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Colore ton Swap, Noël avant l’heure

Le 31 juillet dernier, je me suis inscrite au Colore ton swap sur Livraddict, mon 2e swap littéraire après celui de l’été. 

Le principe du swap

Lors de votre inscription, vous choisissez une couleur. Ce sera la couleur « fil rouge » de votre swap.
Votre wish-list élaborée spécialement pour ce swap devra comporter des livres dont la couverture est de la couleur choisie ou comporte un mot dans le titre en rapport avec la couleur choisie.
Les MP, gourmandises et goodies devront également être de cette couleur.

 

Le contenu du colis 

– 1 carte
– 2 livres 
– 1 surprise 
– 1 marque-page
– 1 gourmandise ou boisson

 

Un tirage au sort m’a attribué Melaneko comme binôme, une jeune dame bien sympathique avec qui il est plaisant de discuter. 

Elle a choisi le bleu comme couleur et moi j’ai choisi l’orange car les livres qui me faisaient envie ont cette couleur sur leurs couvertures.

Je vous laisse découvrir et jalouser le beau colis orangé que j’ai reçu. 

La carte

Melaneko a joint une lettre pour détailler le contenu du colis. J’espère que tu ne m’en voudras pas ma belle de ne l’avoir pas fait. Je l’ai fait lors de mon 1er swap et cette fois-ci j’ai zappé. 😀

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La carte de sa région natale est toute mignonne et rejoint ma collection de cartes postales. 

 

 

Les livres 

Le swap en prévoit deux. Melaneko a trouvé des livres de ma wishlist mais étant des livres d’occasion, elle a pris trois livres au lieu de deux pour compenser. 

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Merci ma belle ! Je suis en mode Zulma, j’avais vraiment envie d’avoir dans ma bibliothèque des livres de cette maison d’édition au design original.

Deux d’entre eux sont des SP mais on s’en fout Melaneko. Tu n’as surtout pas à t’excuser. Ce qui importe c’est qu’ils soient en bon état.

La photo étant floue, je vous mets les titres :

Love is Power, ou quelque chose comme ça, Adrian Igoni Barrett 

By the rivers of Babylon, Kei Miller

Evangelia, David Toscana

 

Vu que Noël approche, je pense commencer par Evangelia. 

 

La surprise 

Melaneko double le bonheur. J’ai reçu deux surprises au lieu d’une.

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Une bougie parfumée qui sent hyper bon et une jolie boîte. Je l’utiliserai pour ranger mes MP, cartes postales et bougies. 
Le marque-page
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Un marque-page fait main, que demander de plus ?
La gourmandise
Ma binôme triple le bonheur !!! ❤ ❤ ❤
nfd
J’ai goûté les palets et ils sont très bons.  Les craquelets sont très sucrés mais ça passe avec du thé sans sucre. J’ai réservé le caramel fleur de sel pour les crêpes. Mon ventre m’est tellement reconnaissant ! 
Merci beaucoup à ma binôme. J’ai été ravie de faire ce swap avec elle. Voici un aperçu de son colis bleu. 
https://zupimages.net/up/18/50/vayp.jpg
(c) Melaneko
Alors mes très chers, comment trouvez-vous ce swap coloré ? Avez-vous déjà participé à ce genre de swap ?
Bon dimanche à tous !
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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Code Rebecca, ma première fois avec Ken Follett

Couverture Le code Rebecca

En 1942, l’Africakorps du général Rommel vient d’investir Tobrouk. À son tour, l’Égypte est menacée par les Nazis qui disposent au Caire d’une « taupe » chargée de les renseigner sur les défenses britanniques. Cet espion allemand, Alex Wolff, caché chez Sonja El-Aram, une danseuse égyptienne devenue sa maîtresse, adresse quotidiennement des messages par radio à Rommel en utilisant un code secret contenu dans un exemplaire de Rebecca, le roman de Daphné du Maurier. Un major du contre-espionnage britannique, décidé à neutraliser définitivement l’espion nazi, se lance à sa recherche en compagnie d’une jeune et belle juive égyptienne. Une formidable course poursuite s’engage.

 

l'Afrique écrit

C’est Telesia qui m’a fait découvrir ce livre dans le cadre de notre swap. Je la remercie car j’ai passé un bon moment de lecture.

Deux camps sont opposés : le duo Sonja/Alex et le duo Elene/Vandam.

Chaque camp a un objectif : empêcher l’autre d’atteindre son but.

Chaque camp a une stratégie particulière avec un point commun : le corps de la femme est considéré comme un appât. J’ai grincé des dents face à cette image de la femme-objet que renvoie le roman mais cela est conforme au contexte social.

Chaque camp fait monter notre adrénaline à chaque point remporté dans ce duel et nous offre une belle histoire d’espionnage avec de nombreux rebondissements. Il n’y a pas de temps mort dans l’histoire, le rythme est haletant.

 

Adepte de la romance, je n’ai pas laissé passer la discrète romance d’Elene et William. Ils ont légèrement le profil de Max de Winter et sa deuxième épouse, je trouve. Ils m’ont fait sourire et rire notamment lors de leur première fois 

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Les personnages du roman sont bien construits, une vraie personnalité qui les rend vivants. Par contre, j’ai jugé le dénouement assez rocambolesque, la fin assez hâtive. L’auteur a coûte que coûte voulu faire triompher le gentil.

Un autre bémol noté : Je n’ai pas assez ressenti la présence de Rebecca dans le roman. On y fait allusion, la clé du code est expliquée et c’est là que j’ai été un peu déçue. Je m’attendais à lire quelques morceaux de messages codés et jouer un peu au détective, essayer par moi-même de déchiffrer le code en faisant le parallèle avec le roman.  😦

 

En conclusion ? 

Quelques bémols qui n’engloutissent pas tout le plaisir que procure ce roman. J’ai maintenant envie de découvrir un autre one-shot de l’auteur. Lequel me recommandez-vous ?

 

signature coeur graceminlibe

 

Coucou les amis, voici mon premier article invité ! 

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Je remercie ma copine Yasmine du blog Ma vie, mes humeurs pour son invitation et sa confiance.

Je débarque chez elle avec un compatriote, Serge-Claver Adou, auteur de 36 ans, auto-édité.

Au menu de notre petite causerie : sa bibliographie, son parcours d’écrivain et ses sept péchés capitaux en lecture.

Sans plus tarder, je vous laisse découvrir l’article  Sept péchés capitaux en lecture par Serge-Claver Adou. 

sept péchés capitaux en lecture

 

Bonne lecture !

Article invité: Sept péchés capitaux en lecture par Serge-Claver Adou

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Sept péchés capitaux en lecture par Émilienne N’Gnamé

Holà ! Notre rendez-vous Sept péchés capitaux en lecture d’un auteur est de retour !

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Notre invitée aujourd’hui est Émilienne N’Gnamé, romancière ivoirienne de 30 ans. Sa bibliographie comprend les Déboires de ma vie

et épines du bonheur.

  1. Vous définir en trois mots, lesquels choisiriez-vous Émilienne ?

Émotion – persévérance – Amour.

 

  1. Comment vous est venue l’envie d’écrire ?

Une passion née depuis ma tendre enfance. Je dévorais tous les livres qui se présentaient à moi. Au fil du temps, la passion de l’écriture s’est imprimée dans mon cœur.

 

  1. Y a-t-il des auteurs qui vous intimident de par leur bibliographie, style d’écriture ?

J’ai été profondément marquée par Isaïe Biton Koulibaly pour la simplicité de ses écrits, ses termes qui sont enracinés dans le vécu quotidien de notre société. Il a un parcours remarquable et inspirant.

Feu Régina Yaou, c’est l’une des meilleures en Côte d’Ivoire et c’est une femme. Je suis très féministe mais le plus important c’est la qualité de ses œuvres qui peignent notre société.

  1. Le résumé de vos deux œuvres en deux ou trois mots.

Foi – Persévérance et abnégation dans le travail.

 

  1. Avez-vous d’autres projets de publication ?

Oui, une histoire émouvante sur la vie d’un orphelin.

 

  1. Si vous deviez offrir un roman (le vôtre ou celui d’un autre) à votre écrivain préféré, lequel choisirez-vous ?

J’offrirai bien mon tout dernier roman épines du bonheur.

Si vous le voulez bien, parlons maintenant de vos sept péchés capitaux en lecture

1.   L’avarice

Quel est le livre le moins cher dans votre bibliothèque ?

Un livre sur les vertus de la Vierge Marie à 1000 francs CFA.

2.   La gourmandise

Quel livre avez-vous dévoré ?

Les erreurs de maman de Josselin KALLA. Ce livre m’a incité à me mettre à l’écriture. J’en ai tiré des leçons et je pense que c’est aussi le but du livre : instruire, corriger, conseiller.

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3.     La paresse

Quel livre avez-vous mis du temps à lire ?

Le démon de Midi de Jeanne Tessia.

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4.      La luxure

Quel livre érotique vous a marquée ?

Les fabuleuses aventures de Libertine Valentine.

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5.      L’orgueil

Quel personnage avez-vous trouvé orgueilleux ?

Fréderic Darco Yantala, personnage principal de l’œuvre La bête noire d’Isaie Biton Koulibaly.

L’image contient peut-être : 4 personnes, texte

6.      L’envie

Quel livre vous fait envie en ce moment ?  

Le sang, l’amour et la puissance d’Isaïe Biton Koulibaly.

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7.      La colère

Quel livre vous a mis en colère ?

Les frasques d’Ebinto d’Amadou Koné. La fin m’a révoltée. Je l’aurais souhaité moins triste.

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Image associée

Si vous étiez…

Un prix littéraire ?

Le prix du meilleur jeune écrivain féminin de l’année.

 

Un épice ?  

Le poivre pour son bon goût et son parfum remarquable, imposant.

Un arbre fruitier ?  

Le citronnier car il se défend tant bien que mal avec ses épines. (rires)

Un dessert ?

Une glace à la vanille chantilly, j’adore ce goût.

 

Un sport collectif ?

Le rugby :  le sport des forts, des combattants et des persévérants.

 

Une heure de la journée ?

Midi. J’adore la bouffe. Je guette toujours ma montre au boulot dans l’attente de cette heure.

 

Une pièce de la maison ?

La chambre, pour la discrétion.

 

Un signe de ponctuation ?

Un point. Il est précis et reste incontournable.

 

Une langue ?

L’anglais car le monde entier tourne autour d’elle.

 

Une couleur ?

Le jaune, c’est une couleur gaie, vive et belle. Je l’adore.

 

Une des sept merveilles du monde ?

La Statue du Christ rédempteur à Rio de Janeiro.

 

Une matière enseignée à l’école ?

Les mathématiques, j’en ai horreur mais je les trouve précises.

 

Un genre musical ?

Le slow, pour sa douceur, elle cadre avec mon caractère.

 


 

Très belle fin de semaine à tous et à très bientôt pour un autre épisode de ce rendez-vous avec les auteurs. 🙂

GM signature

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La danse de Pilar – Charline Effah

La danse de pilar c’est le récit d’une tragédie familiale dans les années 80 narré par le fils aîné Paterne. Les parents, Pilar et Salomon, courent après l’ambition, le pouvoir. Ils ont installé dans leur quotidien familial le climat politique fait de mensonges, trahisons et coups bas.

Toutes les histoires familiales du monde ont les fesses entre deux chaises : l’amour et la haine.

Pilar est la cheftaine d’un groupe de danseuses, les lewai dancers qui se trémoussent lors des événements initiés par le président du Nlam, un pays imaginaire qui ressemble au Gabon. On ressent bien l’atmosphère, la culture du pays même s’il n’est pas mentionné.

Pilar est une manipulatrice, elle nourrit les haines, sème la zizanie entre frères. J’ai été choquée par sa conception de la vie.

 

Ce roman relate l’histoire d’une nation où un dictateur fait sa loi, chosifie le peuple, le manipule. Ce peuple naïf, soumis se nourrit des fausses promesses, court après le vent, semble résigné, fatigué de lutter pour le respect de ces droits.

La danse de Pilar met à nu la décadence de la société.

[…] où vous rencontriez hommes et femmes, vieillards et enfants, et constituez des groupes de danseurs qui se déhanchaient sous des mélodies faisant toutes allégeance au Grand Camarade et à sa politique. Et hommes, femmes et enfants se déhanchaient. Pour tout et pour rien. Surtout pour rien. Pour les écoles qui ne seront jamais construites partout, pour les premières pierres posées gisantes entre les hautes herbes, pour les voies ferroviaires qui ne relieront pas le sud et le nord du pays, pour les routes à moitié goudronnées, pour les nids-de-poule, pour les oppositions allégoriques et cette démocratie qui leur passait sous le nez en plein jour. Se déhanchaient sous le soleil. Se déhanchaient sous la pluie. Se déhanchaient dans la poussière. Se déhanchaient affamés. Solokoto ! Se déhanchaient inquiets des lendemains. Solokoto ! Se déhanchaient sans pouvoir joindre les deux bouts. Solokoto ! Se déhanchaient en ayant peur. Solokoto ! Se déhanchaient parce qu’ils n’avaient que ça à faire. Onduler les reins. Tourner les fesses au cours de soirées qui se terminaient en érections collectives, en palpations mammaires généralisées, en rires écumeux, en tapes suggestives.

 

 

Ils vous disent de voter pour eux. En contrepartie ils vous offrent quoi ? Des sacs de riz et des kilos de dindon. Ils vous demandent de participer à leurs meetings politiques. De vous y entasser comme des sardines dans une boîte. En contrepartie ils vous donnent quoi ? Des tee-shirts et casquettes à leur effigie. Demandez-leur des hôpitaux et des écoles et ils vous dérouleront une liste infinie de promesses. Que ceux qui ne croient plus au père Noël entendent !

 

Ce roman est un plaidoyer pour un changement de paradigme de la démocratie en Afrique.

 

Charline Effah m’a fait découvrir le mouvement des danseuses utilisées à des fins politiques en Afrique Centrale. N’étant pas originaire de l’Afrique Centrale, je suis légèrement restée sur ma faim. J’aurais voulu que l’organisation de ce mouvement, son origine, ses actions soient plus développées.

L’écriture de Charline est belle, poétique à souhait. Le registre soutenu qu’elle utilise n’est pas pédant. Sa maîtrise de la langue française me fait penser à Marie Ndiaye.

La danse de Pilar est un petit roman qui se lit très vite. A glisser dans les PAL de la jeune génération et amoureux des belles lettres.

Pour en savoir plus sur le roman, cliquez ICI

Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Il est à toi ce beau pays, une oeuvre magistrale

« Il est à toi ce beau pays » présente l’Afrique appétissante, gâteau de l’un, débouché économique de l’autre ;  l’Afrique, ce continent dévisagé, remodelé, privé de sa substance. Mère à qui l’on n’a pas laissé le temps de faire le deuil. Après avoir perdu ses fils, on la prive de ses terres.

« Il est à toi ce beau pays » expose le passé douloureux de l’Afrique, glorieux de l’Europe…

On entend d’abord la voix dépressive d’Ota Benga, Pygmée congolais du peuple des Mbuti qui a été notamment exposé au zoo du Bronx de New York en 1906.

La voix puissante et dominatrice des colons se fait aussi entendre, notamment celle de Léopold, roi des Belges. On découvre (ou redécouvre) toute la stratégie politique de l’Occident pour s’approprier ces terres africaines entre 1873 et 1896.

Entre-temps, pour échapper à la soumission irréversible, il fallait mettre en oeuvre un ensemble de principes : civilisation, christianisation et commerce.

« Et surtout, il faut du temps, pour coloniser, continua-t-il pour lui même. Car il ne suffit pas de préparer les expéditions. Il faut préparer l’opinion ! Il faut persuader le peuple du bien-fondé de nos actions outre-mer. Il faut le pétrir de bons sentiments, lui faire miroiter des actions humanitaires à la pelle ! La civilisation, l’aide au développement, le partage des valeurs de la vieille Europe et autres balivernes…

Le partage de nos valeurs ! s’emballa le petit homme. Comme c’est malin ! Qui pourrait refuser une idée si généreuse ?

« Très bien, cet article, très bien, se félicitait Jules Ferry, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, les favoris traînant sur Le Figaro du jour. Il tombe à point pour l’ouverture de la conférence de Berlin. La chance de l’Afrique, c’est la France ! Pas l’Angleterre, pas la Belgique, mais la France ! Il faut que tout le monde le sache !

“Pour mes cinquante ans, je veux devenir roi du Congo.” Dixit Léopold, roi des Belges

Léopold est un homme abject, Jules Ferry également. Je suis désolée mais je n’ai aucune estime pour ceux qui ont favorisé la suprématie blanche.

Mon cœur s’est serré en lisant toute la violence de la colonisation, toute la naïveté des indigènes qui signent des papiers sans lire. Ils avaient confiance, peau noire, cœur blanc…

Jennifer Richard révèle une vérité essentielle :

Peu à peu, il avait compris qu’il n’existait pas de conscience africaine à l’échelle du continent. La solidarité ne fonctionnait qu’à hauteur de tribu. Nombreux étaient les chefs de clan qui effectuaient des rapts dans les villages voisins, en échange de quelques pièces d’étoffe.

 

J’ai constaté une fois de plus avec dégoût que la politique internationale n’a pas changé de 1800 à 2018. 

« Ce que je veux vous dire, c’est que les Européens ont une fâcheuse tendance à dénoncer les atrocités des chefs africains pour donner un vernis de légitimité à leurs invasions. Mais leur immixtion a pour effet de déstabiliser le continent. »

N’est-ce pas ce qui s’est passé avec Kadhafi ?

Ce roman décrit parfaitement la philosophie occidentale :

« Ah, l’Europe ! Bien sûr. Cette entité prométhéenne s’est proclamée juge universel. Et pendant qu’elle accuse, on ne voit pas que ses pieds trempent dans le sang.

– Tu vois l’Europe plus cynique qu’elle n’est.

– Vraiment ? Tu penses que vous avez renoncé à l’esclavage pour le bien-être des Africains ? Vous n’avez fait que supprimer un système qui profitait à certaines nations plus qu’à d’autres. D’ailleurs, vous n’avez pas supprimé l’esclavage. Vous n’avez fait qu’effacer le mot. L’Europe aime les concepts. Enrobe tes meurtres des mots civilisation et liberté, et tu verras, on te pardonnera tout.

“Voyez ? C’est tout le problème avec vous, les Européens. Vous êtes choqués dès qu’on touche un cheveu de vos congénères. Alors, vous vous délectez des supplices qu’ils ont subis, vous vous en repaissez comme des porcs, en faisant semblant d’être traumatisés. Il ne s’agissait pourtant que de sept marchands sans vergogne. Mais les autres ? À l’instant, je vous ai parlé de mille huit cents morts dans notre camp et ça ne vous a fait aucun effet. Pas de réaction, pas le moindre battement de cils. Pourtant, ils ne sont pas morts dans leur sommeil, eux non plus.”

Constat déplorable que j’ai fait ouvertement sur mon blog en parlant de la Somalie.

« Il faisait partie de cette caste de rebuts qui n’avaient pas trouvé leur place en Europe et qui partaient en quête d’aventure, d’argent et de respect. »

N’est-ce pas ce que les migrants font ? Un acte qui a été applaudi hier et qui est désapprouvé aujourd’hui. Comme le dit Emmelie Prophète dans son livre, la libre circulation devrait se faire dans les deux sens !

La communauté occidentale actuelle doit-elle se sentir coupable ? L’un des narrateurs a une réponse : la culpabilité est personnelle, elle n’appartient pas à la communauté.

Chacun devrait donc se poser les questions sur les conditions de vie des personnes qui cultivent les matières premières et nous permettent d’avoir vélo, vêtement, téléphone portable.

 

Jennifer Richard raconte la vie des explorateurs qui ont favorisé cette pénétration en Afrique Centrale : Stanley, Brazza et bien d’autres figures historiques comme David Livingstone, Joseph Conrad.  Elle dévoile leurs obsessions, ambitions, quêtes de gloire, de reconnaissance, de fortune.

J’ai beaucoup appris sur Brazza et Stanley. J’ignorais que le premier était d’origine italienne et que Stanley n’était pas le vrai nom du second.

J’ai perçu une différence d’idéologie entre ces deux hommes. Brazza apparaît plus humain dans ses rapports avec les indigènes.

Jennifer Richard ne parle pas que de l’Afrique, ses enfants partis contre leur gré, ceux qui ont vécu l’esclavage, la ségrégation font entendre leurs voix. Des femmes, des hommes qui doivent survivre, se trouver une place dans une société qui est devenue la leur mais qui ne veut pas d’eux.

J’ai découvert des figures importantes du peuple afro-américain comme W.E.B. Du Bois, Booker T. Washington, George Washington Williams.

L’histoire des Etats-Unis ne pouvant être contée sans la colonisation européenne des amérindiens, l’auteure l’aborde dans ce roman.

 

 

Si je le pouvais, je demanderais un standing ovation pour louer son travail colossal. J’étais bouche bée en parcourant la bibliographie utilisée pour ce roman.

J’ai apprécié sa plume sans fioritures, le vocabulaire adapté à l’époque. Les descriptions des lieux sont suffisamment élaborées pour qu’on se les représente.

Le roman comporte trois grandes parties subdivisées en plusieurs chapitres qui correspondent à des dates. Les chapitres sont très courts et permettent de tenir le rythme de ce gros pavé de 756 pages !

C’est un roman magistral, une lecture utile que Jennifer Richard offre au public, dommage qu’il n’ait pas la médiatisation qu’il mérite. 

C’est presque un coup de cœur pour moi. Je vous le recommande vivement.

 

GM signature

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JE SUIS QUELQU’UN – Aminata Aidara

Estelle, 26 ans, est arrivée en France 15 ans auparavant avec sa mère et deux de ses sœurs. Penda, sa mère métisse franco-sénégalaise, a quitté le Sénégal par amour d’un homme autre que son mari.

Estelle a des dreadlocks pas soignés, elle se lave chez ses sœurs ou sa mère. Elle travaille juste si besoin. Il n’y a pas là où elle loge le confort espéré, elle squatte, commet de petits larcins, vit au jour le jour. 

Estelle a le spleen, elle est perdue. Elle nous convie à ses délires où elle tente de se définir.

Je suis quelqu’un qui a peur

Je suis quelqu’un qui a mis du temps à éprouver du désir pour l’Autre.

Je suis quelqu’un qui veut être vu par sa mère.

Je suis quelqu’un qui n’a jamais aimé un homme.

Je suis quelqu’un qui ne tient pas à revendiquer une identité africaine.

Je suis quelqu’un qui connaît un secret.

Je suis quelqu’un dont la mère a beaucoup d’attentes.

Je suis quelqu’un de nostalgique

Je suis quelqu’un qui se perd et qui se retrouve toujours.

Estelle n’est pas la seule à éprouver ce spleen. Sa mère, Mansour son cousin, Eric, l’amant de sa mère et Cindy, l’ex-amoureuse de l’oncle Ousmane s’épanchent.

Ces personnages racontent leurs histoires. Ils évoquent l’absence de la mère, de l’enfant, l’amour contrarié, le passé honteux et douloureux. 

Pour moi, ça aurait eu plus de sens qu’on oublie le passé. Pour que nous puissions vivre en paix, nous, les foutus enfants de « collabos » n’ayant rien demandé.

 

Ce roman polyphonique narré de façon interne et externe évoque divers sujets : la charge mentale assignée aux femmes, l’identité culturelle, le métissage, l’africanité versus francité, l’histoire des harkis, du peuple afro-américain, les secrets de famille.

Les réflexions des personnages sont pleines de sens. 

Puis je lui aurais expliqué que le monde est patriarcal et que cela avait été mon drame, mais que ça ne devait pas être le sien. Donc il fallait qu’il sache qu’il y a beaucoup trop d’attentes sur l’homme, trop de privilèges à assumer sans être formé à la conscience de l’autre sexe, au véritable partage de la vie avec les femmes. […] Je lui aurais appris à être le roi de sa propre existence mais jamais le maître de la vie de quelqu’un d’autre.

 

Je suis quelqu’un qui entend les peurs des jeunes hommes noirs de France. Ces peurs qui naissent du miroir qui leur est tendu par la société : vous n’êtes pas assez africains ! Et vous, là, trop noirs pour être français ! […] pas assez virils, trop sexués, pas assez sportifs, incarnant un cliché musclé, pas assez dragueurs, polygames confirmés, pas assez attirés par les femmes noires, promoteurs de l’endogamie communautaire, pas assez riches, trop matérialistes. Seuls se sauvent les hommes zen, les sûrs de soi. Ou les artistes écorchés vifs, ceux qui refusent de voir en leur peau autre chose que cette enveloppe, cette frêle barrière à l’invasion du monde extérieur.

Quand je leur disais « Je suis français », ça les faisait rire. On était d’une autre catégorie, tu vois ? Parfois, les flics changeaient de discours, ils nous disaient de ne pas traîner avec les « racailles », avec les enfants d’immigrés. Il fallait faire attention à ne pas basculer de l’autre côté, au risque de perdre notre « francité ».

 

Lorsque son peuple subit des injustices, faut-il qu’il tende l’autre joue ou épaule un fusil ?

Mon père, le révérend, héritier de Martin Luther King, prêchait d’attendre sans rage, de se faire valoir dans la non-violence. Les mauvais sentiments, disait-il, corrodent l’intégrité, usent la psyché.

Non, nous devions nous tourner vers King, emprisonné quatorze fois mais resté tout de même ouvert au dialogue, les mains nues et tendues vers le prochain, fût-il blanc ou noir. Susan portait alors, sous les réflecteurs de notre attention, Malcolm X et elle criait, dans mille et une nuances : « Les personnes comme toi, papa, sont la meilleure arme que les Blancs aient jamais eue ! »

Ce roman suscite des interrogations et demande une réponse personnelle.

J’ai apprécié l’ambivalence des personnages secondaires rencontrés au fil des pages comme Zev, le juif pro-palestinien, le Français anticolonialiste, le commerçant anticapitaliste.

J’ai apprécié le ton poétique et les références littéraires : Bernard Dadié, Frantz Fanon.

Le livre ne se laisse pas lire aisément du fait de l’écriture imagée. J’ai réussi à l’apprivoiser puis ai commencé à m’ennuyer de la linéarité du roman. Aucune surprise, aucun rebondissement jusqu’à la révélation du secret de famille.

Merci à l’auteure d’avoir gardé le meilleur pour la fin. 

Pour en savoir plus sur l’auteure et son oeuvre, cliquez ICI.

 

GM signature

Publié dans Panaché

Liebster award 2018, 7e award de blogueuse

liebster award 2018
©Ma vie mes humeurs

J’ai été nominée par ma blopine Yasmin du blog Ma vie, mes humeurs pour le Liebster award 2018 et par Juliet du blog Coeur d’encre pour le sunshine blogger award. 

Merci les girls ! ❤ ❤

Ce n’est pas ma première participation à ces deux tag. On va donc oublier les 11 faits sur moi-même (vous pouvez les retrouver dans cet article) et passer directement aux questions auxquelles je n’ai pas encore répondu dans mes précédents tags. 

 

 

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J’ai un fait inédit. Je suis la lauréate du Prix Guillaume Soro du jeune écrivain féminin 2018 ainsi que la lauréate du prix littéraire horizon 2018 !

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Je suis tellement heureuse de faire mon petit bonhomme de chemin dans la sphère littéraire ivoirienne !

 

 

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J’ai été très touchée à la soirée de gala de remise du prix Horizon de l’enthousiasme d’Emmanuel Dongala !

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Lorsque je lui ai présenté mon exemplaire de Photo de groupe au bord du fleuve et lui ai dit tout le bien que j’en ai tiré, il a été très heureux qu’on lui parle d’un livre de sa bibliographie autre que Jazz et vin de palme. Il m’a dit que certains lecteurs avaient été gênés par la narration à la 2e personne. Moi, j’ai adoré. Je trouve cette narration originale. 

 

Les questions de Yas.

 

Un de tes blogs préférés.

Graine de moutarde. J’aime beaucoup ses méditations spirituelles. 

 

Est-ce que tu pourrais arrêter de bloguer ?

Faire une pause, oui mais arrêter définitivement, non.

 

Est-ce que tu travailles à côté ou est-ce que tu vis de ton blog ?

Je travaille. 

 

Si tu devais changer quelque chose à ton blog, ça serait ?

Peut-être passer en .com

 

Ta solution pour te relaxer ?

Lire ou écouter du smooth jazz.

 

Harry Potter plutôt livres ou films, ou les deux ?

Aucun. Adolescente, je n’ai jamais réussi à terminer l’un des tomes. Je crois que je n’ai regardé que la moitié d’un des films. Ce n’est carrément pas mon univers de lecture. 😀

Le livre qui t’a le plus marquée et pourquoi ?

Celui qui me vient directement à l’esprit : Lagos Lady de Leye Adenle.

Ça a été un coup de cœur immédiat. J’ai apprécié l’intensité du rythme de narration et bien d’autres choses que vous pouvez découvrir dans ma chronique.

 

Tu es plutôt bob l’éponge ou la famille pirate ?

Bob l’éponge. Il est chou, j’aime sa bande d’amis.

 

Plutôt bec sucré ou salé ?

Je préfère les biscuits salés aux sucrés mais les crêpes sucrées aux crêpes salées. On va dire que je suis bec sucré ou salé en fonction de l’aliment.

Si tu étais un péché capital ?

L’avarice. Je suis très économe. (rires)

 

Les questions  de Juliet

Quel livre qualifierais-tu de plussoyant, et quel autre de frabieux ? (oui, j’ai envie de te rendre folle)

Le livre plussoyant serait No home de Yaa Gyasi.

Je confirme, tu m’as rendue folle. Frabieux ? Heureusement que le net existe !

Le livre frabieux serait Je suis seul de Beyrouk.  

 

Quel genre de livre préfères-tu lire ?

Roman contemporain, romance et polar.

 

A quoi ressemble ton endroit rêvé pour lire ?

Un fauteuil confortable, une table basse où mettre boisson et trucs à grignoter.

 

Quelle maltraitance de livre te choque le plus ?

Ce que font souvent mes neveux : déchirer les livres.

Quelle remarque sur les lecteurs ou la lecture en général te donne envie de mettre une grande claque à celui qui l’a dite ?

Lire tout un week-end ? Tu n’as vraiment rien à faire de ta vie pour gaspiller du temps à lire ?

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Avec quel personnage de livre aurais-tu aimé discuter ?

Avec Léopold, le roi des belges (protagoniste du livre Il est à toi ce beau pays) pour l’agacer, le faire descendre de son piédestal.

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En cours de lecture

 

Quelle aventure littéraire aurais-tu aimé vivre ?

Etre une espionne comme Ellen Burns.

Alyssa Cole    

Que préfères-tu manger ou boire pendant que tu lis ?

Aucune préférence. Je mange et bois ce qui est à ma portée.

 

Pourrais-tu décrire ta bibliothèque, ou la montrer avec une photo si tu as la flemme ?

Mes livres sont rangés dans la bibliothèque de mon père. Je n’occupe qu’une rangée pour l’instant. (J’ai plus de livres numériques que papier)

J’ai placé les livres que j’aime le plus à l’arrière (les trésors doivent être cachés) et ceux que j’ai plus ou moins apprécié à l’avant.

 


Je nomine les récents abonnés au blog en espérant qu’on fasse mieux connaissance. 

La peuplade

 

Lisi YAO

Mistikrak

Chers blogueurs, je vous invite à donner 11 faits sur vous et à répondre aux questions de Yas ou de Juliet !

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

N’être – Ma première fois avec Charline Effah

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Qu’est-ce que l’amour ? Doit-il être ou paraître ? Comment le reconnaît-on ? Comment le vit-on ? Telles sont les questions implicites que pose ce roman à travers l’épanchement de Lucinda, notre héroïne.

Fruit d’une relation adultérine, elle est rejetée par sa mère à la naissance. Lorsqu’elle rejoint la maison rouge, celle où habite sa mère et le Père, elle n’est pas à sa place. L’amour dans cette maison est invisible, il ne fait pas de bruit.

Lucinda ignore ce qu’est l’amour maternel, elle sait néanmoins ce qu’il n’est pas lorsqu’elle analyse la relation avec sa mère. Elle vit dans l’ombre de cet amour qu’elle aurait aimé expérimenter.

L’amour fraternel, Lucinda ne le connaît pas non plus. Sa fratrie la met à l’écart, elle, l’enfant noir.

L’amour se présentant à tout être humain sous différentes facettes, il se présente à Lucinda sous la forme de l’Éros. Elle va connaître l’amour charnel avec un homme marié.

 

Malgré les conseils de son ami et soupirant Elvis, elle va se perdre dans les bras d’Amos. Un homme qui n’est pas fier d’être noir vu qu’il se décape.

L’amour propre est ainsi évoqué. On en vient à s’interroger sur l’amour qu’on a pour soi.

La polygamie, la condition féminine sous les tropiques sont des thèmes également abordés.

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Je ne sais plus comment est né le désir de lire ce livre. Une chose est sûre, j’ai apprécié ma lecture même si j’ai trouvé quelques réflexions assez redondantes. Charline Effah est une plume à découvrir si vous aimez les belles lettres. La narration passe du « je » au « tu ». Son écriture est soignée, maîtrisée, poétique. La langue de Molière dans toute sa splendeur.

J’ai particulièrement apprécié le format du livre : il est tout petit et a cette couleur que j’affectionne tant.

A glisser dans vos poches ! Pour l’acheter, cliquez ICI

 

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Né un mardi – Elnathan John

2003, BAYAN LAYI

Je découvre une petite communauté où des jeunes gens fument, se vantent des gens qu’ils ont tués. Ce sont des enfants dans la rue livrés à eux-mêmes, à la violence. J’ai été choquée par la facilité qu’ils ont à tuer.

A l’approche des élections, ces jeunes sont utilisés par les partis politiques pour coller les affiches et instaurer le désordre, affliger les corrections quand cela est nécessaire.

Dantala fait partie de la bande de jeunes de Bayan Layi. C’est le plus jeune de la bande. Il l’a rejointe il y a deux ans, à peu près au moment où il a terminé ses études coraniques à l’Islamiyya de Malam Junaidu. Il n’avait pas envie de retourner en famille alors il est resté avec ces jeunes. Dantala n’est pas très proche des membres de sa famille éclatée. Il ignore où sont ses frères, ce qu’est devenue sa mère.

Un soir d’émeutes, pris en chasse par la police, il s’enfuit. Il trouve refuge à Sokoto auprès de Sheikh Jamal, un imam salafiste, et son adjoint Malam Abdul-Nur Mohammed.

Dantala dont l’autre nom est Ahmad, apprend l’anglais avec son ami Jibril, développe l’intérêt sexuel pour la femme, psalmodie l’appel à la prière, lit tout ce qu’il peut, il observe la société dans laquelle il vit et nous fait découvrir les dan daudu, les efféminés au Nord du Nigéria.

Je n’ai pu m’empêcher de rire en lisant cet extrait 

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Les années passent. Dantala est heureux mais les tensions entre communautés sunnites et chiites ne cessent de croître. J’ai découvert les différents mouvements musulmans : les tariqa, izala, les chiite ainsi que les bras de fer d’idéologies religieuses. Chaque mouvement veut l’emporter, vider le camp de l’autre.

Lentement, l’auteur nous mène sur la voie de l’islamisme radical. Malam Abdul-Nur Mohammed, moralisateur loin d’être parfait, fait sécession et part à la campagne fonder une secte extrémiste. 

L’islam n’est pas synonyme de paix. – L’islam est synonyme de soumission. De soumission à la volonté d’Allah. Et la volonté d’Allah n’est pas la volonté des infidèles ou la volonté de l’Amérique. L’islam signifie que nous ne nous soumettons à rien ni à personne en dehors d’Allah.

Né un mardi nous montre les dangers du fanatisme, la manière de fonctionner des islamistes et les raisons qui pourraient pousser un jeune à suivre le chemin de l’islam radical : la terreur ou la perte de repère.

Ce roman est violent, il nous fait passer par tant d’émotions : peur, douleur, rire, colère, amour !

J’ai beaucoup apprécié cet amour fraternel qui a lié Jibril et Dantala. Des inconnus peuvent devenir notre famille, des gens pour qui nous serions prêts à risquer notre vie.

J’ai apprécié la loyauté de Dantala envers Sheikh Jamal et Jibril, chose qui a manqué aux politiciens corrompus qui figurent dans le roman. Ils sont habiles dans les promesses qui ont pour durée de vie le temps des élections.

Si seulement on avait un hôpital ici, je ne serais pas obligée de faire ce long trajet aller et retour pour lui apporter des affaires, mais non, quand ils n’achètent pas des voitures et qu’ils ne distribuent pas de la viande pendant les élections et la Sallah, ils ne font rien. Dites-moi, pour l’amour d’Allah, qu’est-ce qu’un peu de viande quand je suis obligée de faire tout ce chemin pour trouver un hôpital ?

Le fatalisme est évoqué, Dieu beaucoup interrogé. A-t-il toujours un pourquoi, un plan, une raison à toute souffrance ?

Elnathan John dresse un portrait réaliste du Nigéria : la survie au cœur de la violence. C’est une lecture utile et inédite pour moi avec ce moudjahid qui est un chrétien converti à l’islam. Du peu de lectures faites jusqu’ici sur le terrorisme ou l’islam radical, je n’avais pas autant appris sur la guerre d’idéologie entre sunnite et chiite. 

 

Quid de la forme du roman ?

L’auteur nous sert un registre dramatique avec quelques notes d’humour. Sa plume est réaliste, accessible. Les descriptions des lieux, de l’atmosphère sont assez élaborées pour nous permettre de bien nous les représenter.

J’ai retrouvé l’ambiance de la cité de la saison des fleurs de flamme. J’ai été agréablement surprise de découvrir à la fin du roman que les deux auteurs sont amis. Qui s’assemble, se ressemble…

J’ai noté un bémol : quand on a aucune culture islamique, on est un peu perdu avec les termes. Un lexique s’imposait pour moi.

Pour en savoir plus sur le roman, cliquez ICI

Bon Vendredi Lecture à tous ! J’ai hâte d’être à 19h TU. Il y a la nuit de l’écrivain à Abidjan. Je vous ferai vivre la soirée sur Twitter. N’hésitez pas à suivre mon compte 🙂

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