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Amenyeo – Marek Abi

Aményéo (Mes gens) est un recueil de 18 chroniques scindées en deux volets: Aményéo Largo sensu et Aményéo Stricto sensu.

Dans Aményéo Largo sensu, l’auteur raconte des histoires s’inscrivant dans des réalités et thèmes d’actualité de notre société. Y sont abordés la violence conjugale, l’amour et les relations hommes-femmes, les conditions du système de santé publique togolais, le chômage, la gestion de la richesse soudaine, les abus des hommes de Dieu, les problèmes profonds de mentalité, etc. Les différentes histoires se déroulent au Togo.

Des chroniques indépendantes les unes des autres, mais certaines d’entre elles sont étroitement liées. J’ai beaucoup apprécié ce lien d’interconnexion entre ces chroniques.

Aményéo Stricto sensu est le jardin intime de l’auteur. Six chroniques personnelles où l’auteur livre un peu sa perception de la vie, ses expériences, ses mots à son père, neveu ou encore une amie.

Le style de l’auteur est fluide, teinté d’humour. Les chroniques sont très courtes et donnent du rythme au recueil. 

Six chroniques m’ont réellement interrogée, surprise, émue ou révoltée. Elles évoquent un cocu vengeur, le système hospitalier qui tue plus qu’il ne guérit, les violences conjugales, le parcours professionnel des femmes avorté en raison du foyer, un père absent pour sa fille mais très présent pour d’autres enfants, l’abandon d’une mère.

Da Iffa la voyante

Nous sommes en 1989. Venunye et sa femme Rita déménagent de Kara pour Lomé. Ils y retrouvent Carlos, le meilleur ami et frère du premier cité. Un trio se forme, mais au fil du temps, les choses vont prendre une
tournure inattendue et il n’y aura que Da Iffa pour calmer les angoisses et les peurs de l’une et de l’autre.

Cette chronique est une adaptation de la chronique « A cartomante » d’un illustre auteur brésilien nommé Machado de Assis. Initialement écrite en portugais et relatant l’histoire d’un triangle amoureux dans les années 1800 à Rio de Janeiro. J’ai beaucoup apprécié cette adaptation et je pense que l’auteur, traducteur de formation, devrait en adapter davantage.

Mon ami a tué sa femme

Une adaptation réussie d’une publication d’Edgar Manuel Bernardo.
Jou est morte et son bourreau a partagé sa vie durant des années.

Au lieu d’être criminalisée, la violence fut spiritualisée

Jou s’est battue pour son foyer, son foyer l’a abattue

page 120

Hommage à ce grand homme
Un groupe de quatre jeunes hommes apprennent le décès de l’éducateur qui les a marqués au lycée et qui a énormément contribué à leur réussite actuelle. Ils décident donc de lui rendre hommage. Cela commence par une visite au domicile du défunt et là l’on découvre un portrait d’un père dont les vertus sont différentes de celle de l’éducateur. J’ai apprécié cette chronique pour le rappel qu’elle fait: Une personne peut nous avoir fait du mal mais avoir fait du bien à une autre. L’Homme n’a pas que des qualités.

Les moments d’une vie

4 temps forts de la vie d’Emefa sont présentés. Une vie marquée par le viol, l’abandon. Une chronique liée à deux autres dans le recueil et j’ai apprécié l’effet de surprise que cela produit.

Ayélé, le développement et moi
Une chronique sur la perception de la masculinité au Togo, ces femmes qui sacrifient des carrières prometteuses, leur indépendance financière à l’autel du mariage.

Les mémoires d’Adan

Adan, jeune homme de 23 ans, revient sur la sacrée journée qu’il a passée. Une journée qui va marquer sa vie à tout jamais.

Si l’ensemble des nouvelles est intéressant à lire, je suis restée sur ma faim avec certaines chroniques notamment la triste observation d’un panda ou Cette prière qui vaudrait tout l’or du monde.

Cette prière qui vaudrait tout l’or du monde

Un petit frère engagé dans une lutte sans merci contre la mort. Un ami proche qui conseille d’aller voir son pasteur. Et la consternation. L’accès à la prière du pasteur est payante. Je suis restée sur ma faim avec cette nouvelle. Bien trop courte, pas assez développé à mon sens. Il y avait matière à approfondir le sujet.

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TTL 75: Les brumes de Key West de Vanessa Lafaye

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est Alcool.

L’alcool est assez présent dans ce roman que je vais vous présenter car John Morales, l’un des personnages principaux, est propriétaire d’un bar où l’alcool coule bien évidemment à flots. Quand débute la prohibition, notre héroïne, Alicia, va s’associer à lui dans la contrebande.

Couverture Les brumes de Key West

Lors d’un rassemblement du Klu Klux Klan, Alicia Cortez, 96 ans, abat un homme de de sang-froid. Ce crime, elle l’assume et le revendique.
Alicia Cortez quitte Cuba pour fuir un mari violent et trouve refuge en Floride auprès de sa tante, Beatriz. Elle comprend rapidement que celle-ci dirige, non pas un salon de thé, mais une maison close. La belle Alicia trouve petit à petit sa place dans cet univers grâce à son savoir de guérisseuse. Depuis le bateau qui l’a conduite aux États-Unis, la jeune métisse s’est rapprochée de John, ténébreux vétéran qui tient le bar d’à côté.
Mais comment s’aimer dans un pays où le racisme n’a jamais cessé d’être la norme ? Avec l’arrivée du Klu Klux Klan en ville, le drame semble inéluctable.

Je ne vous ai jamais caché mon amour pour les couples mixtes. Pour moi, c’est l’un des plus beaux projets de la création. C’est cet attrait qui m’a poussé à faire une recherche de livres sur Babelio et m’a conduite à ce 2e roman de Vanessa Lafaye.

J’ai trouvé tellement beau que l’auteure s’inspire de faits réels pour écrire cette histoire forte, émouvante. J’ai apprécié les thèmes abordés, le contexte historique décrit avec précision, l’histoire d’amour inachevée. Les brumes de Key West n’est pas loin du coup de cœur. C’est l’une de mes rares belles lectures cette année.

Comme l’auteure, je trouve que les méthodes de recrutement du Ku Klux Klan ne sont pas très loin de celles des mouvements extrémistes de notre époque.

Petite anecdote : J’ai eu beaucoup d’empathie pour l’auteure car elle écrit dans sa note de fin d’ouvrage qu’écrire un 2e roman est difficile et je le ressens en ce moment. C’est un grand challenge quand le lectorat a bien accueilli la 1ère oeuvre.

J’ai fait quelques recherches sur Manuel Cabeza, le John Morales dans la vraie vie et j’ai été heureuse de savoir qu’il a reçu les honneurs qu’il méritait en 2019. Vous pouvez en savoir plus ici

Et vous, quel titre auriez-vous choisi pour ce thème ?

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Swap Claque ta bulle

Cette année, j’explore le genre Bande-dessinée. Je n’ai donc pas hésité à participer au Swap Claque ta bulle sur Livraddict.

Ma binôme Silmarien et moi avons opté pour le colis BéDévore qui devait contenir :

  • 2 BD ou 2 mangas ou 2 comics de la WL de votre binôme (5 titres)
  • 1 BD ou manga ou comics que vous aimeriez faire découvrir à votre binôme
  • 1 gourmandise ou boisson / 1 carte / 1 goodies

Voici ce que contenait mon colis

La carte

Amoureuse de cette carte colorée

Le marque-page

Les livres de ma wishlist

Je les ai dévorés en une journée. Tout l’avantage des BD. Vous aurez très vite mes avis de lecture.

Le livre découverte

Mon bébé de 7 ans a voulu le lire avant moi et je ne suis pas sûre qu’il ait compris quelque chose. Une lecture commune s’impose 😀 .

Les goodies

Mon coup de cœur. C’est la première fois que je vois un pot de yaourt bougie 😀

En bonus, des carnets

Les gourmandises

J’ai dévoré les macarons avec famille et collègues. Mon père a apprécié le chocolat noir.

J’ai encore une fois oublié de prendre la photo du colis envoyé à ma binôme mais il contenait

2 livres de sa wishlist

J’ai eu envie de lui faire découvrir Kivu

Et je lui ai offert deux objets artisanaux. Un mini tableau fait à base de sable et un éventail en imprimé kita.

Update : une photo reçue de ma binôme

J’ai hâte d’être à l’an prochain pour une autre session de ce swap.

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TAG – Une enquête à mener dans votre bibliothèque

J’ai découvert un tag sur le blog de Ma Lecturothèque : une enquête à mener dans votre bibliothèque qui est une idée de Fondant grignote.

Il m’a inspirée et je me suis permise de le transformer. Envie de découvrir ? C’est parti !

Trouvez dans votre bibliothèque

1. Une histoire qui se déroule au Nigéria

Couverture La fille du roi araignée

Le lien de ma chronique ICI

2. Un livre avec des yeux sur la couverture

Couverture Le Destin d'Orïsha, tome 1 : De Sang et de Rage

Le lien de ma chronique ICI

3. Une histoire qui se déroule en Floride

Couverture Mais leurs yeux dardaient sur Dieu

Vous pouvez retrouver mon avis ICI

4. Un livre entre 150 et 200 pages

Couverture Toutankhamon, la légende de l'enfant pharaon, tome 1 : La force du bien

Le lien de ma chronique ICI

5. Un soldat américain

broken soldier

Le lien de ma chronique ICI

6. Des secrets de famille

Le lien de ma chronique ICI

7. Un personnage écrivain

Sonia, héroïne du roman la noce d’Anna

Le lien de ma chronique ICI

8. Une saga familiale

Le lien de ma chronique ICI

9. Un livre de la rentrée littéraire 2019

Couverture Rouge impératrice

Le lien de ma chronique ICI

10. Un livre où l’humour est très présent

Evangelia - Editions Zulma

Le lien de ma chronique ICI

11. Un récit qui débute par un prologue

Le lien de ma chronique ICI

12. Une femme noire sur la couverture

Le lien de ma chronique ICI

13. Des jumeaux

Le lien de ma chronique ICI

14. Une reine

Couverture La reine de Saba

Le lien de ma chronique ICI

15. Du sang sur la couverture

Couverture Commissaire Florent Bargamont, tome 1 : Charade

Le lien de ma chronique ICI

J’espère que vous avez apprécié ce tag façon Grâce M. Si vous le reprenez, n’hésitez pas à me transmettre le lien pour que j’aille lire vos réponses 😀

signature coeur graceminlibe
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TTL 74: Nouvelles du monde #8: Turquie

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est N comme…

Couverture Nouvelles de Turquie

Istanbul faisait partie des villes que je rêvais de visiter quand j’étais enfant. Et puis grâce à Novelas, j’ai découvert les soap opera turcs et d’autres villes magnifiques de la Turquie comme Izmir.

De quoi ou de qui est-il question dans ce recueil de cinq nouvelles ?

  • Un derviche, réveillé d’un long sommeil par un supérieur religieux chaussé de mules en poil de lapin, qui part pour une mystérieuse mission. Moi qui suis nulle en histoire, j’étais complètement perdue. Le repère spacio-temporel n’ayant pas été donné, j’étais un peu perdue. Le derviche fait allusion à l’arrivée des turcs d’anatolie et des sultans donc on pourrait situer l’histoire au Xe siècle.
  • Un narrateur érudit et amoureux, accompagné d’un jeune drogué titubant, qui s’en va voir les derviches d’Emir Sultan.
  • Partir à tout prix, fuir pour vivre et revenir, comme une porte qui s’ouvre mais jamais ne se referme. Une nouvelle narrée à la 2e personne du singulier. Je suis définitivement amoureuse de ce type de narration.
  • Interviewer un écrivain pour explorer la boîte magique de ses histoires.
  • Une femme de ménage, lunatique et culottée, qui rêve de jouer la comédie sur les planches qu’elle astique tout en réécrivant Shakespeare.

Je voulais un voyage des sens à travers ce recueil de nouvelles. Voir la Turquie, la goûter, la sentir, l’écouter, la toucher. Cela n’a malheureusement pas été le cas. A part les derviches mentionnés, la culture turque n’est pas suffisamment décrite, célébrée. Les nouvelles sont bien écrites mais il m’a manqué de l’éblouissement.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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TTL 73 : La dernière épouse – Bernadette Sanou Dao

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque.
TTL grâce minlibé
Cette semaine, le thème est Un personnage d’une gentillesse à toute épreuve.
J’ai pensé à l’une des femmes du recueil de nouvelles la dernière épouse de Bernadette Sanou Dao.
Résumé de l'oeuvre
Les nouvelles de ce recueil s’imprègnent des réalités de notre société. Elles décrivent, avec un ton empreint d’humour, la sottise des hommes et des femmes, leur cupidité, et même leur cruauté… Dans ce vaste tableau de la psychologie humaine, l’amour des personnages crée le rêve, la vie et l’espoir malgré tout.

l'Afrique écrit

Vous savez Kady, elle est presque bête à force de bonté et de douceur. Elle rit tellement qu’on se demande parfois si elle n’est pas un peu sotte, incapable de comprendre les choses de la vie

Kady a été unie de force à Saliya. Une union traditionnelle car Saliya est allergique au mariage civil.

Saliya ne lui donne que 3 mille francs (environ 4 euros) pour nourrir, soigner et habiller toute la famille. Kady use de tous les tuyaux du petit commerce pou faire vivre ses enfants. Elle encaisse les mauvais traitements, ce mariage sans amour sans jamais se plaindre. Elle garde le sourire dans la douleur. Elle garde sa bienveillance dans le malheur.

Infidélité notoire des époux, violences conjugales, polygamie, déresponsabilisation des pères de famille, détermination à avoir un héritier mâle, sacrifice humain pour accéder au pouvoir, tels sont les thèmes de ce recueil de nouvelles.

J’ai bien apprécié la nouvelle Mère Zizanie qui a l’allure d’un conte et celle intitulée hommes tout-puissants qui dénonce les violences faites aux femmes et dont l’un des personnages est Kady.

Quel livre auriez-vous proposé pour ce thème ?

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Nouvelles du monde #7 : Réunion

« Miniatures » fait escale sur la Route des Indes, en plein océan Indien, dans les Mascareignes, dans l’ancienne Île Bourbon. Le monde entier est passé par là pendant cinq siècles. Tout comme la Guadeloupe ou la Martinique, La Réunion a été le lieu d’un vaste brassage. Témoignant de tous les trafics qui s’y sont pratiqués, sa population es issue de Madagascar (les Malgaches), de l’est de l’Afrique (les Africains), de l’ouest et du sud-est de l’Inde, le Gujarat (les Zarabes) et le Tamil Nadu (les Tamouls) ainsi que du sud de la Chine, notamment de Guangzhou (Canton) et bien sûr d’Europe. Cela fait de cette île un concentré de tout, une planète-terre miniature où l’Europe, l’Asie, le monde arabe et l’Afrique co-existent. Cette position indianocéanique, au carrefour des routes commerciales d’autrefois, en a fait ce qu’elle est aujourd’hui. Insularité, discriminations raciales, famille, maternité, adultère : tels sont les thèmes vitaux abordés dans les six nouvelles de ce recueil. Avec pour toile de fond la nature spectaculaire de cette île : son volcan, ses forêts, ses plaines et plateaux d’altitude, sa flore et sa faune exceptionnels.

La Réunion est une île-monde. Sa littérature est aussi, d’une certaine façon, une littérature-monde.

Mon tour du monde littéraire continue. Aujourd’hui, Cap sur l’île de la Réunion avec ce recueil de nouvelles reçu dans mon swap sur le thé.

Ce recueil de six nouvelles est majoritairement composé de plumes féminines. Commençons par celle qui a été mon coup de cœur tant au niveau de la forme que du fond.

Meurtre dans un jardin – Isabelle Hoarau-Joly

Irma est mariée à Romain, un homme addict à l’alcool. Son mariage tourne au vinaigre, leur amour s’est perdu dans les vapeurs du rhum. Irma se plaint à sa belle-mère mais cette dernière qui a élevé son fils au rang de Dieu rejette l’addiction de son fils sur sa bru.

Irma songe à quitter son mari, mais sans travail et revenu, où irait-elle ?

Sa famille la traiterait d’idiote et refuserait de l’héberger. Combien rêvaient d’un mari fonctionnaire ? Personne ne comprendrait ! Il y avait tant de femmes, dont sa mère qui avait enduré toute une vie un homme qu’elle n’aimait plus, pour qui il ne restait que l’habitude du quotidien: une laisse à laquelle on est attaché ! On s’y accroche par peur de l’inconnu ou du qu’en-dira-t-on !

Irma subit son mariage et s’évade dans son jardin. Son jardin est son paradis, en opposition à l’enfer de la maison. Mais dans ce paradis, un être va mourir.

Une nouvelle alliant français courant et familier. Une nouvelle olfactive et visuelle. On se projette dans le jardin d’ Irma.

Avant le cri, il y a la faute – Jean-François Samlong

« Si le bonheur s’arrête en chemin, se dit-il, le malheur jamais ; il fonce droit sur vous. »

Un fiancé déshonoré par sa promise, un père qui tente d’éviter la survenance du pire, du malheur. Mais je ne suis pas sûre d’avoir compris le fin mot de cette nouvelle.

Le gouffre – Monique Merabet

Le récit a pour cadre spacio-temporel, l’étang-salé, une commune de la Réunion, en 2001. Le narrateur s’appelle Garou. Brebis galeuse, il a été mis au rebut par le reste de sa famille après la mort de sa mère, expatrié dans un orphelinat de la Creuse. C’est un jeune homme que la guigne poursuit. Sympathique histoire avec une chute digne d’une nouvelle.

Le pays paille-en-queue – François Dijoux

La faune, la flore de l’île de la réunion, les villages de l’île de la Réunion sont présentés au lecteur. Ce dernier a même droit à un rappel historique sur l’Îlet-à-Cordes.

Léontine est le personnage principal de cette nouvelle. Elle a conservé la tradition immémoriale des brodeuses venues de Bretagne et son unique motif est la paille-en-queue. Elle évoque sa vie avec Vivian, sa solitude après sa mort et le départ de ses enfants, une fois, adultes.

Madame sans-langue – Monique Séverin

Une nouvelle qui débute par un prologue où une femme demande pardon aux femmes qui ont perdu un enfant. Elle les supplie de pardonner celle qui pleure un fils vivant.

Madame-sans-langue est le personnage central du récit. Une femme à qui l’on a arraché un enfant. Une histoire sur la maternité, la discrimination raciale. Je ne suis pas sûre d’avoir compris tous les contours du récit. J’espère qu’il y aura d’autres avis de lecture sur ce recueil pour découvrir ce qui m’a échappé.

Une sauvageonne chez Molière – Monique Agénor

Une jeune femme se voit refuser un rôle dans un théâtre car elle n’a pas la gueule de l’emploi. Ses cheveux sont frisés, son teint soutenu, son nez inexistant, son accent qui vient de je ne sais où pour reprendre les dires du Directeur.

Une jeune femme qui va prendre sa plus belle revanche. Le lecteur a droit à un rappel historique sur la semaine sanglante.

Nouvelles de la Réunion a été une lecture moyenne dans l’ensemble mais j’ai apprécié ce voyage virtuel de la Réunion. La nature spectaculaire de cette île est très bien décrite.

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Alabama 1963 – Ludovic Manchette et Christian Niemiec

Les événements se déroulent entre le jeudi 8 août 1963 et le samedi 4 janvier 1964 à Birmingham, en Alabama, au cœur de la ségrégation raciale.

Le jeudi 8 août 1963, la nature est impuissante face au lourd sommeil d’une fille noire d’une dizaine d’années.

Oiseaux, mouche, brin d’herbe, scarabée, branches de chêne se meuvent mais pas elle. Elle dort d’un sommeil éternel.

Le mercredi 14 août 1963, le lecteur découvre Adela Cobb, une trentenaire noire, femme de ménage avec un programme hebdomadaire bien défini:

  • Lundi et jeudi chez Gloria Landaker
  • Mardi et vendredi chez Dorothy Hayes
  • Mercredi et samedi chez Carol Finnegan

Lorsque Carol Finnegan la vire parce que son fils a osé jouer avec la fille d’une voisine, Adela est obligée de trouver un autre employeur pour les mercredis et samedis.

Une mauvaise blague va la conduire chez Bud Larkin, un ancien policier reconverti en détective privé depuis un an ou deux et marié à l’alcool. Ellis et Lottie Rodgers, les parents de Dee Dee, une jeune fille de 11 ans, lui ont demandé d’enquêter sur la disparition de cette dernière.

Lorsque d’autres filles noires vont disparaître les unes à la suite des autres, Bud n’aura pas d’autre choix que d’associer Adela à son enquête.

Ce duo improbable fera son possible pour débusquer le coupable mais nos enquêteurs ne sont ni Hercule Poirot ni Sherlock Holmes. Le lecteur a même une longueur d’avance sur eux puisque le tueur se présente d’abord à lui avant Adela et Bud.

Ça m’avait manqué les très bonnes lectures cette année ! Sous fond de polar et d’histoire, Alabama 1963 est une belle histoire de rencontre, d’ouverture à l’autre et d’amitié.

Une lecture efficace: agréable tout en étant fluide. Elle est captivante, l’humour est présent, les personnages tant principaux que secondaires (à l’exception des vilains) sont attachants.

La fin, émouvante, montre une société en mutation et qui a encore beaucoup à faire pour que le vivre ensemble soit une réalité.

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TTL 72 : Les Poisons de Katharz de Audrey Alwett

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est Happy Halloween.

Je ne fête pas Halloween par conviction spirituelle mais quand j’entends Halloween je pense immédiatement aux sorcières sur leur balai 

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Parmi les lectures d’août, figurait une sorcière et elle était l’un des personnages de ce roman.

Couverture Les Chroniques de la Terre d'Airain, tome 1 : Les Poisons de Katharz

À Katharz, la ville-prison où la Trisalliance déverse chaque année ses indésirables, la situation est intenable. Ténia Harsnik, la tyranne en place, est obsédée par un nombre, celui des habitants qui vivent entre ses murs. En aucun cas, il ne faut dépasser les cent mille, car alors CE qui dort sous la ville SE réveillerait. Si cela se produisait, rien ne pourrait L’arrêter, sauf peut-être Dame Carasse… Mais la sorcière la plus puissante de la Terre d’Airain, à ce qu’elle raconte, semble bien plus préoccupée par son bizarre apprenti que par le destin du monde. D’ailleurs, la ville ne compte que 99 500 habitants. Ce n’est pas comme si l’apocalypse était dans un mois… pas vrai ?

 

J’ai fait la connaissance de ce roman fantasy sur le blog de Lire à la folie. La fantasy ne fait pas partie de mes lectures habituelles mais j’aime sortir des sentiers battus de temps à autre. 

L’intrigue que laisse apercevoir la 4e de couverture a attisé ma curiosité. J’avais hâte de découvrir cette ville-prison, ce CE qui dort sous la ville et de lancer le compte à rebours. 

Les dirigeants des 3 royaumes Malicorne, Chaolie et Thalas ont vu, un jour, un gamin efflanqué frapper à leur porte pour leur proposer une idée : déposer le rebut de leur population en un même endroit à l’orée de leur frontière. Une ville-prison pour les gibiers de potence, les truands, les assassins, les voleurs, les sorciers hors-la-loi et les putes – en tout cas, les moches, parce que les jolies, ça peut toujours servir. On les enfermerait là pour à peu près toujours. Et les fautes des parents se paieraient sur les générations suivantes, car de toute façon la descendance des criminels n’était que de la mauvaise graine, et c’était plus simple de condamner avant même que de laisser naître.

Cette ville-prison s’appelle Katharz et est dirigée d’une main de fer par Ténia Harsnik, 22 ans. Elle veille à ce que la ville ne dépasse pas les cent mille habitants afin de ne pas réveiller CE. Pour ce faire, elle fait  exécuter  certaines personnes, en envoie d’autres en prison et surveille de près le nombre de naissance. C’est dramatique mais il y a toujours une once d’humour. 

Pour éviter le réveil de CE, Ténia pense pouvoir compte sur Dame Carasse, la sorcière. Une sorcière préoccupée par le recrutement d’un nouvel apprenti-sorcier. 

N’étant pas fan de fantasy de prime abord, j’ai beaucoup traîné dans ma lecture. Il m’a fallu du temps pour entrer entièrement dans l’univers.

J’ai apprécié les conspirations politiques, les jeux de pouvoir. L’univers de la fantasy est bien présent: magie, dragons et licornes sont au menu. 

L’auteure offre une palette de personnages qui apportent une touche de fraîcheur au récit. Dans ce récit, toutes les péripéties donnent matière à rire. J’ai apprécié ces scènes hilarantes pas très loin du burlesque mais j’ai trouvé certaines répliques et dialogues trop convenus.  

En conclusion : les poisons de Katharz est une sympathique lecture mais pas mémorable.

 

Et vous, quel livre avez-vous ou auriez-vous choisi pour ce thème ?

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TTL 71 : Black Cendrillon – Jean-Claude Derey

Qui dit jeudi, dit Throwback Thursday Livresque. Cette semaine, le thème est Couverture sombre.

J’ai immédiatement pensé à

Livre : Black Cendrillon écrit par Jean-Claude Derey - Rivages

Jeanne Baguirmi est-elle vraiment une « erreur de calcul du grand ordonnateur céleste » ? A vingt ans, elle se retrouve bonne à tout faire chez un Libanais de N’Djamena. Mais il a « le tort de la confondre avec un melon d’eau qu’on pétrit et qu’on renifle ». Elle le tue d’un coup de fer à repasser… Et tombe aussitôt entre les pattes du commissaire Idriss Salamat qui lui propose un marché : il passera l’éponge si elle se met au service du diplomate Jonathan Gray, qu’elle espionnera pour le compte des autorités tchadiennes. Lorsque Jeanne arrive chez les Gray, elle est confrontée à un couple étrange : un play-boy viril et une mégère anorexique cohabitent dans une maison où rôdent la folie et la mort…

Cendrillon est ma princesse Disney préférée alors sa présence dans un titre de roman attire forcément mon attention 😀

La narratrice qui s’exprime du fond d’une cellule raconte comment elle a riposté face à une tentative de viol de son patron, M. Fouad. Une riposte violente mais j’ai trouvé encore plus violent les propos des policiers et du commissaire misogyne  

Les Blancs battent le tam-tam pour un viol, mais à N’Djamena, dans le pays le plus misérable d’Afrique, le pucelage d’une broussarde comme toi ne vaut pas un kilo de tomates ! Pourquoi tant de manières, hein ? Nom de Dieu ! Qu’est-ce qui t’a donc pris ? Tu écartes les cuisses, tu te laves, aucune trace, comme le passage d’un nuage sur le sable ! A cause de tes idées tordues, une famille libanaise est en deuil ! 

Jeanne se voit proposer un marché en échange de sa liberté : espionner un diplomate. Elle nous décrit sa famille: sa mère qui attend avec persévérance qu’on libère son innocent de mari de prison, sa sœur qui s’offre au plus offrant mais aussi les conditions de vie des expatriés au Tchad

Chez nous, le Blanc vit sur une autre planète, à des années-lumière de la crasse et de la misère.

Jeanne découvre son nouveau patron, le beau Jonathan. Pourra-t-elle réaliser sa mission d’espionnage avec cet amour qui commence à lui voiler la raison ?

Je m’attendais à lire un roman d’espionnage au Tchad avec du suspense, de l’action, des rebondissements. Mes attentes ont été, hélas, contrariées. Il est plutôt question de manipulation, d’obsession amoureuse, de l’image des noires perçue par les blancs expatriés. En toile de fond, l’atmosphère politique du pays dans les années 70.

J’ai eu de la peine pour cette cendrillon noire qui voulait vivre un conte de fées. 

 

Et vous, quel livre avez-vous ou auriez-vous choisi pour ce thème ?