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TTL 42 – L’adieu à la femme rouge

Thème de cette semaine : Quête

J’ai immédiatement pensé à L’adieu à la femme rouge de Vénus Khoury-Ghata

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Après le passage d’un photographe occidental, la femme aux cheveux rouges disparaît brutalement de la palmeraie où elle vivait, laissant derrière elle ses deux enfants bouleversés. Le mari et les enfants suivront les traces de la mère de ville en ville, et la retrouveront des mois plus tard sur les murs de Séville, devenue top model célèbre grâce au photographe. Ascension rapide suivie d’une chute brutale : l’engouement de l’Occident pour l’étrangère est de courte durée ; les mannequins noirs ne sont plus à la mode, remplacés par les Slaves éthérées… Misère et maladie rattrapent la reine d’hier.

Avec son incroyable talent de romancière, Vénus Khoury-Ghata nous entraîne dans les rues et les faubourgs de Séville, et livre un roman tragique et drôle sur l’exil, la famille, la maternité, la recherche de la notoriété et la condition des migrants. 

 

La femme aux cheveux rouges est en quête d’une autre vie, loin du Ksar. Son mari et ses enfants partent à sa recherche, ils sont en quête de leur vie d’avant, leur vie avec elle. Cette quête aura raison d’eux…

J’ai été touchée par ce que l’exil a fait de Zina, Zeit et leur père.

J’ai apprécié cette immersion dans la vie à Séville, ville que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter.

J’ai été emportée par l’écriture poétique, pleine de sensibilité de Vénus Khoury-Ghata. Elle m’a donné l’envie de découvrir davantage sa bibliographie.

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

fleur v1

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De haute lutte – Ambai – littérature 91

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« Ce n’était pas à une forêt ordinaire que Chentiru pensait, mais plutôt à la forêt des poèmes classiques tamouls, au cœur de laquelle une eau pure comme le lait se jette en cascade entre des parois rocheuses où s’accrochent des ruches sauvages. Elle voulait séjourner dans une forêt. Une forêt pour laisser derrière elle les bruits de voitures, de conversations, de pas, d’appareils ménagers. »

C’est ainsi qu’on entre, par la puissance du verbe et de l’image, dans l’univers si singulier d’Ambai. Qui nous mêle sans crier gare à la destinée de femmes on ne peut plus habitées – écrivain, musicienne, éditrice, ou femme au foyer par accident –, bousculant soudain, à la faveur d’un geste, d’un départ, d’un renoncement, leur monde tel qu’il est.

Avec son écriture limpide soudain balayée par un trait percutant, Ambai donne au short cut toute l’ampleur du temps romanesque.

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Premier auteur indien que je lis. Je vous ai déjà dit que l’Inde n’est pas un pays que j’affectionne particulièrement à cause de ses castes. 

Ce recueil me donne-t-il une raison supplémentaire pour ne pas l’aimer ?

Non. Ambai met en lumière les merveilles de l’Inde. Elle m’a fait découvrir la poésie indienne, la musique carnatique. J’ai découvert un pan de la mythologie indienne à travers la dernière nouvelle du recueil intitulée la forêt. Une nouvelle que je n’ai d’ailleurs pas complètement saisie. Il m’a été difficile de trouver la frontière entre le réel et l’imaginaire.

Ambai n’oublie pas d’évoquer le laid. Elle nous fait découvrir la valeur accordée aux femmes dans ce pays. Elles sont offertes aux hommes. Qui sont-elles pour qu’on daigne leur demander leurs avis ?

Elles ne doivent pas accorder trop d’importance à l’éducation. On leur demande de n’exister qu’à travers leur homme, de ne pas rompre le cordon ombilical. C’est l’homme qui fait la femme. En dehors de lui, elle est fragile.

 

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Il y a des hommes qui ne sont pas prêts à partager des responsabilités au sommet de l’entreprise avec des femmes.

Des hommes ont peur du succès de leurs femmes à l’instar de Shanmugan dans la nouvelle De haute lutte. Il ressent un sentiment d’infériorité face à l’éclatant talent de sa femme. En bon époux hindou, il la cantonne peu à peu à la maison et l’éloigne de la scène… 

Il y a des hommes qui veulent que les femmes restent à la cuisine

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La nouvelle qui m’a le plus touchée est celle de Châyâ, prisonnière de sa vie d’épouse. Il y a des hommes qui tuent les rêves de leurs femmes, les empêchent de se mouvoir. Il ne leur vient pas à l’esprit de se demander ce qui pourrait rendre leurs femmes heureuses.

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Ambai a une écriture très poétique et les traducteurs l’ont fidèlement retranscrit.

 

fleur v1

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Le Gang de la Tamise – Jessica Fellowes

À la fin d’un bal masqué donné à Asthall Manor pour les dix-huit ans de Pamela Mitford, quelques-uns des Bright Young Things, cette jeunesse dorée et débridée dont les journaux commentent avidement les nombreuses frasques, organisent l’une de leurs fameuses chasses au trésor. Mais la partie se termine tragiquement : l’un des invités est poussé du haut du clocher de l’église.

Convaincue de sa culpabilité, la police arrête alors Dulcie, une domestique, qui fait partie du gang des Quarante Voleuses dirigé par Alice Diamond.

Mais Louisa Cannon, chaperon des sœurs Mitford, croit Dulcie innocente. Avec Pamela et Nancy Mitford, elle est bien décidée à disculper la jeune fille….tandis que le véritable assassin rôde peut-être non loin de là.

S’inspirant d’un fait réel – le gang des Quarante voleuses ou les Quarante Éléphantes, qui organisaient des grandes razzias dans les plus grandes enseignes londoniennes – Le Gang de la Tamise est une véritable plongée dans le Londres des années folles et dans des lieux interlopes où se côtoient la pègre et la bourgeoisie anglaise.

Couverture Les soeurs Mitford enquêtent, tome 2 : Le Gang de la Tamise


La Kube de juin 2018 m’a fait découvrir la famille de Nancy Mitford et un extrait du tome 1 des sœurs Mitford enquêtent.

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J’avais apprécié le style narratif de l’auteure, cette immersion dans ce Londres du siècle passé.

J’ai rejoint le mois dernier NetGalley. Lorsque j’ai découvert que le tome 2 y était disponible, je n’ai pas hésité une seconde à le demander.

Merci à NetGalley France et aux Editions Le Masque pour cette opportunité de lecture.

L’intrigue est classique, il n’y a pas de grande surprise concernant le coupable mais j’avoue n’avoir pas pensé à l’existence d’un acolyte.

J’ai apprécié la diversité des personnalités des personnages et la balade dans Londres. 

Le roman est assez épais mais les chapitres courts donnent du rythme. J’ai beaucoup apprécié le caractère fort de Louisa. Intrépide, déterminée, elle est. Je me suis attachée à elle, j’espère la retrouver dans les prochains tomes de la saga si elle continue.

Ce roman policier a été sympathique à lire. Il a apporté un point de plus à ma culture générale en me faisant découvrir le gang des 40 voleuses et leur chef de file Alice. Elles sont impressionnantes. (rires)

 

Pour en savoir plus sur ce gang, cliquez ici

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Throwback Thursday Livresque 41 avec Kivu

Thème de cette semaine : Super-héros

J’ai failli passer mon tour car mon esprit a directement pensé à Marvel et compagnie, littérature de l’imaginaire.

Heureusement, je suis persévérante ! J’ai pensé aux héros des temps modernes, ceux qui font bouger les lignes, font leur possible pour rendre ce monde meilleur et j’ai pensé à cette bande-dessinée qui évoque un super-héros africain. 

Couverture Kivu

François Daans, ingénieur pour un puissant consortium industriel, part négocier un important contrat au Congo. Il ne sait pas grand-chose sur ce pays, à part qu’il détient toutes les principales ressources nécessaires à la fabrication de nos technologies modernes. Une fois extraites, celles-ci sont envoyées au Rwanda où elles sont transformées puis vendues aux grands groupes.

A peine arrivé sur place, il découvre le véritable visage du Congo. La corruption qui gangrène le pays, les massacres qui ont lieu quotidiennement ou encore les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre,… Quand son chemin croise celui de Violette, une jeune adolescente qui a fui son village alors que celui-ci était attaqué, le but de sa mission change de directoire…. 

 

 

François va rencontrer le Dr Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes. Il répare leurs corps mais aussi leurs esprits, leur donne un nouvel élan. Cet homme est formidable et on devrait tous à notre niveau, là où nous sommes être des Dr Mukwege.

Porter assistance, dénoncer. On n’a pas le droit de vivre notre petite vie en ignorant les souffrances de l’autre qu’il soit à quelques mètres de nous ou à l’autre bout du monde. 

 

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La thématique de la BD est percutante mais j’ai jugée cette dernière trop courte. 75 pages pour évoquer ce qui se passe au Sud-Kivu ce n’est pas assez. Il y a tant à dire sur ce qui s’y passe au Kivu. Le récit n’est pas allé en profondeur. Le sujet très vaste mérite d’être développé sur plusieurs tomes. 

Après avoir lu une interview de Jean Van Hamme, j’ai mieux compris le challenge que ça a été pour lui. 

« Au début, j’étais un peu sceptique, car je ne voyais pas comment je pouvais mettre un propos didactique au service d’une bande dessinée. Enfin, moi, je n’avais jamais fait cela. Et puis j’ai eu l’idée d’en faire une sorte de reportage déguisé. » Source : le point.fr

 

L’auteur a ouvert une brèche… qui la refermera ?

 

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

PS: Vu qu’on parle d’humanitaire, j’en profite pour parler de l’organisation à laquelle j’appartiens : CHARITIS. Pour en savoir plus, cliquez ICI

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Le Messie du Darfour – Prix les Afriques 2017

« C’était la seule à Nyala et sans doute même dans tout le Soudan à s’appeler Abderahman. » Avec son prénom d’homme et sa cicatrice à la joue, terrible signe de beauté, Abderahman est la fille de fortune de tante Kharifiyya, sans enfant et le cœur grand, qui l’a recueillie en lui demandant de ne plus jamais parler de la guerre. De la guerre, pourtant, Abderahman sait tout, absolument tout.
C’est un jour de marché qu’elle rencontre Shikiri, enrôlé de force dans l’armée avec son ami Ibrahim. Ni une, ni deux, Abderahman en fait joyeusement son mari. Et lui demande de l’aider à se venger des terribles milices janjawids en en tuant au moins dix.
Formidable épopée d’une amazone de circonstance dans un monde en plein chaos, le Messie du Darfour est une histoire d’aventure et de guerre, une histoire d’amitié et de vengeance qui donne la part belle à l’humour et à la magie du roman.

l'Afrique écrit

Il me fallait lire ce roman pour deux raisons :

  1. Il a reçu le Prix littéraire les Afriques en 2017
  2. Il est l’oeuvre d’un auteur soudanais. Nationalité que je n’ai pas encore lue sur ma carte des auteurs africains.

 

Dès les premières lignes, l’auteur me lance un sort. Je suis captivée par la danse de ses mots, sa musicalité, son style narratif.

Il dresse un portrait glaçant des Janjawids. Miliciens encouragés par les autorités soudanaises, ils massacrent, violent, pillent, réduisent en esclavage les populations non-arabes.

Y cohabitaient les victimes chassées de leurs villages et les criminels qui se chargeaient de l’expulsion des villageois, mais aussi des citoyens pour qui cette guerre ne signifiait rien, ou encore des commerçants, seuls bénéficiaires du conflit et dont les biens s’étaient multipliés suite à la spéculation, au boursicotage et à la pénurie réelle ou organisée, des janjawids aussi, à la périphérie des grands camps, qui se pavanaient en ville dans leurs Land Cruiser découvertes équipées de mitrailleuses Douchka et de lance-roquettes. Leurs habits étaient sales, trempés de sueur et couverts de poussière, ils étaient bardés de longs grigris et coiffés de casques, leurs cheveux étaient épais et sentaient à la fois le désert et l’exil, ils portaient à l’épaule des fusils G-3 de fabrication chinoise et tiraient sans la moindre raison, sans aucun respect pour l’âme humaine, ils ne faisaient aucune différence entre les humains et les animaux, traitant les premiers comme des chiens. On les reconnaissait aussi à leur langue, le dajar, qui est l’arabe parlé au Niger ou quelque part dans l’ouest du Sahara, ils n’avaient ni femmes ni filles, il n’y avait aucun civil parmi eux, pas plus que de gens pieux ou cultivés, de professeurs, de personnes instruites, de directeurs, d’artisans, ils n’avaient ni village, ni ville, ni même de maison où ils auraient pu désirer rentrer à la fin de la journée, une seule passion les animait, un être aux longues pattes et au dos solide, doté d’une boss capable de contenir autant d’eau qu’un tonneau, à propos duquel ils déclamaient de la poésie, dont ils mangeaient la chair et la graisse, dont ils buvaient le lait, vivant tantôt sur son dos, tantôt sous une tente faite de ses poils, un animal capable de les emmener très loin, comme tuer ou se faire tuer uniquement pour lui assurer des pâturages, à la fois leur maître et leur esclave, leur seigneur et leur serf : le chameau.
Personne ne sait exactement pourquoi le gouvernement avait choisi ces gens-là, parmi tous les peuples d’Afrique, pour mener à sa place la guerre au Darfour.

Les janjawids ne sont pas une tribu, ni même une ethnie, car l’homme naît bon, ce n’est que plus tard qu’il a le choix entre devenir un être humain ou un janjawid.

 

Le récit est marqué par leur violence.

La guerre est une horreur et ce sont les femmes qui en pâtissent le plus. Leurs corps sont utilisés, usés, martyrisés. A travers Abderhaman et toutes ces femmes qui apparaissent dans le récit, on découvre le supplice qui leur est réservé. 

On ressent l’espérance du peuple qui attend désespérément le Messie. Comment ne pas l’attendre quand la souffrance est une spirale sans fin ?

L’auteur livre un texte engagé sur le contexte politique au Darfour : épuration ethnique, double jeu du gouvernement. J’aime ces livres qui corrigent notre cécité, tirent la sonnette d’alarme.  

 

C’est un beau roman mais la chronologie est parfois difficile à suivre. Il y a des flashbacks, on traverse des époques différentes.

 

Avant de plonger dans ce roman, il est nécessaire de se renseigner sur ce qui se passe et s’est passé au Darfour afin d’entrer pleinement dans le texte. Méconnaissant l’histoire du Darfour et l’Islam, j’ai passé beaucoup de temps sur Wikipédia pour savoir ce que signifiait le Mahdi par exemple. 

 

L’auteur m’a donné l’envie de connaître davantage le Soudan. J’ai plus que hâte de lire Nouvelles du Soudan.

J’espère le retrouver dans mes swaps en cours.

Un amour interdit Alyssa Cole

L’impiété n’est qu’un degré extrêmement complexe de la foi.

et l’on a le droit en tant qu’humains de ne conserver de l’Histoire que ce qui nous concerne, on a le droit aussi de ne pas croire ceux qui l’écrivent, il n’y a pas de vérité absolue dans ce qui est consigné, rien n’est pus vrai que ce que l’on voit de ses propres yeux, ce que l’on ressent, ce pour quoi on souffre tous les jours, voilà le malheureux héritage laissé par l’esclavage.

 

C’est le 5e roman que je lis des éditions Zulma. Envie de découvrir les 4 autres ?

Ici

De ce côté 

Quelque part

J’aime le design de leurs couvertures et vous ? 

 

fleur v1

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Marelle de Julio Cortazar, une lecture à expérimenter

Horacio Oliveira est un nihiliste qui rejette la rationalité du monde et dont les maîtres mots sont hasard, rêve, fantaisie… L’épopée de cet exilé argentin débute à Paris où il vit un amour total avec une femme nommée la Maga ; elle se poursuit à Buenos Aires à la recherche de cette dernière. Et sa vie prend bientôt un cours étrange quand il se persuade de deux phénomènes extraordinaires : la réincarnation de sa maîtresse dans une autre femme et la découverte, dans le mari de celle-ci, de son propre double…

Avec ce roman puzzle qui offre la possibilité d’une lecture linéaire ou « butineuse », Julio Cortazar invente le roman interactif. Faisant preuve d’un talent novateur dans la construction du récit, multipliant les perspectives narratives et chamboulant la chronologie, l’auteur argentin fait acte de création, offrant au roman une nouvelle dimension. Marelle constitue sans aucun doute son oeuvre maîtresse et est considéré comme l’un des ouvrages les plus importants de la littérature hispano-américaine moderne. 

Couverture Marelle
Comment écrire une note de lecture de ce roman fleuve sans le trahir ? Telle est la question qui a défilé sous mes yeux en refermant ce livre de plus de 500 pages.
C’est un pavé et je l’ai lu en deux semaines, faisant des pauses entre les chapitres pour m’aérer l’esprit et ne pas me lasser de ce livre dont la complexité n’a d’égal que son caractère novateur.
Marelle n’est pas n’importe quel livre. Il a son mode d’emploi alors lisez attentivement ce qui suit : 
A sa façon, ce livre est plusieurs livres mais en particulier deux livres. Le lecteur est invité à choisir entre les deux possibilités suivantes :
Le premier livre se lit comme se lisent les livres d’habitude et il finit au chapitre 56, là où trois jolies petites étoiles équivalent au mot Fin. Après quoi, le lecteur peut laisser tomber sans remords ce qui suit.
Le deuxième livre se lit en commençant au chapitre 73 et en continuant la lecture dans l’ordre indiqué à la fin de chaque chapitre.
Ma curiosité m’a poussé à lire les deux livres. Ma lecture a donc débuté par le chapitre 73. Une lecture non linéaire, moins mécanique où l’on passe du chapitre 73 aux chapitres 1 et 2 puis au chapitre 116 et ainsi de suite…
J’ai eu l’impression en lisant ce roman de marcher les yeux fermés, de me laisser porter. J’ai apprécié cette sorte de surprise dans l’expérience de lecture. Ce roman via cette lecture butineuse nous invite à ne s’intéresser qu’à l’instant présent, qu’au chapitre qui se dévoile.
Ces chapitres aux longueurs variées forment un carrefour des langues. On y trouve du français, de l’anglais, de l’espagnol et même une langue inventée par Sibylle et qu’elle ne parle qu’avec Horacio : le gliglicien.
Cette langue parlée qu’à deux n’est-elle pas le reflet de la singulière histoire d’amour qui unit l’argentin Horacio Oliveira à Sybille, l’uruguayenne ? Un amour qu’Oliveira vit en retrait, s’emploie à détruire en pensant qu’il renaîtra des cendres ?
Oliveira est membre d’un club où se trouvent également Wong, Ossip, Etienne, Ronald. Des personnages qui interrogent le monde, leur réalité et surtout l’oeuvre de l’écrivain Morelli, œuvre qui fût une réflexion sur le problème de l’écrire.
Marelle est un roman déconcertant où l’on trouve pêle-mêle des articles de journaux, des extraits de livres, des aphorismes, des transcriptions des analyses de Morelli sur la  littérature et ce que l’écrivain devrait en faire.
À quoi sert un écrivain si ce n’est à détruire la littérature ? 
Le véritable et l’unique personnage qui m’intéresse c’est le lecteur, dans la mesure où un peu de ce que j’écris devrait contribuer à le modifier, à le faire changer de position, à le dépayser, à l’aliéner.
Morelli pense que l’écrit purement esthétique est un escamotage et un mensonge. 
Tu diras ce que tu voudras, poursuivit Perico d’un air entêté, mais aucune véritable révolution n’a été faite contre les formes. Ce qui compte, mon petit, c’est le fond, le fond.
— Nous avons derrière nous des dizaines de siècles de littérature de fond, dit Oliveira, et tu peux voir les résultats. J’entends par littérature, évidemment, tout le parlable et le pensable.
Morelli semble convaincu que si l’écrivain reste soumis au langage qu’on lui a vendu avec ses vêtements, avec son nom, sa religion et sa nationalité, son œuvre n’aura de valeur qu’esthétique, valeur que le vieux semble de plus en plus mépriser. Il est même très explicite à un moment donné : selon lui, on ne peut rien dénoncer si on le fait à l’intérieur du système dont dépend ce qui est dénoncé.
Certains passages m’ont déconcertée, énervée ou fait rire comme la théorie de la preuve mathématique de la non-existence de l’enfer.
Il y a des passages illisibles, inaccessibles au commun de mortels. Des passages trop métaphysiques et philosophiques pour mon jeune esprit que je n’ai pas saisis, d’autres dont je n’ai pas compris l’utilité mais Marelle est une expérience de lecture à faire. J’ai noté bon nombre de passages que je vous partage 
Nous nous connaissions à peine et déjà la vie tissait ce qu’il fallait pour nous séparer minutieusement
Du oui au non, combien de peut-être ? […] Notre seule vérité possible doit être invention, c’est-à-dire écriture, littérature, peinture, sculpture, agriculture, pisciculture, toutes les « tures » de ce monde.
Tout ce qu’on écrit de nos jours et qui vaut la peine d’être lu est axé sur la nostalgie.
Essayons d’inventer des passions nouvelles, ou de revivre les vieilles avec la même intensité. 
J’analyse une fois encore cette conclusion, essentiellement pascalienne : la véritable croyance se situe à mi-chemin entre la superstition et le libertinage.
Pour ces gens-là, l’action sociale ressemblait trop à un alibi, comme les enfants sont généralement l’alibi des mères pour leur éviter de faire quelque chose de leur vie.
Sans doute, de tous nos sentiments, le seul qui ne nous appartienne pas véritablement, c’est l’espoir. L’espoir appartient à la vie, c’est la vie même qui se défend.
Que pensait le Christ dans son lit avant de s’endormir, hem ? 
L’homme est l’animal qui pose des questions. Le jour où nous saurons vraiment poser des questions, il y aura dialogue. Pour le moment les questions que nous posons nous éloignent vertigineusement des réponses. 
Un métaphysicien m’a dit, croyant faire de l’esprit, que déféquer lui procurait une impression d’irréalité. Je me souviens de ses propres termes : « Tu te lèves, tu te retournes et tu regardes, et alors tu te dis : Pas possible, c’est moi qui ai fait cela ? »
Les gens qui se donnent des rendez-vous précis sont ceux qui écrivent sur du papier rayé et pressent leur tube de dentifrice par le fond.
Les vies qui s’achèvent comme les articles littéraires des journaux et des revues, si ronflants en première page et dont la fin se traîne minablement, là-bas vers la page trente-deux, perdue au milieu de réclames pour des soldes ou des pâtes dentifrices.
En rêvant, il nous est permis d’exercer gratuitement notre aptitude à la folie.
En refermant ce livre, j’ai eu l’impression d’avoir atteint un but. Lequel ? Permettez-que cela reste un secret entre Julio Cortazar et moi. 
GM signature
Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Throwback Thursday Livresque 40 avec Ron Rash

Thème de cette semaine : Dépaysant

J’ai tout de suite pensé à un roman lu en mai dernier

Couverture Un silence brutal

Dans cette contrée de Caroline du Nord, entre rivière et montagnes, que l’œuvre de Ron Rash explore inlassablement depuis Un pied au paradis, un monde est en train de s’effacer pour laisser la place à un autre. Le shérif Les, à trois semaines de la retraite, et Becky, poétesse obsédée par la protection de la nature, incarnent le premier. Chacun à sa manière va tenter de protéger Gerald, irréductible vieillard amoureux des truites, contre le représentant des nouvelles valeurs, Tucker. L’homme d’affaires, qui loue fort cher son coin de rivière à des citadins venus goûter les joies de la pêche en milieu sauvage, accuse Gerald d’avoir versé du kérosène dans l’eau, mettant ainsi son affaire en péril. Les aura recours à des méthodes peu orthodoxes pour découvrir la vérité. Et l’on sait déjà qu’avec son départ à la retraite va disparaître une vision du monde dépourvue de tout manichéisme au profit d’une approche moins nuancée.

Pourquoi ce roman a été dépaysant ? Eh bien, grâce à lui, j’ai découvert le nature writing.

Dans le nature writing, l’environnement non-humain est évoqué comme acteur à part entière et non seulement comme cadre de l’expérience humaine ; les préoccupations environnementales se rangent légitimement à côté des préoccupations humaines ; la responsabilité environnementale fait partie de l’orientation éthique du texte ; le texte suggère l’idée de la nature comme processus et non pas seulement comme cadre fixe de l’activité humaine.

 

J’ai ressenti une sensation d’apaisement durant ma lecture, j’ai eu l’impression de me balader entre montagnes et rivière de cette contrée de l’Amérique.

Ça a également été un apprentissage, je me suis intéressée le temps de ma lecture aux truites. Un peu de culture générale ne fait pas de mal.

Ce roman donne envie de s’intéresser à la nature, de la protéger. C’est un texte engagé.

Les histoires personnelles des personnages sont intéressantes et on s’attache à eux: C.J, Les, Becky, Gerald. Chacun porte en lui un mal-être, héritage du passé. L’une a été victime de kidnapping, l’autre a perdu femme et enfant. L’un a des remords face à sa gestion de la dépression de sa conjointe, l’autre a dû faire face aux railleries et brimades à cause de sa pauvreté.

La langueur habite ce roman.

 

Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

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Publié dans Panaché

TAG : Le gâteau littéraire

Happy New Month les amis ! Pour célébrer notre entrée dans un nouveau mois, je vous ai préparé un petit gâteau littéraire.  

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1) Prenez en guise de farine un livre dont l’histoire a été lente à démarrer mais dont la suite se révèle prenante

S’il vous plaît, sauvez-moi d’Helen Callaghan

Les 200 premières pages, l’intrigue est assez linéaire, il y a peu de rebondissements. L’enquête pour retrouver Bethan ou Katie n’avance pas, je commence à m’ennuyer et je sermonne ma fée liseuse qui n’a pas su me guider vers un livre palpitant.

Soudain, un revirement. La vérité se dévoile à petites doses. J’ai pris une grosse claque en apprenant ce qu’était devenue Bethan. L’auteure s’est bien jouée de moi et j’ai adoré !

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2) Ajoutez le beurre : une intrigue riche et bien ficelée.

Né un mardi d’Elnathan John, Prix littéraire les Afriques 2019. Ce roman dresse un portrait réaliste du Nigéria : la survie au cœur de la violence. Ça a été une lecture utile et inédite pour moi.

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3) Mélangez le tout avec les œufs. Un livre que vous pensiez détester, mais qui fut finalement un bon moment de lecture

Règles douloureuses de Kopano Matlwa, J’ai apprécié les thèmes abordés à savoir la souffrance physique/morale, le viol et la culpabilisation des victimes, la xénophobie, etc…

 

 

4) Ajoutez le sucre : un livre « doudou » qui vous a fait passer un moment de douceur dans ce monde de brutes !

Cœur à cœur de Sandra Kitt. Pour moi, livre « doudou » = romance. C’est le genre idéal pour s’éloigner de ce monde de brutes.

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Après avoir mis notre gâteau au four, nous ressortons notre œuvre d’art gastronomique pour la laisser refroidir. Il est temps de décorer notre gâteau littéraire !

 

5) Choisissez comme glaçage un livre qui réunit tous les ingrédients nécessaires pour que vous l’aimiez

Vert Cru de Touhfat Mouhtare. Il évoque les amours contrariés, aborde des questions féministes, de foi, de communautarisme, d’ouverture à l’autre.

 

 

6) Puis parsemez de pépites colorées avec un livre qui vous donne la pêche lorsque vous avez le moral dans les chaussettes

Verre cassé d’Alain Mabanckou. C’est ma référence en terme d’humour dans la littérature africaine.

Mabanckou

 

 

7) Pour finir, la cerise sur le gâteau : le livre que vous avez le plus aimé en 2018

Il est à toi ce beau pays de Jennifer Richard

 

 

Bonne dégustation !

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©Somoony

 

 

La vie, c’est le partage ! Faites-moi goûter votre gâteau littéraire si vous en préparez un.

 

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Publié dans Quand on est célib'

Mère,épouse: qui êtes-vous en dehors de ces étiquettes?

Coucou chers abonnés ou lecteurs en visite ! Aujourd’hui, point de lecture. La section « célib à terre » en jachère me réclame.

Un dimanche, en pleine conversation avec moi-même, je suis arrivée à cette conclusion : ce n’est pas que ça.

La vie d’une femme consiste à avoir une famille mais… ce n’est pas que ça.

La vie d’une femme consiste à élever ses enfants, prendre soin de son mari, de son foyer mais… ce n’est pas que ça.

Toute femme a ce besoin naturel de se marier (la cérémonie de mariage de rêve, on en a rêvé au moins une fois dans notre vie), avoir un foyer, des enfants.

C’est un besoin commun et légitime mais la vie d’une femme ne se résume pas à ça dans mon entendement.

 

Il est bien de chercher à se marier, avoir des enfants mais être une femme va bien au-delà.

Le but de la vie n’est pas le mariage et la descendance, je le crois fermement. Ne réduisez pas votre vie à cela. Votre but est bien plus grand. 

 

Chaque femme doit aller plus loin dans ses désirs et chercher son « Ce n’est pas que ça« .

Ce que je choisis de nommer « Ce n’est pas que ça » c’est cette chose unique qu’on doit faire en ce monde.

Chaque être humain a un but sur cette terre et la femme n’est pas exclue. Chaque femme doit faire son possible pour tendre vers ce but et l’accomplir.

Chaque femme doit révéler son « Ce n’est pas que ça ». Je dis bien, chaque femme ; le but d’une vie n’est pas réservé à une quelconque classe. 

Etre la fille d’un homme ou d’une femme influent (e), la femme d’un homme influent, la mère d’un homme ou d’une femme influent a de la valeur mais être une femme influente a encore plus de valeur.

Comprenez-vous où je veux en venir ?

Ok, je m’explique.

 

Avez-vous une identité en dehors de ces multiples casquettes ?

 

Si on vous enlève votre statut de femme marié, que vous reste-t-il ?

En dehors de votre vie d’épouse, de votre vie de mère, quelle femme êtes-vous ? Que faites-vous ?

Existez-vous à travers votre rôle d’épouse, de mère ou existez-vous en tant que femme ?

 

Ne vous satisfaites pas du statut que vous procurent votre compagnon, vos parents ou vos enfants. Ne vous cachez pas derrière eux, prenez votre place et brillez.

 

Avez-vous réellement réfléchi à la personne que vous étiez réellement ? 

 

Votre identité se construit pendant votre saison de célibat, là où il n’y a ni mari ni enfant, là où vous êtes seule face à vous-même. Voilà pourquoi, il est important de faire attention à ce que vous semez pendant cette période. 

Si vous orientez bien votre célibat, vous prendrez conscience de la personne que vous êtes réellement. Vous écouterez mieux votre intuition. Ne subissant l’influence de personne, vous en apprendrez davantage sur vos goûts, vos désirs, vos envies et vos besoins réels. 

 

Si vous êtes encore célibataire, avant de chercher à avoir des enfants et de vous marier, cherchez à savoir le but de votre vie parce qu’un mari et des enfants viendront se greffer à votre but et pas l’inverse.

 

Parce que la répétition est une vertu pédagogique, je vous invite à relire cet article écrit aux premières heures du blog : Avoir un B

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Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Throwback Thursday Livresque 39 en musique

Thème de cette semaine : Musique

J’ai immédiatement pensé à la poésie car Musique et poésie sont intimement liées depuis toujours.

« Elles sont l’une et l’autre des arts complets: la musique porte en elle son sentiment, de beaux vers portent en eux leur mélodie ». Lamartine

 

« Chez les Grecs la musique était indissociable de la littérature, de la poésie en particulier. Chez les Romains le choix des sons et des rythmes demeurait aussi important que le choix des mots. La dissociation se fera progressivement par la suite. Mais se fera-t-elle vraiment? Il y aura certes une musique indépendante de la poésie, mais la poésie elle, sera toujours musicale. » Hélène Laberge

 

Après cette magnifique introduction, place à la présentation du livre : Champ de mil, un recueil de poèmes écrit par Tofangui Guy-Roland Koné

champ de mil

Dans ce recueil, l’auteur, qui évoque notamment l’amour dans ses multiples facettes, parfois mystérieuses, est habile à en parler à tous les peuples et à toutes les époques. En reliant l’amour à de multiples autres choses de la vie, il entraîne le lecteur à porter un regard sur la société des temps modernes et l’encourage à la persévérance dans l’effort, malgré les inévitables orages.

 

Les sujets sont divers et variés dans ce recueil d’une cinquantaine de poèmes : amour, superficialité, immigration clandestine, agriculture, politique, etc…

J’ai parcouru ce recueil dans ma peau d’amoureuse de la poésie et lectrice exigeante.Je l’ai lu avec la maestria d’Apollon  et d’Erato.

Par conséquent, sur 55 poèmes, il n’y a que 13 poèmes qui m’ont captivée. Quant aux autres, lus et aussitôt oubliés. J’ai trouvé certaines tournures de vers maladroites, des rimes trop faciles. Des poèmes non consistants. La poétesse que je suis n’a hélas pas été éblouie.

Je vous partage 3 poèmes que j’ai appréciés :

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Quel livre auriez-vous choisi ? Faites-moi sortir des sentiers battus ! 

 

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