Publié dans Arrêt sur une oeuvre

La danse du vilain – Fiston Mwanza Mujila

Couverture La Danse du Vilain

Entre trafic de pierres précieuses et boîtes de nuit frénétiques, entre l’Angola en pleine guerre civile et un Zaïre au bord de l’explosion, une exploration de la débrouille.
Toute la vitalité et le charme de Tram 83
reviennent en force avec la langue inimitable de Fiston Mwanza Mujila.

Sanza, exaspéré par la vie familiale, quitte ses parents et rejoint le Parvis de la Poste, où vivent d’autres gamins de la rue. Commence la dolce vita, larcins petits et grands, ciné avec Ngungi l’enfant-sorcier et voyages en avion vers l’infra-monde… Mais les bagarres et les séances de colle finissent par le mettre vraiment sur la paille et l’obligent à céder au mystérieux Monsieur Guillaume et à sa police secrète.

Lubumbashi est en plein chaos, on conspire dans tous les coins, on prend des trains pour nulle part, on se précipite dans l’Angola en guerre pour aller traquer le diamant sous la protection de la Madone des mines de Cafunfu, un écrivain autrichien se balade avec une valise pleine de phrases, le Congo devient Zaïre et le jeune Molakisi archevêque. Mais la nuit, tous se retrouvent au « Mambo de la fête », là se croisent tous ceux qui aiment boire et danser ou veulent montrer leur réussite et leur richesse. Là on se lance à corps perdu dans la Danse du Vilain.

Lunda Norte-Lubumbashi, Angola-Zaïre

Le lecteur voyage entre ces contrées minières convoitées et fait la connaissance de personnages truculents.

Commençons par Franz. Cet écrivain d’origine autrichienne, qui veut écrire sur les gendarmes katangais, fait ressortir cette notion de légitimité de l’auteur à écrire tel ou tel récit.

“A-t-on le droit d’entretenir des personnages qui n’ont pas la même expérience mémorielle que soi ?”

Tournons-nous maintenant vers un trio d’enfants : Molakisi, Sanza et Ngungi. Trois enfants qui préfèrent la rue au logis de leurs parents

On ne guérit jamais d’une nuit passée à la belle étoile surtout après avoir subi la bleusaille et goûté à la colle.


Ngungi ne pouvait que regagner la rue. Ses yeux avaient vu ce qu’un enfant ne doit pas voir ; entendu des choses très éloignées de son univers.

Des garçons qui ont perdu l’insouciance de l’enfance, des garçons qui volent et se droguent, rêvent d’indépendance et surtout de richesse. 

Il y a aussi M. Guillaume. A première vue, l’on pourrait le considérer comme un bon samaritain puisqu’il recueille avec bienveillance les enfants mais ce n’est qu’apparence. Les enfants recueillis sont intégrés à un réseau d’espionnage…

Terminons par Tshiamuena, surnommée la Madone des mines de Cafunfo, une femme mythique, insaisissable qui dit avoir vécu plusieurs vies et règne sur les orpailleurs.

A travers l’histoire commune de ces différentes personnages, on se rend compte que les guerres civiles sont toujours des fonds de commerce

Savez-vous combien de vos compatriotes construisent des villas grâce à l’argent angolais ? La guerre civile angolaise avait été un véritable fonds de commerce pour de nombreux Zaïrois. D’habitude c’est l’argent qui haït et qui fuit l’être humain mais avec la guerre civile angolaise, les Zaïrois s’étaient tellement engraissés sur les diamants d’autrui qu’ils commençaient à détester et à fuir leur propre richesse.

Les courts chapitres, l’humour qui teinte chaque page donnent du rythme à l’histoire mais dans ce roman choral, la narration m’a souvent perdue. Toutes les narrations sont presque utilisées : du “je” à “il” en passant par « nous » et sans réelle transition. La narration interne est utilisée pour plusieurs personnages et il faut souvent avancer de quelques lignes dans sa lecture avant de découvrir l’identité du personnage.

Ce roman est finaliste du Prix les Afriques 2021.

Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

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