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Throwback Thursday Livresque #7 – Années 90, année rebelle

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Le Throwback Thursday Livresque est un rendez-vous livresque initié par BettieRose Books.

Le but est de parler d’une « ancienne » lecture (pas la toute dernière ou l’actuelle) autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.

Le thème de cette semaine est : années 80 ou années 90 (date d’écriture ou date de l’action)

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Très contente que Betty ait validé mon thème !!!

 

J’ai décidé de vous présenter un roman écrit en 1998 dont je suis fière d’avoir un exemplaire

 

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Résumé 

Enlevée par les frères du vieux Sando à qui on l’avait mariée de force il y a vingt ans, Malimouna avait fui son mari. Aujourd’hui, bien qu’adulte et mariée par amour à Karim, la tradition l’oblige à rejoindre son véritable époux de gré ou de force dans son village de Boritouni. Cet événement permet à Malimouna de regarder dans le rétroviseur pour faire la rétrospective de sa vie. Une existence de femme rebelle. Rebelle contre l’excision, le mariage forcé, la polygamie, l’infidélité conjugale, le racisme qui minent les mariages interraciaux, la violence sur les femmes. Tous ces maux qui entravent l’épanouissement des femmes.

Le pays d’où vient Malimouna est imaginaire. C’est quelque part en Afrique. 

Rebelle est un livre courageux, un roman féministe qui porte haut la voix des femmes. Là où les femmes se taisent, Fatou Keita à travers Malimouna crie à gorge déployée pour dénoncer les maux de femmes. Ceux qu’on excuse…  Rebelle est un roman qui dénonce les traditions qui font du mal à la femme.

Le parcours initiatique de Malimouna rappelle tous les combats de la femme : la lutte contre les discriminations, les idées reçues et les violences perpétrées contre des millions de femmes corvéables ; la lutte pour l’égalité, la liberté, l’indépendance, la justice, l’accès à l’instruction.

J’ai admiré la force de Malimouna qui n’hésite pas à dire non. Elle prend des coups, les rend autant que possible avec diplomatie. J’ai beaucoup aimé sa relation avec Philippe, à l’époque, j’étais une grande fan des couples mixtes 😀

Les nombreuses thématiques développées font de Rebelle, un roman complet. Ce roman est révoltant, touchant, plein de sensibilité. On n’en sort pas indemne de cette histoire. 

Et vous, quel livre proposeriez-vous pour ce thème ? 

signature coeur graceminlibe

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Compagnie Caïman, ça aurait dû être…

 

4eme  de couverture

Un murmure parcourut la foule à la prononciation de ce nom qui avait fait les gros titres des journaux quelques mois auparavant, avant de disparaître des « Une » puis des colonnes intérieures. On avait crû la Compagnie Caïman vaincue, écrasée par le dernier raid des forces armées du pays. 

Alors qu’elle se préparait discrètement à revenir, plus nuisible que jamais. 

mon-avis-de-lecture

Compagnie Caïman est le premier bébé de l’agence littéraire Livresque. « événement d’échanges autour du livre, puis un clin d’oeil d’informations littéraires, « Livresque » devient également une agence littéraire qui, entre autres activités, aide les auteurs à donner vie à leurs projets d’écriture. » Cette agence a été créée par Yehni Djidji, blogueuse, écrivaine et scénariste très engagée dans la promotion de la littérature en Côte d’Ivoire. 

J’ai acheté ce roman pour l’encourager mais ce n’est pas l’unique raison d’achat. J’avoue que le résumé du livre m’a mis l’eau à la bouche. J’ai tout de suite imaginé un roman policier à l’ivoirienne, une histoire palpitante avec une bonne dose d’adrénaline. J’étais prête pour l’aventure. 

Je me retrouve donc à Agnibilékrou, suivant les pas de Fabrice, « journaliste stagiaire intrépide envoyé par sa hiérarchie couvrir une mission. Désireux de rentrer au plus vite à Abidjan pour voir son article publié dans l’édition du week-end, il échange son ticket de car avec un voyageur. »

Assise derrière Fabrice et Lucette, sa voisine de siège, je laisse traîner mes oreilles, assiste aux premières lueurs du jour de l’amour. Brusquement le car s’arrête, des hommes portant des cagoules et des tenues de militaires pénètrent dans le véhicule. L’aventure commence, la Compagnie Caïman entre en scène, une compagnie qui se dit être révolutionnaire. 

Nous avions pris les armes pour combattre la dictature dans ce pays, réduire les inégalités et permettre à tous d’avoir les mêmes chances de réussite. Commandant Bi-face

 

Plusieurs émotions ont pris en otage mon cœur durant ma lecture : surprise, peur, tristesse, colère. 

Pourquoi s’approprier la vie de l’autre ? Pourquoi sacrifier la vie des autres pour arriver à ses fins ? Pourquoi forcer l’autre à épouser son combat, ses luttes ? Pourquoi manipuler la femme comme on manipule un objet ? Telles sont les interrogations qui ont défilé dans mon esprit en lisant les passages tristes du livre. 

J’ai eu mal au cœur pour ces vies interrompues, ces ambitions étranglées. 

beasts of the southern wild

 

 

La vie est si imprévisible, elle peut basculer d’un moment à l’autre. Les rencontres que nous faisons peuvent nous offrir une seconde vie ou nous ôter l’unique. Certaines décisions de nos vies sont comme un pion du jeu d’échecs. Une fois qu’elles sont prises, on ne peut plus revenir en arrière…  

J’ai apprécié ma lecture grâce au style  limpide, dynamique  et concis de l’auteur. J’ai apprécié le caractère des personnages et les thèmes de l’histoire mais je suis restée sur ma faim.

Compagnie Caïman est comme une crêpe caramel beurre salé accompagnée d’une boule de glace saveur malaga qu’on m’offre et me retire dès qu’on lit sur mon visage une expression de ravissement. Imaginez le supplice.  

 

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J’aurais voulu que le récit aille plus loin, que la  Compagnie Caïman exécute ses plans et arrive à Abidjan. J’aurais voulu les voir en action, assister à des remous. J’ai été très frustrée par la brièveté de ce roman. Pour me consoler, j’ai conclu qu’il y  avait un tome 2. J’espère que l’auteur l’a prévu… 

 

Extrait

compagnie-caiman

 

 

 

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éditeur : Livresque

édition : 2016

Nombre de pages : 86

Lien d’achat : ici

 

 

lauteur

Israël Yoroba appelé aussi Yoro (né le 6 avril 1982 à Bouaké dans le centre de la Côte d’Ivoire) est un journaliste blogueur ivoirien.

Il accumule plusieurs prix grâce à son blog. En 2008, il est sacré Meilleur blogueur Francophone par la Deutsche Welle lors des Bobs (coupe du monde blogs) en Allemagne.

En mars 2009, il se voit décerner le Prix Spécial du meilleur Blog de Journaliste d’Afrique de l’Ouest par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest, lors du Concours Waxal à Dakar au Sénégal. Ce concours avait pour sa première édition, décidé de récompenser les meilleurs journalistes blogueurs du continent africain.

Aujourd’hui, Israël Yoroba blogue sur son site personnel Yoroba.net. Il y partage ses reportages, ses analyses mais aussi des notes sur le Web journalisme, le développement des médias et l’entrepreneuriat.

 

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Avez-vous déjà joué au Jeu de patience ?

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Ne jamais ôter son bracelet, être ponctuelle, ne pas attirer l’attention : tels sont les trois préceptes qu’Avery s’est imposé pour son entrée à la fac. Une stratégie que le séduisant Cameron Hamilton pourrait bien déjouer à coups de regard pénétrant et de sourire enjôleur. Patient et obstiné, lorsque Cam a jeté son dévolu sur quelqu’un, il ne recule devant rien – rien, excepté peut-être le passé d’Avery, qui semble s’acharner à resurgir… Ensemble, seront-ils capables d’affronter le souvenir de cette terrible nuit qui, cinq ans auparavant et à des kilomètres de là, a tout changé ?

 Montage créé avec bloggif

 

Parfois nous allons vers un livre, parfois il vient à nous. Jeu de patience est venu à moi grâce à la chroniqueuse Akissi que je vous avais présentée via une interview.

J’ai plongé dans ce livre sans lire la 4eme de couverture, je voulais aller en terre inconnue, entretenir le mystère. Mon exploration a duré une dizaine d’heures. Ai-je vu des choses insolites, mémorables ? Ai-je apprécié ?

 

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J’ai apprécié  Jeu de patience pour plusieurs raisons …

  • Avery se montre telle qu’elle est dès les premières lignes du livre : jeune femme effacée, apeurée, lâche, cachant un lourd secret. L’auteur joue sur ce secret pour maintenir l’attention du lecteur qui voudrait autre chose que de la romance ; elle le dévoile morceau par morceau. La lâcheté d’Avery peut agacer mais on la comprend quand on se met à sa place. Son expérience douloureuse a eu lieu à 14 ans. Ce n’est pas aisé de la vivre à 30 ans alors imaginez quand on la vit à 14 ans !
  • Le style fluide de l’auteure et la cadence des chapitres. Le ton est léger, il y a de belles tournures de phrase et de belles descriptions. Les chapitres sont courts et facilitent la lecture.
  • La tendresse de Cameron. Il est si doux, si attachant ! Il donne  l’envie d’être aimée. 
  • Les scènes de sexe ne sont pas exagérées, vulgaires. Ça change de 50 shades of Grey et ses confrères. 
  • La relation non chaleureuse entre Avery et sa famille m’a  touchée. C’est rageant de voir qu’il y a des parents aussi insensibles ! 
  • Au-delà de la romance, il y a une leçon à tirer. Il faut dominer son passé pour ne pas qu’il gâche notre présent et enterre notre futur. 

 

… mais il n’est pas un coup de cœur pour les raisons suivantes :

  • L’excès de longueurs. J’ai dormi à deux reprises en lisant ce roman. Quand est-ce que les auteurs vont comprendre qu’on peut faire de la qualité avec très peu de mots ? 
  • La ligne continue du récit. Mis à part le passé douloureux d’Avery, il n’ y a aucun rebondissement, aucune surprise. 
  • Des personnages pas très originaux. Cameron est parfait sous tous les angles. Il n’a aucun défaut physique. Diantre ! Un homme n’a pas besoin d’abdos pour être sexy ! Il n’a aucun défaut moral. On achète ce genre d’hommes où ? Dans les livres. J’ai été un peu déçue, je m’attendais à un homme plus épicé. Pas un bad boy mais un homme constitué normalement avec des qualités et des défauts. 
  • Le personnage cliché de Jacob. C’est un personnage assez drôle mais sa grossièreté était excessive pour moi. 

 

Conclusion : Est-ce que je recommande ce livre ?

Oui mais qu’aux jeunes filles entre 18 et 25 ans. Elles doivent nourrir leurs rêves sur le prince charmant. 😉

Extrait 

_ A ton avis, Avery ? Tu as de gros problèmes, et non, ne me regarde pas comme si je venais de balancer un coup de pied à ton chien. Tu penses que je romprais avec toi à cause de ce qui a pu t’arriver dans le passé ? Comme tu pensais que mon opinion sur toi évoluerait après que j’ai vu la cicatrice à ton poignet ? Je sais que c’est ce que tu crois, mais permets-moi de te dire que c’est n’importe quoi. (Un mélange  de chagrin et de colère crue modulait sa voix.) Comment peut-on espérer avoir le moindre avenir commun si tu n’es pas capable d’être honnête avec moi ? Si tu refuses d’admettre que ce que j’éprouve pour toi est suffisamment fort pour tout endurer, alors je laisse tomber. C’est ce genre de conneries qui fout en l’air une relation, Avery. Pas le passé, mais le présent. 

 

des-details-sur-loeuvre

  • Poche: 445 pages
  • Editeur : J’ai lu (19 février 2014)
  • Titre original : Wait for You

 

lauteur

Jennifer L. Armentrout est une jeune auteure qui vit à Martinsburg, Virginie-Occidentale. Quand elle n’écrit pas, elle regarde des zombies ou bien passe la plupart de son temps avec son mari !

Ses rêves de devenir auteur ont commencé en classe d’algèbre, où elle écrivait déjà des histoires courtes.

Elle écrit dans le genre de la science-fiction, le fantastique, la romance contemporaine ou encore des romans pour jeunes adultes.

Elle a écrit beaucoup de romans pour jeunes adultes sous le nom de J. Lynn.

 

Allez, je file ! J’ai 2 autres tomes de l’auteur à lire ! Que les dieux des lectures bouleversantes  soient avec moi cette fois-ci. 

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Le Crépuscule de l’Homme

Montage créé avec bloggif

« … A tour de rôle, Edith et Evelyne se relayaient auprès d’elle. Le nombre de malades allait croissant. Mais elles se savaient impuissantes : sans la moindre aspirine, le moindre anitibiotique, qu pouvaient-elles faire ? 

L’état d’Emilienne ne cessait d’empirer, Edith posa sa main sur le front de sa mère. « Elle a au moins 40° de fièvre pensa-t-elle, et rien pour la faire baisser ».

Cette respiration sifflante ne présageait rien de bon. Sans médicament, Edith s’attendait au pire. Elle sortit de la grotte et alla à la recherche de son père. Elle le trouva de l’autre côté du camp, assis près de sa tente. Recroquevillé dans sa veste élimée, il ressemblait à un épouvantail cassé, il jeta sur sa fille un regard mi-surpris, mi-irrité. 

– Je te dérange,papa ?… »

 

 

Je garde de bons souvenirs des livres de l’auteur Flore Hazoumé. Je me rappelle encore de ma frayeur en lisant l’une des nouvelles du recueil Cauchemars. Ces doux souvenirs m’ont conduit au Crépuscule de l’Homme.

J’ai pensé que cette histoire avait pour cadre un hôpital en lisant les premières lignes de la 4ème de couverture. J’ai été intriguée en lisant ses dernières lignes.  L’histoire se déroule dans une grotte ? Un camp ? Quel est le cadre spatio-temporel de cette histoire ?

Les premières pages du livre ne me situent pas, j’ignore sur quel continent se trouve  la ville de Bunjalaba. Elles me déroutent également, elles semblent être la fin de l’histoire. Je cesse de me triturer les méninges, me laisse porter par le ton captivant de la narratrice.

Je découvre Edith, étudiante en médecine légale, issue d’une famille bourgeoise, fille d’un père ministre et d’une mère férue d’art africain. Elle est amoureuse de Pascal Tuzbelbe, un étudiant en faculté de lettres avec une personnalité peu commune. Cet homme est intelligent, froid et si mystérieux !

Il marchait le torse bombé, le cou raide. Il avançait droit devant lui, ne regardant ni à droite, ni à gauche. Ses yeux étaient rivés, accrochés à l’horizon comme un but à atteindre, ou bien étaient-ils simplement tournés vers un monde intérieur inaccessible et mystérieux. Il marchait comme on va au combat.

« Mon DIEU » ! murmura Edith, contre quel ennemi invisible se bat-il ?

Pascal vit dans un immonde quartier, là où est le commencement, là où est le germe selon lui. C’est un agitateur de foules, qui multiplie les meeting sur le campus, incite les étudiants  à lutter pour leur dignité et des conditions d’étude confortables.

Des révoltes estudiantines se profilent à l’horizon. On les sent arriver, comme on sent l’arrivée d’une pluie en scrutant les nuages. Les travailleurs réclament également de meilleures conditions de vie. La pluie se transforme alors en un puissant orage.

Les Tsatu, opprimés par les Sutu (le groupe ethnique au pouvoir), se rebellent également. Plus question de parler d’orage, c’est un gros cyclone qui arrive. On sait comment se terminent les conflits ethniques.

Les Tsatu et Sutu m’ont fait penser aux Hutu et Tutsi et la description des caractéristiques de ces deux ethnies ont confirmé mes pensées. L’auteur a fait un clin d’œil à l’histoire culturelle du Rwanda, les guerres fratricides entre les Hutu et Tutsi.

Mon cœur s’est serré en lisant l’excès de violence, les atrocités sans nom. Le lecteur baigne dans le lac de l’horreur et la vengeance.

J’ai été choquée de la facilité avec laquelle Gassana, le père d’Edith semait la graine de la haine dans le cœur des Sutu. Il est tellement plus facile de détruire que de construire… 

Le chaos de la ville de Bunjalaba, tel un virus s’est propagé dans toute l’Afrique et le monde entier. La vie humaine se retire des continents. Puisqu’on n’arrive pas à vivre ensemble, la vie nous est repris. Puisque l’homme n’arrive plus à reconnaître l’humanité en l’autre, il disparaît de la surface de la terre. C’est l’apocalypse. 

Cette vision apocalyptique du monde m’a gênée. Que des innocents meurent comme des coupables m’a attristée. J’aurais voulu que les personnages auxquels je m’étais attachée  restent en vie, hélas ! 

Parlant de personnage, je n’ai pas réussi à élucider le mystère de Pascal, cet homme ni Tsatu, ni Sutu qui soulevait les foules, luttait pour le droit des plus faibles et qui avait signé un pacte avec Gassana. D’où venait-il ? Où est-il parti ? Qui était-il ?  J’ai été un peu déçue que la narratrice nous laisse avec ces zones d’ombre. 

Que dire de la forme de l’oeuvre ? Le style de la narratrice est limpide, dynamique. C’est difficile de lâcher le livre tant qu’on n’est pas arrivé au point final. 

A qui je déconseille ce livre ?

  • A ceux qui dépriment
  • Ceux qui n’aiment pas les devoirs de mémoire
  • Ceux qui n’aiment pas le genre fantastique et les romans historiques
  • Ceux qui ne sortent pas indemne de leur lecture

 

Si vous n’êtes pas dans ces quatre catégories, je vous souhaite une très belle lecture. 

 

Biographie de l’auteur 

Petite fille de l’écrivain dahoméen Paul Hazoumé, Flore Hazoumé est née à Brazzaville en 1959. Lorsqu’en 1984 elle publie son premier recueil de nouvelles, « Rencontres », ils sont peu nombreux à imaginer qu’elle deviendra une figure de la littérature ivoirienne « tant elle semblait timide et pleine de doutes », confie un ami. Depuis, Flore Hazoumé  s’est affirmée, son écriture aussi. Et si elle est peu prolifique, chacun de ses ouvrages est salué par la critique.

 

Quelques détails sur l’oeuvre 

Nombre de pages : 200

Maison d’édition : CEDA

Date de publication : Janvier 2001

 

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Drôle de printemps suivi de miniatures

Drôle de printemps

D’une séquence à l’autre, l’auteur nous plonge dans le « printemps arabe » avec ses espoirs, ses enjeux, ses dérives et ses folies. Dans un mélange de réalisme, d’humour, de dérision et de fantaisie, Youssouf Amine Elalamy raconte, dans son style bien à lui, les révolutions qui ont bouleversé le monde arabe. 

La révolution était en marche. A la télé, on avait annoncé 200 mille personnes pour la manif de vendredi. Un homme y va pour vérifier si la télé dit vrai. Il y trouve beaucoup de monde mais pas de révolution. Les 200 mille personnes étaient-elles vraiment venues pour faire une révolution ? N’étaient-elles pas venues vérifier si la télé disait vrai et s’il y aurait effectivement 200 mille personnes à la marche ?

Et ce pauvre gars qui répétait toujours le même mot : »rêve, rêve, rêve… » Savait-il pourquoi il était là ?

Ce pauvre gars nous explique à la deuxième séquence du livre pourquoi il répétait ce mot. Le ton frais avec lequel il s’exprime nous fait esquisser un sourire, ce sourire se mue en rire au fur et à mesure que l’on avance dans les séquences.

Drôle de printemps c’est 330 micro-récits, des récits quelquefois liés (la séquence suivante est une réplique à la séquence précédente), très souvent dissociés.

Les gens du peuple, les forces de l’ordre, le Leader politique à qui le peuple crie: « Dégage », s’expriment tour à tour et dévoilent leurs fantasmes, leurs frustrations.

Les personnages qui se succèdent dans ces récits sont loufoques, un peu schizophrènes sur les bords. Jugez-en par vous-même :

Tous les jours, je fais la tournée des librairies et je leur prends un exemplaire de mon livre comme ça mon éditeur ne pourra pas dire que c’est un bide. Heureusement qu’on n’a pas publié ma photo sur la 4ème de couverture. Les vendeuses m’auraient reconnu sinon.

Ce n’est pas parce qu’on est barbu qu’on est castré. Si Dieu avait voulu qu’on s’abstienne de regarder les femmes, il nous aurait fait pousser la barbe sur les yeux. Et puis il n’ y a pas que les hommes qui ont de la barbe. Les femmes la portent ailleurs, c’est tout.

Que Dieu bénisse Apple, Blackberry, Samsung, Nokia et tous les smart phones de la Terre. Aujourd’hui, avec une bonne charge d’explosifs et un téléphone portable qu’on actionne à distance, chacun de nos hommes est une bombe à distance, chacun de nos hommes est une bombe à usage illimité. On n’arrête pas le progrès.

A mon arrivée là-haut, personne ne savait où me caser. Mon coeur méritait le paradis, mon appareil génital l’Enfer et d’autres morceaux le Barzakh. A la fin, il a fallu recourir à l’arbitrage de Dieu en personne.

Pour ma carrière de pick-pocket, je ne pouvais pas espérer mieux. Avec ce voile intégral, ils me prennent tous pour une femme. J’ai fait coudre plein de poches à l’intérieur pour le rangement. Des grandes pour les Galaxy Note, des plus petites pour les i-phone.

99% ? Quand on me l’avait annoncé, je n’arrivais pas à y croire. Pas la peine d’être voyant pour voir qu’on avait truqué les résultats. J’avais donné mes ordres pour qu’on me retrouve les 1% et qu’on me les ramène tous ici, les poings liés.

Le désir de révolution ne se ressent pas seulement au niveau politique, il se ressent à l’intérieur de la cellule familiale, dans les rapport homme-femme.

L’abus, la duperie n’ont pas que pour cadre le domaine politique, ils existent également à l’échelle le plus bas de la société.

J’ai apprécié ce livre pour sa fraîcheur, pour les éclats de rire qui effacent les éclats d’obus. Avec ce livre, on imagine ce qui a dû se passer dans les foyers arabes lors de la révolution, tous les non-dits… J’ai apprécié voir le printemps arabe sous cet angle.

Les séquences sont assez courtes  mais on est un peu perdu quand elles sont dissociées.

Beaucoup de séquences tournent autour du sexe, cet aspect m’a un peu gênée.

L’auteur à travers ces micro-récits nous rappelle ceci : il vaut mieux en rire qu’en pleurer…

 

 

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Miniatures 

« Miniatures » est un recueil de  cinquante portraits dont les histoires se recoupent et forment une fresque de la société marocaine contemporaine. De la petite bonne à tout faire au golden boy de la bourse de Casablanca, du cyberdragueur au professeur intégriste religieux, les personnages miniatures dessinés par Youssouf Amine Elalamy se racontent…

Ils nous exposent des fragments de leur vie et nous laissent y lire leur pauvreté, leur dépit, leur foi, leur compassion théorique, leur fatalité…

Leurs points de vue et attitudes sont souvent hilarants. Prenez pour exemple cet homme qui pense que les techniques de reproduction que sont les pratiques sexuelles en multipliant les exemplaires à volonté, remplacent une oeuvre unique, exclusive, par un phénomène de masse ou encore cette femme qui ne mange plus rien (viande ou céréale) parce qu’étant mère, il est inconcevable pour elle de manger les enfants des autres.

[…] Marcel a perdu, en l’espace d’un mois, son père, puis son fils Aimé. Depuis, Marcel, qui n’a pas perdu la foi pour autant, ne se signe plus qu’Au nom du Saint Esprit.

 

A la maison, son père n’a d’yeux que pour  sa sœur, sa sœur n’a d’yeux que pour son frère, son frère n’a d’yeux que pour sa mère, sa mère n’a d’yeux que pour lui qui n’a plus d’yeux du tout. Une chance que la balle qui l’a touché ne l’ait pas tué.

Il y a du rire dans « Miniatures » mais aussi des larmes. Comme dans la vraie vie, tout n’est pas rose…

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Histoires si étranges

Trente-sept histoires étranges… Régina Yaou signe ici un recueil de récits où se mêlent atmosphères étranges et faits troublants selon une approche originale, plus proche du conte que du simple récit fantastique. Dans un surréalisme et avec un regard singulièrement décapant. Le tout exprimé dans un style simple et limpide.

« Une femme surgit du néant un soir pour offrir un bébé à une autre qui n’enfante pas ; Une mère qui retrouve sa fille décédée depuis de longues années ; des « Histoires si étranges » qui invitent au rêve, à l’évasion, à participer à la vie pleine de mystères d’un monde lointain et pourtant proche que nous côtoyons peut-être sans le savoir, que nous aimons parfois imaginer, réinventer au gré de nos insomnies. 

L’auteur nous embarque dans des aventures où revenants, sorciers, êtres bizarres, phénomènes insolites se croisent à tous les carrefours nocturnes. Un délicieux cocktail de frissons….

Histoires si étranges

Parlons du recueil

Est-il possible de rester indifférent au résumé de ce livre ?

Est-il facile de résister à l’envie de ne pas l’acheter ?

Est-il possible de quitter la Librairie sans avoir un lourd remords, sans l’impression de passer à côté d’un excellent moment de lecture ?

Le fantôme du chefLes gens en blanc – L’enfant du soir – Le village inconnu – L’homme sans sang La statue

Ces titres de récit ne vous intriguent pas, ne vous donnent-ils pas froid dans le dos ?

 

Dans chaque récit, il est question de disparition et d’apparition. Des défunts viennent rendre visite à leurs familles, croisent un proche et lui demandent de transmettre ses salutations et des cadeaux à sa famille.

 

Dans chaque récit, l’auteur nous pousse dans les bras du mystique et de la peur. Chaque récit nous laisse aux portes de l’interrogation :

  • Dans quel but l’un des fils du village, mort, revient dans son village ?
  • Comment une statue peut être amoureuse d’une femme ?
  • Comment expliquer qu’un jeune homme croyant tirer sur un ours lors d’une partie de chasse tire sur son frère jumeau ?
  • Comment un homme (une femme) mort (e) arrive à se marier, fonder une famille ?
  • Des inconnus accordent des faveurs à des personnes puis disparaissent sans laisser de trace. Sont-ils des anges gardiens ?
  • Comment Lohokrou se fait tuer par un harpon alors qu’aucun pêcheur ne pêche avec ce genre de matériel ?
  • Les faits relatés dans l’histoire sont-ils réels ?

 

A cette dernière question, Régina YAOU répond oui. Dans sa note, elle affirme que tous les faits rapportés sont réels. Elle a rencontré certains protagonistes. Les noms et les lieux ont été changés pour préserver l’anonymat de ces personnes.

 

J’ai apprécié ma lecture. Le style de l’auteur est simple, les histoires sont très courtes ce qui favorise une lecture rapide. L’auteur a créé l’atmosphère pour que le lecteur voie, sente, goûte, touche et entende ses récits.

Les récits évoquent la mort mais ils sont vivants, le rythme du récit ne subit aucune pause ou transition. Chaque récit présente le mystique d’une manière singulière.

J’ai aimé lire ces histoires, parcourir à travers elles les contrées de la Côte d’Ivoire.

J’ai apprécié ce recueil pour la bonne dose de peur qu’il véhicule. L’intensité de frayeur n’est pas la même dans chaque récit _ j’avoue que je n’ai pas retiré grand chose de certaines histoires _ mais ça n’affecte pas la qualité du recueil.

Quatre histoires m’ont véritablement marquée :

  1. Extrême-onction : les jours d’un nourrisson malade sont comptés. La mère demande au prêtre de donner l’extrême-onction sans savoir que cela changerait leur vie.
  2. L’éternelle voyageuse : Une dame se présente au domicile des Némon. Elle désire rendre visite à son frère, Monan, qui est à Ossiekoua. Cette localité est un trou perdu et non desservi par les véhicules de transport public. Madame Némon (la femme du chef de personnel de l’entreprise où travaille le frère de la dame) décide donc de la faire emmener par le véhicule de liaison et lui propose de passer la nuit chez elle. Le lendemain matin, l’aide domestique fait le ménage dans la chambre qui a accueilli l’invitée. Elle y trouve une robe longue, celle que l’on porte aux morts…
  3. Le don : Matama est une vendeuse de banane plantain et vit dans la précarité. Elle s’occupe de ses petits-enfants, leur mère étant morte. Un jour, une femme lui confie un paquet à garder, un paquet qui va changer sa vie…
  4. L’homme sans sang : un homme désire être l’amant de Rosine. En lui serrant la main pour prendre congé de lui, Rosine s’aperçoit que la main de l’interlocuteur est froide. C’est comme s’il sortait d’un congélateur…

Ces défunts qui n’ont pas visiblement pas envie de quitter leur pays, leur village, leur famille, leur coin de détente préféré m’ont montré combien l’homme aime la vie...

Parlons maintenant de l’auteur 

Régina Yaou  est l’auteur féminin le plus prolifique de la Côte d’Ivoire.

J’ai eu l’occasion de lire plusieurs de ses œuvres  (Lezou Marie ou les écueils de la vie, la révolte d’Affiba, Aihui Anka ou défi aux sorciers, Symphonie et lumière…) et je n’ai jamais été déçue par le contenu de ses histoires. Elle fait rêver, elle conscientise. Ne quittez pas cette terre sans avoir lu une oeuvre de Régina Yaou, vous aurez raté de bons moments de lecture. 🙂

Dites moi, comment allez vous réagir si vous croisez un défunt de votre famille ou de votre cercle d’amis  ?

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La vie sans fards

Maryse Condé

Pourquoi l’être humain est-il tellement désireux de se peindre une existence aussi différente de celle qu’il a vécue ? C’est la question que Maryse Condé se pose en lisant les brochures rédigées par ses attachées de presse.

Aujourd’hui, elle veut se montrer  dans toute la vérité de la nature. A travers ce livre, elle tente de cerner la place considérable qu’a occupée l’Afrique dans son existence et dans son imaginaire.

Enfant guadeloupéenne élevée dans le milieu de la bourgeoisie et très loin de sa culture des Antilles, Maryse Condé décide en 1959 d’aller en Afrique, les réalités africaines ayant occupé une place de plus grande dans sa vie. Elle débarque donc comme auxiliaire d’enseignement du français au collège de Bingerville en Côte d’Ivoire.

En tant qu’ivoirienne, j’ai pris plaisir à découvrir la Côte d’Ivoire entre 1959 et 1960.

Maryse Condé nous fait ensuite découvrir Conakry, une ville chère à son cœur,  là où elle a compris le sens du mot « sous-développement ».

Dans ces pays, elle constate que les Antillais sont perçus comme les colons blancs. Elle-même est perçue comme une blanche. Maryse nous raconte sa gêne, son inconfort, sa difficulté à s’intégrer. Elle évoque cette vieille querelle entre Africains et Antillais où les uns affirment être méprisés par les autres et vice versa.

Elle est mise à l’écart et s’interroge :

La couleur est-elle donc un vernis invisible ?

Elle part ensuite au Ghana, mène une vie qu’elle n’a pas beaucoup aimé, pénétré du temps où elle y vivait d’une frénésie vulgaire.

Elle nous emmène ensuite à Londres, revient au Ghana pour retrouver l’homme qu’elle aime, se voit obligée de quitter ce pays pour le Sénégal.

Ce livre est l’histoire d’une femme impulsive qui n’arrive pas à clairement identifier son identité, une femme indécise, une femme qui se cherche et peine à se trouver, une femme qui a du mal à vivre pleinement sa vie de mère, dont l’intimité est tumultueuse ;  une femme qui a connu la passion amoureuse mais n’a jamais expérimenté l’amour.

La passion n’analyse pas, ne fait pas la morale. Elle brûle, elle incendie, elle consume.

« Les hommes noirs ! précisa Maya rejoignant Lina sans le savoir. Tout provient de la manière dont ils ont été éduqués. Leurs mères, leurs sœurs, la société dans son ensemble les traitent comme des dieux à qui rien n’est interdit. »

Je l’ai trouvée assez courageuse d’exposer ses déboires amoureux, j’ai éprouvé de la peine pour elle dans ses relations avec ses enfants et ses différents amants.

J’ai appris beaucoup de choses sur ce livre, j’ignorais par exemple que les Antillais étaient si présents en Afrique pendant la colonisation et se retrouvaient à tous les niveaux de l’enseignement.

J’ai découvert l’atmosphère politique de la Guinée et du Ghana aux premières années de l’indépendance, j’ai également appris notamment la belle amitié de l’auteur avec l’un des présidents ivoiriens Laurent Gbagbo. 

Elle dit de lui : « Sa voix d’historien avait beaucoup de poids et il m’accompagnait partout. »

Ce livre est intéressant à lire, il se lit d’ailleurs très vite mais je ne le conseille pas à ceux qui n’ont pas envie de se plonger dans l’histoire africaine et qui n’aiment pas l’autobiographie.

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Photo de groupe au bord du fleuve

Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d’un fleuve africain, et elles ont décidé ensemble de doubler le prix de vente de leur sac de gravier .jusque-là acheté à vil prix par des entrepreneurs voraces. L’enjeu de cette lutte n’est pas seulement l’argent et sa faculté de transformer les rêves en projets – recommencer des études, ouvrir un commerce, prendre soin de sa famille …. Malgré des vies marquées par la pauvreté, la guerre, l’oppression au travail, les violences sexuelles et domestiques, les « casseuses de cailloux » découvrent la force collective et retrouvent l’espoir. Cette journée ne sera pas comme les autres, et les suivantes pourraient bien bouleverser leur existence à toutes, à défaut de changer le monde.

Photo de groupe au bord du fleuve

Ce roman de plus de 400 pages décrit la réalité de l’Afrique, ses miracles qui sont routine quotidienne ailleurs : accès à l’eau potable, l’électricité et soin médical ; ses traditions qui ne favorisent pas la condition de la veuve, expropriées de tous ses biens, à la merci d’une belle-famille cupide et hypocrite.

Triste à dire, mais en Afrique il n’ y a pas que le sida et la malaria qui tuent, le mariage aussi.

Et chaque souffrance est unique. Personne ne peut vivre ni supporter celle d’une autre.

Photo de groupe au bord du fleuve est le portrait de femmes qui se construisent une deuxième vie parce qu’on a détruit la première, ont subi le pouvoir de l’Etat, du sexe masculin.

Au fil des pages, on découvre des femmes avec un passé douloureux, un présent laborieux et un futur qu’elles espèrent radieux. Elles ne font pas que l’espérer, elles se battent pour l’avoir.

Analphabètes ou instruites, coquettes ou hommasses, elles dépassent leurs différences et s’unissent pour résister aux pressions sociales et défendre leur droit primordial : le respect et la dignité.

Photo de groupe au bord du fleuve est le portrait d’un pays, d’un continent qui donne toujours l’avantage aux hommes, portrait d’un pays, d’un continent où le peuple doit penser à l’intérêt général, le Président et ses collaborateurs à leurs intérêts personnels.

C’est triste de voir qu’au 21e siècle, l’exploitation de l’homme par l’homme existe encore …

Ce roman est plein de sentiments : rire, tendresse, larmes, peur, doute, révolte, déception … L’histoire n’est pas linéaire, attise notre envie d’aller jusqu’au bout. J’avoue que j’éprouvais de la culpabilité quand je devais lâcher le livre quelques instants pour vaquer à mes occupations quotidiennes.

J’ai adoré ce roman pour la condition de la femme africaine qu’il met en évidence et l’espoir qu’il instille ! Que dire du caractère bien trempé de ces femmes !  J’ai admiré leur force, leur solidarité, leur détermination, leur sacrifice…

Où se trouve la sincérité d’une solidarité si cela n’implique aucun sacrifice ?

J’ai adoré ce roman pour la narration à la deuxième personne que je trouve originale et vivante, pour cette porte ouverte à l’imagination du lecteur concernant  l’évolution d’un amour naissant …

Ce livre est gravé dans ma mémoire, inscrit au Top 3 de mes coups de cœur littéraires.

Grâce Minlibé

Auteur de Chimères de verre

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Que ta volonté soit faite

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Résumé

Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis… S’il n’y avait Jon Petersen. Il est ce que l’humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là… sans doute réveillera-t-il l’envie de tuer qui sommeille en vous.

mon-avis-de-lecture

Je parcours les rayons de la Bibliothèque et mes yeux tombent sur un nom : Maxime Chattam. Ce nom, je l’ai maintes fois lu dans l’un des groupes de lecture auxquels j’appartiens alors je décide de prendre ce livre, de faire la rencontre du mal incarné: Jon Petersen!

Comment fait-on pour être si avide de sang, trouver l’extase dans la souffrance de l’autre? D’où nous vient cette obsession, cette violence?

Certains naissent-ils foncièrement bons, d’autres avec une proportion égale de bonté et de méchanceté ? Certains hommes naissent-ils complètement souillés?

Ce livre fait réfléchir, il nous renvoie à ce que nous sommes.

Nous n’avons jamais tué mais n’avons-nous jamais succombé à l’orgueil, à la gourmandise? La luxure,  la colère, l’envie, la paresse et l’avarice ne se sont-ils jamais hasardés dans notre esprit?  N’ont-ils jamais possédé notre âme?

Le Mal se nichait là, quelque part entre l’animal et la sexualité. Le Mal était électrique, instantané, enfoui dans les cavités profondes de l’homme, une onde chthonienne qui rejaillissait lors de tremblements de terre de la personnalité. Le Mal était une pulsion.

Le roman est sombre mais il y a une touche de douceur à la fin qui n’est pas négligeable. RIP et sa famille ont retrouvé une vie normale après le passage de l’ouragan Jeff.

J’ai apprécié les réflexions philosophiques du narrateur, ses pensées sur le mal, sur l’existence de DIEU et Sa Justice.

J’ai aimé le mystère qui enveloppe cette œuvre. On ignore qui a tué le père de RIP et qui est le narrateur de l’histoire.

J’ai quand même ma petite idée sur le sujet. Je pense que le narrateur est celui qui a tué le père de RIP. Pour moi, cette personne ne peut être que le Pasteur Alezza.

Qui est l’auteur du crime du père de RIP selon vous ?

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