Publié dans Psyché

Carnet d’écriture #1

carnet d'écriture 

17/05/2016

« Sois productive ma poétesse. » Ces mots de Cyriac m’alertent, m’interpellent. Niveau production, je ne suis pas très loin de 0. Ma motivation joue à la marelle, mon inspiration joue à cache-cache.

J’ai décidé de reprendre l’écriture, ressusciter mes bouts d’écrit qui gisent ici et là ; je commencerai par la réécriture de mes 3 romans que je veux faire éditer.  

Je débuterai par le dernier récit écrit. Il n’y a pas grand-chose à changer au fond, il faut juste revoir la forme.

C’est un peu difficile de se remettre dans un récit qu’on a achevé il y a 2 ans. Se remettre dans l’histoire, discerner l’excès de détails, recadrer les choses, aller à l’essentiel sans dénaturer le goût du livre.

Quel titre percutant donner à l’histoire ? Elle aborde des questions de différence religieuse ; les déboires amoureux, la trahison, et les désillusions sont au cœur du récit.

L’année dernière, j’ai lu une phrase dans « Inassouvies, nos vies » de Fatou Diome. Une phrase qui m’a séduite et qui résume à mon sens la quête de mon héroïne principale, Marica : « Il l’attendait pour l’aimer ». J’ai décidé de faire de cette phrase le titre du roman. 

Comment résumer l’œuvre : mettre un extrait ou la résumer entièrement ? Je ne sais pas encore. J’y reviendrai à la fin de la réécriture.

Vais-je garder le présent comme temps de narration ou passer au passé simple ?

Je décide de garder le présent, il est beaucoup plus facile à manier.

« Le coup de soleil de Marvin » en fond sonore, l’immersion dans « Il l’attendait pour l’aimer » peut enfin commencer.

Le 1er chapitre est corrigé, j’ai modifié les premières lignes du récit. J’ai également revu une partie du 2e chapitre. A chaque jour suffit sa peine, je continuerai demain.

****

18/05/2016

J’ouvre directement le dossier écriture de mon ordinateur dès que je rentre du travail. J’ai pensé à mes écrits tout l’après-midi.

J’ai besoin d’un environnement romantique pour faire émerger la romantique en moi. Quoi de mieux qu’une bonne playlist sentimentale ? 

J’écoute en boucle « I look to you »,  « Jus Right », « when you kiss me » (titre cité dans le récit)

Le roman compte 340 pages et je veux le ramener à 200 pages, 250 pages maxi. Il va falloir enlever les dialogues de trop, les phrases intermédiaires.

La fatigue se pointe 2 heures plus tard.  OJUELEGBA  de Wizikid  n’arrive pas à me garder éveillée. 

Je suis à la page 55. Je doute de mes modifications apportées. Je préfère ne pas relire, je ferai une énième relecture à la fin de la correction si besoin.

19/05/2016

Je commence ma relecture à 21h 44. J’ai corrigé un court texte que j’avais rédigé en 2013 et j’ai mis sur papier une inspiration que j’ai eue après ma prière. 

Pour me remettre dans mon roman, j’écoute « Paradis perdus » de Christine and the Queens 

Comme hier, j’enlève une bonne partie des dialogues, résume mes pensées. La fatigue se fait sentir à la page 62, je m’assure d’avoir bien enregistré le fichier avant de le fermer.

21/05/2016

Je prends conscience de mon amour pour les dialogues. Il y en a à profusion dans le texte. Je dois les réduire au maximum, c’est un roman que l’on lit, pas une pièce de théâtre. 😀

J’enlève, corrige, reformule. Une quinzaine de pages a sauté depuis le début de ma correction. Il me reste une centaine à modifier.

J’aime écrire en écoutant la musique. Ce soir, c’est Rihanna, Shontelle et Vitaa qui m’accompagnent. 

Il est minuit 5 et je suis à la page 97. Mes paupières sont lourdes. A chaque jour suffit sa peine.

22/05/2016

Relire, donner du sens, modifier, effacer.

J’enlève des paragraphes au fur et à mesure. Faut-il raccourcir l’histoire ? J’ai peur de dénaturer la romance, d’aller trop vite.

Page 115 : je constate qu’il manque un paragraphe. J’essaie de m’en rappeler le contenu. La lassitude me gagne. Arriverai-je à faire de cette chronique un roman ? Ne vaut-il pas mieux que je le propose à des journaux féminins pour des chroniques hebdomadaires ? Ça passerait mieux peut-être.

Les heures passent, demain n’est pas un jour férié. J’éteins tout et vais dormir. Je suis à la moitié du roman. J’espère pouvoir le terminer demain.

23/05/2016

J’ai beaucoup de manies en écriture que je dois corriger, les répétitions par exemple. Elles sont utiles en poésie mais pas au roman.

Je veux que ce roman soit un bouquet d’émotions, je décris méticuleusement chaque événement heureux ou malheureux. Certains passages me font sourire,rire.

Malgré toute ma bonne volonté, je ne peux terminer la correction aujourd’hui. Je suis assez satisfaite du rendu. Le roman compte jusqu’ici 268 pages. 

24/05/2016

Le roman fait 257 pages. J’ai atteint mon objectif, il ne me manque plus que la fin. Je veux modifier ma façon de terminer les histoires. C’est une romance et je veux que la fin garde ce goût.

Ok pour la fin, je reviens au résumé du roman. J’ai l’impression de faire un devoir de français, je désire tellement bien faire et montrer l’originalité de ma romance. 😀

Il est 22h 52, ma romance est prête à être envoyée aux différentes maisons d’édition en Côte d’Ivoire. Souhaitez-moi bonne chance.

Quelques extraits du roman 

Mes vêtements rejoignent le panier à linge. Je m’adosse au mur, lève des yeux mouillés vers le miroir de la salle d’eau. 

Je «pleus ». Cette pensée me fait sourire, me ramène à ces instants où petite fille, je courais vers ma mère en disant : maman, bébé xanne (Lex-anne) « pleut ». La pluie et les larmes étaient pareilles à mes yeux d’enfant. 

Ah ! Mon enfance… Pensé-je en fermant les yeux. Aujourd’hui plus que jamais, j’aimerais y retourner. Retourner à cette période où je n’aimais que le petit Jésus et ma famille, où j’ignorais ce lot de souffrance que renfermait l’amour lié à un homme. 
Les yeux toujours clos, j’évoque mes souvenirs d’enfant. Je me réfugie dans le passé pour fuir mon présent incompréhensible. Mes pleurs repartent de plus belle quand dans mon esprit se dessine mon futur. Nolan m’a tuée ! 

Elle ouvre la porte, me demande d’entrer. Je salue le praticien qui se retourne.
Je regarde le nom inscrit sur ma fiche avant de porter mes yeux sur lui. 

Oh ! Non ! Impossible que je me soigne ici. Je ne le laisserai pas voir ma bouche avec cette carie. Impossible que notre deuxième rencontre se fasse dans de telles conditions. Quelle honte !

Son regard fixe sur moi accentue ma gêne. Je ne peux pas rester là. 

– Où allez-vous ? 

Nos yeux se croisent à nouveau. 

– Je… je me suis trompée. 

L’assistante dentaire me sourit. A-t-elle perçu mon embarras ?

– Je vois. C’est un stomatologue qu’il vous faut. Vous avez sûrement un problème buccal vu la façon dont vous tenez votre bouche. 

– Je…

Un gémissement interrompt ma phrase. Des frissons me parcourent le dos. Oh ! Vais-je mourir à cause d’une carie ? Les mains aux tempes, je rejoins le fauteuil dentaire. Je vais abréger ma souffrance et trouver un autre homme sur qui jeter mon dévolu. 

Zut ! Et zut ! Pourquoi est-ce qu’il a fallu que l’on se rencontre à nouveau ici ?

J’ouvre grand la bouche à sa demande. Je ferme les yeux. Hors de question de croiser son regard ! 

– Oh ! Quelle vilaine carie nous avons là ! 

S’il veut me mettre mal à l’aise, c’est réussi ! Je vais me faire mal aux yeux à force de les fermer si fort.

J’imagine ses pensées : comment une aussi belle femme peut avoir une telle carie ? 
J’ai envie de me cacher. La honte !

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Auteur :

Quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, le courant poétique s’est imposé comme le canal d’expression par excellence. En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » Désirant partager ma passion pour la lecture et l’écriture, j'ai créé en mai 2015 ce blog éponyme. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

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