Publié dans Arrêt sur une oeuvre

Une maternité rouge – Christian Lax

Couverture Une maternité rouge

Un jeune chasseur de miel malien. Alou, se dirige vers les ruches sauvages d’un baobab. Circulant en 4×4, armés jusqu’aux dents, des djihadistes foncent sur lui et font exploser l’arbre sacré.

Parmi les débris, Alou découvre, presque intacte, une statuette représentant une femme enceinte. Encouragé par son père, il se rend dans le pays Dogon pour la présenter au sage du village, le hogon, respecté de tous pour sa culture. Le vieil homme reconnaît aussitôt cette Maternité rouge. Elle est l’oeuvre, selon lui, du maître de Tintam, dont une première Maternité se trouve déjà au Louvre, au Pavillon des Sessions.

Pour le vieil homme, la sculpture, en ces temps de barbarie, sera plus en sécurité au Louvre près de sa soeur qu’ici au Mali. Et c’est à Alou, naturellement, que le hogon confie la mission impérative d’emmener la Maternité à Paris.

Pour atteindre son but, le jeune homme, migrant parmi les migrants, ses sœurs et frères d’infortune, devra prendre tous les risques en traversant désert et mer…

Septembre 1960 : le Soudan français (Mali) est dépossédé, pillé de ses œuvres artistiques. Une maternité rouge atterrira au Louvre et une autre, représentant également une femme enceinte, est gardée par un jeune garçon.

Printemps 2015 : Alou découvre, à la suite d’une explosion provoquée par des djihadistes, la statuette gardée par le jeune garçon en 1960 et va être chargé d’une lourde mission…

J’aime les BD colorés mais je fais des exceptions quand la 4e de couverture est très attrayante. Pour mon plus grand bonheur, Une maternité rouge n’est pas en noir et blanc mais en tons de gris avec parfois une teinte de bleu, jaune ou noir.

Dans ce récit, il est question de protection, de préservation du patrimoine dogon contre le fanatisme des djihadistes au Mali. Alou va entreprendre un voyage au péril de sa vie pour cette noble cause. Mais n’y avait-il pas une autre alternative? Confier l’objet à l’ambassade, aux autorités nationales ou de la sous-région ?

Qu’on court vers la mère France alors qu’on demande la restitution de notre patrimoine m’a gênée mais… nos hommes politiques actuels sont-ils des hommes de culture ? La restitution, la protection et la valorisation de notre patrimoine sont-ils au cœur de leurs préoccupations ?

Une maternité rouge évoque le voyage clandestin. Pour passer d’une terre à une autre, il faut traverser désert et mer. Le lecteur découvre les conditions de vies de ces immigrés dans le désert, les naufrages, l’accueil froid en terre d’exil. Immigrés, persona non grata, en France.

Une maternité rouge m’a offert un agréable moment de lecture. J’ai beaucoup plus été touchée par le traitement du thème de l’immigration que par celui de la préservation de la statuette et je vous ai dit pourquoi plus haut. J’ai eu un coup de cœur pour les sublimes planches, le coup de crayon, les couleurs discrètes empreintes de mélancolie, de nostalgie.

Auteur :

En décembre 2014, j’ai publié mon recueil de poèmes «Chimères de verre» aux Editions Edilivre. En 2015, finaliste au prix Littérature et musique 2015 organisé par les éditions Souffle Court, je deviens co-auteure du recueil de nouvelles «Une nuit avec Baker » En 2017, mon 1er roman "Tristesse au paradis" voit le jour aux éditions Vallesse et me permet d'avoir plusieurs prix dont le Prix Horizon 2018. Je lis, j'écris et je n'oublie pas de vivre !!!

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