on se rend compte que les bonnes âmes sont encore dans ce monde. 

On est fier de lui lorsqu’il arrive enfin à Marseille. On a envie de le prendre dans nos bras et de lui souhaiter des lendemains meilleurs.

 

Vous pouvez écouter l’auteur ICI

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

 

fleur v1

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TTL 45 – Munyal, les larmes de la patience

Le Throwback Thursday Livresque est officiellement en pause en ce mois d’août chez Carole du blog My Bo0ks. Pour ne pas perdre mon engouement à participer à ce rendez-vous, j’ai décidé de reprendre en ce mois d’août les thèmes de l’an dernier que je n’avais pas faits

1er août : Famille

8 août : Comme un oiseau en cage

15 août : La meilleure héroïne

22 août : Take me anywhere

29 août : Fantasy, fantastique, magie, SF, irréel, incroyable, miracle, au delà, anges et créatures…

 

Thème de cette semaine

Ce thème convient parfaitement au roman que je vais vous présenter. Deux jeunes femmes de ce roman sont comme des oiseaux en cage, privés de leur liberté, obligées à épouser des hommes qu’elles n’aiment pas.

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Ramla, Hindou et Safira ! Trois femmes, trois histoires, trois destins plutôt liés.

Ramla est mariée à Alhadji Issa, l’époux de Safira. Sa sœur Hindou épousera son cousin Moubarak. A toutes, l’entourage n’aura qu’un seul et même conseil : Munyal ! Patience !

Mariage forcé, violences conjugales et polygamie, Munyal, Les larmes de la patience, brise les tabous en dépeignant à une dimension nouvelle, la condition de la femme dans le Sahel.

D’inspiration sahélienne, Djaïli Amadou Amal est assurément une figure majeure de la littérature camerounaise de ces dernières années. Auteure de romans à succès, Walaande traduit en plusieurs langues, et Mistiriijo, elle dénonce les discriminations faites aux femmes. 

 

« Il est difficile le chemin de vie d’une femme ma fille. Ils sont courts ses moments d’insouciance. Elle est inexistante sa jeunesse. Elle n’a de joie nulle part sauf là où elle l’aura hissée. Elle n’a de bonheur nulle part sauf là où elle l’aura cultivé. A toi de trouver une solution pour rendre ta vie supportable. Mieux encore, pour rendre ta vie acceptable. C’est ce que j’ai fait durant toutes ces années ! J’ai piétiné mes rêves pour mieux embrasser mes devoirs! »

 

Ce roman qui est le lauréat de la première édition du prix Orange du livre en Afrique expose dans un langage simple et un lyrisme profond la condition déplorable des femmes peul en particulier. 

Elles n’ont pas le droit de dire leurs états d’âme, elles n’ont pas le droit de se plaindre. Elles n’ont que des devoirs. Elles sont chosifiées, rabaissées, ne valent rien. Celui qui a de la valeur, celui qui a tout pouvoir c’est l’homme et il en abuse. 

Ces femmes n’ont pas le droit à l’éducation, mariées très jeunes, plongées dans des foyers polygames où elles doivent tout endurer en silence.

Ramla rêvait d’être pharmacienne mais à 17 ans son oncle la marie de force à un cinquantenaire qui a déjà une épouse.

Sa demi-sœur Hindou est mariée de force à son cousin qui va prendre un malin plaisir à la battre. Ses parents lui demandent de supporter, de continuer à aimer son mari, s’en occuper. 

Safira n’est pas instruite. Les femmes naissent uniquement pour l’homme et leurs enfants. Mariée très jeune à son époux, le second mariage de ce dernier bouleverse sa vie. Elle décide de pourrir la vie de sa co-épouse, de reconquérir son mari. 

La lecture de ce roman m’a révoltée et dire qu’il est basé sur des faits réels !

C’est un roman engagé qui donne l’envie de combattre toutes ces coutumes qui avilissent la femme. Elles doivent être bannies.

 

Pour l’acheter, cliquez ICI

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

 

Une citation tirée du roman : Les yeux trahissent toujours les faiblesses du cœur, même les plus voilées.

 

fleur v1

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Le Messie du Darfour – Prix les Afriques 2017

« C’était la seule à Nyala et sans doute même dans tout le Soudan à s’appeler Abderahman. » Avec son prénom d’homme et sa cicatrice à la joue, terrible signe de beauté, Abderahman est la fille de fortune de tante Kharifiyya, sans enfant et le cœur grand, qui l’a recueillie en lui demandant de ne plus jamais parler de la guerre. De la guerre, pourtant, Abderahman sait tout, absolument tout.
C’est un jour de marché qu’elle rencontre Shikiri, enrôlé de force dans l’armée avec son ami Ibrahim. Ni une, ni deux, Abderahman en fait joyeusement son mari. Et lui demande de l’aider à se venger des terribles milices janjawids en en tuant au moins dix.
Formidable épopée d’une amazone de circonstance dans un monde en plein chaos, le Messie du Darfour est une histoire d’aventure et de guerre, une histoire d’amitié et de vengeance qui donne la part belle à l’humour et à la magie du roman.

l'Afrique écrit

Il me fallait lire ce roman pour deux raisons :

  1. Il a reçu le Prix littéraire les Afriques en 2017
  2. Il est l’oeuvre d’un auteur soudanais. Nationalité que je n’ai pas encore lue sur ma carte des auteurs africains.

 

Dès les premières lignes, l’auteur me lance un sort. Je suis captivée par la danse de ses mots, sa musicalité, son style narratif.

Il dresse un portrait glaçant des Janjawids. Miliciens encouragés par les autorités soudanaises, ils massacrent, violent, pillent, réduisent en esclavage les populations non-arabes.

Y cohabitaient les victimes chassées de leurs villages et les criminels qui se chargeaient de l’expulsion des villageois, mais aussi des citoyens pour qui cette guerre ne signifiait rien, ou encore des commerçants, seuls bénéficiaires du conflit et dont les biens s’étaient multipliés suite à la spéculation, au boursicotage et à la pénurie réelle ou organisée, des janjawids aussi, à la périphérie des grands camps, qui se pavanaient en ville dans leurs Land Cruiser découvertes équipées de mitrailleuses Douchka et de lance-roquettes. Leurs habits étaient sales, trempés de sueur et couverts de poussière, ils étaient bardés de longs grigris et coiffés de casques, leurs cheveux étaient épais et sentaient à la fois le désert et l’exil, ils portaient à l’épaule des fusils G-3 de fabrication chinoise et tiraient sans la moindre raison, sans aucun respect pour l’âme humaine, ils ne faisaient aucune différence entre les humains et les animaux, traitant les premiers comme des chiens. On les reconnaissait aussi à leur langue, le dajar, qui est l’arabe parlé au Niger ou quelque part dans l’ouest du Sahara, ils n’avaient ni femmes ni filles, il n’y avait aucun civil parmi eux, pas plus que de gens pieux ou cultivés, de professeurs, de personnes instruites, de directeurs, d’artisans, ils n’avaient ni village, ni ville, ni même de maison où ils auraient pu désirer rentrer à la fin de la journée, une seule passion les animait, un être aux longues pattes et au dos solide, doté d’une boss capable de contenir autant d’eau qu’un tonneau, à propos duquel ils déclamaient de la poésie, dont ils mangeaient la chair et la graisse, dont ils buvaient le lait, vivant tantôt sur son dos, tantôt sous une tente faite de ses poils, un animal capable de les emmener très loin, comme tuer ou se faire tuer uniquement pour lui assurer des pâturages, à la fois leur maître et leur esclave, leur seigneur et leur serf : le chameau.
Personne ne sait exactement pourquoi le gouvernement avait choisi ces gens-là, parmi tous les peuples d’Afrique, pour mener à sa place la guerre au Darfour.

Les janjawids ne sont pas une tribu, ni même une ethnie, car l’homme naît bon, ce n’est que plus tard qu’il a le choix entre devenir un être humain ou un janjawid.

 

Le récit est marqué par leur violence.

La guerre est une horreur et ce sont les femmes qui en pâtissent le plus. Leurs corps sont utilisés, usés, martyrisés. A travers Abderhaman et toutes ces femmes qui apparaissent dans le récit, on découvre le supplice qui leur est réservé. 

On ressent l’espérance du peuple qui attend désespérément le Messie. Comment ne pas l’attendre quand la souffrance est une spirale sans fin ?

L’auteur livre un texte engagé sur le contexte politique au Darfour : épuration ethnique, double jeu du gouvernement. J’aime ces livres qui corrigent notre cécité, tirent la sonnette d’alarme.  

 

C’est un beau roman mais la chronologie est parfois difficile à suivre. Il y a des flashbacks, on traverse des époques différentes.

 

Avant de plonger dans ce roman, il est nécessaire de se renseigner sur ce qui se passe et s’est passé au Darfour afin d’entrer pleinement dans le texte. Méconnaissant l’histoire du Darfour et l’Islam, j’ai passé beaucoup de temps sur Wikipédia pour savoir ce que signifiait le Mahdi par exemple. 

 

L’auteur m’a donné l’envie de connaître davantage le Soudan. J’ai plus que hâte de lire Nouvelles du Soudan.

J’espère le retrouver dans mes swaps en cours.

Un amour interdit Alyssa Cole

L’impiété n’est qu’un degré extrêmement complexe de la foi.

et l’on a le droit en tant qu’humains de ne conserver de l’Histoire que ce qui nous concerne, on a le droit aussi de ne pas croire ceux qui l’écrivent, il n’y a pas de vérité absolue dans ce qui est consigné, rien n’est pus vrai que ce que l’on voit de ses propres yeux, ce que l’on ressent, ce pour quoi on souffre tous les jours, voilà le malheureux héritage laissé par l’esclavage.

 

C’est le 5e roman que je lis des éditions Zulma. Envie de découvrir les 4 autres ?

Ici

De ce côté 

Quelque part

J’aime le design de leurs couvertures et vous ? 

 

fleur v1

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La colline aux esclaves – Kathleen Grissom

Couverture La colline aux esclaves

J’ai glissé ce roman dans ma PAL en décembre 2017. Je suis par contre incapable de vous dire pourquoi j’ai voulu le lire exactement.

Peut-être parce qu’il aborde un thème poignant ou qu’il fait partie des 20 premiers livres du Top Livres sur Livraddict ?

Résumé de l'oeuvre

 

À 6 ans, Lavinia, orpheline irlandaise, se retrouve esclave dans une plantation de Virginie : un destin bouleversant à travers une époque semée de violences et de passions… En 1791, Lavinia perd ses parents au cours de la traversée les emmenant en Amérique. Devenue la propriété du capitaine du navire, elle est envoyée sur sa plantation et placée sous la responsabilité d’une jeune métisse, Belle. Mais c’est Marna Mae, une femme généreuse et courageuse, qui prendra la fillette sous son aile. Car Belle a bien d’autres soucis : cachant le secret de ses origines, elle vit sans cesse sous la menace de la maîtresse du domaine. Ecartelée entre deux mondes, témoin des crimes incessants commis envers les esclaves, Lavinia parviendra-t-elle à trouver sa place ? Car si la fillette fait de la communauté noire sa famille, sa couleur de peau lui réserve une autre destinée.

 

l'Afrique écrit

Deux narratrices s’alternent : Lavinia et Belle. Une narration à la première personne qui permet au lecteur de s’insérer dans la peau de ces deux personnages.

Lavinia et Belle sont esclaves mais n’ont pas la même couleur de peau. Une différence qui va expliquer la différence de leurs destins.

Lavinia est Irlandaise et à travers elle, je pensais que l’auteur nous aurait donné de plus amples informations sur l’esclavage des Irlandais aux USA mais elle s’est concentrée sur celui des Noirs.

Lavinia a trouvé auprès des domestiques noirs une famille et sa façon de se considérer comme leur semblable m’a fait sourire.

– Tu seras jamais noire comme nous, et ça veut dire que t’es une blanche[…] Dans tous les cas, tu ne peux pas épouser Ben ? Il est noir.

Je me mis à pleurer.

– J’ai le droit d’épouser Ben si je veux. Vous pouvez pas me forcer à être une Blanche.

 

Elle ne voit pas le monde tel qu’il est vraiment. Si j’ai toléré sa vision du monde pendant son enfance, je l’ai trouvée très agaçante une fois qu’elle est devenue jeune femme. 

J’ai eu maintes fois envie de la gifler. Je ne compte pas le nombre de fois où je l’ai traitée de bête. Son esprit est totalement irrationnel. Elle m’a fait penser aux Blancs du siècle présent qui affirment que les Noirs voient le racisme partout. 

 

Il y a beaucoup de malheurs dans ce livre tant du côté des maîtres que du côté des esclaves. J’ai pleuré sur le sort des esclaves noirs de cette plantation de Virginie y compris celui de Belle. Mon cœur a saigné à chaque abus, bastonnade, privation, vente, viol, mort, séparation. 

J’ai apprécié les liens entre Lavinia et sa famille noire qui montrent bien qu’on est capable de vivre ensemble. Je me suis attachée à Will et sa bonté de cœur. 

Même s’il y a assez de détails superflus, des longueurs, des pans de l’histoire pas suffisamment explorés, une écriture qui fait parfois brouillon (il y a notamment des erreurs dans les concordances de temps) l’histoire reste captivante, on a envie de savoir ce qui va advenir de Belle et Lavinia.

 

Belle semaine à tous ! Que comptez-vous lire cette semaine ? 

 

fleur v1

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La Maison aux esprits d’Isabel Allende

Image associée

Entre féerie et cauchemar la saga de la famille Trueba avec son chef Esteban, riche propriétaire parti de rien, tyran familial et sénateur musclé, sa femme Clara hypersensible et qui dialogue volontiers avec les esprits et une foule de personnages, enfants légitimes ou non, employés, paysans. Portrait d’un pays passé sans transition des traditions rurales à l’horreur des tyrannies modernes. Premier roman de la nièce de l’ancien président du Chili.

 

l'Afrique écrit

Les personnages étant nombreux, il m’a fallu du temps pour les identifier. Mis à part ce fait, je suis entrée sans difficulté dans le récit. L’humour est présent dès les premières lignes. La petite Clara et son don de voyance apportent une touche magique à l’histoire.

Rosa, sa grande sœur a un fiancé : Esteban Trueba. Leur mariage n’aura malheureusement jamais lieu. Lorsque Rosa s’éteint, le jeune homme devient un féru du travail. Il devient un propriétaire terrien qui ne badine pas avec son autorité et se croit tout permis avec les femmes. Lorsque ses pas croisent ceux de Clara, on s’imagine qu’il va s’attendrir mais ce n’est pas le cas.

 

Esteban et Clara vont construire une famille que l’on va voir évoluer au fil des pages. Elle mène son petit bout de chemin jusqu’au jour où Esteban entre en politique. Capitaliste jusqu’au bout des ongles, il va lutter jusqu’à la limite du possible pour empêcher la montée du communisme.

La justice ! Est-ce que ce serait juste que tout le monde ait la même chose ? Les flemmards, la même chose que ceux qui triment ? Les abrutis, la même chose que les gens intelligents ? Ça n’existe même pas chez les bêtes ! Ça n’est pas une question de riches et de pauvres, mais de forts et de faibles. Je suis tout à fait d’accord pour que chacun se voie accorder les mêmes chances, mais ces types-là ne font aucun effort.

Cette belle saga familiale décrit les chamboulements d’une famille mais aussi de la nation chilienne. Il y a d’intenses moments d’amour, de passion dévorante, silencieuse. Il y a des pleurs, des drames, des abus, de la violence, de la souffrance. Je n’imaginais pas en débutant le livre qu’il aurait une fin si déchirante.

Les personnages tant principaux que secondaires sont attachants. Chacun a une personnalité qui lui est propre. Esteban Trueba a un humour mordant, on l’aime et on le déteste à la fois. Transito Soto m’a également fait rire avec sa coopérative de prostituées mâles et femelles. 

On passe tellement de temps avec ces personnages (le roman fait plus de 500 pages) qu’on a l’impression de quitter des personnes intimes en fin de roman.

J’ai apprécié ce voyage en Chili. L’écriture d’Isabel Allende est charmante, fluide, poétique.

Allez, une dernière citation tirée du livre pour se dire au revoir 😀

Notre Sainte Mère l’Eglise est de droite, mon fils, mais Jésus-Christ a toujours été de gauche.

 

GM signature

 

 

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Règles douloureuses de Kopano Matlwa

Masechaba (Ma) a ses règles. Des règles abondantes qui l’obligent à avoir un mode de vie bien réglé :  s’asseoir au fond de la classe, porter des vêtements sombres, éviter la gymnastique, natation synchronisée, ne pas dormir chez les copines, ne pas participer aux fêtes.

Un mode de vie qui fait d’elle un être solitaire et craintif. Ses règles provoquent  douleur et évanouissement. Des années durant, elle va souffrir de douleurs chroniques liées à une endométriose.

Je ne connais aucune femme qui accueille chaque mois ses règles avec joie sauf celle qui redoutait une grossesse. Je n’imagine pas ce que doivent endurer les femmes qui souffrent de l’endométriose.  

Ma a fait des études de médecine. Elle est interne dans un hôpital. L’atmosphère lugubre est largement décrite. Etre médecin est un métier noble mais éprouvant : faire face, impuissant, à la mort des patients, au manque de place à l’hôpital. En Afrique du Sud, le médecin fait ce qu’il peut. Le système de santé s’effrite.

Dans le flux ininterrompu des patients, elle s’interroge sur sa capacité à les aimer tous, à leur donner toutes ses forces, tout son dévouement. Elle doute souvent, à l’opposé de sa meilleure amie, Nyasha. Nyasha, zimbabwéenne, voue une haine farouche aux blancs et est rejetée par les sud-africains.

Nous sommes en 2015 et les noirs sud-africains ont la haine de l’étranger, les noirs qui viennent des pays limitrophes. Ils les accusent de voler leurs emplois, subventions, d’être la source de leurs malheurs. Ils ripostent par la violence. On s’interroge sur l’humanité.

Quelle est cette chose au fond de nous qui nous rend si méchants ?

Pour Ma, c’est de la faute des blancs. Ils ont enseigné aux noirs la haine. ils les ont façonnés de la sorte.

Pour prouver à son amie qu’elle est différente, Ma lance une campagne anti-xénophobie qui se terminera mal. Pour punir l’affront qu’elle fait à la nation sud-africaine en soutenant les étrangers, Ma est violée. Un viol collectif qu’elle raconte par bribes. Un viol qui a duré longtemps.

A part sa mère, elle n’a le soutien de personne comme si le viol n’était pas une chose grave.

Kopano Matlwa

 

Cette campagne a été son erreur, c’est ce qu’ils disent. Ma culpabilise. Une révolte intérieure naît en moi. Aucune femme n’est responsable du viol qu’elle subit. Aucune ! Ne pas condamner le viol c’est le minimiser.

J’ai apprécié le courage de Ma, admiré sa décision à la suite du viol. Elle ne laisse pas le mal l’emporter sur le bien.

 

Règles douloureuses est un court exposé sur la souffrance physique/morale. La charpente du roman l’illustre bien. Des extraits de la bible portant sur la douleur, la souffrance introduisent chaque chapitre. La narratrice interroge longuement Dieu sur la souffrance.

Je découvre la plume de l’auteure. J’ai apprécié le langage imagé, le ton mélancolique. J’aimerais bien découvrir ses autres œuvres.

Que lisez-vous en ce beau mercredi ?

 

GM signature

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Sans capote ni kalachnikov de Blaise Ndala

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Un roman qui intrigue par son titre. Lorsque je l’ai vu dans la liste des finalistes du Prix Ivoire 2017, j’ai voulu le lire mais il était invisible dans les librairies abidjanaises. J’ai impatiemment attendu et il a fallu le SILA 2018 pour que je le tienne entre mes mains.

Ce roman a également été finaliste de plusieurs prix :

 

Il a quelque chose de particulier pour être autant plébiscité mais il n’est pas exceptionnel pour recevoir un prix ?

Seuls les membres du jury ont la réponse. 😀

 

Je prends un billet pour la région des Grands Lacs, zone du Kapitikisapiang en République Libre et Démocratique de Cocagnie. Une zone qui fait penser à la République Démocratique du Congo vu ses atouts naturels…

Cette zone est devenue par la force des choses le nombril incontesté de la misère nègre sous les tropiques. Un conflit meurtrier est né, conséquence d’un mouvement rebelle mené par le général Mokomboso avec de bonnes intentions au départ : faire cesser la dictature du président.

Ce mouvement qui avait été salué par le peuple a sombré dans un précipice sans fond. La faute à un homme qui prend plaisir à faire la guerre. Il a détourné le mouvement et créé un chaos où les femmes vont devenir des butins. Le viol devient une arme de guerre.

Véronique Quesnel, cinéaste va s’intéresser au destin mutilé de ces femmes, en faire un documentaire qui sera récompensé par un Oscar.

La canadienne est saluée par le monde entier. On admire son courage. Grâce à elle, des gens aux USA, en Europe connaissent l’existence de ce pays et de ce conflit abominable.

Le général Rastadamus, le caporal-chef Fourmi Rouge et Petit Che ne lui vouent aucun culte. Ils la détestent car aux yeux du monde, elle leur a donné le visage des meurtriers. Elle les a surtout bernés et a également berné le lecteur lorsqu’on découvre ce qui se cache derrière ce documentaire.

Sans capote ni kalachnikov est un roman à lire lentement, à l’endroit comme à l’envers pour saisir chaque instant d’ironie, de voyeurisme, d’impuissance, de contestation, de mensonges; chaque moment d’ego charité pour continuer à être après avoir été, de sacrifice pour caresser le soleil de la gloire.

 

 

Blaise Ndala a une plume mordante que j’ai découverte avec plaisir. Il nous interroge sur notre identité, le sens de notre charité à travers le joueur Rex Mobeti, enfant du pays qui devenu footballeur a pris la nationalité française, n’a jamais voulu se prononcer  sur le conflit qu’a traversé le pays. Après des années de multiples déconvenues, il se tourne enfin vers son pays.

Qu’est-ce qui se cache réellement derrière un acte de charité ? Un élan d’humanisme ou un sentiment de paraître ?

Il nous montre ouvertement le commerce de la misère. Triste à dire mais la guerre fait plus d’heureux que de malheureux.

Il fait référence à certains auteurs que j’ai un peu retrouvé dans sa plume : Ahmadou Kourouma, Sony Labou Tansi, Alain Mabanckou.

Il m’a fait découvrir une dame remarquable : Lucille Teasdale-Corti que je vous invite à découvrir.

 

Les personnages sont bien construits, intéressants, animés d’une vie qui dépasse la fiction. J’ai ri avec le caporal Fourmi Rouge, j’ai admiré l’humanisme du docteur Miguel.

 

C’est un bon roman. Un roman à mettre dans les mains de tous ceux qui aiment interroger leur monde…

 

Quelques extraits en images

 

blaise ndala sans capote ni kalachnikovsans capote ni kalachnikov blaise ndala

enfant soldat sans capote ni kalachnikov

 

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fleur v1

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L’orgueil du désert de DJENEBA FOTIGUI TRAORE

Je lis rarement des œuvres maliennes, l’opportunité m’a été donnée au SILA 2018. L’association des éditeurs maliens était en effet présente au Salon.

Le volume du livre (100 pages) et le résumé m’ont poussé à acheter L’orgueil du désert.

l'Afrique écrit

Binta est la fille du ministre de la Sécurité de la République du Mali. A la veille de son mariage avec Iba Diakité, un jeune diplomate, elle est enlevée. Les ravisseurs ne demandent pas une rançon. Ce sont des rebelles qui en ont après les systèmes de gestion du président.

Le père de Binta aimerait négocier avec les rebelles mais le président ne l’entend pas de cette oreille. Désespéré, le père de Binta va se soustraire à cette pression par la drogue et l’alcool.

Cette famille qui s’apprêtait à célébrer un événement heureux va sombrer entraînant avec elle le fiancé Iba. J’ai eu mal en lisant le sort que lui réserve la fatalité.

Binta est violée. Développant le syndrome de Stockholm, elle va s’éprendre de celui qui a volé son innocence, Ag Mahmoud, chef de la rébellion et du camp AMISTAD.

L’histoire étant très courte, ce syndrome est survolé. J’aurais voulu qu’il soit plus développé.

Je pensais au début qu’il était question de terroristes comme AQMI mais il s’agit de rebelles qui désirent que les dirigeants fassent un peu plus attention aux besoins du peuple. Leurs projets vont être contrecarrés par un groupe de rebelles encore plus radicalistes. Ils revendiquent l’indépendance des trois régions. Comme dans tout conflit, ce sont les femmes qui en pâtissent le plus. J’ai eu mal en lisant le sort réservé à Binta et toutes les femmes du camp Amistad.

Que dire de la forme de l’oeuvre ? Le langage est soutenu, le récit fluide contient des figures de style comme l’anaphore.

J’ai apprécié ma lecture malgré la tristesse qui découle de ce roman. L’histoire est trop courte, j’aurais voulu passer plus de temps avec les personnages.

La  phrase toute mignonne

Il prend son fils avec le visage que j’attendais : le visage  d’un père plein de vie, le visage d’un père sur qui la mère peut compter, le visage d’un père qui vous donne l’envie de donner encore mille vies.

 

Lien d’achat : ICI

 

Quels auteurs maliens recommanderiez-vous  ?

 

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La Kube du temps pour soi, expérience littéraire décapante

Mes amis ! C’est mon anniversaire aujourd’hui ! Avant de recevoir vos tendres vœux, je vais vous conter mon expérience avec …

La box littéraire

J’ai tellement trouvé ce concept intéressant que j’en ai lancé une à Abidjan. Je voulais m’offrir l’une de mes «concurrents» en France mais le coût d’expédition et le délai de livraison me freinaient.

Un jour, une publication sponsorisée sur Facebook changea la donne. La Kube annonçait des envois internationaux pour 6 euros et 90 centimes et de plus le concept de la box était génial :

  • La Kube travaille en partenariat avec un éditeur qui propose des textes inédits ou des goodies.
  • La Kube présente un édito sur l’actualité littéraire.
  • Un libraire sélectionne un livre rien que pour nous et aucune obligation. On peut choisir son libraire.
  • Chaque mois, il y a un marque-page, du thé, une carte pour correspondre avec notre libraire et d’autres goodies en rapport avec le thème du mois.

J’ai débité ma carte bancaire avec grand plaisir pour recevoir la Kube du mois d’Octobre dont le thème était le temps pour soi.

Anthony, cofondateur de la Kube m’avait dit que les délais de livraison étaient longs. J’avais donc prévu que ma box arriverait en décembre et j’espérais qu’elle vienne avant Noël. J’avoue que j’étais très impatiente. J’avais hâte de découvrir le contenu de ma box.

J’ai été très heureuse d’ouvrir ma box le 21 décembre 2017. Je suis tombée sous le charme de l’agenda 2018 offert par l’éditeur invité du mois  : le temps des cerises. J’aime tout dans cet agenda : la couverture, la texture du papier. Chaque semaine, il y a une citation tirée du fonds poésie de l’éditeur et chaque mois un extrait de l’un de leurs romans. Parfaite combinaison pour la poétesse, romancière et férue de lecture que je suis. Cet agenda ne me quittera jamais.

 

 

Le thé du temps retrouvé est délicieux ! C’est du thé rooibos parfumé à la noix de coco, avec des morceaux de pomme et de chocolat. J’ai fait durer mon plaisir en le consommant à compte-goutte.

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J’ai aussi retrouvé l’encens des lecteurs (je l’ai acheté dans la boutique Kube, oui j’ai rattrapé tous les mois où j’avais loupé les pépites de la Kube 😀 ) dont l’odeur ne m’enivre pas.

Il y avait aussi le kit d’initiation à la réflexologie et la lithothérapie. J’ai outrepassé mes préjugés (vous pouvez m’applaudir pour me féliciter) pour tester et j’ai mis l’agate sous mon oreiller. J’attends de voir les effets 😀

Pour le libraire, j’ai choisi Sarah qui est fan comme moi de littérature africaine. Dans la box, il y a le mot du libraire et j’ai été un peu déçue. Je pensais qu’elle était personnalisée. Oui, je voulais que Sarah me laisse un petit mot, sa brève impression sur le livre.

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J’avais déjà le livre qu’elle m’avait proposé alors je lui ai demandé de glisser dans ma box son coup de cœur littéraire : Congo Inc. Le testament de Bismarck.

Résumé de l'oeuvre

Le jeune Isookanga, Pygmée ekonda, piaffe dans son village de la forêt équatoriale où un vieil oncle prétend régir son existence. Depuis qu’il a découvert l’Internet et les perspectives d’enrichissement immédiat que promettent mille variantes de la mondialisation, il n’a plus qu’un objectif : planter là les cases, les traditions, la canopée millénaire et le grincheux ancêtre pour monter à Kinshasa faire du business. Il débarque donc un matin dans la capitale, trouve l’hospitalité auprès des enfants des rues et rencontre Zhang Xia, un Chinois qui fait commerce de sachets d’eau potable et dont il devient l’associé. L’avenir est à lui !
Pendant ce temps, à Kinshasa et ailleurs, le monde continue de tourner moyennement rond : des seigneurs de guerre désoeuvrés aux pasteurs vénaux, des conseils d’administration des multinationales aux allées du Grand Marché, les hommes ne cessent d’offrir des preuves de leur concupiscence, de leur violence, de leur bêtise et de leur cynisme.
Qui sauvera le Congo, spolié par l’extérieur, pourri de l’intérieur ? L’innocence et les rêves, les projets et la solidarité. La littérature, bien sûr, quand elle est comme ici servie par un conteur hors pair, doté d’un humour caustique et d’une détermination sans faille.

l'Afrique écrit

 

La tradition, le village, la brousse ne permettent aucun lien d’interdépendance avec le reste du monde. La mondialisation, Isookanga ne la vivra qu’à Kinshasa alors il part. Kin la belle ne se dérobe pas, elle ne triche pas, elle se montre à lui sous son vrai visage. Elle lui présente ses enfants de la rue, enfants délaissés parce que qualifiés d’enfants-sorciers et les orphelins, conséquences de la guerre.

L’enfant-soldat est devenu commerçant à la sauvette, la belle jeune fille est devenue une enfant-putain et s’offre au militaire des troupes de maintien de la paix de l’ONU. Chacun utilise son corps à sa manière pour survivre.

Le Congo-Kinshasa est un lieu propice à la mondialisation, ce pays est riche en minerais. Pour avoir la main mise sur ces minerais tant convoités à l’échelle du monde, il faut instaurer le chaos. Un chaos qui ôte des vies, remplit les poches des cupides seigneurs de guerre, des militaires des troupes de maintien de la paix de l’ONU corrompus. Oui, tout le monde veut se remplir les poches.

Le narrateur donne une voix à ces enfants forcés à devenir des adultes, à ces femmes torturées. La violence des souffrances qu’on leur inflige est affreuse et c’est triste de constater qu’elle ne provient pas de l’imagination. Elle est réelle et de nombreuses femmes sont à reconstruire physiquement.

Le narrateur ne nous épargne pas les faits horrifiques de la guerre civile qu’a connus la république démocratique du Congo. Soit on décide d’éviter l’horreur en refermant illico presto le livre, soit on décide de l’affronter. Affronter l’absurde, la bêtise humaine.

Ce roman dresse le portrait d’une société abusée et désabusée. Un portrait qui donne l’envie de gémir mais gémir servirait à quoi ?

Rien alors on rit avec Isookanga et son projet de mondialisation qui débute par la vente d’eau venant de Genève. On rit de ce christianisme devenu un business.

La plume de l’auteur est un régal. J’ai apprécié son esprit caustique,

 

 

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la finesse de ses descriptions, sa maîtrise de la langue française et ses clins d’oeil à la culture congolaise. Le roman est riche d’expressions et proverbes lingala :

Esika okoma te, mapata ekweya (proverbe signifiant qu’on se fait des illusions sur ce qu’on voit de loin).

 

 

Congo Inc. Le testament de Bismarck est un roman à lire et à faire lire. Pour en savoir plus sur l’oeuvre, quoi de mieux qu’interroger l’auteur ?

 

 

La Kube a été une belle expérience et si les délais de livraison pour la Côte d’Ivoire sont ramenés à 10 jours maximum, je prendrai un abonnement mensuel avec plaisir et je continuerai l’aventure avec Sarah. Il faut d’ailleurs que je lui envoie la carte de correspondance libraire. Je veux garder le contact avec elle. 🙂

 


 

Vous avez déjà testé des box littéraires ? Laquelle vous ravit le plus ?

Connaissez-vous In Koli Jean Bofane ? Je compte lire son autre oeuvre Mathématiques congolaises, l’avez-vous déjà lu ?

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Les jeunes mortes de Selva Almada

Après le Mexique, cap sur l’Argentine avec Les jeunes mortes !

Couverture Les jeunes mortes

Années 80, dans la province argentine : trois crimes, trois affaires jamais élucidées qui prennent la poussière dans les archives de l’histoire judiciaire. Des “faits divers”, comme on dit cruellement, qui n’ont jamais fait la une des journaux nationaux.

Les victimes sont des jeunes filles pauvres, encore à l’école, petites bonnes ou prostituées : Andrea, 19 ans, retrouvée poignardée dans son lit par une nuit d’orage ; María Luisa, 15 ans, dont le corps est découvert sur un terrain vague ; Sarita, 20 ans, disparue du jour au lendemain.

Troublée par ces histoires, Selva Almada se lance trente ans plus tard dans une étrange enquête, chaotique, infructueuse ; elle visite les petites villes de province plongées dans la torpeur de l’après-midi, rencontre les parents et amis des victimes, consulte une voyante… Loin de la chronique judiciaire, avec un immense talent littéraire, elle reconstitue trois histoires exemplaires, moins pour trouver les coupables que pour dénoncer l’indifférence d’une société patriarcale où le corps des femmes est une propriété publique dont on peut disposer comme on l’entend. En toute impunité.

À l’heure où les Argentins se mobilisent très massivement contre le féminicide (1808 victimes depuis 2008), ce livre est un coup de poing, nécessaire, engagé, personnel aussi. Mais c’est surtout un récit puissant, intense, servi par une prose limpide.

 

mon-avis-de-lecture

Je suis fan des émissions Chroniques criminelles et Enquêtes impossibles. A chaque fois, je me demande comment un être humain peut s’armer d’un couteau, d’un pistolet et décider froidement de tuer un autre être humain. 

A travers ce livre, j’ai découvert des meurtres de jeunes femmes en Argentine, des meurtres jamais élucidés. Les femmes sont violées, étranglées, c’est chose courante dans le pays. Ces jeunes femmes ne feront jamais de fête pour leurs 25, 30 ans, elles n’auront jamais de beau mariage, d’enfants, de petits-enfants. Leurs bourreaux, eux, continueront à vivre. Ils mourront certainement vieux, sans une once de culpabilité pour se livrer à la police.

Ce récit de plusieurs vies est dur à lire émotionnellement, j’ai mis plusieurs fois des pauses à ma lecture. La condition des femmes dans ce pays fait mal au cœur. Elles travaillent très tôt, obligées par leur mari à se prostituer quand ils sont pauvres. Cette domination des hommes écœure.

Nombreuses sont celles qui subissent humiliations, viols, assassinat. Des crimes qui restent impunis. La société argentine ne se soucie pas des maux des femmes, ces êtres n’ont aucun droit…

C’est révoltant de voir que leurs morts sont banalisées, ces jeunes filles n’obtiendront jamais justice, leurs familles devront vivre avec cette fracture toute leur vie. 

Si j’ai été touchée par le fond du livre, j’ai été un peu déçue par la forme : l’auteure revient à plusieurs reprises sur des détails, il y a beaucoup de redondances et quand on sait que ces trois crimes ne sont pas élucidés même en passant chez une voyante, ça enrage ! 

De plus, ce récit a le côté brouillon d’un carnet de notes. L’auteure passe très vite du récit du crime d’une jeune fille à une autre, relate ses souvenirs d’enfant, revient à l’histoire d’autres jeunes filles agressées. Cela porte très vite à confusion. 

Malgré ces bémols, il faudrait que je sois atteinte de folie pour vous déconseiller ce livre. Le sujet qu’il traite est plus que d’actualité. LES FEMMES NE SONT PAS DES OBJETS. ELLES MÉRITENT UN RESPECT TOTAL. La mentalité, les cultures doivent évoluer dans ce sens.

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