Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Inassouvies, nos vies

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Betty niche au cinquième étage d’un immeuble, dans un appartement qui lui évoque un bateau renversé, arrimée à la pierre, la coque tutoyant les astres. Les humains l’intriguent, elle ne connait rien de plus mystérieux. Postée devant l’une ou l’autre de ses fenêtres, elle scrute la façade du somptueux immeuble situé de l’autre côté de l’avenue.

Betty s’interroge et prend une décision : savoir quelles existences se cachent derrière les fenêtres d’en face.

« Ô, âmes étriquées, n’agitez pas votre mauvaise langue ! N’allez surtout pas parler de voyeurisme ! Sinon, refermez ce livre et dites ! De quoi se nourrissent vos livres préférés ? C’était tout bonnement de l’espionnage sociologique. Eh oui ! »

Avec une pointe d’humour, Betty nous interroge sur notre conception de l’écriture, du couple, du célibat ; sur nos exigences qui nous font du mal mais qu’on ne lâche pas; elle nous interpelle sur le regard que l’on porte au troisième âge

Vieillir, ruminait Betty, c’est renoncer malgré soi à ce que la vie, créancière implacable, récupère sans crier gare.

Betty parle, se révolte surtout quand il est question du sort de l’Afrique

L’esclavage n’a pas disparu, il a seulement changé de nature ; devenu économique, il avilit et tue en silence. Et on ose dire que l’Afrique est libre ! Enfin, si on veut, elle est libre.

Libre de remercier ceux qui nous affament et se prennent pour nos sauveurs, quand ils ne font que rendre des miettes de ce qu’ils nous volent en permanence.

La véritable aide est celle qui rend autonome pour de bon, pas un sadique goutte-à-goutte.

 

Betty à travers sa fenêtre nous permet de faire irruption dans plusieurs vies et de découvrir ces besoins inassouvis qui ne nous sont pas été étrangers.

Inassouvi, le besoin de couler l’Autre dans un moule !

Inassouvi, le besoin de croquer, durant toute une vie, les fruits d’une même saison

Inassouvi, notre besoin de rapprochement

Inassouvi, notre besoin de modèle pour vivre

Inassouvie, la vie, puisqu’elle a toujours besoin d’un horizon.

Inassouvi, le besoin de moduler la courbe de la vie qui n’en fait qu’à sa tête

Inassouvies, nos questions, quand s’abat le cuisant deuil d’un amour.

Inassouvi, cet avenir enchaîné au souvenir.

Fatou Diome m’a encore une fois fait passer un agréable moment de lecture; j’ai fermé le livre, sourire aux lèvres.

Pour ceux qui veulent découvrir d’autres œuvres  de l’auteure, Celles qui attendent et La Préférence nationale sont très bien. Tous les livres de Fatou Diome sont très bien de toute façon. 🙂

Grâce Minlibé

Auteure de Chimères de verre

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Auteur :

Quand j’ai eu envie d’écrire pour me décharger des maux de la vie, le courant poétique s’est imposé comme le canal d’expression par excellence. En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteur du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » Désirant partager ma passion pour la lecture et l’écriture, j'ai créé en mai 2015 ce blog éponyme. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

Un commentaire sur « Inassouvies, nos vies »

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